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en ne se préoccupant que de la transmission du contage par l'intermédiaire de l’eau, ainsi qu'il arrive si souvent, de nos jours.
Pour tout dire, depuis bien des années déjà on était fixé sur l'extraordinaire résistance du bacille d'Eberth aux agents extérieurs qu'on eût pu supposer aptes à l’atleindre dans sa vitalité ou dans sa virulence. « Ce qui domine l’étiologie de la fièvre typhoïde, écrivait le prof. Chantemesse (9), il y a près de dix ans, ce sont les propriétés biologiques du bacille d’'Eberth, sa résistance à la dessication, au froid, à la chaleur, l’'exiguité de ses besoins, sa faculté de supporter la présence et le défaut d'oxygène, etc. Au sortir du corps de l'homme, que le virus se mêle à des objets servant ou non à l’alimentalion, à l'air, aux poussières, aux fumiers, au sol, à la vase des fleuves, à l’eau, etc., 1l y conserve sa vitalité ; peut-être même y augmente-t-1l sa puissance pendant un temps variable. »
C'est ainsi que Grancher et Deschamps (cités par Chantemesse), ayant arrosé de bacilles typhiques la surface d’un terrain d'épandage d’Achères, ont constaté qu'au bout de cinq mois, ces microbes, qui avaient pénétré à une profondeur de cinquante centimètres, vivaient encore. C’est ainsi qu'Uffelmann (56) ayant ensemencé des bacilles d'Eberth dans les fèces de gens bien portants, à une température de 17°-20°, à pu se convaincre qu'ils restaient vivants pendant plus de quatre mois, à condition que le milieu soit alcalin.
À propos de ces constatations et d’autres analogues,
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le prof. Chantemesse a eu soin de faire remarquer « que des observations cliniques nombreuses permettent d’attribuer au virus (yphique répandu dans des fumiers, dans des égouts, une survie bien plus longue que ne paraissent l'indiquer des recherches de laboratoire, encore peu nombreuses. Les bactériologistes, ajoutait-il, ne connaissent pas les formes de durée du bacille typhique : ils n'ont donc pas en mains les éléments du problème.
On n'ignorail pas non plus, il y a dix ans et quelques, qu à l'instar de ce qui se passe pour d'autres bactéries pathogènes, le bacille d'Eberth peut végéter dans le corps de l'homme, à l'état de saprophyte, sans donner lieu à des manifestations pathologiques appréciables. « Ce microbe est présent plus souvent qu’on ne le suppose dans le sol, dans l'eau, dans l'intestin de personnes en bonne santé, écrivait le prof. Chantemesse, dans le travail cité plus haut. Il y reste fréquemment silencieux, même introduit dans le corps de l'homme, parce qu'il est en trop petit nombre. »
Ce qu'on ignorait, par contre, c'élait que ces porteurs chroniques du bacille d'Eberth fussent à même de propager la fièvre typhoïde autour d'eux et à distance, par l'intermédiaire d’un germe imofiensif pour leur propre orgasisme. Ce rôle de propagateurs de la fièvre typhoïde, exercé par les bacilhfères éberthiens, avait passé inaperçu jusqu'en 1902. Sa connaissance a Jelé un jour nouveau sur l'épidémiologie de la fièvre typhoïde. Elle nous à donné la clef de la genèse de beaucoup de ces endémies typhiques implantées dans certains quartiers d’une même ville, dans certains cantons ou villages, dans
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des agglomérations fermées, et qui revêtent souvent une ténacité désespérante, parce que rien de ce qu'on tente pour les déraciner ne s'attaque à la véritable source du mal. L'objet de nothe thèse est précisément de mettre en lumière le rôle que le microbisme éberthien latent est susceptible de jouer dans la propagation de la fièvre typhoïde, et de monirer que si, en Allemagne, ôn a une tendance à exagérer son rôle, il y a lieu néanmoins de le prendre en sérieuse considération, dans la lutte à entreprendre sur le terrain de la prophylaxie, contre les méfaits de la fièvre typhoïde.
Nous étudierons successivement, dans autant de chapitres distincts :
L'excrétion du bacille d'Eberth et le microbisme éberthien latent chez les sujets de l'espèce humaine, — excrétion par la voie rectale, excrétion par les voies urinaires ; — ce qui nous entraînera à nous occuper de l'infection des voies biaires par ce même bacille. ;
Le rôle des porteurs chroniques du bacille d'Eberth dans la propagation de la fièvre typhoide, rôle qui se dégage d’un certain nombre d'observations épidémiologiques relativement récentes ;
Les déduclions prophylactiques à tirer des faits et des documents réunis dans notre thèse.
Nous terminerons par des conclusions qui seront une sorte de résumé de l’état actuel de nos connaissances relalives au microbisme éberthien latent et au rôle qu'on peut lui attribuer dans la propagation de la fièvre typhoïde.
L'excrétion du bacille d'Eberth et le microbisme éberthien
latent, chez les sujets de l'espèce humaine.
Exceptionnellement, on a été à même de constater la présence du bacille d'Eberth dans le produit de l’expectoration pulmonaire. Toutelois, aussi bien chez les typhiques et chez les convalescents qui relèvent d’une atteinte de fièvre typhoïde'que chez les simples bacillifères éberthiens, l'excrétion du bacille d'Eberth se fait surtout par deux voies, par la voie rectale et par les voies urinaires.