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PER TES [ : : ; ; e) Dans quelles parties de l'organisme se réfugie le
bacille d'Éberth, chez ces bacillifères chroniques, qui réalisent de si remarquables exemples du microbisme laleTLE?
Nulle doute qu'ils séjournent dans l'intestin, d'une part, dans la vessie de l’autre, chez les sujets dont les fèces et les urines charient le bacille en question. Toutefois, 1l y a tout lieu de croire que ces deux cavités, — intestin et vessie — ne sont pour le bacille d'Eberth que des lieux de passage. Il y a tout lieu de croire que son vérilable refuge, qui lui offre des conditions éminemment propices à sa végétation et à sa reproduction indéfinies, est représenté par la vésicule biliaire. De là il est entraîné dans deux directions différentes : |
Soit que, charrié par la bile, il gagne l'intestin pour se mêler aux fèces et être évacué avec elles :
Soit qu'il passe dans le sang, sauf à être éliminé ensuite à travers tel ou tel émonctoire, et c'est ainsi que, venant à traverser le filtre rénal, il pourra gagner la vessie pour, de là, être évacué avec lès urines.
Il ne s'agit pas là de simples hypothèses, mais d’as-
sertions basées sur des données objectives irréfutables.
D'une part, en effet, nous possédons la preuve de la présence possible du bacille d'Eberth dans le sang de personnes bien portantes ou atteintes d’une maladie qui n'a rien à voir avec la fièvre tvphoïde. Elle nous a été fournie par les récentes observations du prof. O. Bussa (8), de Posen : deux de ces observations concernent des femmes qui, au moment de leur entrée à l'hôpital, étaient soupconnées d'être atteintes de la fièvre typhoïde. Dans le sang tiré d’une veine on put constater la présence du bacille d'Eberth. Selon toutes les vraisemblances, le diagnostic de présomption pouvait donc être considéré comme un diagnostic de certitude. Or, les deux malades étant venues à mourir, leur autopsie démontra qu'elles avaient succombé à une tuberculose miliaire aiguë. Dans les deux cas, on a découvert des ulcérations intestinales, dont la nature tuberculeuse fut démontrée par un exament histologique en règle ; voire que, dans un cas, les plaques de Peyer étaient normales d'aspect. Sur l'autre cadavre, une partie seulement des ulcérations empiétaient sur les plaques de Peyer.
Deux autres observations de Bussa concernent un cas de phtisie tuberculeuse chronique et un cas de pneumonie fibrineuse typique (lobe inférieur du poumon droit) ; les deux malades n'ont pas présenté le moindre symptôme de fièvre typhoïde, pendant leur séjour à l'hôpital ; chez l'un et l’autre, l'examen bactériologique a
er jee démontré la présence du bacille d'Eberth dans le sang tiré d’une veine (a).
D'autre part, des faits cliniques en nombre déjà respectable démontrent que l'infection des voies biliaires par le bacille d'Eberth est une éventualité relativement fréquente, principalement chez les personnes en puissance de la lithiase biliaire ; ils démontrent que cette infection peut survivre pendant très longtemps — pendant vingt années — à une atteinte de fièvre typhoïde. Ceci demande à être exposé avec quelques développements.
l) L'infection des voies biliaires, par le bacille d'Eberth. Déjà Louis avait insisté sur la fréquence de la participation des conduits biliaires aux lésions de la fièvre typhoïde. Des preuves cliniques de cette participation ont été fournies un peu plus tard, par Andral, par Gubler. Au cours de ces quinze dernières années on à publié un assez grand nombre d'exemples de cholécystite et d’angiocholite, survenues chez des typhiques :; la plupart se trouvent relevés dans les thèses de Longuet (37) et de Joyon (27). Ces faits-là n’ont avec l’ob-
(a) Il y a lieu de mentionner, à propos de ces observations, les résultats des récentes expériences de Lüdke (37 bis) ; ils peuvent se ramener à ceci : Des bacilles d'Eberth, injectés dans les vaisseaux d’un lapin, circulent dans le sang de l’animal, pendant plusieurs jours consécutifs; du sang,ils émigrent dans les principaux organes» où on peut les retrouver, en pleine possession de leur virulence, au bout de 10, 15 jours et plus.
jet de notre thèse, qu'un rapport indirect. Ceux-là seuls reliendront notre attention, qui concernent l’infeclion chronique, habituellement tardive el presque toujours latente, des voies biliaires par le bacille d'Eberth. La connaissance de ces faits se rattache étroitement à la conception moderne de la pathogénie de la Hthiase biliaire.
Pour le rappeler en quelques mots, les recherches et les observations de Hanot, du prof. Gilbert et de ses élèves, en France, de Naunyn et de ses élèves, en Allemagne, ont démontré qu'un rôle indéniable, prépondérant peul-être, revient à l'infection microbienne, dans la formation des calculs Biliaires. Au nombre des microbes infectieux qui sont susceptibles de concourir à cette formation, le bacille d'Eberth figure en première Jigne. De plus en plus, on incline à admettre d'étroites relations entre la lithiase biliaire et l'intection éberthienne. Aussi bien, les faits cliniques et les constatations bactériologiques qui viennent à l'appui de cette manière de voir sont allés en s'accumulant, dans le cours de ces quinze dernières années : en voici des preuves :
Dès 1891, E. Dupré (17) avait publié l'observation d'un malade, ayant présenté des accidents de lithiase biliaire, huit mois après une atteinte de fièvre typhoïde. Ce malade succomba à la suite d’une cholécystentérostomie. L'examen bactérioscopique du <ontenu de ses voies biliaires à démontré que celles-ci étaient le siège
« d’une infection typhique pure »,
pes
En 1893, le prof. Gilbert, a publié en collaboration avec Girode (22), le cas d'une femme qui, cinq mois après une atteinte de fièvre typhoïde de moyenne gravité, avait été prise de violentes douleurs du côté du foie. Dans le service du prof. Terrier, où elle se fit admettre, on diagnostiqua une cholécystite calculeuse et on lui enleva la vésicule biliaire. On eut ainsi l'occasion de constater «la présence du bacille typhique à l'état de culture pure », dans le contenu et dans le produit du raclage de la muqueuse de cette poche.
Dauriac (15), dans sa thèse Imaugurale, a relevé plusieurs exemples d'infection typhique des voies biliaires.
Nous croyons devoir souligner cette remarque, faite par Dauriac, comme quoi, « en dehors de la dothiénenlérie, des cholécystites peuvent être dues au bacille d'Eberth, et cela chez des sujets indemnes jusqu'alors de la fièvre typhoïde ».
L'exactitude de celte remarque se trouva confirmée par deux observations que publia quelques années plus tard le D' Blumenthal (4). Elles concernaient deux femmes opérées pour un empyème de la vésicule biliaire. Dans le pus on constata, chez l’une des malades, la présence du bacille d'Eberth, et chez l’autre, la présence d'un bacille paratyphique. Or, les deux femmes en question n'avaient nulle souvenance d’avoir eu précédémment la fièvre typhoïde ou quelque maladie analogue.
J,-H. Pratt (46), a publié une observation du même
ordre : il s'agit d'une femme de 36 ans, qui fut opérée pour une cholécystite suppurée. L'examen bactériologique du contenu de la vésicule biliaire démontra la présence, dans ce contenu, du bacille d'Eberth, à l'état de culture pure. Or cette femme n'avait jamais eu de maladie rappelant la fièvre typhoïde. C'est pourquoi Pratt a conclu à une injeclion prunuive des voies biliaires par le bacille d'Eberth.
Le même auteur a relaté l'observation d’un homme de 43 ans, qui était entré à l'hôpital avec les symptômes d'une cholécystite suppurée. On lui pratiqua une cholécystotomie el on lui évacua de la vésicule biliaire, du pus inodore, et 218 calculs. Le malade succomba au bout de dix-neul jours. Des ensemencements faits avec le contenu de sa vésicule biliaire ont donné des cultures pures du bacille d'Éberth. Or, le début des accidents présentés par le malade remontait à sept années en ar°rière ; 1 y avait done lieu d'admettre que l'infection éberthienne des voies biliatres remontait à une date tout aussi lointaine.
Pour ne parler que des cas où l'infection des voies btliaires est postérieure à une atteinte de fièvre lyphoïde, le délai qui s'écoule entre celle-er et la constatation de la présence du bacille d'Eberth dans les voies biliaires peut être tres long, il peut se chiffrer par plusieurs années.
Ainsi il a été de six ans, chez un malade dont le cas a été communiqué à la Société de biologie par les “D Faitout et Ramond (19), de sept ans, dans un cas relaté par J.-H. Pratt (46), de huit ans chez la malade
mile dont l'observalion a été publiée par Miller (40), de dix-sept ans chez une malade dont l'observalion a été publié par Droba (16), et chez une autre, dont lobservalion figure dans un mémoire récent de R. Scheller (50), de dix-huit ans, chez une femme opérée par le chirurgien américain G. Hunner (26), de vingl-neuf ans dans un cas de cholécystite typhique. Dans les fèces du sujet de cette dernière observation on a constaté la présence de bacilles d'Eberth, d’une remarquable virulence. Le sérum sanguin agglutinait des bacilles typhiques dans la proportion de 1 : 25.
Miller (40) a publié l'observation d'une femme de 37 ans, qui, sept années avant son admission à l'hôpital, avait eu deux attaques de coliques hépatiques. Deux mois plus tard, elle avait contracté une maladie qui, selon toutes probabilités, n'avait été autre que la fièvre typhoïde. Depuis lors, elle était restée sujette à des attaques de coliques hépatiques. On l'opéra, et on réussit à la débarrasser de deux volumineux calculs biliaires : en outre, on put constater dans le contenu de sa vésiIcule biliaire la présence de bacilles d'Eberth virulents.
Cushing (12) a rendu compte des recherches faites à
l'hôpital John Hopkin de Baltimore, dans le but de faire
la lumière sur des relations de l'infection éberthienne avec la cholécystite et avec la lithiase bihaire :
D'une part, on a procédé à un examen bactériologique de la bile recueillie sur tout cadavre d’un individu mort de la fièvre typhoïde : dans 50 % des cas on a pu
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constater la présence du bacille d'Eberth dans la bile. Souvent celle infection éberthienne des voies biliaires ne Sélait traduite par aucune manifestation apparente, du vivant des malades, et elle n'avait donné lieu à aucune lésion locale appréciable. D'autres fois la paroi de la vésicule était le siège d'altérations variables, allant du simple catarrhe avec formation de caleuls jusqu'à l'ulcération avec perforation et péritonite généralisée.
. D'autre part, on s'est enquis avec beaucoup de soin des antécédents des malades qui, ayant présenté des symptômes de cholécystite, avaient été opérés en conséquence. De ces malades, au nombre de 31, 10 avaient eu précédemment une atteinte de fièvre typhoïde. L'intervalle de temps écoulé entre cette atlemte et l'opération a varié entre cinq mois et vingt ans. Chez un très petit nombre d'opérés seulement 11 a été possible de constater la présence du bacille d'Éberth dans le contenu de la vésicule biliaire.
Les recherches faites sur le cadavre, à Phôpital civil de Strasbourg, par J. Forster et H. Kayser (20) nous ont apporté les premières données exactes susceptibles de nous renseigner sur la fréquence de l'infection éberthienne des voies bilaires, chez les adultes. Ces recherches ont porté sur 148 cadavres, dont 8 étaient ceux de sujets morts au cours ou à la suite d’une fièvre typhoïde. Les 140 autres étaient ceux de personnes mortes d'une maladie qui n'avait rien à voir, en apparence du moins, avec l'infection éberthienne. Les résultats des recherches
bactériologiques faites sur ces 148 cadavres peuvent se résumer dans ces quelques mots :
Chez les typhiques, la présence du bacille d'Eberth à l'état de culture pure dans la bile a été constatée 7 fois sur 8 ; dans un huitième cas (autopsie tardive), les seules bactéries isolées de la bile étaient des cohibacilles.
Chez les 140 non typhiques, on n'a constaté qu'une seule fois la présence du bacille d'Eberth dans la bile, et une autre fois la présence du bacille du paratyphus B. Ces deux cas concernaient des individus dont les voies
biliaires recélaient des calculs biliaires.
En résumé, on peut considérer comme acquises les données suivantes :
Chez les sujets de l'espèce humaine, le bacille d'Eberth peut végéter dans la vésicule billaire pendant des mois et des années, Cela se voit surtout chez d'anciens typhiques, en puissance de la lithiase biliaire.
L'infechon des voies bihiaires par le bacille d'Eberth c£ fréquente, sinon constante, chez les porteurs chroniques du bacille d'Eberth, qui excrètent ce bacille par la voie rectale.
Le bacille d'Eberth peut végéter dans le sang d’un sujet de notre espèce, longtemps après une atteinte de fièvre typhoïde, sans que cette bactériémie donne lieu à des manilestations spécifiques.
De ces différentes données, on peut conclure que très vraisemblablement, le bacille typhique, excrété par les