‹ Contribution à l'Épidémiologie de la Fièvre TyphoïdeChapitre 6 sur 17 · AO UE · texte numérisé non relu

AO UE

en l'espace de qualire semaines. On peut done affirmer qu'il ne s'agissait pas là de porteurs chroniques du bacille d'Eberth. |

Les autres bacillifères, au nombre de 12, étaient, sans exception, d'anciens typhiques, et tous ils pouvaient être dénommés porteurs chroniques du bacille d'Eberth, en considération de la persistance de ce bacille dans leurs gardes-robes, pendant des mois.

D'après Conradi (10), dans les deux arrondissements de Saint-Wendel et d'Otiweiler on trouva, au cours d'une épidémie de fièvre typhoïde, en regard de 400 dothiénentériques, 26 porteurs primaires du bacille d'Eberth, c'est-à-dire 26 sujets qui étaient en puissance d'une infection éberthienne latente, sans avoir Jamais présenté les symptômes caractéristiques de la fièvre typhoïde. Ce nombre élail sensiblement égal à celui des bacilhjères secondaires. En outre, il s’est fait voir, à l'encontre de ce qu'avait observé Conradi et de ce qui a été signalé ci-dessus, que chez ces porteurs primaires du bacille d'Eberth, l’excrétion de ce bacille peut persister pendant des mois, c’est-à-dire qu’elle peut revêtir les allures de la chronicité. Resterait à démontrer qu'en pareils cas le lieu de refuge et le foyer de pullulation se trouvent être également la vésicule biliaire, Une chose est certaine, c'est que chez ces bacillaires éberthiens primaires, le bacille d'Erbeth peut exister dans le sang Conradi en a fourni des preuves.

Voilà tout ce que nous avons pu recueillir de documents susceplibles de nous fournir une réponse à la ques-

Hope

tion énoncée en tête de ce paragraphe, Leur insuffisance est notoire. Cependant nous ne croyons pas trop nous avancer, en affirmant qu'il s'en dégage une impression, qui est celle-ci : c'est qu'en principe le rôle qui peut revenir aux porteurs chroniques du bacille d'Eberth, dans la propagation de la fièvre typhoïde, ne peut avoir qu'une importance secondaire, numériquement parlant.

d) Virulence du bacille d'Eberth excrété par les bacillijères éberthiens. Possédons-nous au moins des preuves de la virulence du bacille d'Eberth excrété par les porteurs chroniques de ce bacille ?

Des preuves expérimentales, oui : en effet, on a réussi à démontrer cette virulence sur des lapins, en leur injectant des cultures d'un bacille d'Eberth, extrait des déjections de bacillifères éberthiens. Mais cela ne suffit pas pour affirmer que ces mêmes cultures eussent été virulentes pour des sujets de notre espèce.

Des preuves cliniques, dans une certaine mesure; elles nous ont été fournies par les exemples, relativement nombreux, de cholécystite et d'angiocholite typhiques survenues chez des bacillifères éberthiens.

Ce qui nous manque jusqu'ici, c'est la preuve irrécusable de la transmission directe de la fièvre typhoïde, d’un bacillifère éberthien bien portant, à un sujet de notre espèce.

Dans ces conditions, nous en sommes réduits à Invoquer le témoignage d’un certain nombre d'observations épidémiologiques, pour affirmer comme une chose plus que vraisemblable, quasi certaine, qu'un cerlain rôle re-

vient aux porteurs chroniques du bacille d'Eberth dans Ja propagation et la dissémination de la fièvre typhoïde. Avant de passer en revue les ‘principales observations de cette nature, actuellement connues, il nous reste à examiner une question préjudicielle dont nous aurons à faire ressortir l'importance au point de vue prophylactique ; nous l’'énoncerons ainsi :

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