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III. — Expérimentation culturale directe

Bien que normalement ce mode d'expérimentation soit la suite logique des expériences de laboratoire, nous l'avons utilisé — en raison de nos possibilités matérielles — dès le début de notre étude.

Nos premiers essais ont été faits en vases de végétation. (Dijon, 1950). Notre expérimentation s’est ainsi poursuivie l’année suivante par des essais en pleine terre, et s’est terminée en 1953 à la Station de recherches agronomiques d'Avignon.

Techniques expérimentales (Communes aux expériences culturales de 1930-31-33.)

Dans l'espoir d'arriver à des résultats significatifs en ce qui concerne la constatation de l'influence effective d’un sel de

manganèse sur l'assimilation de l'azote provenant soit d'engrais chimiques, soit des réserves azotées du sol, il nous à paru rationnel de nous adresser à deux méthodes différentes de contrôle.

Nous allons successivement examiner chacune d’elles,

A) Contrôle d'un accroissement de la matière azotée dans la récolte. — Des constatations effectuées en se basant sur des excédents de récoltes donnent bien évidemment une idée d’une meilleure assimilation de la plante, mais ne sauraient nous renseigner exactement sur l'accroissement respectif d’assimilation de chacun des principes nutritifs.

La composition chimique de la récolte est à ce point de vue susceptible de nous donner d'utiles indications. C’est le procédé de contrôle utilisé jusqu'à présent par les expérimentateurs —— assez rares du reste — qui se sont occupés de Pinfluence que pouvait avoir le manganèse sur l’assimilation et l'élaboration de l’azote.

Le dosage des matières azotées s'effectue sur telle ou telle partie du végétal, en général sur les fruits où se sont accumulés les substances protéiques de réserve.

C’est ainsi que dans les expériences où nous avons employé ce procédé, des échantillons ont été prélevés d’une façon uniforme pour chaque essai, puis selon la substance, divisés, soumis à une dessication ménagée et broyés ensuite finement. La poudre obtenue a été mise en flacons bien bouchés, maintenus à l’obs-

curité jusqu’au moment des prélèvements pour les dosages.

B) Contrôle de l'élaboration azotée en cours de végétation. :— [1 nous a paru vraisemblable que des analyses effectuées dans la plante en plein développement, à une période où s'opèrent avec une très grande activité les processus synthétiques de la matière vivante, étaient à même de nous fournir des indications plus intéressantes que la méthode précédente, sur l’action stimulante effective du manganèse relativement à l’assimilation de l’azote. ,

Nous savons en effet que la simplification des albuminoïdes et

leur insolubilité ultérieure s'effectuent avec une intensité très forte vers l’époque de la floraison. « La plante prend au sol les matières minérales dont elle a besoin, tant que la floraison n’est pas achevée; au delà l’absorption est peu marquée en vénéral »

(ANDRÉ — Chimie végétale).

A ce moment une fraction souvent considérable de lazote total circule sous une forme soluble, composée en majeure partie de substances amidées et aminées, qui peuvent être considérées comme des termes essentiels de la synthèse albuminoïde.

Arriver à déterminer à cette période spéciale, dans un végétal soumis à une fumure manganésée, le teneur de ce dernier en matières azotées (azote diffusible et azote insoluble) et comparer les résultats obtenus dans les mêmes conditions sur un végétal témoin, nous « paru constituer un moyen de contrôle de linfluence du manganèse sur l'assimilation azotée, particulièrement suggesti].

Exécution. — Nos déterminations ont porté sur les feuilles, organes de la plante qui représentent nettement le lieu de l'élaboration des matières azotées: « celles-ci s'y accumulent pour

ainsi dire d’une façon transitoire >» (ANDRÉ Chim, végét.).

On comprend en effet que la feuille, siège de la fonction chlorophyllienne soit le lieu de la combinaison des hydrates de carbone avec l’azote minéral.

Nous nous sommes inspirés pour réaliser ce contrôle, des travaux mêmes de H. LaGaru et L. Maume (1) sur le « Diagnostic foliaire », en ce sens que nous avons recherché dans la feuille du végétal soumis À nos essais, un indice exact de son assimilation azotée, exprimé par la richesse momentanée de la feuille en azote (soluble ou insoluble).

Comme ces auteurs, nous avons — d’après leurs propres termes — cherché à saisir le chimisme d’un organe en croissance pris en une place déterminée, au lieu de faire l'analyse couramment pratiquée d’un ensemble d'organes, par exemple du feuillage tout entier.

(1) Directeurs de la Station des recherches chimiques de l'Ecole Nat, d'Agr. de Montpellier,

Nous n'entrerons pas ici dans la discussion de cette méthode originale et pratique qui a déjà fourni à ses créateurs des preuves solides de sa justesse et de sa fidélité (2).

« Elle diffère de toutes les méthodes d'observations usitées jusqu’à ce jour par ce qu'elle signale le mode d'alimentation de la feuille au moment de l'échantillonnage. »

« Le diagnostic foliaire n’est pas un succédané de l’analyse de la plante entière: c’est un test particulier d'alimentation qui raconte la cinématique de l’évolution chimique de la feuille. »

Le diagnostic foliaire permet donc de se rendre compte du retentissement que peut avoir dans le végétal l’application d’une fumure déterminée.

L'efficacité des fumures sur l'alimentation globale a pu être ainsi démontrée (3).

Cette méthode se servant de la plasticité chimique de Ia feuille pour traduire les moindres variations du processus alimentaire, l’influence sur ce dernier d’un élément tel que le manganèse apparaissait dès lors plus aisément saisissable qu'avec

les méthodes ordinaires d'investigation.

En adoptant le principe essentiel du «diagnostic foliaire » nous nous sommes cependant borné à la détermination des teneurs centésimales en azote des feuilles prélevées à une seule période de végétation, (début de la floraison), période présentant pour nous le maximum d'intérêt pour les raisons déjà indiquées.

Au sujet des formes d'azote sur lesquelles ont porté nos analyses, nous tenons à souligner que notre souci n'étant point d'établir uné différenciation dans la nature de ces différents principes azotés, ce qui nous aurait entraîné dans une véritable étude de l’évolution qualitative de lazote, nous avons seulement cherché à apprécier la valeur de la somme des composés azotés

se trouvant dans la plante, à une période critique de l’assi-

2) Le « diagnostic foliaire » et son degré de sécurité, OC. R. Ac, Se. t. 188, p. 1062, avril 1929.

(3) Contrôle chimique du mode d'alimentation de la vigne par les engrais, OC. R, Agric. 13, 6 avril et 18 mai 1927,

milation, soit à l’état soluble (amino-acides et amides), soit à l’état insoluble (protéines).

Expériences en vases de végétation (Dijon)

But principal. — Possibilité d'un contrôle dans le végétal, du taux d'azote — en cours et en fin de végétation — suscep-

tible d’être accru par l’action d’un sel de manganèse, l’azote à la disposition de la plante provenant de deux engrais chimiques: l’urée et le sulfate d’ammoniaque.

Constatations secondaires: rendements, précocité.

Végétal employé: maïs sélectionné (Jaune hâtif d’Auxonne) fourni par la Station d'amélioration des plantes de Dijon, (PARENT

Dispositif : essais en vases de zinc, modèle WAGNER, contenant tous 12 kgs. de terre silico-calcaire, additionnée d’une légère proportion de terre de jardin pour l'apport de bactéries utiles.

Analyse de la terre employée. — Méthodes officielles des Stations agronomiques). Le mélange contenait pour mille gr. de terre fine sèche:

SADIéCerOoSSIéRE CAlCAIÎTE EE em sr ec 143.00 FH OTOSSICE SIC EUR Le me See ds 424.50 — 1 ÉD NCAÏCAÏTO MA MR NN ER 48.00 NT S'SRICOU SR ne um net PUIS NeUe 123.70 LIMOUSIN T RENE NET RE NES ES 6S.40 ADOUE ER RS neue lle see CAS DIS CPE LS 137.50 Matières /HUMIQUES" RETENIR ON RE S0 Acide phosphorique ......... 0.32 Eléments dits « assimilables » : ; < Ô WE POtASSe Rennes en e e 0.28 Azote., LOtAl 5e OR RS ROSE UN EST RE Ets LE / jy fusion | TOR ET CU 0.022

{ aïlcaline Dosage du Manganèse % de terre fine sèche acide Soluble ..,..... 0.009 acétique

étendu

Se

L'analyse fait apparaître la pauvreté en manganèse du sol employé, genre de sol recherché intentionnellement.

Remplissage des vases : mélange des engrais avec 10 kgs. de la terre préparée au tamis de 2 mm. à trous ronds et reposant sur un lit de cailloux qui servit à ajuster uniformément le poids des vases avant l'introduction des sols.

Engrais employés; doses. — On avait introduit dans tous les vases les engrais suivants à doses communes à tous les essais:

SUDELDNOSDRATE EL ET EL Le 5 gr. représ, 0.75 de P205. Carbonate de potasse ...... 2 gr. — 1.36 de K20.

Doses d'asote: 1 gr. par essai dans chaque série, soit :

Pour la première série .... 5 gr. de sulfate d’ammoniaqaue. Pour la deuxième série .... 2 gr. 2 d’urée.

Doses de manganèse: variables suivant les essais d’une même série mais semblables dans les deux séries.

Chaque série comportant 3 essais et ? témoins, on introduisit dans les deux premiers essais de chacune d’elles une dose de manganèse dite «normale >» alors que le 3% recevait une dose dite « forte ».

C’est ainsi qu’on avait :

1" série :

NNIMÉLOS MP br SL nr 0.25 de sulfate de manganèse — produit anhydre — représentant : 0.09 de Mn métal.

NID TOL Eee Mb e diet the 0.5 du même sel soit : 0.180 de Mn métal.

2e série :

INTUMÉTOSNME CLR CE Mint 0 mêmes proportions que numéros 2vet 3:

INTRO TON ee de nie o Diese même proportion que numéro 4

2 kgs, de terre analogue à la précédente ont été ensuite introduits dans chaque vase, complétant ainsi le poids normal prévu, soit 12 kgs.

Les vases ont été amenés au même taux d'humidité, Le semis eut lieu le 1° mai, à raison de 10 graines de maïs par essai, et le repiquage le 2 juin en ne laissant subsister que 2 sujets par vase.

Observations en cours de végétation. — Pas de différence

sensible dans les levées,

1 juin. — Les sujets des essais manganèsés se montrent les plus vigoureux.

5 juin. — Une pluie violente cause quelques dommages aux essais; des tuteurs sont placés sur chaque vase.

Floraison: débute vers la fin de la 1" semaine de juillet; les sujets les plus avancés et sur lesquels on opère donc les premiers prélèvements de feuilles sont ceux des essais manganèsés (dose dite moyenne).

Voici les dates de début de la floraison relatives à chaque essai :

A ed MES

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