II. Expérimentation culturale directe
a) Action sur l’assimilation de l’urée. (Essai de Dijon, 1930-31).
Avec les essais en vases de végétation (Dijon, 1930), l'influence du manganèse s’est traduite de la façon suivante par rapport aux témoins :
Accroissement moyen Indices des essais manganésés de comparaison (dose «moyenne» et «forte») Azote total ......: 0 gr. 344 de mat. sèche 417,4 Azote protéique .. 0 gr. 241 — — 416,6 Azote diffusible .. O0 gr. 103 — —— 120,6
L'accroissement le plus fort a été relevé pour l’essai manganésé à dose dite « forte ». Les taux d'azote total a été accru d’une façon très appréciable, l'azote diffusible ayant été le plus sensiblement influencé.
Avec les essais en pleine terre (Dijon, 1931), les résultats obtenus en faveur du manganèse se traduisent ainsi :
1) Dosages sur la plante entière.
Accroissement Accroissement Indice global moyen de comparaison (N total en % de matière sèche 0,750 0,370 104,8
Bien que l’action du manganèse se soit manifestée d’une façon très nette par un contrôle effectué sur la plante entière, nous
ne devons pas trop, ainsi qu'il a été précédemment exposé, nous servir de résultats de cette nature pour estimer d’une façon exacte un accroissement de Passimilation azotée, En effet d’après H. Lacaru et L. Maume, auteurs du « diagnostic foliaire », les feuilles d'âge différents ayant des composilions chimiques différentes, il serait vain de chercher dans la composition de l'ensemble du feuillage une indication sur le mode d’alimentation de la feuille à un moment donné, puisque la composition du feuillage dépend surtout des proportions selon lesquelles sont mélangées dans l'échantillon, les feuilles d’âge différent.
2) Diagnostic foliaire à la floraison.
Accroissement global Accroissement Indice des essais de l'essai de comparaison manganésés moyen Azote total .... 0,470 0,235 414,0 Azote protéique. 0,260 0,130 409,2 Azote diffusible, 0,210 0,405 114,3
Le taux d'azote total a été assez nettement augmenté, légèrement moins cependant que dans les essais en vases de végétation. La forme d'azote la plus influencée a encore été la forme soluble, ce qui paraît indiquer une action particulière du manganèse sur les phénomènes de migration des matières azotées, cest-à-dire sur leur simplification.
En ce qui concerne les dosages de l’azote protéique effectués sur les grains récoltés, soit dans les essais de 1930, soit dans ceux de 1931, ils n’ont pas révélé un accroissement très sensible
de l’azote des essais manganésés.
En effet en 19:30, les dosages d'azote ont varié de 2,60 à 2.68: en 1931 l'accroissement moyen à été de 0,080 mgr. sur les témoins; bien que ce dernier résultat puisse être considéré comme appréciable, étant donné qu’il a été démontré par de nombreux expérimentateurs que la proportion d'azote dosée
dans la matière sèche varie peu avec la fumure azotée (1), le seul dosage des matières protéiques dans les grains à mâturité, ne semble pas pouvoir constituer un critérium suffisant de l’influence du manganèse sur l'assimilation de l’azote.
b) Action sur l’assämilation du sulfate d’ammoniaque. (Dijon 1931).
Les dosages d'azote dans les feuilles prélevées à l’époque de la floraison, ont donné lieu aux constatations suivantes :
Accroissement Indice
pour l’essai moyen de comparaison AZOTR TOTAL Te. it reee 0,203 410,1 Azote protéique ............ 0,473 114,3 Azote diffusible .......,.... 0,030 106,3
Le taux d’azote total a été moins fortement accru que pour l’urée ; l’azote protéique et surtout l’azote soluble ont été beaucoup moins influencés. L'action du manganèse n’en demeure pas moins significative.
Dosages de l’aiote des grains récoltés
De même que pour l’urée, les différences ainsi observées entre l'essai et le témoin sont très faibles: elles sont néanmoins en faveur de la fumure manganésée (accroissement moyen : 0 gr. 031).
Essais en pleine terre (sur betteraves)
Le contrôle de l’assimilation azotée ne s’est exercé ici qu’en fin de végétation et les résultats obtenus quoique n’entraînant que des différences très faibles, font apparaître l’action favorable du manganèse, action plus particulièrement saisissable pour les essais comportant une fumure complète.
(1) Expériences de Roux (Paris), de Mlle GAROLA (Chartres), de DUPONT (Nancy), etc. Cependant d'autres expérimentateurs ont trouvé dernièrement des résultats en sens opposé : travaux de JoRET (Amiens), de DEBARDON (Blois), d'AUDOUARD (Nantes),
L’assimilation du sulfate d'ammoniaque se montre dans tous les cas stimulée alors que les essais manganésés sans engrais ne gagnent rien d’appréciable sur les témoins.
c) Action sur l’assimilation d’une fumure ammoniaco-nitrique et sur l’azote naturel du sol. (Essais d'Avignon, 1933)
Les dosages d'azote de ces essais n’ont porté que sur les feuilles à l’époque de la floraison (diagnostic foliaire), ce mode de contrôle s'étant révélé lors des essais précédents comme le plus démonstratif.
Série I. — Influence du manganèse sur l’assimilation de l'azote du sol.
Accroissement global de l’azote Accroissement Indice des esais avec de l'essai de comparaison Mn moyen Azote total .... 0,822 0,274 ÉLER Azote protéique. 0,425 0,142 408,4 Azote diffusible. 0,397 0,132 416,2
On constate en faveur du manganèse un accroissement du taux d’azote total indiquant une meilleure assimilation des réserves naturelles du sol en cet élément. C’est encore l’azote des substances azotées solubles qui fournit l'indice de comparaison le plus élevé.
Série IT. — /nfluence du manganèse sur lassimilation de Vazote d'une fumure amoniaco-nitrique
Accroissement azoté des essais Accroissement Indice + Mn de l'essai moyen de comparaison Azote total .... 0,858 0,286 411,2 Azote protéique. 0,337 0,112 106,3 Azote diffusible. 0,521 0,174 422 1
L'augmentation du faux d'azote total est sensiblement du
même ordre que dans la première série. Si le taux d'azote protéique marque un accroissement un peu moindre que dans cette dernière, celui de l'azote diffusible est par contre beaucoup plus élevé et indique nettement linfluence du manganèse sul l'activité migratrice des substances azotées pendant une période de transport intense des matériaux nutritifs dans les tissus de la plante.
En somme les résultats obtenus dans ce sens avec les deux séries d'essais confirment ceux de 1930 en vases de végétation et ceux de 1931 en pleine terre,