‹ Contribution à l'étude agronomique du manganèse: Son influence sur l'assimilation azotée des végétauxChapitre 20 sur 22 · CONCLUSIONS GENERALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GENERALES

De l’ensemble des constatations expérimentales auxquelles nos divers essais ont pu donner lieu, il résulte qu’en dehors de son action maunifestée par des excédents de production confirmant à nouveau les observations faites antérieurement par un grand nombre d’expérimentateurs, le manganèse, sous forme de sulfate, agit favorablement sur l’assimilation de l’azote (absorption et élaboration) d'engrais chimiques tels que l’urée et le sulfate d'ammoniaque, de même que sur lassimilation de lPazole naturel du sol.

Les observations relatives à l'influence du manganèse sur des facteurs essentiels de l'assimilation azotée, reçoivent donc par les conclusions présentes une affirmation qui paraît démonstrative: L’accroissement des teneurs en azote obtenu par l'apport d’un sel de manganèse constitue la conséquence tangible des diverses influences attribuées à ce métal sur le métabolisme azoté du sol et de la plante.

En ce qui concerne la valeur interprétative des résultats, la variété de notre expérimentation nous pérmet d'espérer un degré de certitude assez élevé, Mais la recherche de la composition d’un végétal, ou partie de végétal, peut être conditionnée par un grand nombre d’influences extérieures au sol, ainsi qu’il résulte des travaux mêmes de H, Lacaru et L. Mauue.

Aussi pour l’expérimentation culturale directe, la continuation de semblables essais, avec des conditions extérieures, atmosphériques et autres, variables, autorisera par l’obtention d’une certaine constance des résultats, des assertions plus solides encore.

Les conclusions que d’ores et déjà, les résultats de nos expériences nous permettent de formuler appellent des conséquences pouvant être d'ordre théorique et aussi d'ordre pratique.

Théoriquement : Nos conclusions viennent confirmer et mettre en relief l’importance d’un infiniment petit chimique dans le processus de l’azote du sol et de la plante.

Elles peuvent montrer que le phénomène général de la stimulation végétative observée si souvent à la suite de l’application de sels de manganèse, doit pour une très large part trouver une explication dans la catalyse bio-chimique que cet élément favorise dans le sol d’une part, et de l’autre dans les tissus de la plante où il exalte les réactions intra-cellulaires d’oxydation qui concourent à l'élaboration de l'azote.

Enfin le bien-fondé d’une méthode de contrôle physiologique particulièrement recommandable (diagnostic foliaire) peut trouver à la suite de ces essais une nouvelle confirmation.

Pratiquement : Les résultats obtenus sont de nature à apporter en faveur de la conception de l’engrais complet un très sérieux appui.

Ainsi que Va si bien dit DucLAUX : « Il existe dans la plante en bon état de santé, une harmonie remarquable entre les éléments dont ile suc cellulaire s'empare; notre idéal devrait tendre à faire régner en permanence une harmonie semblable ;.

Or, dans la pratique des fumures, où l’on opère non seulement la restitution au sol des éléments utiles que la plante lui a soustrait (loi de LieB1G), mais aussi, dans le double but économique de l’obtention de hauts rendements et du maintien de la capacité productive de la terre, un apport supplémentaire de matériaux nutritifs, on se contente encore à l’heure actuelle, dans la grosse majorité des cas de faire intervenir les trois éléments que la science agronomique et l’observation culturale ont reconnu comme essentiels pour la production végétale : azote, acide phosphorique et potasse.

Ces trois éléments constituent en somme actuellement tout

l’approvisionnement alimentaire de la plante (Trinité chimique) (1).

Bien que certains engrais puissent apporter au sol en même temps que l’élément fertilisant principal des éléments accessoires parmi lesquels peut se trouver le manganèse (scories de déphosphoration) il apparaît qu'une fumure manganésée vraiment rationnelle ne saurait être réalisée par les impuretés de teis ou tel engrais.

Une déficience du sol en manganèse est, pour diverses raisons, généralement indépendante de la fertilisation courante (2) et il convient d'appliquer cet élément à des doses et sous des formes appropriées, sans association obligatoire avec tel élément plastique parfois inutile et susceptible de vouer le sol à un déséquilibre alimentaire.

Nos expériences ont également montré (fait déjà constaté antérieurement) que le manganèse agit d’une façon particulièrement efficace sur l’assimilation azotée dans un sol de composition chimique bien équilibré au point de vue nutritif.

Lors d’un projet de fumure azotée, il importera donc de connaître la teneur du sol considéré en manganèse assimilable et lors d’une application de sels manganésés, la richesse de ce sol en principes fertilisants (également assimilables), (3).

(1) Cf. MarcuaDIE et GOUJON, Ann. Sc. Agron. n° 1, 1925.

(2) « Lorsque certaines plantes sont maintenues sans discontinuité sur le même sol, il arrive souvent que le poids des récoltes diminue très vite avec les années pour devenir parfois presque nul, et cela malgré des additions régulières de fumier et d'engrais chimiques destinées à compenser les pertes d’humus, d'azote, de potassium et de phosphore. En ajoutant au sol une quantité convenable de l'élément catalyique qui fait défaut, on peut se délivrer de la nécessité des rotations culturales. » (G. BERTRAND).

(3) L'importance de l'appréciation des besoins des sols en éléments utiles se révèle ici encore particulièrement significative. Cette appréciation, extrèmement complexe est à la base de toute application au sol de produits destinés à améliorer la production (Cf. J. Borpas: L'étude du sol et la notion de fertilité, Conf. Soc. Agric. de Vaucluse du 21 mars 1933, et I. THéronp: La détermination des besoins des sois en] principes fertilisants, « La Science et la Vie », mai 1934).

À l’époque actuelle où les conditions économiques s’affirment particulièrement difficiles, l’agriculteur est susceptible — en certains cas — de trouver dans la fumure manganésée, rationnellement réalisée, un moyen pratique d'assurer une meilleure utilisation de l’azote des engrais et des réserves du sol.

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