‹ Contribution à l'étude analytique du mercureChapitre 77 sur 82 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'hydrosulfite de sodium est doué de propriétés ionisatrices et réductrices remarquablement puissantes qui se manifestent au mieux, en milieu alcalin, au sein duquel les décompositions secondaires, principalement sulfurantes, sont réduites au minimum.

En particulier, il précipite le mercure à l’état métallique de la plupart de ses combinaisons, même en présence de matières inertes. Se comportant simplement comme un réducteur énergique vis-à-vis des sels de ce métal, il semble, sans qu’on puisse lui attribuer un rôle minéralisateur à proprement parler, qu’il détache le mercure de ses combinaisons organiques pour l’amener sous forme ionisée, sensible à son action réductrice.

A la concentration de 5 p. 100, en présence de 10 p. 100 de lessive de soude et à la température du bain-marie, il permet le dosage du mercure :

1° Dans ses sels et combinaisons organiques;

2° Dans un certain nombre de préparations galéniques à base de dérivés mercuriels, notamment dans les pommades à l’oxyde jaune et au calomel, la suspension de chlorure mercureux et l’huile à l’iodure mercurique;

3° Dans une solution très diluée de dérivé mercuriel:

4° Dans l’urine, le sérum, le sang et divers liquides biologiques.

Lorsqu'il y a quelques milligrammes de mercure, il est inutile d'utiliser un adsorbant, et le métal, convenablement lavé, est dissous dans l’eau régale et dosé par cyanohydrargyrimétrie. Le dosage peut également être terminé par gravimétrie en effectuant la réduction dans un tube à centrifuger taré.

Ut De

Dans le cas où il n’y a qu’une fraction de milligramme de mercure, il est nécessaire de le recueillir en présence de sulfate de baryum qui l’adsorbe. Le précipité, recueilli par centrifugation et lavé, est traité par le brome, après déshydratation, et le bromure mereurique formé est extrait à l’éther. Le résidu d’évaporation de cet extractum est remis en solution dans 1 em d’eau distillée et dosé par diaphanométrie après réduction par le chlorure d’étain IT en présence de gélatine ou après précipitation à l’état de reineckate.

L'étude de ces deux dernières méthodes de dosage de faibles quantités de mercure nous a permis d’effleurer la question du mercure non organique présent dans le mercurochrome et de mettre en évidence l'extrême variabilité de cette fraction du métal, qui semble provenir, au moins en partie, d’une hydrolyse des groupements -Hg-0H lors de la mise en solution aqueuse, et non uniquement de sels adsorbés lors -de la préparation du produit.

D'autre part, nous avons montré avec précision la diffusion du mercure dans l’eau distillée maintenue à son contact et sa solubilisation non négligeable dans les acides dilués.

Appliqué à l'urine avec de bons résultats expérimentaux, le même procédé nous a permis de constater l'élimination rapide du mercure après injection de cyanure mercurique et, à la suite d’applications de mercurochrome, la réalité d’une élimination mercurielle non négligeable et, par suite, d’une adsorption très sensible du médicament par la peau et les plaies.

Enfin, la possibilité de l'appliquer au sang et à divers autres liquides biologiques met à notre disposition une technique d’une approximation fort satisfaisante et d’une grande simplicité pour suivre et préciser le sort de nombreux dérivés mercuriels pénétrant dans l'organisme.

Vu : Vu :

Le Doyen de la Faculté Le Président du Jury,

de Pharmacie de Paris, R. FABRE A. DAMIENS. } À

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris.

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