‹ Contribution à l'étude anatomique de la fossa subarcuataChapitre 14 sur 21 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'étude purement descriptive, qui précède, nous apporte quelques données sur les rapports de l’enfoncement cérébelleux chez les Primates, sur la vascularisation de ia région, sur sa signification anato- . mique. Elle confirme la transformation de la fossa subarcuata du fœtus humain, en canal pétro-céré- . belleux chez l'homme adulte. Elle souligne aussi l'identité de la fossa subarcuata de l’homme et de l'enfoncement cérébelleux des animaux.

Chez l'homme nous avons constaté que la fossa subarcuata, visible sur le versant postéro-supérieur du rocher, était très rarement semblable à elle-même : autant de sujets, autant d’aspects morphologiques. Cependant, ce vestige anatomique entre toujours. dans le cadre des quatre variétés suivantes : dépression, fente, ,pertuis, cicatrice osseuse ; il arrive, et le cas est fréquent, que ces variétés se combinent entre elles,

Es emplacement de la fossa ibetotrate sur le versant postéro-supérieur du rocher manque de fixité,

sauf dans ses rapports avec le conduit auditif interne : la distance de l’un à l’autre est d'environ 5 mil-" limètres.

Le canal pétro-mastoïdien (ou pétro-cérébelleux) portion intra-pétreuse du vestige de la fossa subarcuata, a son orifice endo-cranien sur la crête du rocher ou non loin.d’elle sur la face cérébelleuse de cet os, au-déseus et en dehors du trou auditif interne. De là, il se dirige vers l’espace compris dans la boucle du canal S.-C. supérieur, le franchit en passant près de la branche postérieure du canal, pénètre ainsi dans le trièdre formé par les trois canaux $.-C., puis S'infléchit vers le haut pour se rapprocher de la erête du rocher, où il va se perdre, soit dans du tissu com-

. pact, soit parmi les cellulés aériennes plus où moins

voisines de la paroï interne de l’antre pétreux, dans sa région haute et postérieure.

Ce canal contient un prolongement de la duremère, et des vaisseaux, dont les connexions, chez l'adulte, au moïns, sont encoré mal connues.

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L'étude des Primates éclaire la signification anatomique de la région qui nous intéresse. L'identité entre Penfoncement cérébelleux de ces mammifères el la fossa subarcuata de l’homme, ne peut na être contestée. Certes, il y a peu de ressemblance entre l énfoncement cérébelleux d’un Lemurien et le canal pétro-mastoïdien de l’homme, mais tous les” nes

nous fournissent les formes intermédiaires. as!

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L'enfoncement, en rapport de contiguité avec lexo-crâne, par l'intermédiaire d'une mince lame osseuse, chez les Lémuriens, en est séparé par des cellules aériennes chez les Hapalidés. Les Cébidés, les Cercopithécidés ont des enfoncements cérébelleux moins profonds, qui dans certains genres ne dépassent pas l'arc du canal semi-circulaire supérieur. Les Anthropomorphes, enfin, à l'exception du Gibbon, ont un véritable canal pétro-cérébelleux comparable à celui de l'homme, mais avec des caractères particuliers. Chez le chimpanzé jeune adulte, par exemple, ce canal se termine dans la gouttière du sinus latéral, ce qui n'est pas sans intérêt pour expli-

-quer les connexions vasculaires de la région.

Jusqu'au Gibbon et y compris ce singe, la fossa subarcuata est habitée par le flocculus, lobule du cervelet. Bolk avait attribué à cette partie du cervelet, nn rôle. dans la coordination des mouvéments de Ja queue. Parmi les singes du Nouveau-Monde ceux a queue prenante, et ceux à queue pendante possè-

ke dent des enfoncements cérébelleux de capacité sem-

blable, alors que suivant la théorie de BolK ces der-

niers devraient. avoir de très petits flocculus et partant, de ‘minuscules fossa subarcuata. Notre consta- lation tendrait, semble-t-il, à infirmer cette théorie.

Les anthrépomorphes, autres que le Gibbon ont ‘une fossa subarcuata déshabitée, dans laquelle Je

: ; ie cervelet est remplacé par un prolongement de Ja du- . dE . Dre mère. Ce prolongement très vascularisé chez le

fœtus de chimpanzé, au être considéré comme une

sorte de périoste ayant un rôle dans le processus d’ossification du rocher.

La fossa subarcuala, déjà visible sur un embryon de deux mois et demi, se développe jusqu'à l’âge de sept mois et demi ; elle passe par un maximum de capacité, à celte époque de la vie intra-utérine, et décroît ensuite jusqu’à l’âge de cinq ans, où sa transformation paraît achevée.

Chez le fœtus, le fond de la fossa subarcuata est toujours en continuité avec du tissu embryonnaire, qui est le point de départ de l’ossification progressive et du comblement de la cavité. j

La fossa est habitée par un prolongement dure-

mérien très vascularisé, et ses connexions veineuses en particulier, sont pleines d'intérêt. :

. Les rapports vasculaires du contenu de la fossa subarcuata avec le-sinus pétreux supérieur, sont certains. Nous avons aperçu sur la paroi inférieure du sinus pétreux supérieur, un orifice notable, donnant issu au sang, chassé des parties molles de la cavité. Sur un fœtus à terme, les vaisseaux eux-mêmes étaient visibles. Les vaisseaux du prolongement dure-mérien se réunissaient comme les affluents dune rivière, avant de se jeter dans le sinus pétreux supérieur.

Les rapports sont probables avec le sinus latéral, Car en pressant sur le contenu de la fossa subarcuata,

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nous avons pu faire sourdre du sang dans le sinus latéral ouvert et débarrassé de ses caillots.

Si ces rapports ne sont pas certains, chez le fœtus humain, il le sont par contre chez le fœtus de chimpanzé. Il paraît évident que chez cet animal le sinus latéral et le sinus pétreux supérieur, sont réunis l’un à l’autre par un vaisseau qui passe à l'intéfieur du rocher par la fossa subarcuata.

Pour ce qui concerne les connexions vasculaires de la-fossa subarcuata avec le sinus pétreux supérieur, nous conclurons en accord avec les vues de Girard, que les vaisseaux de la fossa, prenant source au fond de celle-ci parmi des cellules pneumatiques, cavités accessoires de l'oreille moyenne, nous paraissent susceptibles de véhiculer les germes pathogènes des mastoïdites, vers le sinus pétreux supérieur et vers l’endocrâne (1).

Au point de vue clinique, nous savons combien le sinus latéral s’infecte-facilement au cours des suppurations de la mastoïde. Ne pourrait-on pas soutenir l'hypothèse que le sinus pétreux supérieur peut être lui aussi, infecté par les veines qu'il reçoit du canal pétro-cérébelleux et par lui des cavités accessoires de l'oreille moyenne, les plus profondément situées dans le trièdre des canaux semi-circulaires ?

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(1) Girard dans sa communication d'avril 1920, devant la Société

d'otologie de Paris.

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