CONCLUSIONS
I. —— Les auteurs décrivent sous un même nom, celui de paralysie infantile, deux affections très dissemblables.
L'une caractérisée étiologiquement par le fait qu’elle s’observe à l’état sporadique;anatomiquement, par des lésions localisées aux cornes antérieures de la substance grise de la moelle; cliniquement par des troubles moteurs paralytiques avec diminution ou abolition des réflexes, sans adjonction de troubles sensitifs, sensoriels, intellectuels, etc.
L'autre caractérisée étiologiquement par la notion
d’épidémicité ; anatomiquement par des lésions diffuses occupant toute la hauteur du névraxe et s’étendant en largeur depuis le canal de l’épendyme jusqu'aux méninges molles ; cliniquement par des troubles polymorphes disparates indiquant l'atteinte de presque toutes les parties constituantes du névraxe.
“IT. -— Si le terme de paralysie infantile épidémique appliqué à cette seconde affection est justiciable de toutes sortes de critiques, et s’il semble préférable de lui substituer celui de maladie de Heine-Médin, il n’en est pas moins établi qu'entre la paralysie infantile sporadique et la maladie de Heine- Médin existent d’indéniables liens de parenté. En effet :
1° Dans les paralysies infantiles les plus typiques, la substance blanche est souvent atteinte, le bulbe, la protubérance quelquefois ;
2 Cliniquement, il existe tous les intermédiaires entre la maladie de Heine-Médin et la Partie infantile sporadique ;
3° Si l’on vient à mélanger du virus de la poliomyélite avec du sang provenant d’un sujet atteint de paralysie infantile sporadique, le virus est aussi bien neutralisé que si on l’a mélangé à du sang provenant d’un sujet atteint d’une maladie de Heine- Médin typique.
HIT, — En ce qui concerne les lésions des cornes antérieures dans la paralysie infantile sporadique, on peut se demander si les lésions cellulaires sont primitives, dues à l’action directe du virus sur les cellules, ou siles lésions vasculaires sont primitives, produisant ainsi un ramollissement par artérite, ou si les unes et les autres ne sont que les effets simultanés, mais indépendants d’une même cause pathogène. Chacune de ces théories a trouvé des défenseurs ; ilest possibie, d’ailleurs, que chacune d'elles contienne une part de vérité et qu’à ce point de vue spécial tous les cas ne soient pas identiques.
Vu : le Président de la thèse,
HUTINEL u: ls Doyen,