‹ Contribution à l'étude anatomique des polygalacéesChapitre 4 sur 15 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Caractères botaniques.

§ I. — Tribu des Polygalées.

Les Polygala ou Laitiers (iro/.u,-, beaucoup; '/«>«, lait) sont des arbustes, des sous-arbrisseaux ou des herbes. Leurs feuilles sont alternes, plus rarement opposées ou même verlicillées, simples, entières ou à peu près, sans stipules.

Leurs fleurs, blanches, jaunes, roses, violacées ou pourprées plus rarement bleues sont réunies en grappes simples ou plus rarement composées, ou en épis, parfois courts et capituliformes quelquefois pancitlores. Chacune d’elles est insérée dans l’aisselle d’une bractée accompagnée de deux bractéoles latérales et souvent articulée à sa base.

Les fleurs sont irrégulières et hermaphrodites. Leur réceptacle

(3) Hist. des Plaotes. (1873).

convexe supporte, de bas en haut, le calice, la corolle, l’androcée et le gynécée.

Le calice est formé de cinq pièces fort dissemblables, imbriquées en préfloraison quinconciale.

La corolle n’est pas moins irrégulière. Elle est formée de cinq pétales très-inégaux, imbriqués dans le bouton, de telle sorte que les deux postérieurs recouvrent l’inférieur ordinairement bien plus grand que les autres. Ce pétale inférieur prend le nom de carène, à cause de sa forme même : il est concave, conformé en nacelle, en casque, en capuchon : son sommet est entier 2 ou 3-lobé, et il porte souvent vers son extrémité une crête dorsale lobée ou divisée d’une façon variable. Les pétales postérieurs sont petits, étroits, souvent réduits à de petites écailles ou languettes simples ou bilobées : ils peuvent même manquer tout à fait et c’est ce qui arrive le plus souvent encore pour les deux pétales latéraux, lesquels, lorsqu’ils existent (ce qui est rare), sont presque toujours plus petits encore que les pétales postérieurs qui les recouvrent dans le jeune bouton et auxquels ils peuvent demeurer unis dans une étendue variable.

L’androcée est formé de huit étamines, placées de chaque côté de la fleur. Leurs lilets sont ordinairement monadelphes et unis aux pétales dans une étendue très variable de leur portion inférieure, et la gaine qu’ils forment est fendue suivant sa longueur du côté postérieur de la fleur. l’ius haut, les filets consütuent dans une étendue variable deux faisceaux : après quoi, cbacun d’eux devient libre et se termine par une ainbère inirorse, à deux loges plus ou moins complètes, déhiscentes par une ouverture apicale, de forme variable, unique ou plus on moins dédoidjlée. Des poils, en nombre variable, garnissent souvent le sommet et surtout la base de l’anthère.

Le gynécée est libre, accompagné à sa base d’un disque glanduleux, peu prononcé, souvent irrégulier. Il se compose d’un ovaire comprimé sur les côtés et surmonté d’un stylo dont le sommet stigmatifère s’incline, se coude et se dilate, au nive.au et au dessus de sa surface papilleuse, en deux ou quaires lobes de forme et de taille très variables.

L’ovaire est à 2 loges antérieure et postérieure, séparées par une étroite cloison qui supporte dans chaque loge un seul ovule, descendant, analrope, à micropyle tourné en liant et en dehors.

Le fruit ordinairement accompagné du calice persistant, est une capsule loculicide, comprimée, de forme variable, dont les graines descendantes contiennent ordinairement sous leurs téguments un embryon accompagne ou non d’un albumen charnu plus ou moins abondant. L’exostome présente une excroissance arillaire entière ou lobée.

§ II. — Tribu des Xanthophyllées.

Les espèces du genre Xanlhoplnjllum peuvent être considérées comme des l'olygalées à placentas pariétaux pluriovulés et à fruit charnu. Ce sont des arbres et des arbustes de l’Asie et de l’Australie tropicales.

§ III. — Tribu des Kramériées.

Le genre Krame.ria constitue à lui seul cette tribu.

Les Krameria sont tous des plantes frulicantes des régions tropicales des deux Amériques. Leur racine épaisse, trapue, ligneuse, souvent riche en matière colorante, est surmontée d’une petite tige bientôt ramifiée ; les branches portent des fouilles alternes, chargées d’un duvet blanchâtre. Elles n’ont pas de stipules et sont le plus souvent simples et entières.

Les fleurs sont solitaires, ordinairement supportées par un pédoncule plus ou moins long, qui, à une hauteur variable, et quelquefois tout près du calice, porte deux bractéoles latérales stériles. Les fleurs de Krameria ressemblent beaucoup ii celles de certaines Légumineuses, Cæsalpiniées : elles diffèreut beaucoup de celles de tous les genres do la famille des Polygalacées, en ce qu’elles sont résupinées : elles sont d’ailleurs hermaphrodites et irrégulières.

Leur réceptacle convexe porte un calice qui a quelquefois cinq sépales; ils sont imbriqués d’une façon un peu variable, mais l’un d’eux qui est antérieur, enveloppe constamment les deux latéraux, tandis que les deux postérieurs sont ordinairement l’.uri tout à lait enveloppant et l’autre tout à fait enveloppé. Mais plus souvent, il n’y a que 4 sépales, l’antérieur ne cessant pas d’être enveloppant et le postérieur recouvrant aussi les deux latéraux. C’est donc lecinquième, tout à fait intérieur, qui disparaît. La corolle n’est repré-

sentée qu’au côté postérieur de la fleur, soit par 3 pétales dont un médian est recouvert dans le bouton par les deux latéraux, soit par deux folioles seulement. Elles sont ou à pou près libres, ou unies par un support commun de longueur variable.

Les étamines sont aussi insérées au côté postérieur. Il y en a quelquefois cinq, dont une médiane et deux latéi’ales, ou trois seulement, dont une médiane, un peu plus courte que les autres, ou encore quatre, dont deux antérieures, plus longues à l’àge adulte que les deux postérieures. De meme que les pétales, les pièces de l’androcée sont libres ou unies entre elles par une portion basilaire commune, unie aussi à la base do la corolle. Chaque étamine est d’ailleurs composée d’un filet et d’une anthère basifixe, à deux loges latérales, déhiscente au sommet par une sorte de large pore en entonnoir, à bords plus ou moins déchiquetés, au fond duquel viennent s’ouvrir les deux loges.

Le gynécée est libre et supère, formé d’un ovaire primitivement à deux loges, l’une antérieure et l’autre postérieure : mais cette dernière s’arrête de très bonne heure dans son développement.

En avant de l’ovaire se voit à droite et à gauche une grosse glande hypoginc, épaisse, charnue, rayée ou réticulée sur sa surface extérieure : ces deux organes ont été généralement considérés comme deux pétales antérieurs modifiés. L’ovaire est surmonté d’un style en forme de cône allongé et creux, à extrémité stigmatifère à peine renflée. Dans sa loge unique, il présente un placenta vertical postérieur, plus ou moins saillant et portant dans sa partie supérieure deux ovules descendants, collatéraux, anatropes, à micropyle dirigé en haut et en dehors. Ces deux ovules ont deux enveloppes. Souvent leur court funicule présente une légère torsion, telle que le micropyle est porté tout à fait sur le côté et devient môme un peu postérieur, le point d’insertion ne variant pas. Le fruit est à peu près globuleu.x, indéhiscent, tout hérissé en dehors d’aiguillons roides à sommet armé de pointes réfléchies, ce qui leur donne l’apparence de petits harpons. La graine unique contient sous ses téguments un gros embryon charnu dont les cotylédons plan-convexes se prolongent à leur base autour de la radicule supère qu’ils entourent d’un étui complet.

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