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Etude comparée des différents Ratanhias.
Les Ratanliias sont les racines de différenles espèces du genre Krameria. Nous avons étudié les caractères botaniques de ce genre dans la première partie de ce travail.
Les racines que l’on consomme actuellement en France pour l’usage médical sont le produit d’un tout petit nombre d’espèces.
D’après M. Haillon (2), à part le véritable Ratanhia du Pérou, Krameria trimidra, espèce très distincte par la forme de ses inflorescences, son port et le nombre constant de ses étamines (dont elle a tiré son nom), les autres sortes commerciales seraient fournies parle Krameria ixina L.
C’est à cotte espèce qu’appartiennent le Ratanhia de Savanille et tous ceux vraisemblablement qui sont récoltés dans la Colombie. C’est d’elle encore que proviennent les sortes des Antilles qui sont parfois expédiées en Europe, et c’est elle qui, au Brésil, produit sous le nom de K. lomenlosa, une racine dont la puissance astringente y èst parfaitement reconnue. Celte plante existe avec quelques variations qui dépendent sans doufe des localités, dans le Para, à la Guyane et au Venezuela, et elle passe même des Antilles à certaines portions auslro-occiilenlales du continent américain du nord. C’est celle dont l’aire géographique est la plus étendue.
Au point do vue do la matière médicale, trois sortes de Ratanhias sont parlicidièreraenl intéressantes. Ce sont : le Ratanhia du Pérou, le Ratanhia de la Nouvelle-Grenade, le Ratanhia du Para.
(1) Elérail. Thèse de dudoral ès-sciences, 31 Paris 1886.
(ü) Bâillon. Adiinsonia. T. XI, p. 23.
J’étudierai d’abord le Ralanhia officinal, Ralanhia du Pérou ou Ratanhia Payta, dont l’origine n’est pas douteuse et qu’on attribue au K. triandra.
Le K. Iriandra R. et Pav. est un humble arbuste de 15 à 30 centimètres, à branches décombantes, à rameaux nombreux plus ou moins étalés, finalement glabres, à écorce brune plus ou moins grisâtre, et dans leur jeune âge tout chargés, comme les feuilles, d’un duvet soyeux et blanchâtre. Les feuilles sont presque sessiles, oblongues lancéolées ou obovales lancéolées, atténuées à leur base, le plus souvent un peu insymélriques, apiculées, entières, rigides, assez épaisses. Le duvet qui recouvre absolument leurs deux faces et leurs bords est finalement blanc, mais assez souvent roussâtre sur les jeunes pousses. Les fleurs disposées en une sorte de grappe terminale, mais en réalité terminant chacune un petit rameau qui occupe les aisselles des feuilles supérieures et porte plus bas deux ou quelques feuilles étroites, sont assez grandes, triandres, rougeâtres, avec un calice soyeux blanchâtre. Le fruit globuleux est chargé de soies blancl^es et de longs aiguillons barbelés, rougeâtres. Le K. triandra habite les Andes du Pérou et de la Bolivie entre 1.000 et 3.000 mètres d’altitude : il se plaît sur les pentes arides et sablonneuses. On le récolte surtout aujourd’hui au nord du Pérou pour l’exporter par Payta ; mais il est aussi exploité au nord et à l’est de Lima, notamment où Ruiz et Dombey l’ont trouvé à la fin du siècle dernier et ont vu les Péruviennes l’employer pour les soins de la bouche, à Tarrna, Jauja, Caxatamho, Canto, Iluarochiri.
Ce fut Ruiz qui fit connaître ses propriétés astringentes dans une dissertation publiée en 1799 (1). Cette drogue, au commencement du siècle, passa d’Espagne en Angleterre, où le docteur Recce (2) la recommanda aux praticiens. Jusqu’au milieu de ce siècle, le Ratanhia du Pérou fut le seul qui arriva en Europe et ce n’est qu’à partir de 1854, que les autres espèces, dont je parlerai plus loin, furent introduites sur les marchés européens.
C’est la racine du K. triandra qui constitue la Sorte officinale et
(1) Dissert.sur le Ratanhia, Mém. de l’Acad.royale de méd.T.I, 1799. Traduite en français par Bourdois de Lamotte. Paris 1808.
(2) Recce. Dict. of domest. méd. 1808.
invoquée, et si l’inflorescence n’a pas des caractères aussi distincts qu’on avait bien voulu le. dire jusqu’ici, la structure anatomique ne fournissant pas d’autre part des caractères histologiques bien tranchés, pourquoi classe-t- oii dans deux genres des plantes aussi voisines?
La seule raison pour faire de l’Ouabaïo un Acokanthera plutôt qu’un Carissa serait tirée de la présence constante de cellules scléreuses dans la moelle, observée dans tous les Acokanthera examinés dans le courant de ce travail.
Mais nous avons vu que ni la structure histologique, ni les caractères morphologiques ne permettaient de différencier les Carissa des Acokanthera. Aussi semhlc-t il beaucoup plus rationnel, sinon de supprimer l’un de ces deux genres, tout au moins de les considérer comme deux sections d’un genre unique.