CONCLUSIONS
En résumé, nous montrons dans cette étude :
1“ Que rOuabaïo, tout en offrant les caractères communs aux Apocynées, présente dans l’écorce une structure particulière;
2“ Que èes caractères le placent dans le genre Acototliera créé par Don ;
3° Mais que ce genre ne diffère pas assez du genre Carissa pour continuer à en être distingué.
Vu ; Boa à itnpi'imor, Le Président de la thèse, Directeur de l’Ecole, G. PLANCHON.
Vu et permis d'imprimer :
co-recteur de l'Académie de Paris, GHÉARÜ.
C’est à Jiron que Weir (1), en 1864, a observé la récolte de cette racine. D’après Triana, celte espèce croît encore cà Socorro, dans le sud de Jiron. On la trouve aussi près de Santa-Marta et de Rio-IIacha dans le nord-est de la Nouvelle-Grenade, dans la Guyanne Anglaise et dans les provinces brésiliennes de Pernambuco et de Goyaz.
Le Krameria ixiiia fut découvert par Lœfling, sur le continent américain, aux environs de Cuinana, et brièvement décrit par Linné en 1758. En 1815, Tussac dans sa Flore des Antilles donne la ligure et une description détaillée de cette espèce. Guibourt (2) la raenlionne en 1829. Un peu plus lard Marlins (3) dit avoir trouvé le K. ixina, au Brésil, sur les plateaux du Paranàm, et dans les plaines sèches près d’OcIras. Cbrislison’s (4) regarde cette espèce comme une sophistication du Ratanhia du Pérou. C’est en 1855 qu’il arriva sur le marché de Londres une certaine quantité de ce Ratanhia, venant de Savanillc, port situé à l’embouchure de l’un des bras du fleuve Magdalena : d’où le nom de Ratanhia Sapanille ou Ratanhia de la Nouvelle-Grenade, donné à la racine du K.ixina.
Cette sorte est mainlenanl rare dans le commerce de la droguerie.
M. G. Planchon (5) donne de celte racine la description suivante : « Ce Ratanhia est en morceaux généralement courts, tortueux, ramifiés, à ramifications latérales moins fortes que dans le Ratanhia du Pérou. L’écorce est d’tm gris violacé, mat, très particulier. Elle est ridée longitudinalement et marquée de distance en distance de fentes transversales qui pénètrent toute sa profondeur jusqu’au bois. Cette écorce est assez adhérente et ne se desquame pas à sa surface en petites esquilles semblables à celles du Ratanhia du Pérou, aussi dans l’intervalle des fentes n’est-elle point raboteuse. Parfois
(1) llanbury. Oiirjin of Savanilla lîliatany. in Pharm. Journ. 18G5. VI. 460 : Science Papei s, 1876, 333.
Dans ce mémoire, Hanbury a rapporté cette drogue à une variété du K. ixina, le K. rjranalensis. a 1. Cotton a démontré la synonymie de cette variété et du K. lomentosa do Saint-Hilaire.
(2) Guibourt. Dicl. des drogues simples et composées. T. IV. p. 376.
(3) Martius. Repertor. für die pharm. de Buch. vol. 32, livre II, 1830.
(4) iJispensatory, 581, 1847.
(5) G. Planchon. üélerminalion des drogues simples. T. I, p. 451.
des plaques se délachent dans les gros morceaux ; elles sont alors beaucoup plus épaisses et beaucoup plus larges que dans le cas du; Ratanhia officinal. »
L’écorce est généralement plus épaisse par rapport au bois que dans le Ratanhia du Pérou. Cette racine a une saveur astringente légèrement amère.
Peu de temps après la découverte du Ratanhia du Pérou, on employa au môme titre, en Amérique, un autre Ratanhia qui fut importé en Europe après le Ratanhia de la Nouvelle-Grenade. Je veux parler du Ratanhia du Brésil (Berg), ou Ratanhia du Para (Hanhury) et Ratanhia des Antilles (Colton).
En Allemagne, ce même Ratanhia est encore coimii sous le nom de Ratanhia Ceara, sans doute du nom do la prcvince brésilienne de Ceara. On le regarde généralement comme la racine du K. ixina. M. Cotton avait distingué deux formes dans cette sorte. Celte distinction n’a pas été maintenue, après qu’on eût observé tous les passages entre ces deux formes et M, Flückiger les a réunies sous le nom commun de Ratanhia du Brésil ou du Para. La première description détaillée qui semble se rapporter à cette sorte a été donnée en 1855, parle docteur Schuchardt (1), sous le nom de Ratanhia de Savanille. L’échantillon de celte sorte, conservé au droguier de l’Ecole est conslilné par des racines petites, le diamètre des plus grosses n’alleignanl pas deux centimètres. La couleur est sombre, brune ou noirèlre. Les fragments sont ridés longitudinalement, marqué do fentes transver.sales plus ou moins apparentes. L’écorce est très épaisse; le bois est d’un jaune pâle ; il se rompt facilement en donnant une cassure nette.
Je cite pour mémoire un R'ilankia du Texan attribué au Krnrneria secundiflora DC., espèce herbacée du jllexique, du Texas et de l’Arkansas. Cette racine n’a jamais eu d’intérêt au point de vue de la droguerie, du moins en France, car elle n’a été signalée qu’en Allemagne où Berg (2) en fit l’étude. L'écorce de cette sorte est plus épaisse que le bois, fendue transversalement cl longitudinalo-
(1) Bot. Zeit. t. XIII, 536, 1855.
^2) Bot. Zeit., l4noT. 1356, 797.
noirâtre à la surface : la saveur est à la fois astringente et
amère.
A la description de ces quatre Ratanhias, dont le premier seul a réellement de l’intérêt pour la pharmacopée française, je dois ajouter celle d’une nouvelle variété importée récemment en Angleterre. M. Holmes (1) lui assigne les cara’ctères suivants : « La nouvelle espèce importée provient du Guayaquil (Equateur). C’est une racine ligneuse de un à deux pouces de diamètre et au-delà, d’un demipouce de diamètre dans les petites racines. Ces racines sont très contournées : l’écorce d’un rouge brun avec des raies noirâtres est mince en comparaison du méditullium ; sa texture fibreuse, un peu siriée à la surface, est ponctuée de petites élevures. Sa saveur est très astringente, son odeur à peu près nulle. Cette racine provient probablement de l’espèce de la Nouvelle-Grenade, le K. spartmiles ».
Je n’ai pas pu déterminer l’origine botanique do cette nouvelle variété, les matériaux m’ayant fait défaut. Mais j’ai étudié la structure de cette sorte sur des échantillons que je dois à la bienveillance de M. Holmes : je donnerai les résultats de mon examen en môme temps que ceux de l’étude microscopique des autres Ra- (anhias.