‹ Contribution à l'étude anatomique et pharmacologique des combrétacéesChapitre 10 sur 25 · C. polymorpha — C. procumbcns Jacq · texte numérisé non relu

C. polymorpha — C. procumbcns Jacq

C’est un arbre à port variable qui peut atteindre les dimensions d’un buisson touffu ou celles d’un arbre de 30 pieds.

Il aies feuilles oblongues, obovales ou laneéolées/ souvent bi-glandulaires à leur base. Il porte des capitules globuleux, axillaires ou terminaux, à longs pédoncules.

Habitat. — Côtes des Antilles, plages d’Amérique, Sénégambie (i).

Histologie. — La structure de la tige, en section transversale, est elliptique avec, aux 2 pôles de l’ellipse, des éminences de tissu collenchymaleux. Les fibres du bois sont carrées et les vaisseaux nombreux. 11 n’y. a d’oxalate que dans la moelle. Cette moelle n’est jamais sclérilîée, mais les parois de ses cellules sont épaissies et parfois ponctuées. Le liber interne est très développé.

Le liège exfolie entièrement l’écorce.

La feuille, en section transversale, a la forme d’un triangle isocèle dont la pointe, tournée en bas, est occupée par du collenchyme. Le parenchyme est oxalifère. Le faisceau libéroligneux de la nervure médiane a l’aspect d’un arc dont les extrémités sont repliées sur elles-mêmes vers l’intérieur. Il se compose d’une bande étroite de liber, de 8 à 10 assises de vaisseaux ligneux ; quant au tissu criblé péridesmique, on ne le trouve en abondance que dans les boucles formées aux 2

(1) Spach, Loc. cit., IV, p. 303.

Conocarpus erectus L. (11.

(1) Nous devons ce cliché à l’obligeance de M. Heckel, directeur de l’Institut colonial de Marseille, à qui nous sommes heureux d’adresser nos remerciments.

extrémités do l’arc. AuLour de la nervure médiane. If parenchyme est creusé de cryptes à glandes Fig. \ III, 2).

L’épiderme supérieur et l'épiderme inférieur portent des stomates entourés d’un tissu de cellules polygonales, beaucoup de ces cellules contiennent des cristaux d’oxalate, d'autres laissent voir en leur centre le point d’insertion de poils unicellulaires à 1 ou parfois 2 branches Fig. IX. 2). Chaque stomate est entouré de 5 à G cellules annexes. Le tissu palissadique constitue la majeure partie du limbe qui est partout d’une structure serrée.

IIeiuen (1 donne comme caractéristiques du C. erecta Linn.: 1° les poils unicellulaires à 2 branches à côté des poils ordinaires des Combrétacées ; 2° le manque de poils étoilés ; 3° la formation de liège interne. Il faut, selon nous, ajouter à ces caractères la présence des cryptes ou domaties dans la feuille.

G. leiocarpa L)C., Protl., 3, p. 17.

Ses rameaux ligneux, cylindriques, d’un gris blanchâtre, sont glabres à l’état adulte et à peine pubescents dans leur jeunesse. Les feuilles sont alternes, sans glandes à la base, ovales ou oblongues, entières ou légèrement crénelées ou ondulées, un peu pointues, glabres en dessus, couvertes en dessous, ainsi que le pétiole, de poils couchés qui disparaissent, sauf sur les nervures, à l’état adulte. Les pédoncules floraux sont axillaires, dressés, solitaires et duveteux ; la tête globuleuse qui les termine porle des fleurs sessiles. Les fruits sont des samares à peu près rondes, à pointe saillante, imbriquées, comme dans tout le genre Conocarpus, dans une direction contraire à celle de l’épi, mais beaucoup plus étalées que chez C. erecta où elles sont surtout réfléchies. Chacun de ces fruits, un peu épais vers le milieu, ailé sur les bords, très légèrement échancré à la base et au sommet, mesure 6 mm. de large sur 4 mm. de long (2).

Histologie. — Le suber. dans cette espèce, est sous-épidermique. Le reste de la tige présente, ainsi que la feuille, les mêmes particularités anatomiques que chez C. erecta.

Le fruit, en section transversale, a la forme d’une ellipse très eililée aux 2 pôles 'Fig. XX .

(1) Heiden, Anat. charakt. d. Comlrr.. Diss. Erlangen 1892, Bot. Centrant. 4893, p. 73.

(2) De Candoljæ, Mém. sur la famille des Combrétacées, p. 2-3.

Tout le pourtour de cette ellipse est formé d’un enchevêtrement de fibres longues, à parois épaisses, à lumen très étroit, très allongé et fendillé sur ses bords. Ces fibres sont orientées dans toutes les directions et leur enchevêtrement forme une paroi résistante.

espace intercotylédonaire.

Dans les parties ellilées de l’ellipse, le tissu est lacuneux, mou et irrégulier. (Fig. XX, a).

Dans la portion centrale de l’ellipse, 2 arcs, de structure fibreuse, f analogue à celle du pourtour, mais cependant moins épaisse, d élimitent une circonférence, c,e, dans laquelle se trouve un tissu parenchymateux lâche et irrégulier, à cellules polygonales sans lacunes.

Au centre de cette circonférence, perpendiculairement au grand axe de l’ellipse, on aperçoit une cavité bordée de tissu mou, à cellules régulières en forme de dents arrondies. Cette cavité a la forme de 2 V accolés par leurs pointes aux deux extrémités d’une ligne horizontale. Cette cavité représente l’espace intercotylédonaire, ic.

Genre Anogeissus Wall., Gen. 7J/., I, p. 687.

Les Anogeissus sont des arbustes ou des arbres à feuilles alternes.

Les fleurs sont groupées en capitules denses. Le limbe de leur calice porte 2 ailes à sa base et se prolonge bien au-delà de l’ovaire. Les étamines sont au nombre de 10, dépassant les enveloppes florales. Il n'y a pas de pétales et le limbe du calice est caduc.

Histologie. — Heidex (1) donne comme caractéritisques Jes Anogeissus le manque de poils étoilés et la formation de liège interne ; mais il semble que cet auteur confonde dans son travail les Anogeissus avec les Conocarpus.

En général, la tige de ces plantes présente un bois formé de fibres à ponctuation simple, de vaisseaux à cloisons séparatrices et, le plus souvent, de peu de parenchyme.

Les rayons médullaires sont formés de 1 ou 2 rangées de cellules radiales. Les fibres libériennes, à lumen très étroit, sont disposées en îlots concentriques ininterrompus.

A. pendula Edgw., Fl. Br. Ind., II, 451 ; Conocarpus myrti folia

Wall.

C’est un petit arbre à branches pendantes qui se trouve répandu dans la zone sèche et aride du plateau de Rajputana-Malwa jusqu’au Nerbudda, le Nimar et le district de Mandla (2).

(I) Heiden, Loc. ait., n° 44 (1803), p. 130.

2) G. Watt, Loc. cit vol. 1, p. 258.

Il a les feuilles petites, elliptiques et obovales, pointues ou obtuses, toujours étroites à la base.

Les fleurs sont portées sur des pédoncules solitaires simples. Le fruit subquadrangulaire, glabre, est terminé par un éperon assez peu développé.

Histologie. — La subérification se fait, ici, dans la couche sous-épidermique. Le parenchyme et le liber sont remplis par des fibres et des cristaux très gros d’oxalate. Dans le parenchyme, fibres et cristaux sont groupés par paquets, tandis que, dans le liber, ils sont disposés par strates. Le bois très développé se compose de fibres arrondies, à lumen tout petit, et de nombreux vaisseaux ronds. Les rayons médullaires se distin-

gnent par leur mince paroi et leur forme rectangulaire dirigée dans le sens radial. Le liber interne et la moelle sont peu développés.

La nervure médiane de la feuille est très petite. Le faisceau libéro -ligneux central a la forme d'un croissant.

A. latifolia Wall., Fl. Br. Ind., IL 450; Bedd., fl. sylv ., t. 15.

Conocarpus latifolia Roxb.. Fl. Ind., 384. — Conocârpus latifolias

Roxb.. Fl. Ind.. IL 44*2.

C'est un grand et bel arbre de l’Inde centrale et méridionale. Il est très répandu dans le Melghat, commun dans le Godaveri (1) supérieur. On le rencontre aussi dans la rivière Concan, la jungle de Kennery, à Ismalabad, les collines' du Deccan (2), enfin dans la région sous-hymalayenne depuis l’est du Ravi. Il n’existe pas dans la péninsule transgangétique (o .

LLd. latifolia a les feuilles entières, larges, elliptiques, obtuses aux deux bouts, courtement pétiolées, longues de 4 à 8 cm., larges de 3 à 5 cm. Ces feuilles sont parfois couvertes, sur les 2 faces, de poils couleur de rouille (var. villosa).

Dans la variété parviflora les feuilles sont très petites et soyeuses.

‘L'inflorescence est disposée en panicules très ramifiés. La fleur, petite, grisâtre, pâle, est formée d'un calice en cloche, caduc et sans corolle. Quant au fruit il a la forme d'un cône très surbaissé composé de plusieurs akènes ailés et terminé par un long bec. D’ailleurs le nom de cet arbre, en sanscrit (Yaka-vriksha), signifie « arbre à grue >', à cause de l’apparence de son fruit (4).

(1) Godaveri, Fleuve de l'Inde qui se jette dans le golfe du Bengale.

(2) Cooke, Rep. on the gams, Loc. cit., p. 14.

(3) G. Watt, Loc. cit., Vol. I, p. 256.

(4) Dymock, Warden et Hooper. Loc. cit.

Histologie. — Le suber a une origine corticale profonde. Le liber est rempli de fibres et d’oxalate réparti en couches régulières. Le bois est de structure carrée et ses vaisseaux sont elliptiques. Le liber interne et la moelle renferment également des fibres et de l’oxalate.

Dans la feuille, la nervure médiane est très accentuée. (Fig. VIII, 3). Le faisceau vasculaire présente la forme d’un arc à pointes recourbées sur elles-mêmes et c’est presque seulement dans la courbure de ces pointes que se trouve le liber péridesmique. Le bois comprend environ 10 assises de vaisseaux à parois minces. Le limbe est bifacial.

A. acuminata Wahl., var. lanceolata.

Histologie. — La couche subéreuse a exfolié presque complètement l’écorce. Le liber est rempli de paquets de fibres et de couches d’oxalate (Fig. III, 5)q les rayons médullaires placés sur un seul rang, faciles à distinguer par la faible épaisseur de leurs parois et l'absence d’oxalate à leur intérieur, découpent le liber en bandes allongées ou en cônes sinueux.

Le bois très développé se compose d’un parenchyme à cellules carrées, de vaisseaux ronds et de rayons médullaires en disposition radiale.

Le liber périmédullaire ainsi que la moelle sont remplis d’oxalate en cristaux énormes. En outre, la moelle est, en entier, sclérifiée.

La nervure médiane de la feuille est très saillante. Elle comporte un arc libéro -ligneux, à pointes recourbées, entièrement entouré d'un anneau complet de sclérenchyme. Le parenchyme dans lequel est inclus le faisceau vasculaire est à cellules rondes et régulières ; l’épiderme qui le recouvre porte de longs poils effilés et crochus et des poils étoilés autour de la nervure médiane.

Le mésophylle a une structure bifaciale. L’assise palissadique ne comporte qu'un seul rang de cellules, le reste est de structure lacuneuse, irrégulière.

Genre Quisqualis Linn.

Les Quisqualis sont des arbrisseaux grimpants, à feuilles opposées ou rarement alternes, très entières. Les épis axillaires ou terminaux, groupés en panicules, sont formés de fleurs à calice grêle, infundibuliforme, dont le limbe, longuement prolongé au-delà de l’ovaire, est découpé en 5 dents au sommet. Les pétales, au nombre de 5, sont étalés et plus longs que les dents du calice. Les 10 ‘étamines saillantes sont alternativement plus longues et plus courtes. Un style filiforme, saillant, obtus, surmonte l’ovaire qui renferme 4 ovules. La noix qui constitue le fruit est monosperme et pentagonale (1).

Histologie. — Le suber cle la tige est d’origine péricyclique et d’une structure spongieuse. Dans le parenchyme on trouve des cellules scléreuses isolées, parfois volumineuses, et, dans le liber, des fibres par paquets. Le bois est formé de vaisseaux]et de fibres à large lumen et à ponctuation simple. La moelle dont les cellules sont minces est remplie d’oxalate. Les rayons médullaires, disposés sur 1-5 rangs, renferment également de l’oxalate.

Q. pubescens Burm.

Histologie. — La première couche que présente la section transversale de la tige est composée de cellules scléreuses et de fibres en gros îlots, à peines séparés par du tissu mou. Audessous, l’assise subérophellodermique apparaît au voisinage du liber (Fig. I). Celui-ci est rempli d’oxalate et (découpé en cônes par de larges rayons médullaires. Le bois assez développé est formé de cellules rectangulaires, à mince paroi, et de vaisseaux peu nombreux, larges et ronds.

La nervure médiane de la feuille est très saillante (Fig. Y 111. 4). Le faisceau libéro-ligneux y dessine un arc fermé en haut par une lame horizontale de tissu libéro-ligneux. Le liber est très réduit, le bois également (4 à 5 assises de vaisseaux), et le système vasculaire tout entier est inclus dans du sclérenchvme.

La tige et la feuille, ainsi que le pétiole dont nous avons déjà

(J) Spach, Loc. ait., t. IV, p. 516.

parlé à propos de l’histologie comparée de la famille, sont couverts de poils nombreux longs et pointus i^Fig. X, 1), portés, le plus souvent, sur une petite éminence rappelant celle qui supporte les poils à'Urtica. 11 existe également, sur les épidermes, de nombreux poils en rosette, et quelques poils à tête globuleuse portée sur une fde de cellules rectangulaire et sans produit de sécrétion apparent.

Le mésophylle foliaire est de structure homogène et serrée ; il est rempli d’oxalate.

Q. indica Linn., fl. Br. Ind., II, p. '±59 ; Lamk., J II., t. 357 ;

Wight, III., t. 92;

C’est un arbrisseau indigène dans l’archipel Malais. On le cultive dans les jardins de l’Inde jusqu’à une altitude de 3.000 pieds ( I).

Il a des feuilles opposées, courtement pétiolées, ovales-elliptiques, ou elliptiques, oblongues, subacuminëes, obtuses ou pointues, mucronulées, quelquefois cordiformes à la base. Epis simples ou rameux, pédoncules, lâches, bractéolés, corymbiformes, rapprochés en panicule feuillé. Pétales oblongs, très obtus. Dents calicinales, pointues.

Selon Rumphius, les lleurs de Q. indica sont d’un blanc pur le matin ; elles deviennent rouge pâle dans l’après-midi, le lendemain enfin elles prennent une couleur de sang (2).

Histologie. — Il faut répéter pour cette plante tout ce que nous avons dit de l'anatomie de Q. pubescens.

Genre Guiera , Adans.

Juss., Gen., 320; Lamk., ill, II, 486; DC., Prod., III, 17; Eadl, Gen. n° 6085 ; Bentii et Hook., Gen., I, 687 ; Spach, IV. p. 305.

Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, le G. senegcilensis Lam.

Guiera senegalensis Lam.

Le Guiera senegalensis Lamk., Guyera senegalensis Gmel, Syst, 11,615; Guiera glandulosa Smith, in llees Cycl. XVII, a été découvert par Adanson.

(1) G. Watt, Loc. cit. I. VI, p. 1.

(2) Spach, Loc. cil. t. IV, p. 316.

Il croit sur les terrains secs, sablonneux, ou sur les plateaux ferrugineux du Sénégal et du Soudan. Très fréquent dans la région soudanienne, il descend aussi fort avant dans la région guinéenne et remonte, d’autre part, dans la* région sahélienne jusqu’aux environs de Tombouctou. Il est fréquent sur les collines comprises entre Sompi et le lac Horo.

Poiret (1) l’a décrit et La.ma.rck. (2) en a donné un dessin que nous reproduisons (Fig. XXI, 1, 2 et 3). La description en a été, à nouveau, faite par (jUILLEMIN et Perrottet (3), puis par Spacü (4), enfin, en 1898, par Brandis (5). Si tous ces auteurs s'accordent au point de vue de l'aspect extérieur de la plante et de ses feuilles, il existe certaines discordances quant au nombre des sépales, des pétales et des graines.

Autant que nous l’a permis l’état des échantillons que nous avions entre les mains, nous pouvons dire, avec les auteurs ci-dessus, que le Guiera sene- (jalensis est un arbrisseau buissonnant, haut de lm50 à 2m50, « dont les « rameaux sont cylindriques, presque glabres, de couleur cendrée, garnis de « feuilles opposées, médiocrement pétiolées, molles, ovales, obtuses, un peu « mucronées, très entières, à peine longues d’un pouce, ponctuées, pubes- « centes et cendrées à leurs deux faces (Poiret) », (Fig. XXI, e, i, e, s.).

Quant à l’inflorescence, elle est composée de nombreuses Heurs jaunes, sessiles, groupées, au sommet d’un axe commun, en une tête globuleuse, dont la hauteur est de 10 millimètres sur 14 millimètres de largeur. A la base de cette inflorescence, on voit un involucre composé de quatre bractées sessiles, réfléchies, persistantes, lancéolées aiguës (9 millimètres de long sur 4 millimètres de large), pubescentes, portant, à la face inférieure, de nombreux points noirs qui n’existent pas à la face supérieure.

Chaque lleur, hermaphrodite, longue d'environ 8 millimètres, présente un tube calicinal long de 2 millimètres, un peu renflé vers son milieu, soudé à l'ovaire, velu. Ce tube est surmonté d’un limbe campanulé (3 millimètres), pourvu de cinq dents et non de quatre, comme l’ont dit Poiret et Guillemin après Lamarck (6).

Les pétales, au nombre de cinq, et non pas de quatre comme Font dit les mêmes auteurs, ont la forme de languettes et sont, ainsi que le calice, parsemés de ponctuations noirâtres (Fig. XXI, 3’).

Les étamines sont au nombre de dix, sur deux rangées de cinq, toutes insérées sur le calice ; mais, tandis que les unes prennent naissance à la gorge du tube et au pied même des dents, les autres s’insèrent plus haut vers le tiers supérieur de la cloche et dans les sinus (Fig. XXI, 3 ').

( I ) PoïÉfET. Dict. des Se. nat. Strasbourg-Paris, 1821, XX, 72 et suppl. . 1,861.

(2) Lamarck. Recueil de planches de Bot. cle VEncifclop. Paris, 1823, II, pl. 360, et j Èncycl. Met h., X, 861 .

(3) Guillemin et Perrottet. Floræ senerjambiæ , Paris, 1830-1833, 1, 282,

pl. 66, 11 g. 2.

(4) Spacii. Hist. nat. des végétaux. Paris, 1835, IV, 305.

(5) Brandis in Ehgler-et Prantl, Natiïr. P/lanz., III, 7, 127.

(6) Lamarck. Loc. cil., X, 861.

Lefèvre. Del el Sc.

Fig. XXI. — (iuiera senegalensis : l, Rameau florifère; 2, Rameau fructifère.

•3, Fleur (d’après Lamai-ick, ill. II, pl. 360) ; 3’ Fleur, G=8 ; 3”, La même, calice ouvert, pour montrer l’insertion des pétales et des étamines; e, s , Feuille, face supérieure ; e, i, Feuille, lace inférieure. — P, poil capité, G =300.

Les anthères ont deux loges et le pollen est sphérique. Le style, plus court que les étamines, est terminé par une sorte de massue.

L’ovaire est cylindrique et soudé au tube du calice. 11 contient une seule loge, à l’intérieur de laquelle se forment d’abord cinq ovules, dont généralement un seul arrive à maturité ; quelquefois, cependant, on rencontre deux graines.

Le fruit est une capsule, longue de 3 centimètres, arquée, fusiforme, couverte de longs poils et de grosses glandes qui lui communiquent une couleur noir-verdàtre, et portant à sa partie supérieure les restes du calice.

Vers le tiers supérieur du fruit se trouve, suspendue par un funicule assez long, la graine exalbuminée enveloppée dans un tégument brun clair.

Fig. XXI bis. — Guiera senegalensis : fl, f^L, f'3, fi. Coupes dans le fruit à différentes hauteurs; co , Cotylédons enroulés (G = 8).

Celte graine est composée de deux feuilles cotylédonaires enroulées l'une dans l’autre dans le sens longitudinal (la Fig. XXI bis, f 4, en montre une coupe transversale) et mesurant 5 millimètres de large sur (1 millimètres de long. Ces feuilles cotylédonaires sont réunies à la radicule par un pétiole d’environ millimètre de long.

Rappelons que, si le fruit d’ordinaire est monosperme, il arrive aussi — et nous en avons trouvé un exemple — qu’il peut contenir deux graines parfaitement développées.

Fig. XXII. — Structure schématique de latigede Guiera senegalensis Lam.: tci, tissu criblé interligneux ; l, liber ; é, parenchyme ; m, moelle.

Histologie. -—Elle n’a pas encore été, à notre connaissance, spécialement étudiée en dehors des travaux publiés sur la famille tout entière des Combrétacées par Heiden (1) et IIo lte n mann (2); aussi croyons-nous devoir en donner une description détaillée, sauf en ce qui concerne la racine, dont nous ne possédons aucun échantillon (3).

La coupe de la tige (Fig. XXII) nous a montré :

1° Un liège peu important dont la couche profonde présente, au moment de l’exfoliation, des cellules qui, au lieu d’être

(1) Heiden, Bot. Cenlralb., Loc. cit., p. 132 (1893).

(2) Holtermann. Beitrage zur Anatomie der Combretaceen (1893, Christiana).

(3) Les clichés concernant le Guiera senegalensis Lam., ont gracieusement été mis à notre disposition par M. Milhe-Poutingon, Directeur de la Revue des Guitares coloniales , que nous sommes heureux de remercier.

QO — O O

aplaties parallèlement à la surface, sont étirées longitudinalement en forme de prismes à quatre pans. Une semblable disposition a déjà été signalée dans les Mélastomacées.

Le parenchyme cortical ne renferme ni éléments scléreux, ni organes sécréteurs, ni amidon, mais de nombreux cristaux d’oxalate de calcium.

2° Le liber mince et parenchymateux est rempli de mâcles d’oxalate de calcium.

3° Le bois fort compact est composé de prosenchyme ligneux avec des vaisseaux relativement nombreux. Certaines cellules hypertrophiées du parenchyme contiennent de gros cristaux d’oxalate de calcium.

Le bois présente l’anomalie presque générale dans cette famille : c’est-à-dire la présence d îlots interligneux plus ou moins arrondis ou elliptiques, mais très cristalligènes.

ChODAT (1), S C HE NC K (2), HOLTERMANN, HeIDEN Ollt remarqué et étudié cette formation anormale de tissu criblé interligneux ; mais, tandis que Chodat et Heiden la rapportent au type Strychnos, c’est-à-dire admettent que « les îlots de tubes criblés dans le bois se forment à la face externe d’une zone génératrice », Schenck et Holtermann prétendent, au contraire, que, dans les Combrétacées, le tissu criblé prend naissance à V intérieur du cambium.

4° La moelle enfin (Fig. XX1I1), dont la partie périphérique est occupée par deux bandes de liber périmédullaire caractéristique des Combrétacées, et dont le centre est rempli de fibres énormes, de cellules scléreuses, et de gros cristaux étoilés d’oxalate de calcium, isolés ou inclus dans les fibres.

Feuille. — Cetorgane (Fig.XXIV, 2) a particulièrement attiré notre attention puisqu’il est la partie de la plante utilisée spécialement dans la médecine des indigènes. Ces feuilles, avonsnous déjà dit, sont pubescentes et leur face inferieure est marquée de ponctuations noires parfaitement visibles à l’œil nu.

(1) Chodat. Contribution à l'étude des Anomalies du bois, Atti del Congresso bot. internationale, Genova, 1892, p. 10.

(2) Schenck. Beitrage zur Biologie und Anatomie der Lianen, II, 156.

HHI I

Si l’on observe à la loupe ces points noirâtres, on constate qu’ils sont logés dans des dépressions fort nombreuses, situées entre les anastomoses des nervures et dont l’orifice est garni de très longs poils. Ces dépressions, comme nous l'ont montré des préparations d’épiderme et des coupes transversales (Fig. XXIV, D) ne sont autre chose que des cryptes à stomates, portant, en leur partie profonde, de gros poils sécréteurs remplis d’une matière verdâtre vraisemblablement résineuse que nous n'avons pu colorer par aucun réactif, mais dont cependant nous n’abandonnons pas l’étude.

Fig. XXIII. — Tige de Guiera senegalensis Lam. Coupe dans la moelle, G— 250; m, rnâcles; lep, tissu criblé périmédullaire.

Ces poils, comme ceux dont Solereder (1) a donné la description à propos de Calycopteris et quelques Combretum , sont composés d'un pied pluricellulaire, surmonté d’une coupe

(l) Solereder. Systematische Anatomie der Dicotyledonen , 39t.

formée de cellules sécrétrices. Le produit de sécrétion s’accumule entre ces cellules et une mince cuticule qu’il soulève progressivement (Fig. XXI, P).

Fig. XXIV. — Schéma de la nervure médiane de Giiiera senegalensis (G=55) et coupe transversale dans le limbe (G— 160) : pp , parenchyme palissadique ; lep , tissu criblé péridesmique ; col , collenchyme ; m, mâcles ; L, liber ; Pc, poil capité ; P, poil sécréteur au fond de la crypte à stomates ; p, poil tecteur ; s, stomate.

Les stomates, fort nombreux dans les cryptes, n’existent, pour ainsi dire, pas sur les autres parties de l’épiderme.

Quant aux poils tecteurs simples et unicéllulaires, ils sont partout et en très grand nombre.

Dans toutes les parties de la feuille on rencontre de nombreux cristaux d’oxalate de calcium, soit isolés et prismatiques, soit mâclés. Mésophylle hétérogène asymétrique.

Le système fasciculaire des nervures est disposé en arc (Fig. XXI Y) avec tissu criblé péridesmique et est protégé par un anneau complet de sclérenchyme péricyclique. Mais on ne trouve plus d’îlots criblés à l’intérieur de la lame ligneuse.

L’épiderme supérieur de la feuille est particulièrement riche en poils tecteurs dont il est aisé d’apercevoir le point d’attache entre presque toutes les cellules épidermiques (Fig. IX, 4). Les stomates sont rares, c’est à peine si on peut, de place en place, en apercevoir quelques-uns aux alentours des nervures. Ni cryptes ni poils sécréteurs sur cette face,

Fleur. — Sur le calice, parfois sur la corolle et la partie inférieure des bractées de l’involucre, on retrouve les poils sécréteurs décrits dans la feuille, mais alors proéminents au lieu d’être situés dans des dépressions. C’est la seule particularité anatomique intéressante de la Heur.

Fruit. — Sa structure n’offre rien d’anormal. L’épicarpe, mou, parenchymateux, est couvert de poils tecteurs volumineux à tête renflée et pluricellulaire.

Le mésocarpe, beaucoup plus épais, comprend d’abord une assise de cellules scléreuses, fusiformes, disposées concentriquement, puis une couche d’autres cellules scléreuses, mais disposées suivant l’axe du fruit et dans les anfractuosités de la loge. Enfin, de place en place, des faisceaux libéro-ligneux bien développés.

Quant à l’endocarpe, il est parenchymateux.

Genre Lumnitzera WillcL, G en. PL, T. G87.

Ce sont des arbrisseaux à feuilles isolées ou alternes, coriaces, en forme de spatule, à nervures peu saillantes. Us portent des ileurs en épis terminaux.

Ces lleurs sont petites et formées d’un long tube calicinal qui se rétrécit légèrement au-dessus de l’ovaire et renferme 5 à 10 étamines saillantes. Le fruit, grâce à son péricarpe spongieux, peut surnager sur l’eau (1).

Histologie. — Nous n’avons pu étudier aucun spécimen de ce genre.

Holtermann (2) a décrit L. coccinea et L. racemosa . Ses recherches peuvent se résumer ainsi :

L'écorce primaire de la tige se compose de cellules collenchymateuses et de cellules scléreuses renfermant beaucoup de tannin. Le bois est formé de vaisseaux très étroits et peu nombreux.

L’épiderme supérieur de la feuille est cutinisé et les stomates sont un peu enfoncés dans son épaisseur. Le tissu palissadique, sans lacunes, est très développé ; le reste du mésophylle est un tissu mou à cellules épaisses et sans méats.

Nous avons indiqué, au chapitre de l’Histologie générale des Combrétacées, une particularité de la feuille de Lumnitzera : c’est la destruction de l’épithélium interne de la feuille.

Le pollen du Lumnitzera présente 6 saillies. Dans le fruit on trouve les cellules lignifiées aérifères qui lui permettent de sur. nager.

Genre Laguncularia Gærtn.

Ils habitent la côte ouest de l’Afrique où ils constituent la principale partie des forêts de Mangrove. On les trouve également sur la côte est de l’Amérique tropicale.

Histologie. — Ils présentent, dit Holtermann (3), un liège spongieux qui exfolie un parenchyme à cellules très peu épaisses. Le liber et les fibres ligneuses elles-mêmes ont des parois minces.

Quant au bois, il est très dur et se compose de parenchyme, de libres à lumen très étroit et de vaisseaux également étroits.

(1) Engler. Die Pflanzenwelt Ost-Afrikas und des Nachbargebiete • Berlin 1895, p. 288.

(2) Holtermann, Loc. cit., p. 18.

(3) Holtermann, Loc. cit., p. 21.

Les rayons médullaires comportent 1 à 2 rangées et sont aréolés sur le seul côté par lequel ils touchent les vaisseaux avoisinants.

Le pétiole, ainsi que nous l’avons décrit au chapitre de l’Histologie générale comparée, renferme trois faisceaux vasculaires.

Les feuilles vert foncé, coriaces, brillantes, sont ordinairement opposées et ne sont que très rarement groupées en verticilles de 3.

Leur structure est centrique. Elle comprend un parenchyme palissadique occupant les 3/4 de l’épaisseur du limbe et entourant un tissu spongieux et lacuneux. Les stomates sont répartis sur les 2 côtés de l’épiderme.

Sur la face supérieure de la feuille on remarque 2 nectaires extrafloraux semblables à ceux des Terminalia.

Sur cette même face on rencontre des glandes et des cryptes dont la formation est longuement expliquée et figurée (1) par Holtermann.

Le fruit est un akène ovale, jaune-vert, à tégument coriace, dans lequel un seul ovule, sur deux, se développe en entier.

(1) Holtermann, Loc. cit., PI. I, fig. 1, 7, 9, 10, 15, 18.

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