C. parvifloruni Reich. — C. ait uni 1).C
Ce végétal qui est désigné en langue Soso sous le nom de K in ko liba ad éj à fait l’objet de recherches nombreuses, et. de notre côté, nous avons essayé, en collaboration avec M. le Professeur Perrot (l). d’établir sa véritable identité.
Sur l’examen de ses échantillons incomplets, et sans donner de description scientifique, M. Heckel (2) crut devoir attribuer à la plante qui fournit le Kinkéliba un nom nouveau, et il l’appela ColnbreUun Rainibaulti , qui, dit-il, se rapproche du Combrctiun glutinosum Guill. et Perrott.
Depuis cette époque, quelques notes, publiées de-ci de-là. rapportèrent le Kinkéliba à diverses espèces de Combretu/n. C’est ainsi qu’en 1895, un article anonyme du « Public opinion (3) » n'hésite pas à le désigner sous le nom de C ombrent ni glu linos uni .
(1) E. Perrot et Lefèvre, Le KinhêUba. Agricv.lt. prat. des pays chauds, 1902-1903, p. 67 et seq.
(2) Heckel et Sculagdenhauffen, Hép. de Phann. Paris, 1891, 3e série, lit,
(3) Public Opinion, n« du 9 août 1895.
Engler (1), en 1 89(5. éludiant la provenance de celte drogue, l’identifie au C. ciltam Guill. et Perrolt., qui, lui-même, ne serait autre que le C. micrantluim Don.
Plus récemment encore, dans sa superbe Monographie des plantes africaines (2), le savant botaniste de Berlin confirme sa manière de voir précédente, en rapportant de nouveau le lvinkéliba au C. niicranthum , dont il sépare, cette fois, comme espèce particulière, le C. allum Perrott. , en y rattachant seulement le C. altum DC.
Il n’était donc pas inutile de revenir sur cette question.
Des matériaux abondants avaient été mis à notre disposition, d’une part par le Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne, d'autre part par M. A. Chevalier, dont personne n’oublie l’intéressante mission au Soudan, et qui, après s’ètre dirigé à nouveau, plein de confiance, vers les régions inexplorées et encore mystérieuses du Chari et du lac Tchad, et en avoir rapporté de magnifiques collections, vient d’être une troisième fois envoyé en mission dans nos colonies d’Afrique occidentale.
Grâce à ces échantillons, qu’il nous a été très facile de comparer avec ceux de la collection du Muséum — et nous sommes heureux de remercier M. Hua de son obligeance à notre égard — ainsi qu’avec ceux de la collection de Matière médicale de l’Ecole de Pharmacie, nous pensons pouvoir trancher définitivement la question de l’origine botanique du Kinkéliba, et nous pouvons fournir une description des plus détaillées de cette intéressante plante.
Description. — Le Kinkéliba est, en général, un arbrisseau touffu de 2 à 4 mètres de hauteur, mais qui peut atteindre, dans certaines régions de P Afrique occidentale, des dimensions beaucoup plus élevées. D’après les notes de voyage de M. Aug. Chevalier, il devient même parfois un arbre de 8 à 10 mètres, et forme çà, et là, de véritables petites forêts. Les feuilles, pour la plupart, jaunissent et tombent en février, mais les fruits
(1) Engler, Notizbl. d. Kônigl. bot. Gart. und Mus. zù Berlin, 1896, p. 151.
(2) A. Engler et L. Djels, Monog . afrikan, P/l. Fam. und Gatt., Loc. cit. Leipzig, 1890, pp. 17-19.
restent encore adhérents à l’arbre. Les jeunes rameaux sont rougeâtres, et leurs extrémités deviennent sarmenteuses, blanchâtres et s’enroulent de droite à gauche. L’écorce des troncs âgés est blanc grisâtre et librilleuse; les fleurs petites, de couleur vert jaunâtre, inodores, apparaissent pendant la période d’hivernage en octobre-novembre, et les fruits arrivent à maturité en février-mars.
'Les divergences de vue des systématiciens sont parfaitement explicables si l’on considère le polymorphisme de cette plante dont le port est extrêmement variable avec les conditions biologiques naturelles.
Tantôt c'est une liane sarmenteuse, s'enroulant sur les arbres voisins, et presque privée de feuilles ; d'autres fois, au contraire, elle se présente sous la forme d'un buisson touffu, à feuillage très dense. De plus, son aspect varie considérablement avec l’époque de l'année : c’est ainsi que, au moment de l’apparition des fruits, le feuillage s’éclaircit et l’arbuste se dénude de plus en plus, pendant que les feuilles restées adhérentes passent du vert au jaune plus ou moins rougeâtre. Enfin, M. Chevalier affirme avoir rencontré côte à côte des Kinkélibas arborescents, les uns couverts de feuilles quand leurs voisins en étaient presque entièrement dépourvus ; les échantillons de l'herbier Chevalier ne laissent aucun doute sur ce polymorphisme remarquable.
Habitât. — Le Kinkéliba croit dans les sols sablonneux (Caylor) ou sur les plateaux ferrugineux Thiès, plateau du Soudan), sur les grès du Koulikoro, dans les sols alluvionnaires riches en humus de la Casamance, etc. Très commun, en un mot, dans la région que M. Chevalier a désigné sous le nom de zone soudanienne , il est très peu répandu dans la zone guinéenne et paraît manquer dans la zone sahélienne.
Caractères botaniques externes. — Arbuste, ou parfois arbre à feuilles opposées, pétiolées, ovales-elliptiques, à nervation pennée, plus ou moins atténuées aux deux extrémités et acuminées au sommet. Epis floraux axillaires, entourés de bractées charnues et caduques, et composés généralement de fort nombreuses petites Heurs, légèrement rosées et ponctuées
de taches couleur de rouille. Chacune d’elles comprend un calice à 4 dents, une corolle à 4 pétales en languette, et 8 étamines exsertes sur deux verticilles, les épisépales insérées audessous des épipétales : à la base des filets des étamines, et séparant le gynécée, on distingue nettement une couronne de poils. Le style est droit, plus court que les étamines, et terminé par un renflement stigmatique. L’ovaire est une sorte de tube oblong, court, qui se développe en un fruit courtement pédonculé, d’une longueur de 10-12 mm et pourvu de 4 ailes membraneuses semi-lunaires, finement striées dans le sens horizontal et un peu découpées sur les bords. Ces ailes sont de couleur vert pâle et prennent à la maturité un aspect argenté caractéristique avec de petites stries brillantes rayonnant du centre à la périphérie qui leur donnent un aspect moiré. La surface du fruit comprise entre ces ailes est couverte, à l'état frais, de petites écailles pourpre noirâtre, et, à l’état sec, d’une abondante poussière brune. Le fruit renferme une seule graine à deux cotylédons charnus et plissés.
Si l'on compare cette description à celles que Don, Guillemin et Perrottet, Spacii, Diei.s et Engler ont donné du C. , micranthum Don., on voit qu’il est impossible de trouver des caractères différentiels permettant de faire du Kinkélika une espèce nouvelle.
Peut-être aussi le C. ait uni Perrolt. pourrait- il lui-même rentrer à l’état de sous-espèce ou de variété dans ce même type. Quoiqu’il en soit, le Kinkélika s’éloigne franchement du C. giutinosuni Permit. (1), bel arbre à feuilles vertici liées par trois, elliptiques, allongées, rétrécies en pétiole, d’ailleu rs, les comparaisons anatomiques apportent ici des arguments sans réplique.
Morphologie interne. Tige. — La structure de la tige du Kinkéliba est absolument identique â celle du C. micranthum Don., comme le montrent les schémas ci-contre(A.et B.,fîg.XlV). La tige jeune présente un épiderme avec des poils unicellulaires et un parenchyme cortical avec nombreuses mâcles d’oxalate de calcium. Un épiderme, qui se développe vers la
(1) Voir description, in Engler et Diels, Mon. Afrih. P/L, Loc. cil., p. 59.
(i.-R. Iæfkyki-:. — Combrétaeh s.
T II. I>ocr. Un. Pii. Paris. I9n5.
Fia. XI U. — Reproduction photographique d'un échantillon d'herbier du vrai Kinkéliba #
(Herbier Chevalier)
Ce cliché a été gracieusement mis à notre disposition par le Bulletin des Sciences pharmacologiques.
partie moyenne de l'écorce, exfolie, dans les tiges âgées, la partie externe de celle région, et plus tard les assises subérophellodermiques prennent naissance plus profondément vers le péricycle.
Le liber est formé d’amas irréguliers, dans lesquels il apparaît, çà et là, des îlots de fibres, et le parenchyme est très riche en oursins d'oxalate de calcium.
Le bois est très dense, avec de larges vaisseaux isolés au milieu du selérenchyme ligneux, dont les éléments renferment fréquemment des prismes oxalifères.
Fig. XIV. — Schémas de coupes transversales de tige. — A, Combvetum micranthum Don, type ; B, Kinkéliba ; L, Liber, tcp , tissu criblé périmédullaire. La structure est identique. G — 50 diamètres environ.
A la face interne du bois, le tissu criblé périmédullaire. tcp, caractéristique de la famille des Combrétacées, est généralement réuni en deux larges bandes, à peu près symétriquement disposées et pourvues de màcles et de fibres.
Enfin, dans la moelle, on remarque d'énormes fibres, fortement sclérifiées, et renfermant souvent, à l'intérieur, de volumineux cristaux d'oxalate calcique (i).
(1) G. Lefèvre. Sur le Guierr du Sénégal. Revue des Cuit., colon. 190*2, 6e année, t. X. p. 199-200.
Dans le C. glutinosum , l’aspect général différé peu, mais la présence d 'îlots criblés interligneux est tout à fait caractéristique et ne permet, en aucune façon, la confusion avec l'espèce ci-dessus. (Fig. XV).
Ces îlots possèdent chacun à leur intérieur une poche à gomme issue de la transformation gommeuse des parois cellulaires, et de leur destruction consécutive. (Fig. XI).
Guül. et Perr. : E, écorce exfoliée par le fonctionnement d'une assise phellogène ; L, liber avec strates de fibres ; tci, ilôts criblés interligneux • tcp , tissu criblé périmédullaire. G — 50 diamètres.
Feuille. — Le pétiole et les nervures principales reproduisent les caractères anatomiques de la tige.
(Jr.-R. I jKfèvhk . — Gombrélacées.
Tu. Doct. I n. Pii. Paris, 190r».
Fig. XVII. — Coupes schématiques de la nervure médiane: A, Combretum glutinosum Guill. et Perr.; 13, Combretum micranthum Don; F, Kinkéliba; C, épiderme supérieur du Kinkéliba; E, épiderme inférieur; D, épiderme supérieur de Combretum (jhUinosiun. G = '2*20 d. environ pour les épidermes. tcp , tissu criblé péridermique ; mes, mésophylle : pp, tissu palissadique, ; pr, poils en rosette : sc, sclérenchyme ; co, cellules épidermiques : pn. point d’insertion d'un poil.
Chez le Kinkèliba F. Fig. W I , et le C. micrn nlhum H.
Fig. XVI , dont l'analogie est encore complète, le système lasciculaire est en arc et le faisceau est accompagné d'une large bande de (issu péridesmique, représentant le tissu criblé péri— médullaire de la lige ; le mésophvlle est bifacial, avec une seule assise de cellules palissadiques, représentant le tiers de l'épaisseur totale.
Dans le C. glutinosum Fig. XV I, A), le faisceau est représenté par deux arcs se regardant par leur région ligneuse, et à peine séparés latéralement par deux amas de libres. On ne
lia. XVII. — Portion de l’enveloppe du fruit du Kinkèliba.
trouve pas de tissu criblé interligneux, mais le tissu criblé péridesmique est très développé. Des îlots de fibres forment
une sorte d’anneau discontinu dans le parenchyme du mésopliylle de la nervure.
L’épiderme de ces deux espèces est caractérisé par la présence de poils en rosette, pr, assez volumineux, rares chez le Kinkéliba (Fig. XVI. C), au contraire très nombreux chez le C. glutinosum (Fig. XVI, D). L’épiderme inférieur, riche en stomates, dont les cellules annexes se différencient difficilement (Fig. XVI, E), est interrompu par des invaginations représentées en pointillé dans les figures D et C. et qui, très nombreuses chez le C. glutinosum , semblent parfois chevaucher les unes sur les autres. Ce sont des cryptes à stomates, avec cellules prolongées en poils, comparables à celles du Nerium oleander. Quant au fruit mûr du Kinkéliba, sa partie centrale offre la structure représentée dans la Figure XV1L
L’épicarpe présente des poils pluricellulaires en rosette, déjà signalés sur la feuille, particulièrement nombreux dans la partie du fruit située entre les ailes ; le mésocarpe comprend une bande de fibres épaisses, disposées longitudinalement, puis une seconde bande de fibres tangentielles qui forment au fruit une puissante protection ; cette disposition rappelle celle que nous avons déjà signalée chez le Guiera senegalensis. Lam. (1).
La partie plus interne de l'enveloppe du fruit est parenchymateuse avec quelques îlots de fibres scléreuses et de faisceaux libéro-ligneux.
En résumé, d’après nos recherches, le Kinkéliba est fourni par une plante arborescente à port variable, et présentant un aspect très différent suivant les conditions biologiques du sol, et suivant l’exposition. De l’examen de nombreux échantillons d’origines les plus diverses que nous avons eus entre les mains; il nous est permis de conclure que la plante est exclusivement le Combretum micranthum Don., et l’on sait que, d’après Engler, les synonymies de cette espèce sont les suivantes : C. micranthum Don. = C. parviflorum Reich., = C. altum DG.
Le Combretum Raimbaulti de Heckel n’est qu’une des variétés ou formes de cette plante.
(1) G. Lefèvre. Sur le Guierr du Sénégal, Loc. rit ., p. 199-206.
G. Schumanni.
IIisTOLor.iE. — Le liège prend naissance dans la région péricyclique. Dans les libers interne et externe on rencontre de grandes quantités d’oxalate. Le bois est composé de fibres rectangulaires et de nombreux vaisseaux à minces parois contenant parfois de volumineux cristaux d’oxalate. La moelle présente une structure analogue à celle du G niera dont nous donnons plus loin une reproduction. Fig. XXII .
Le tissu libéro-ligneux de la feuille est disposé en forme de croissant et entourés d ilôts ininterrompus de sclérenchymc.
G. racemosum Beauv.
Histologie. — La tige est recouverte, ainsi d’ailleurs que la feuille et le pétiole, de poils de 2 sortes: les uns unicellulaires, eflilés, organes de protection ; les autres, capités, pluricellulaires, organes de sécrétion. Le reste de la tige offre la structure ordinaire des Coinbretum.
La nervure médiane de la feuille est formée d'un arc libéroligneux en fer à cheval complètement entouré par du sclérenclivme.
Genre Terminalia Linn., G en. PL , I, 685.
Les Terminalia , originaires de l’Inde, sont presque tous de grands arbres à bois très dur, à feuilles alternes, longuement pétiolées et de forme lancéolée elliptique ou obovale.
Leurs fleurs sont généralement petites, disposées en épi. Le tube du calice est arrondi et d’ordinaire ne se prolonge pas au-dessus de l'ovaire. Les pétales manquent, le calice caduc entoure 10 étamines exsertes.
Le fruit ovale ou parfois allongé est formé d'un péricarpe charnu à 2 ailes enveloppant la noix (1).
Le Brésil en possède 30 genres, les Indes orientales, l’Afrique tropicale, Madagascar, l’Australie en comptent chacun environ 15 genres.
Hi stologie . — Le liège, dans la tige, prend naissance à des
(1) Engi.er (A), Die P/lanzenwelt Ost-Afrihas und der Nachbargebieie Berlin, 1895, p. 288.— Bentham et Hooker, G en. Plant., II, 683.
profondeurs très variables, suivant les genres, et variant même chez des individus de la même espèce.
D’après Morot (1), le péricycle est hétérogène scléreux.
Le liber externe est, comme dans toute la famille, riche en oxalate ainsi que le liber périmédullaire. Ce dernier contient, en outre, des poches schizogènes à gomme qui atteignent un énorme développement et sont parfois visibles à l’œil nu. (Fig. XVI II). On les trouve dans T. citrina , Belerica, tomentosa , procera , paniculata. Ces poches à gomme existent, avec des variations de grandeur, à tous les âges delà plante et dans tous ses organes ; leur nombre n’est généralement pas très élevé. Nous avons obtenu avec le rouge (oxychlorure) de ruthénium des préparations en couleur d’un très bel effet.
Les cellules compagnes du tissu criblé sont au nombre de 1 ou 2.
Dans le bois des Terminalia se rencontre une disposition spéciale : c’est l’alternance des bandes de parenchyme ligneux avec des bandes de fibres, et cela sans que l’on trouve entr’elles aucune forme de transition (2). Les fibres ont des parois transversales minces et renferment de l’amidon. Les vaisseaux sont en disposition radiale. On compte 1 à 2 rangées de rayons médullaires.
La feuille, bifaciale, est constituée par du parenchyme lacuneux et du tissu palissadique, ce dernier plein de gros cristaux d’oxalate.
A l’extrémité du pétiole se trouvent 2, 3 ou 4 nectaires extrafloraux en communication avec les faisceaux par des bandes de trachéides.
Nous avons pu étudier plus spécialement certaines espèces :
T. Belerica Roxb. ; FL. Br. Ind., II, 445.
T. punctata DC., Prod., II, 13. — Myrobolanus bellericn Breyn.
Les Indiens le nomment « Vibhita » ou « Vibhitaka », ce qui signifie « le Vilain » et le croient habité par les démons. C’est un arbre très élevé, à
(1) Morot, Loc. ait.
(2) Holtermann, Loc. cil., p. 8.
t i . - 1 1 . I,i:i i:\uf. — ( ùmil>r(*t«l(*m*s .
Tu. l)or.T. ( \. I*ii. I*aris, I‘.»u5.
Fig. XVIII. — T. Arjuna Bedd. (G = 33), Schéma de la tige et liber périmédullaire montrant les poches à gomme (G — 103) : /, liber: lp, liber périmédullaire: b, bois; pa. poche à gomme.
feuilles longuement pétiolées, obovales ou à pointe courte, coriaces, portant 2 glandes à leur base.
Les inflorescences sont des épis simples, solitaires, dressés et axillaires. Los (leurs sont sessiles, unisexuées ; les mâles, à court pédicelle, sont pourvues d’un disque glandulaire, pileux, au fond du calice. Elles sont petites, vertes, et dégagent une forte odeur stercoraire. Dunstan y a démontré la présence de skatol.
Le fruit est une drupe ovale, charnue, globuleuse, qui se rétrécit en une queue courte. Sa couleur est fauve ; un duvet grisâtre le recouvre. 11 présente vaguement 5 angles et mesure 1 à 2 cm.de diamètre. A. l’intérieur se trouve un noyau pentagonal, dur, à amande huileuse.
Habitat. — Inde septentrionale, Gorukpore, Goalpara, Montagnes de l’Inde, Ceylan, Malaga, Java (1).
Histologie. — Comme IIoltermaxx (2 l'a déjà dit, le liège dans la tige prend naissance au- niveau du parenchyme péricyclique, et le bois comprend des bandes de parenchyme en alternance avec des bandes de fibres. Les tubes criblés sont entourés de 4 à 5 cellules et le liber périmédullaire est creusé de poches à gomme. Sur l'épiderme des jeunes pousses et du fruit on trouve des poils du type Urtica avec une sorte de vessie à leur base. La paroi du fruit est constituée, dans le mésocarpe, par une couche lignifiée alternant avec une assise de cellules à à parois minces, amylacées et des poches à gomme.
T. Catappa Linné.
Baclam ou badamier (arbre à amandes).
Il est originaire de 1 Inde. C'est un arbre de 80 pieds de haut, à rameaux verticillés, horizontaux, très denses. 11 porte des feuilles de 30 cm. de long obovales ou elliptiques, pointues à l'extrémité, cordiformes à la base, à court pétiole, couvertes sur la face inférieure d'une pubescence ferrugineuse et munies à leur base de 2 glandes sessiles.
L’inllorescence, en grappe axillaire, porte des fleurs petites, verdâtres en dehors, blanchâtres en dedans, et pourvues de 10 étamines.
(1) Spacü, Loc. cit., IV, p. 301. — Dymock, Warden et Hooper, Pharm , Ind., II, p. 5. — Dr M.-C. Cooke, Report on Gums , résins, etc..., p. 26. — D> M.-C. Cooke , Report on oil secds, etc..., p. 77. — G. Watt, Dict. of è ron. prod. of India, vol. VI, part. IV, p. 18.
12) Holtermann, Loc. cit., p. 6.
Le fruit est une drupe lisse, ovale, comprimée, de la grosseur d’une prune. Il porte, sur un de ses cotés, un éperon bi-convexe. L’amande huileuse qu’il contient est formée de 2 cotylédons enroulés autour de la radicule.
Habitat. — Sauvage dans les plaines de Malaya ; cultivé dans l’Inde, du N.-W. à Ceylan et Burma, jusqu’à une altitude de 1.000 pieds ; dans l’ouest de l’Afrique, Zanzibar, Santiago, San-Thomé, St-Louis et dans la Gambie (1).
Histologie. — Le périderme de la tige a son origine dans les conciles superficielles du parenchyme. Le liber externe est, comme toujours, oxalifère et fibreux. Quant au liber interne,
11 renferme des lacunes à gomme et de l’oxalate. Le bois, qui occupe le tiers de l’épaisseur, est composé de cellules à minces parois entourant de larges et nombreux vaisseaux. La moelle n’est pas sclérifiée.
Sous un épiderme couvert de poils unicellulaires pointus, la feuille comprend un parenchyme à cellules arrondies entourant le liber et le bois très réduits (ce dernier, en effet, ne comporte que 1 à 2 assises de larges vaisseaux à mince paroi). Comme celui de la tige, le liber interne du péridesme renferme des lacunes à gomme. Le faisceau libéro-ligneux a la forme d’un fer à cheval, fermé en haut par une lame vasculaire horizontale. Le mésophylle bifacial est, surtout dans la région palissadique, rempli d’oxalate.
T. Chebula Retz ; Fl. Br. Jnd ., Il, 446.
T. reticalata Roth. — T. aruta, Ham. — Myrobolanus Chebula Gærtn. Embryogonia arborea, Teyss et Binn.
Le T. Chebula est un grand arbre dont les feuilles, glabres en-dessus, sont pubeseentes en-dessous, opposées, ovales ou oblongues, et portent 6 à
12 nervures latérales, arquées, proéminentes, de chaque côté de la nervure médiane. A la base du limbe on remarque 2 grosses glandes sessiles.
L’inflorescence est un panicule cotonneux, de 5 à 10 centimètres de long, portant des lleurs sessiles, hermaphrodites, de couleur blanc sombre ou jaune et d’odeur repoussante, accompagnées de bractées qui tombent après l’éclosion des lleurs. Le calice cupuli forme, laineux à l’intérieur, est découpé de 5 dents pointues.
(1) Spacii, Loc. ait ., p. 297. — Dr. M.-C. Couke, Iiep. on oil seds., p. 78; Report on gums, p. 26. — Engleb, Die Pflanzenw. Ost-Afrik. (1895), p. 221. — Watt, Loc. ait ., vol. VII ; part. IV, p. 22.
Le fruit est une drupe obovoïde, grosse comme, un œuf de pigeon, lisse, marquée vaguement de 5 côtes et qui renferme une amande épaisse et dure, à surface rugueuse et à 5 sillons irréguliers.
Habitat. — Inde septentrionale, au sud des plateaux du Ueccan, à 1.000 ou 3.000 pieds d’altitude. Burma, Ceylan, péninsule malaise, Satpurass, sur les Cïliats à Bclgaum et Kanara (1).
IIistolooie. — Dans la tige, un suber à parois épaisses a pris naissance dans les couches profondes du parenchyme. Sous le liber oxalifère et fibreux, le bois très développé et très dense est formé de cellules cubiques à lumen étroit et carré ; les rayons médullaires s’en distinguent à peine par leur structure un peu plus allongée dans le sens radial et par l’absence d’oxalate à leur intérieur. Des vaisseaux du bois sont petits, nombreux et sans cloisons transversales. Le liber interne, dans celte espèce, ne renferme pas de poches à gomme.
L’épiderme foliaire est, comme celui de la tige, couvert de poils eililés et recourbés. Le tissu libéro-ligneux est formé par un arc en fer à cheval fermé en haut par une bande vasculaire horizontale. Le sclérenchyme l'entoure complètement.
T. Arjuna, Bedd.
Fl. Fr. Lui.. Il, 447. — T. Berryi W. et A. — T. plabra W. et A.
— T. o v ali folia Roth. — Pentaptera arjuna, P. plabrci, P. an pus-
ti folia Roxb., Cal. Cale., 34.
C'est un arbre de l'Inde, à branches cylindriques, parfaitement glabres, à feuilles opposées ou presque opposées, oblongues, entières, à peine pointues au sommet, portant sur leur bord deux glandes qui peuvent parfois faire défaut.
Les épis terminaux ou axillaires, simples ou à 3 branches, qui composent 1 inllorescenee, sont couverts de fleurs sessiles, unisexuées par avortement et dépourvues de bractées. La fleur est formée d’un calice dont le tube campanulé, court, à 5 cinq dents, est adhérent à l’ovaire et pubcscent à l'intérieur. 11 n'y a pas de pétales. Les 10 étamines sont placées sur 2 rangs.
La noix ovoïde, glabre, uniloculaire, qui constitue le fruit est marquée de 5 à 8 sillons longitudinaux séparés par autant de crêtes. La loge centrale est peu considérable.
(1) Watt, Loc. ait., vol. VI, part. IV, 24.— Spach, t. IV, p. 301.— Hanbury (Daniel). Science papers (London 1870 g p. 232. — Dymock, Warren et Hooper, t. Il, p. 1.
Habitat. — Région sous-hymalayenne, provinces dn N. -W., le Deccan, Behar méridional, Chutia Nagpur, Burma, Ceylan (1).
Histologie. — Le suber de la tige (Fig. IL se forme au milieu du parenchyme. Les libers interne et externe contiennent des fibres et de l’oxalate (Fig. III, 4). Le bois est formé de nombreux petits vaisseaux encadrés dans un tissu de fibres carrées ou rectangulaires à lumen étroit. Le liber interne et, plus tard, la moelle sont envahis par des lacunes à gomme.
La structure générale de la feuille est faible : très peu de liber et un bois réduit à 3 ou 4 assises de vaisseaux. Chaque file de ces vaisseaux est séparée de sa voisine par une rangée de larges rayons médullaires dont les parois sont très minces et non lignifiées. Comme dans la tige, le centre de la feuille est occupé par des poches à gomme. (Fig. XVIII et XIX).
L’anneau libéro-ligneux est presque circulaire et n’est pas entouré de sclérenchyme.
T. Benzoin Linn. F.
T. angustifolia Wi. et Arn., Prod., I, 312. — Jaeq., Mort, vind.,
III, t. 100. — Catappa Benzoin Gærtn., II, t. 127. — Croton
benzoe Linn., Mant ., 297.
Cet arbre, originaire des Indes orientales, atteint 30 à 40 pieds de hauteur. Ses feuilles alternes, linéaires, lancéolées, amincies aux 2 extrémités, sont pubescentes à la partie inférieure du limbe et du pétiole; elles portent 2 glandes à leur base. Les épis sont composés de Heurs, petites, odoriférantes, campanulées, à 5 dents, sans pétales, avec 10 étamines sur 2 rangs.
Le fruit est une drupe comprimée qui porte de chaque côté une excroissance en forme d’aile (2).
Histologie. — Le périderme dans la tige naît au milieu du parenchyme cortical. L’écorce et le liber sont oxalifères et fibreux. Le bois est formé de cellules à coupe rectangulaire ou carrée et de vaisseaux nombreux de toutes dimensions ; les
(t) De Candolle, Méni. sur les Combrétacées, p. 20. — Dr M.-C. Cooke, Hep. on (juins, p. 26. — Dymock, Waiiden et IIoopIr, t., 111, 11. — Watt., vol. VI ; part. IV, p. 10.
(2) Spach, Loc. rit., IV, p. 300. — Cooke, Rep. on (juins , p. 26.
(jr.-ll. LEFEVRE.
Combrétacées.
Tu. Doct. Un. Piiarm. Paris, 1 005.
Fig. XIX. — I. Arjuna Bedd. (G = 33), Schéma de la nervure médiane et coupe dans le liber péridesmique (G — 103).
I, liber ; Ip, liber péridesmique ; pg, poche à gomme : b, bois.
rayons médullaires sont peu apparents. Il n’y a pas de poches à gomme dans le liber périmédullaire. La moelle n’est pas sclériliée.
L’épiderme foliaire est recouvert, comme celui de la tige des organes jeunes, de poils longs et unicellulaires. La structure du limbe est bifaciale; il renferme de l’oxalate dans tous ses parenchymes, La forme du faisceau vasculaire est celle d'un arc très évasé, à pointes recourbées, et complètement entouré de sclérenchyme.
T. tomentosa W. et A.
Pentaptcra tomentosa , ltoxb., II, 438 Vid., tab. I et prod.. 3, p. 14.
— Terminalia crenulata, W. et A. Prod. — Pentaptera crenu-
lata, Roxb., FL Ind., II, 436. — P.glabra Roxb., FL Ind., II, üO.
— P. elliptica Willd. — P. obovata DG., Prod., III, 14.
C’est un grand arbre originaiie de l’Inde, à rameaux cylindriques, à feuilles opposées parfois un peu irrégulièrement, à pétiole très court, pubescenfes endessous, glabres en-dessus sauf sur les nervures, légèrement crénelées sur les bords, marquées à leur base de 2 grosses glandes épaisses, sessiles, disposées sans symétrie de chaque côté de la nervure médiane.
Les inllorescerices sont des épis ou des panicules à rachis cotonneux qui portent de petites fleurs sessiles, à calice infundibuliforme et adhérent à l'ovaire, découpé de 5 dents, glabres à l’extérieur, hérissées à l’intérieur de poils très longs. Ces lleurs n’ont pas de pétales. Leurs étamines, au nombre de 10, sont placées sur deux rangs et ont les anthères arrondies et biloeulaires. Au centre se trouve le style filiforme.
La noix est sèche, coriace, assez grosse, glabre et pourvue de 5 grandes ailes membraneuses, raides, obtuses et verticales : elle contient une seule loge à l’intérieur (1).
Histologie. — Nous retrouvons, dans la tige de cette espèce, les caractères anatomiques des plantes décrites ci-dessus : périderme cortical assez profond, bois très peu développé, poches à gomme dans le liber périmédullaire et moelle non sclériliée.
Le faisceau vasculaire de la feuille affecte la forme d’un arc à pointes très recourbées. Une bande de sclérenchyme l'entoure entièrement et une poche à gomme occupe le centre du liber péridesmique.
(1) De Gandolle, Mémoire, p. 19. — Cooke, Report on gums , p. *27.
T. procera Roxb.
Cette espèce, aussi belle que le T. Catappa , est un grand arbre, à feuilles cordiformes, obovales, pointues, presque sessiles, légèrement ondulées et glabres. Ses fleurs sont blanchâtres, réunies en grappes axillaires, solitaires, plus courtes que les feuilles. Le fruit est une drupe oblongue, vaguement pentagone, jaune à l’extérieur et renfermant une pulpe rougeâtre d'une saveur acidulé fort agréable et un noyau à 5 côtes fl).
Histologie. — Le périderme est d’origine corticale moyenne. Le parenchyme de l'écorce et les libers sont fibreux et oxalifères. Le bois se compose de cellules à parois minces, de vaisseaux larges et de rayons médullaires allongés radialement et remplis d’oxalate. Des lacunes à gomme occupent les bords du liber périmédullaire.
Le bois de l’arc libéro-ligneux de la feuille est réduit à 1 ou 2 assises de cellules et le liber externe est également fort peu développé.
Dans le tissu criblé péridesmique les poches à gomme atteignent un fort développement.
Nous avons pu examiner la racine de cette espèce. Elle offre la structure ordinaire de cet organe: 6 faisceaux de liber alternent avec 6 faisceaux ligneux.
T. bucida. ?
Histologie. — 11 faut répéter ici ce que nous avons dit pour la structure des espèces précédentes. Le bois toutefois présente l’alternance du parenchyme et des fibres en bandes concentriques. Le liber périmédullaire est rempli de volumineuses poches à gomme.
La nervure médiane de la feuille (Fig. VIII, 6) renferme un faisceau vasculaire en fer à cheval et fermé en haut par une hande libéro-ligneuse horizontale. Le faisceau tout entier est entouré par du sclérenchyme qui, de place en place, s’enfonce comme un coin dans le liber qu’il divise en petits îlots. On trouve toujours, dans le liber péridesmique, les poches à gomme dont le volume augmente, à mesure que la plante vieillit.
(1) Spacii, Loc. cit.y t. IV, 302.
Genre Conocarpus Gærlu.
Les Conocarpus sont des arbres ou des arbrisseaux à touilles alternes ou rarement opposées, très entières. Leurs Ileurs, petites, jaunâtres, serrées, sont disposées en capitules et groupées en panicules. Le calice renllé en son milieu et rétréci à son orifice est divisé en 4 dents. 11 n’y a pas de pétales. Les étamines, au nombre de 5, peu saillantes, ont des anthères cordiformes. L’ovaire uniloculaire contient 2 ovules. Les fruits sont des sarnares monospermes qui, dans ce genre, sont toujours imbriquées de liant en bas (1).
Les Conocarpus croissent aux Indes occidentales, dans l’Egypte, l’Afrique tropicale et la Nouvelle-Zélande.
Histologie 2). — Le suber, dans la tige des Conocarpus. est d'origine sous-épidermique. Le liber renferme plusieurs rangées de libres cohérentes disposées concentriquement. Le bois est formé, en grande partie, de fibres à ponctuation simple. Les rayons médullaires sont, à l’intérieur du tissu ligneux, réduits à une seule assise radiale ; -puis, à mesure qu'ils pénètrent dans le liber externe, ils atteignent 3 à 4 rangées. Nous trouvons toujours le liber périmédullaire autour d’une moelle à cellules épaissies mais jamais sclérifiées, remplies d'oxalate.
Le tissu palissadique de la feuille est très développé et le reste du limbe est de structure serrée et sans lacunes. L’épiderme foliaire est recouvert d'une cuticule. Sur les bords de la nervure médiane des Conocarpus , on remarque les cryptes déjà signalées par plusieurs auteurs.
Martius (3) attribue leur formation à la piqûre d’un insecte.
1 Iolter mann 4) les a étudiées de façon très complète et en a donné des figures. Leur développement, que nous avons pu observer en partie, commence par une invagination de l’épiderme dans le tissu foliaire ; cet enfoncement devient bientôt une large cavité dont les bords intérieurs sont tapissés par l’épiderme foliaire. Quand la plante est jeune, dit Holtermaxx, on trouve, au fond de la crypte, une glande recouverte d'un épiderme plus mince que celui de la feuille et qui contient une
(1) Spàch, Loc. ait., IV, p. 303.
(2) Holtermaxx, Loc. cit., p. 14 et 15.
(3) Martius, Flora brasiliensis, XIV, 2, p. 102.
(4) Holtermaxx, Loc. cit., p. 15: PL I et II, fig. 13 et 14.
matière brunâtre. Dans la plante plus âgée, la glande a disparu laissant vide la cavité centrale. Sous l’épiderme qui borde la crypte, on observe un cordon de cellules excessivement riches en oxalate et ce cordon suit les contours de la cavité.
La grandeur de ces cryptes est telle qu’elles sont visibles à l’œil nu. Ce sont vraisemblablement des domaties, et la plante doit être rangée parmi les acrophytes. Nous n’avons pu trouver de restes d’insectes ; il faudrait pour cela faire des observations dans les conditions normales de croissance de ces espèces, et, naturellement, dans les régions tropicales.