Partie insoluble dans l’alcool froid (acides gras libres
— — le chloroforme (cire) 0,028 %
Le traitement par V éther éthylique a fourni :
Acide gallique. 3,02 %
Tannins 1,80 %
Résine verte, soluble dans l’alcool 0,54 %
— brune, soluble dans l’éther 0,97 %
Le traitement pari' alcool (D.~0,810) a mis en évidence les corps suivants :
Tannin 18,80 %
Principe amer 1,90 %
Glucose 1,13 %
Saccharose .... 1,25 %
Phlobaphène 0,86 %
Matière colorante... 0,35 %
Substance vert pâle, insoluble \
dans alcool, éther, chloro- f
forme, soluble dans KOHcaus- f /U
tique ]
(1)A. Campbell Stark. Pharm. Journ. London, 3e série, t. 23 1892-93, p. 253.
Enfin, Y extrait aqueux , d un brun très foncé, était composé de 5;1 °/0 de matières solubles dans l’eau.
Le résidu non examiné était de 53, GOG %.
Déjà, en 1884, Herr Fridolin avait étudié le tannin des myrobalans (1) et rapporte avoir isolé du fruit un nouvel acide organique : l’acide chébulinique, qu’il considère comme la source de l’acide gallotannique trouvé par les observateurs précédents.
En 1891, G. Zoelfell (2) établit que le tannin des myrobalans est un mélange de deux tannins, dont l’un est le glucoside de l'acide gallique et fournit, par hydrolise, de l'acide gallique et du dextrose. Quant à l'autre, c’est un acide tannique proche de la formule C UIIF f|) 1 0 qui, à 100°, perd 2 molécules d'eau et se dédouble aisément en acide ellagique et en eau.
Les emplois des Myrobalans sont fort nombreux dans la thérapeutique et dans l’industrie.
Délaissés de nos jours en Europe où ils ont joui, nous 1® montrerons bientôt, d’une grande considération, ils sont encore très employés aux Indes.
L’Europe n’emploie les Myrobalans que pour le tannage et dans l’impression des toiles peintes et ils sont, dit-on, sans pareils pour certains usages.
Associés au protosulfate de fer, ils donnent des noirs (3) ; joints au curcuma et à l’indigo, ils produisent une couleur verte ; avec le cachou, une couleur brune ; mêlés à l’alun, ils donnent une coloration jaune.
Aux Indes, les Myrobalans sont très utilisés également pour le tannage et l’impression sur calicot.
Quant à leur renom thérapeutique dans ce pays, disons d’abord à ce propos qu’ils ont reçu les noms de « Pranada » ou « donne-la-vie », « Sudha » ou nectar de « Bhishakpriya » ou favori des médecins. Ces seuls qualificatifs indiquent de quelle réputation médicinale ils jouissent dans ces régions.
(1) G. Watt. Dict. of econ. prod.of India (Calcutta 1889).
(2) Arch. der Pharm., 1891, 123-160 et dans Dymock, Warden et Hooper, Ph. Ind., p. 153.
(3) Manuel et catalogue officiels de la section de Ceglan (Exposition de Paris, 1900), Colombo, Imprimerie nationale, p. 95.
On emploie le fruit mur appelé haritaki et le fruit non mûr appelé jangi-haritaki. Un bon haritaki doit être frais, lisse, pesant, rond ; il doit s'enfoncer dans l’eau.
On l’utilise dans les fièvres, toux, asthme, troubles urinaires, hémorrhoïdes, diarrhées chroniques, constipation, ilatuosité, vomissements, hoquets, maux du cœur, gonflement du foie et delà rate, ascite, maladies de la peau et aussi contre les vers intestinaux, etc... On se sert des chébules unis aux emblics, et aux bellerics sous le nom de triphala comme adjuvants dans toutes les maladies.
Veut-on apporter la force à un malade, prévenir les effets de l’àge et prolonger la vie, il faut pour cela faire prendre chaque matin un fruit, avec, du sel dans la saison des pluies, avec du sucre dans l’automne, avec du gingembre dans la première moitié de la saison froide, avec du poivre long dans l’autre moitié, avec du miel dans l’été, et avec de la mélasse dans les mois chauds.
Pour les Arabes, le Myrobalan ou ihlilaj est « dans l’estomac comme une femme de ménage intelligente qui est bon administrateur d’une maison » (1).
Buchanam-Hamilton, parmi beaucoup d’autres auteurs, cite un emploi assez intéressant de ces fruits si vantés : « Aux hommes, dit-il, qui ont fait vœu de chasteté et qui veulent rester fidèles à leur résolution, il est recommandé d’aider leur vertu en mangeant ce préservatif qui, suppose-t-on, diminue les désirs de la chair.»
Récemment, M. P. Apéry (2) a montré la valeur de cette drogue contre la dysenterie, la diarrhée cholérique et la diarrhée chronique. 11 administre la poudre en pilules de 0,25 cg. chaque, la dose étant de 4 à 12 pilules au plus, dans les 24 heures.
Dans file Maurice (3), les chébules et les cmblics font partie d'une confection usitée pour combattre les fièvres chroniques avec inappétence.
Nous l’avons dit au début de ce chapitre, les myrobalans ont
(1) G. Watt, Loc. cit., vol. VI, part IV, p. 32 et seq.
(2) Apery. Des Myrobolans, Journ. de Pli. et de Chim., 1er févr. 1888.
(3) Dr Cl. Darety, Plantes méd. de Vile Maurice Maurice 1889, p. 66.
eu jadis, chez nous, la réputation d’une panacée universelle. Nous n’en pouvons donner une meilleure idée qu’en citant quelques fragments d’un passage où Matthiole (1 commente et célèbre leurs vertus.
u Tous Myrobalans sont du nombre des médicamens qui purgent sans fâcherie ne dommage...; tous médicamens laxatifs non sans grand travail et lasseté des patiens sont modérés et corrigés par les Myrobalans, qui est cause- qu’il est bon de les mesler avec la scammonée.
a Toutes sortes de My robolans, selon Mesue, retardent la vieillesse si on en use souvent, ils font la couleur belle et vive, ils font toute la personne sentir bon, ils la rendent ioyeuse, ils fortifient le cœur, l'estomac, le foye et sont bons contre les hémorroïdes ; ils repriment l’ardeur de la cholère à quoi les iaunes sont les meilleurs. Broiés sur une queux sont bons à à faire collires pour les yeux avec veriusou eau de roses ou ius de fenouil, car ils repriment les inflammations des yeux, arrestent les larmes et les defluxions qui tombent dessus. Leur poudre incorporée avec résine de Lentisque guérit les vlcères.
« Les Chepules euacuêt le phiegme, éclaircissent l'entendement et la veüe, principalement confits en succre : ils mondifient et confortent l’estomac. Ils sont profitables aux hydropics et à ceux qui ont long temps gardé les fieures. Les noirs purgent la cholère et la mélancholie.
« Ils sont bons au tremblement des membres, ils rendent la couleur viue, profitent aux ladres, chassent toute tristesse et la heure quarte. Les Kmpelics attirent le phiegme, confortèt le cœur et le cerveau, rendent l’esprit meilleur, nettoient l’estomac du phiegme et d’autres mauvaises humeurs et le renforcent; ils désaltèrent, ils arrestent les vomissements et font venir bon appétit. Les Bellerics ont les mêmes vertus que les Rmpelics.))
Autrefois les Myrobalans entraient dans le sirop martial astringent appelé aussi sirop de rhubarbe et roses composé et qui était utilisé dans les diarrhées chroniques.
Ils faisaient également partie de la confection de Hamech et des pilules sine quibus.
(I) Mattiuole, Comm. sur Ved. Diosc. (Lyon, 157(J), cap. CLIlIt, p. 675.
Toutes ces préparations sont maintenant tombées en désuétude comme les My robalans eux-mêmes, et, cependant, leur action tonique et antidiarrhéique doit être incontestable, grâce au tannin qu’ils renferment.