‹ Contribution à l'étude anatomique et pharmacologique des combrétacéesChapitre 24 sur 25 · CL · texte numérisé non relu

CL

On voit donc que, si on rapporte ces chiffres à celui de l'eau pris comme unité, la viscosité serait exprimée par :

SOLUTION

SLUTION

SOLUTION

SOLUTION

Gomme arabique

A. pendilla

A. latifolia

Dans la dernière expérience, la tension superficielle du liquide a varié suffisamment pour que l’on ne puisse plus continuer sur des solutions plus concentrées. Toutefois, dans cette solution au 1/25, la tension superficielle intervient assez peu pour qu'une correction soit nécessaire.’

Nous avons également étudié ces deux gommes au point de vue de leur application pharmaceutique et nous avons préparé diverses formes de médicament, en particulier des tablettes et des émulsions.

Tablettes. — Nos essais ont porté sur les deux types de formules que donne le Codex de 1884 pour les tablettes.

1° Type des tablettes à base de gomme arabique ou du Sénégal (tablettes de gomme, de Kermès, de lichen, de manne, de menthe).

Nous avons essayé, sur ce type, de remplacer, poids pourpoids, la gomme arabique par l’une ou l’autre des gommes éé Anogeissus . La formule du Codex devient alors la suivante :

Kermès 5

Sucre pulvérisé 450

Poudre de gomme d ’A. pendilla (ou latifolia). 40

Eau de fleurs d’oranger 40

Nous avons suivi pour la préparation de ces tablettes le modus faciendi enseigné par le Codex et nous avons remarqué :

a) Qu’avec la gomme d’A. latifolia , les tablettes se faisaient exactement comme celles du Codex et se conservaient parfaitement.

j3) Avec la gomme d’A. pendilla , la masse reste molle plus longtemps que si l’on emploie la gomme arabique ; cependant, le résultat final est aussi satisfaisant que dans le cas d’A. latifolia.

2° Type des tablettes à base de gomme adragante. Ce sont les plus nombreuses : tablettes de tolu, de Vichy, chlorate de potasse, ipéca, santonine, etc...

Nous ne pouvions songer, pour ces sortes de tablettes, à remplacer, poids pour poids, la gomme adragante par l’une ou l’autre des gommes d 'Anogeissus. Nous avons tenté cette substitution, mais nous n’avons obtenu qu’une bouillie sans consistance.

Après tâtonnements, nous sommes arrivé à établir la formule suivante qui donne, avec l’une ou l’autre des gommes d' Anogeissus, et sans employer la gomme adragante, des pastilles de consistance et de conservation parfaites :

Chlorate de potasse (ou autre médicament) 100 gr.

Sucre pulv * 900 —

Poudre de gommes d 'Anogeissus 40 —

Eau aromatisée de Baume de Tolu. 80 —

Suivre le mode opératoire donné par le Codex.

Nous avons essayé de faire des tablettes suivant cette formule, mais en employant la gomme arabique. Les tablettes ainsi obtenues étaient molles et excessivement lentes à sécher.

Emulsions. — Le Codex de 1884 ne donnait pas de formule pour l’émulsion d’huile de foie de morue (la plus employée à l’heure actuelle) ; nous avons pris comme type de formule pour nos essais celle qui se trouve inscrite au Formulaire de la Société des Pharmaciens du Loiret. (Orléans, 1901), p. 2G. Voici cette formule :

Huile blanche de foie de morue 300 gr.

Glycérine pure à 30° 250 —

Gomme adragante pulv 10 —

Gomme arabique pulv (50 —

Eau de laurier-cerise 60 —

Eau distillée, q. s. pour 1 litre.

On peut, à volonté, ajouter des hypophosphites.

Mélanger ensemble au mortier la gomme et la glycérine, puis l'huile par petites parties, enlin l'eau de laurier-cerise et l'eau distillée. Battre énergiquement.

Un essai ayant pour but de substituer, dans cette formule, les gommes d ' Anogeissus à la gomme arabique en employant également la quantité de gomme adragante portée sur la formule, nous a donné une émulsion tellement épaisse qu elle atteignait la consistance de pommade.

Après avoir donc supprimé complètement la gomme adragante, la proportion des gommes d 'Anogeissus restant la même que dans la formule ci-dessus, nous avons fait une émulsion à l’aide de chacune des deux gommes, puis, comme terme de comparaison, nous avons effectué une émulsion avec la gomme arabique et la gomme adragante, aux proportions indiquées par le formulaire du Loiret.

De chacune des émulsions ainsi obtenues nous avons rempli un tube gradué de 25 cm3 et, les trois tubes étant placés à la même température, voici quels ont été les résultats constatés :

Au bout de 40 jours, l’émulsion à la gomme arabique et à la gomme adragante avait laissé déposer 4cm3,8 d’un liquide opalescent très laiteux ; celle à base de gomme d’/i. latifolia présentait une séparation très nette de 6cm3,4 d’un liquide opalescent sur lequel nageait un magma caillebotté d’environ 5cm3,8 d'épaisseur, le reste demeurant à l’état d’émulsion parfaite.

Au bout du même temps, avec A. pendilla , l’émulsion est demeurée homogène.

Après 8 mois de repos, l’émulsion faite avec A. latifolia s’est divisée en 3 couches : l’une, inférieure, opalescente ; la couche supérieure, d’aspect et de consistance crémeuse ; la couche intermédiaire, blanche, caillebottée. L’émulsion de gommes arabique et adragante se divisait en 2 portions égales d’un liquide sous-jacent presque clair et d’une couche supérieure de consistance caséeuse.

Quant à l’émulsion faite avec la gomme d 'A. pendilla, elle s’est divisée, après ce laps de temps, en 2 parties : l’inférieure laiteuse et très opaque, la supérieure un peu moins volumineuse, d’une consistance de crème.

Nous pouvons donc conclure de ces quelques recherches que les gommes d'Anogeissus méritent d’ètre appelées à un grand succès commercial. Lorsque la récolte et le triage en seront faits avec soin, on obtiendra un produit supérieur, pour certains usages, à la gomme arabique et, comme il y a lieu de penser que le prix de revient ne serait pas supérieur, nous devons attirer l'attention sur ces produits.

Avec des produits triés, les solutions sont plus blanches, beaucoup plus visqueuses et l’on peut, avec un poids moindre, obtenir les memes résultats qu’avec la gomme arabique.

Pour la confection des tablettes, il nous semble qu’il faut donner la préférence à la gomme d'A. la ti folia.

Pour les émulsions, la gomme d'A. pendilla doit, à notre avis, être surtout employée.

Ces gommes ne renferment pas d’oxydase et par suite ne présentent pas les memes incompatibilités que les gommes d 'Acacia dans diverses préparations pharmaceutiques. Ajoutons qu’elles sont agréables au goût et seraient utilisables en confiserie.

11 existe donc dans le nord de l’Inde une ou plusieurs plantes susceptibles de fournir une matière gommeuse d’avenir probable, encore peu connue, et dont les conditions de culture et de récolte mériteraient d’être étudiées avec soin. Les renseignements demandés par nous- à M. Pbain, directeur du Jardin botanique de Calcutta, ne nous sont pas encore parvenus et nous regrettons de ne pouvoir éclaircir définitivement les quelques points qui sont encore obscurs dans cette étude.

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