‹ Contribution à l'étude anatomo-clinique de la tuberculose primitive de la rateChapitre 38 sur 40 · LES COUPES · texte numérisé non relu

LES COUPES

Les recherches microscopiques nous ont montré la présence des bacilles de Koch à l’exclusion de tout autre microbe dans les différents organes.

Les frottis nous ont donné les résultats suivants : pas de bacilles de Koch dans les ganglions ni dans le foie ; par contre, dans les méninges et dans la rate ils élaient extrêmement nombreux.

Avec les points caséeux de la rate on obtenait des préparations d’une grande richesse, montrant parfois dix à quinze bacilles dans un seul champ microscopique.

Dans les coupes, les bacilles on pu être décelés dans la rate

et les méninges.

. Dans le tissu splénique, les bacilles ont été rencontrés soit

Bloch 11

dans des points caséeux, soit dans le tissu réticulé avoisinant ces points. |

Toutes ces recherches ont été faites par la méthode d'Hauser (fuchsine phéniquée et décoloration par l'acide lactique).

E) Inoculations. — Nous avons inoculé des fragments de ganglions inguinaux, de tissu méningé, et du caséum des points ramollis de la rate, à des cobayes, sous la peau de la cuisse, et

un fragment de ganglion dans le péritoine d’un chien.

Le chien est encore vivant (au bout de quatre mois) mais cachectique, sans adénopathies superficielles,

Le cobaye inoculé avec le caséum splénique est mort accidentellement au bout de trois semaines avec une tuberculose généralisée typique ;: bacilles de Koch, dans ses ganglions.

Le cobaye inoculé avec l’exsudat méningé est mort en deux mois également avec une tuberculose généralisée sans prédo-

minance ganglionnaire,

Les deux cobayes inoculés le 16 février 1899, avec des frag=

ments de ganglions, inguinaux sont encore vivants, mais prése RU Ai 2

sentent d'énormes ganglions inguinaux et lombaires, et dont la

nature tubereuleuse n’est pas douteuse.

Il semble donc que Pinoculation des ganglions ait été moins.

virulente que celle des méninges et que les réactions ganglion naires aient été bien plus accusées dans le premier cas que dans le second, ù Résumé de l'observation au point de vue clinique. — Lymphadénie ganglionnaire généralisée, à début cervical, et considérée dans les premiers temps comme une adénite cervicale

tuberculeuse traitée par l’ablation chirurgicale.

Évolution rapide en trois ans ; envahissement successif de

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tous les ganglions de l’étonomie ; terminaison par une méningite tuberculeuse.

Examen du sang : leucocytose marquée (36.000 globules blancs). Mais pas de leucémie.

Au point de vue anatomique. — Lymphadénie ganglionnaire généralisée ; lymphadénie splénique (grosse rate bourrée de masses blanchâtres d'aspect sarcomateux et quelques points Jaunes caséeux) ; cirrhose du foie, méningite ; rien aux poumons, rien aux autres organes.

Au point de vue histologique. — Hyperplasie et sclérose du tissu réticulé des organes lymphoïdes ; follicules tuberculeux dans les ganglions, la rate, le foie, les méninges.

Au point de vue bactériologique. — B. de Koch dans la rate etles méninges. Inoculation positive au point de vue tubercu-

leux des ganglions, de la rate et de méninges.

Observation XII

Tuberculose massive de la rate (M. Ormex).

Le malade présentait un ensemble complexe de lésions faites pour égarer le diagnostic : pleurésie hémorragique gauche, infiltration tuberculeuse des deux bases, splénomégalie volumi= neuse s'étendant de l’hypocondre gauche à l’épine iliaque antéro-supérieure, péritonite tuberculeuse à forme ascitique.

Mort huit mois environ après le début de la pleurésie.

A l'autopsie : Tuberculose massive de la rate (1.670 gr.) hypertrophie modérée du foie (1.840 gr.) ; follicules tuberculeux dans les espaces fortes, péritonite tuberculeuse subaiguë à

forme ascitique, adhérences pleurales très épaisses de la base

gauche, infiltration tuberculeuse des deux tiers inférieurs des

poumons, quelques gros tubercules dans les reins.

Observation XII (personnelle).

Tuberculose de la rate avec hypertrophie hépatique et lésions ganglionnatres ayant présenté une marche subaiquë simulant la fièvre typhoïde,

Le nommé B..., âgé de 57 ans, entre à l'hôpital le 7 octobre 1905. Il vient dans le service en se plaignant de douleurs vagues d’abattements, d’oppression. Le début de la maladie remonte à quelques Jours.

Antécédents héréditaires : Rien de particulier.

Antécédents personnels : Aucun fait intéressant à signaler :

pas d’alcoolisme. Le malade nie la syphilis et n’en porte aucun stigmate ; sa santé a toujours été bonne.

Il est assez difficile de préciser le début de Ia maladie actuelle ; elle semble toutelois avoir commencé depuis près d’un mois : en effet, depuis deux ou trois semaines, le malade accuse de la céphalalgie avec vertiges; nausées fréquentes. En même temps s’est produit un amaïigrissement asséz marqué, au dire du malade, et s’accompagnant d’une sensation de faiblesse et de fatigue extrêmes au moindre effort,

Trois Jours avant son entrée à l'hôpital est apparue une diarrhée Jjaunâtre peu abondante ; trois où quatre selles par jour environ. En même temps le malade fut pris, à deux ou trois reprises, de saignements de nez assez accusés.

Le 7 octobre, jour de l’entrée, la diarrhée augmente d’une façon sensible ; le malade va sept ou huit fois à la garde robe

dans la Journée et évacue des grumeaux verdâtres très fétides.

À l'inspection, l'abdomen paraît légèrement ballonné,

À la palpalion, on constate une hyperesthésie généralisée de la paroi abdominale sans qu’il soit possible d'assigner à ce trouble de la sensibilité de localisation maxima bien nette. Rien au niveau du point de Mac-Burney. Léger gargouillement dans la fosse iliaque droite.

Le foie est légèrement hypertrophié, débordant un peu les fausses côtes : sa projection est de 10 centimètres environ.

La rale est de même hypertrophiée ; elle est accessible à la percussion, mais non encore à la palpation.

Pas d’ascite ni d’ictère.

A l'ausculialion, la poitrine est pleine de quelques ràles ronflants et sibilants.

Le pouls est fuyant, dicrote, bat à 75 pulsations à la minute.

La température à l'entrée du malade est de” 38°2 le matin et de 3902 le soir.

Le leint est parcheminé, terreux, avec légère rougeur des pommèttes ; les yeux brillants. En même temps on note une dyspnée assez marquée.

La respiration est de 37 à la minute.

La quantité des urines s'élève à 800 grammes environ ; elles

sont rouges foncées et contiennent une quantité appréciable

d’albumine,

On songe tout d’abord à une dothiénentérie adynamique évoluant sur un homme usé ; le malade qui est âgé de 57 ans paraît, en effet, avoir 69 ans.

Du 7 au 12 octobre, le tableau clinique de la maladie reste

sensiblement le même :

La température est à 39° et au-dessus, s’élevant le 9 au soir

Le pouls suit une ascension parallèle pour atteindre 108 pul-

sations à la minute le 12 au soir. ;

La dyspnée est toujours très marquée ; la diarrhée augmente

la bronchite persiste. '

Du 12 au 20 octobre l’adynamie s'accentue, et, quoique la température reste en plateau aux alentours de 3505, l’état général s'aggrave.

À D'ailleurs, si la fièvre n’est pas très élevée, il n'en est pas de même du pouls qui, le 16 au soir, atteint 112 pulsations à la minute, et de la respiration qui monte à #1° à la minute le 19

au soir.

Quoique le météorisme soit assez marqué, on peut dès ce moment, voir que la projection du foie sur la paroi atteint près de 12 centimètres : l'organe apparait lisse et non douloureux.

De même, dans l’hypocondre gauche, la percussion et la palpation montrent une hypertrophie marquée de la rate, dont

\ on peut sentir le bord interne à deux travers de doigt S de- À dans de l’ombilic et à 4 centimètres au-dessus de la crêteiliaque gauche.

Les urines, dont la quantité s’était élevée le 12 au soir à 1.000 grammes environ, diminuent d’une façon considérable les

Jours suivants :

700 grammes le 13 ; un peu plus de 500 du 13 au 18 ; à Pure peine 300 grammes le 18 au soir, Elles sont toujours foncées et contiennent une quantité d’albumine évaluée environ à 2 gr.9

Fe à par vingt-quatre heures. On pratique à ce moment l’épreuve

du bleu de méthylène, ce qui montre un retard prononcé dans

l'élimination,

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Le 20, la maladie semble entrer dans une phase critique : la température s’élève à 396,

Le pouls présente une ascension subite, s’élevant à 150 pulsations à la minute pour retomber non moins brusquement le lendemain à 74.

Il en est de même dela respiration qui monte à 48 à la minute,

L'aspect du malade, abattu, dyspnéique, est des plus alarmants : c’est à ce moment que l’on pratique le séro-diagnos-

\ tic; les deux épreuves successivement pratiquées au vingtième d’abord, puis au dixième, furent toutes deux négatives. \

D'ailleurs on n'avait pas attendu ces résultats pour abandonner l’idée d’une fièvre typhoïde. La nature tuberculeuse de la maladie paraissait probable: on sougeait à une granulie ou peutêtre à une phtisie rapide, Toutefois les examens répétés des crachats restaient infructueux ; l'expectoration visqueuse, rouillée, adhérente, peu abondante, était pneumonique d’aspect. Elle renfermait d’ailleurs du pus en abondance.

Au fur et à mesure que la maladie avançait en date, le malade se cachectisait de plus en plus. Le 25 octobre, la diarrhée fétide présentait une recrudescence marquée. En même temps, on pouvait noter une rougeur des pommettes marquée surtout à droite. Il y avait également un peu de dilatation pupillaire de ce côté. Le ventre était toujours très météorisé, et, à cette époque, apparaît un délire nocturne assez marqué.

Ce ne fut que le 27 octobre que l’on put percevoir au sommet droit un foyer de ramollissement dont les râles sous-crépitants, très conglomérés, tranchaient avec les ronflements et les sibilances de la bronchite généralisée.

Le pouls présentait de grandes oscillations, entr? 90 et 120, et la respiration, de très grandes ascensions, jusqu’à 49 à la minute,

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Le foie, toujours hypertrophié, n’augmentait cependant pas d’une façon sensible,

Quant à la rate, elle était, dès ce moment, très nettement sensible sous la paroi abdominale, constituant une tumeur de 14 à 15 centimètres de haut sur 7 à 8 centimètres de large; on ne put Jamais relever très nettement de bosselures à sa surface.

Quant aux urines, elles présentaient toujours les même caractères, oscillant entre 800 et 1.000 grammes par vingt quatre heures,

Ce ne fut que le 2 novembre seulement que l’on constate après Cinq ou six examens, la présence de bacilles de Koch, peu abondants d’ailleurs, dans les crachats.

La cachexie augmente rapidement, la diarrhée devint presque continuelle. La fièvre resta peu élevée, autour de 38°5. Par deux ou trois fois, la température tombe même à 370,

Mais le pouls devenait de plus en plus fuyant et inégal; la dyspnée était intense et le 30,et y eut jusqu’à 50 inspirations à la minute,

Enfin le 9 novembre le malade succomba dans l’adynamie et

le collapsus.

EN résumé:

Une fièvre irrégulière assez peu élevée,s’accompagnant d’une dypsnée considérable, d’un pouls fuyant el rapide ; un gros foie et surtout une splénomégalie notable, tels furent les symptômes cliniques de cette affection au cours de laquelle le diagnostic resta toujours en suspens.

L'examen du sang fut pratiqué à deux reprises*et donna les

résultats suivants:

14 æ dr 110% PA ra Le 20 octobre 1904 : | “tr Ç y 0 Globules rouges. . , . . . . 3.800.000. % hi: E# nr Glôbules/blanee er LU 22.000 :} 4 LVmphoCYtes. SM". A NE AR .0,/0 à ? : Grands mononucléaires. . . . . 10 — 100 Polyaucléaires teen : TARN DE Hs FAN Épsinophiles RUN EEE — ‘4 Cellules de Türck, . È NES PO SA! € D: - Le 2 novembre, on notait une diminution marquée dans les DA + différents éléments figurés du sang. C’est ainsi que la numéra- à à » tion donnait : dr ir à Globules rougés.n 1, 202% 3:000.000 De Globules blancs. « . . . . 16.000 AR Ÿ nu Liyrophocytoss er er RAIN 0/0 de 11 440 Grands mononueléairés . . . . 8 pics TAN | Polynucléaires time RARE 7 DURE , Wu Fositophiiést ie EE REED ANNE ni?) $ à Cellules ide Tire ER NME E AS — + Il y avait donc plutôt une tendance marquée à l'hypoglobulie, 1 Auropsie. — À l’ouverture de la poitrine on constatait Gnoe spelunculose du sommet droit, avec une très légère infiltration du sommet gauche : de nombreux tubercules pleuraux, mais nulle part on ne trouvait trace de granulie.

A l'ouverture de l’abdomen, il s’écoula une petite quantité de liquide ascitique citrin.

L'examen du péritoine ne permettait de relever à sa surface que de rares granulations tuberculeuses. | \° / Le foie était gros, rouge, avec des bandesde sclérose grisâtre Le parenchyme criait à la coupe sous le couteau, Le poids total f - |

de la glande était de 2.000 grammes : ni à sa surface, ni dans son intérieur on ne relevait aucune altération tuberculeuse, sous quelque forme que cefût.

Ea rate considérablement augmentée de volume,pesait un peu plus de 600 grammes. Elle apparaissait dans son ensemble violacée, résistante, ne se laissant que difficilement déprimer par le doigt.

A la coupe, elle était pleine de tubercules à leurs différents stades de maturité, les uns conglomérés, les autres isolés ; de volume également variable : les uns presque invisibles, les autres gros comme une noisette, mais rarement plus.

Au microscope, on retrouvait partout dans le parenchyme splénique d’abondantes cellules géantes typiques et aussi une quantité considérable de macrophages. ,

Enfin, entre les tubercules, on relevait, par places, du tissu scléreux à un stade de formation plus ou moins avancé.

Le pédicule vasculaire de l'organe était également atteint.

Les veines spléniques, énormes, dilatées, contenaient un très

grand nombre de macrophages.

En outre on pouvait retrouver une adénopathie très prononcée des ganglions du hile de la rate, du hile du foie et des ganghons mésentériques.

Même remarque pour les ganglions médiastinaux et du hile du poumon,

Mais là, pas de ramollissement, pas d'ouverture de ganglion ulcéré dans un viscère voisin ou une cavité séreuse, Les ganglions présentaient microscopiquement des lésions de bacillose au début, allant de l’hyperhémie initiale du tubercule au stade de crudité.

Le pancréas, les capsules surrénales étaient normales.

tomatique de la CRE 7 la dyspnée, mois sans aucun €

léger degré de en

Trarremexr. — lies enveloppements thoraciques n ‘amenèrent

aucun soulagement ; on pratiqua seulement le traitement symp- : 4 <

FésuItAt en NUE

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