‹ Contribution à l'étude anatopathologique des épithéliomas adamantinsChapitre 17 sur 26 · PE» 2 NES · texte numérisé non relu

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culaire de la mâchoire. Il à vu dans cette tumeur : « des cavités contenant des cellules épithéliales indifférentes tapissées par une rangée de cellules cylindriques qui reposent sur une couche homogène, perlée, de même épaisseur que ces cellules. Cette couche est finement striée par des rayons partant de l'épithélium cylindrique ; elle est un produit évident de Pépithélium de l'émail et se trouve constituée par de la substance adamantine ».

Malgré la brièveté de cette description et l'absence de figures, 1l est probable que les formations d'émail observées par Bernays sont analogues aux nôtres, sauf qu’elles ne reposent pas sur des formations dentinaires.

Il ne nous paraît donc pas douteux que le tissu adamantn pathologique, puisse, comme le tissu adamantin physiologique, non seulement produire de l'émail, mais encore faire produire au lissu conjonctif voisin de la dentine ou un tissu moins différencié, analogue à celui qui se développe dans certaines affections dentaires (périodontite, etc.), pour réparer les pertes de substance de la dentine.

Ce second fait n’a pas lieu de nous étonner, car l'anatomie comparée nous apprend que l'organé de l'émail existe constamment chez les animaux pourvus de dents, alors même qu'il ne se développe chez eux que de la dentine et que l’émail fait défaut. Ce phénomène s’observe chez les édentés, certains cétacés, quelques reptiles et beaucoup de poissons. La présence de l'organe de l'émail semble donc nécessaire pour le développement de la dentine.

La connaissance de cette formation pathologique de tissus dentaires éclaireit peut-être, en outre, quelques particularités signalées dans lestumeurs des maxillaires. Albarran, dans son important travail sur les kystes des mâchoires, remarque, en s'appuyant sur l’observation de Bernays, qu’on peut expliquer la présence des plaques et des grains dentaires qui exis-

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tent dans la paroi de certains kystes dentifères et des kystes odontoplastiques, en supposant que les masses d'épithélium adamantin qu’on y rencontre, aboutissant à un développement plus parfait, en soient le point de départ.

Dans les cas où l'existence de ces tumeurs ne coïncide pas avec l’absence d’une dent, cette théorie pathogénique est en effet la plus satisfaisante. Il est beaucoup plus hypothétique d'admettre la présence d’une ou plusieurs dents surnuméraires incomplètement développées.

Enfin ce fait nous semble aussi éclaircir la question encore obscure des odontomes. Broca (1) a donné, on le sait, le nom d'odontomes à deux sortes de tumeurs : 4° à des néoformations renfermant des tissus dentaires complètement formés, odontomes odontoplastiques ; 2° à des néoformations sarcomateuses ou fibreuses qu’il supposait d’origine bulbaire, odontomes embryoplastiques. Malassez a déjà montré que les tumeurs décrites sous le nom d’odontomes embryoplastiques ne paraissaient guère différer des épithéliomas adamantins proprement dits, Nous pensons, après l’étude de notre observation, que beaucoup d’odontomes odontoplastiques doivent être également des épithéliomas adamantins avec formations dentaires plus ou moins parfaites.

Nous pouvons citer à l'appui de cette idée une très intéressante observation d'Hildebrand (2). Cet auteur a opéré en deux fois un enfant de 12 ans, d’une tumeur diffuse occupant les deux maxillaires et formée par 200 dents environ, réunies pas un Lissu d'aspect muqueux. Cette tumeur répondait aux descriptions classiques des odontomes odontoplastiques. L'examen microscopique du tissu mou situé entre les dents

(1) Broca, Traité des tumeurs, t. II, p. 275. (2) HILDEBRAND, Tumeur du maxillaire produite par le dététohperment anormal de dents (Zeitschrift für Chirurgie, 1891, t. XXXI et 1892, t. XXXV). -

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