‹ Contribution à l'étude anatopathologique des épithéliomas adamantinsChapitre 26 sur 26 · EU E · texte numérisé non relu

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Au point de vue histologique, ces tumeurs sont des épithéliomas à type adamantin, c’est-à-dire que leurs cellules épithéliales revètent le type des cellules de l’organe de l’émail. Quelquefois les productions épithéliales présentent, dans certains points, le type malpighien. Cela n’a pas lieu de nous étonner, étant donnée la parenté étroite de ces deux formes d'épithéliums.

Les productions épithéliales de type adamantin, qui donnent à ces tumeurs leur physionomie spéciale, peuvent présenter des phases de différenciation plus ou moins élevées, ce qui permet d'établir entre elles des divisions intéressantes.

Dans certains cas, l’épithélium est peu différencié et il n'existe dans la tumeur que des travées épithéliales de cellules polyédriques ; les cellules cylindriques à type adamantin n'apparaissent que dans les extrémités renflées des travées. Cette forme de tumeur paraît rare ; la première observation de Kruse répond seule à ce type.

Habituellement, la différenciation cellulaire est poussée plus loin ; les amas épithéliaux sont alors formés de cellules périphériques cylindriques et de cellules centrales indifférentes où étoilées.

Ils peuvent même reproduire fidèlement la structure de l'organe adamantin avec ses trois ordres de cellules ; cellules

enlevées largement par résection de la moitié du maxillaire inférieur. En outre,

dansaucun cas, on ne parait avoir observé d’envahissement ganglionnaire. Kruse, dans ses observations, a vu deux fois un engorgement des ganglions sus-hyoï-

diens, mais, d’après lui, il s'agissait là d’une adénite banale due à la suppura-

tion de quelques kystes de la tumeur.Il ne dit pas d’ailleurs s’il a pratiqué l’exa-

men histologique de ces ganglions.

D'autre part, on a observé des kystes multiloculaires des maxillaires à marche maligne, présentant non seulement des récidives rapides (Eve, Albarran), mais même de la généralisation (Parker et Eve, Heath).

Dans le maxillaire, comme dans l’ovaire, on pourrait donc observer des néoformations épithéliales qui, malgré leur analogie de structure, présenteraient, suivant les cas, une gravité bien différente.

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cylindriques périphériques, cellules aplaties ou cellules du stratum intermédiaire, cellules centrales étoilées ou cellules de la pulpe.

Ces amas paraissent donner naissance aux kystes qu'on rencontre si fréquemment dans ces tumeurs par suile de l’agrandissement et de la fusion des espaces compris entre les cellules étoilées. Les cellules cylindriques périphériques plus ou moins aplaties constituent alors le revêtement de la cavité.

La plupart des cas publiés (Obs. de Malassez, 1° obs. de

| Allgayer, obs. d’Albarran, Audry, Nasse, Derujunsky, Pil-

liet, 2° et 3° obs. de Kruse) rentrent dans cette classe.

Enfin, la tumeur qui est décrite dans ce travail nous a présenté, outre les formes épithéliales précédentes, des formes de différenciation cellulaire encore plus élevées dans le sens adamantin. Dans certains de ses amas épithéliaux, les cellules cylindriques sont absolument semblables aux éléments dits « cellules de l'émail » (cellules cylindriques allongées, à base claire, à noyau refoulé à l’autre extrémité de la cellule) et reposent sur des formations d'émail et d’un tissu spécial moins différencié que la dentine, tissu cémento-dentinaire de Malassez. |

Ce fait résume donc à lui seul tous les caractères signalés jusqu'ici dans les épithéliomas adamantins. Les formations de tissus dentaires adultes qu’on y observe, permettent, en outre, de relier nettement ces tumeurs aux kystes odontoplastiques et aux odontomes.

Tels sont les principaux types connus des tumeurs adamantines solides ou paucikystiques.

On a décrit ces néoformations sous des noms fort divers. Il nous semble qu’il est préférable de les désigner avec Malassez, Albarran et Derujunsky sous le nom d’épithéliomas adamantins, quoique cette appellation puisse être également appliquée aux kystes multiloculaires.

Ces tumeurs se développent probablement aux dépens des débris épithéliaux paradentaires. Cette théorie, basée sur des faits anatomiques bien constatés, nous paraît absolument saüisfaisante. Elle est adoptée par la grande majorité des auteurs qui ont écrit sur ce sujet. L'origine gingivale de ces épithéliomas est pourtant possible dans quelques cas.

Nous rangerons les épithéliomas adamantins à côté des tumeurs kystiques dont la nature adamantine est aujourd’hui démontrée et dont l’origine paradentaire est probable, c'est-à-dire, à côté des tumeurs épithéliales dites d’origine dentaire. Cette série pathologique comprend, on le sait, les kystes radiculo-dentaires (anciens kystes périostiques), les kystes dentiféres, les kystes odontoplastiques, les kystes uniloculaires simples et les kystes multiloeulaires.

Toutes ces néoplasies, malgré leur complexité apparente, présentent une analogie de structure évidente et sont reliées par de nombreuses formes de passage. Leur communauté d’origine est probable. Elles ne doivent différer les unes des autres que par le siège des débris paradentaires qui en sont le point de départ et par le plus ou moins d’activité du processus épithélial. Elles forment, comme nous le disions au début de cette étude, une véritable famille pathologique.

Vu :

Le Doyen, BROUARDEL. SIN Le Président de la thèse, STRAUS.

Vu et permis d'imprimer:

Le Vice-Recteur de l Académie de Paris, GRÉARD.

Imp. G.Saint-Aubin et Thevenot, Si-Dizier (Hie-Marne), 15-17, passage Verdeau, Paris,

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