PAPE
des traces d'anciennes lésions, eczéma, utcères remontant à une époque éloignée ; se fatigue plus vite depuis un mois, est faible sur ses jambes. Douleurs dans les épaules, ne peut travailler depuis 15 jours.
À son entrée on constate sur les jambes des traces d’une éruption récente de bulles; elles sont affaissées ; ne contiennent plus de liquide; au nombre de 5 à 6 tout au plus, disséminées sur la partie interne de la cuisse. En outre cicatrices syphilitiques, crête du tibia paraît épaissie.
10 avril.— Rougeur limitée de la partie moyenne de la cuisse gauche qui est douloureuse à cet endroit.
12 avril. — Température 38°5. Rougeur de la cuisse s'est étendue.
13 avril. — Poussée d'éruption occupant la cuisse et la jambe droite, ainsi que le bras droit, accessoirement le bras gauche.
Cette éruption comprend des éléments à plusieurs degrés :
1° Petites vésicules ressemblant à des vésicules d’herpès, de la grosseur d’une tête d’épingle, isolées ou réunies en groupe, reposent sur un fond rouge non induré.
2° Vésicules se sont réunies, constituent de petites phlyctènes à contenu jaunàtre.
3° Ce sont de grosses bulles à contenu hémorrhagique, ressemblant à des bulles de pemphigus. |
La plaque lymphatique de la cuisse gauche à un diamètre de 12 c. environ ; la peau y est œdémateuse. Ganglions tuméfiés non indurés. - Anorexie, soif vive. Température oscille entre 38°5 et 39. Diarrhée (six selles). Les deux dernières selles contenant du sang. Le matin en examinant le bassin on constate des caillots de sang rouge. — Urine contient 0,80 cg. d’albumine au tube d'Esbach.
Quelques râles de bronchite. Rien au cœur, pas de délire.
Examen et cultures du liquide de vésicule au premier degré font constater la présence du staphylococcus aureus.
Examen du sang de la circulation générale est négatif, maisles cultures donnent de l'aureus. k
Sang de la plaque lymphangitique de la cuisse gauche contient du staphylocoque et des chaïinettes lonques flexueuses.
Examen et la culture de l'urine prise asepliquement donnent des grappes el des chaîinettes.
16 avril. — Nouvelle poussée A de vésicules sur la narine gauche. M. Brocq qui voitle malade fait le diagnosuc de Pemphigus infectieux.
47 avril. — Albuminerie 0,25 c. au tube d’Erbach.
Dans la région précordiale, à gauche du sternum, sur une étendue de 6 à 8 centim, an entend un bruit de souffle dans l'intervalle des deux bruits et donnant au rythme général du cœur le rythme d’un bruit de galop ; souffle à l’orifice aortique et souffle à la pointe qui se prolonge dans l’aisselle.
Rate peu volumineuse.
18 avril. — Le centre de la plaque lymphatique soulevée est recouverte d'une énorme phlyctène dont la partie centrale enlevée laisse à nu un derme coloré d’une façon très intense, presque voirâtre, escharrotique. Tout autour, le cercle de l'inflammation s'est encore étendu.
Quant au reste de l’éruption, la plupart des vésicules primitives ont disparu ; quelques bulles de pemphigus à contenu hémorrhagique existent encore, mais la plupart se sont affaissées et ont laissé à leur place des ulcérations très superficielles, recouvertes çà et là d’une légère couche de pus.
Examen bactériologique du sang donne de l'aureus.
Examen de l'urine également.
19 avril. — Délire pendant la nuit. Etat somnolent à la visite. Eschare de la plaque s’agrandit ; elle est soulevée par une grande RENTE de pus.
: 20 avril. — Incision en croix au thermo-cautère jusqu’à l’aponé-
vrose. Elimination, à la suite, d’une grande quantité de pus et de matière gangréneuse.
21 avril. — Le malade se sent mieux. Il est plus éveillé.
22 avril. — Pas d’albumine dans les urines.
23 avril. — Urines claires, abondantes, 3 litres 1/2 en 24 heures. 24 avril. — Le malade manifeste le désir de manger, Urine sans albumine, 3 litres. — La plaque se déterge, elle est limitée de plus en
plus par un sillon net. Toutes les bulles affaissées commencent à sécher. Les premières ont complètement disparu.
25 avril. — Le malade dit se trouver très bien. Temp. 38°4 le soir; 315 matin. Au niveau de la malléole externe de la jambe droite, plaque de gangrène de l’étendue d’une pièce de 5 francs, formée par la confluence d’ulcérations plus petites.
Incision au thermo-cautère.
Souffles du cœur ont diminué d'intensité : celui cos on entend encore le plus distinctement est le souffle mitral.
26 avril. — Examen et cultures du sang sont négatifs.
Examen de l'urine indique l'absence totale d'albumine ainsi que de micro-organismes.
2 mai. — Amélioration continue. Greffe épidermique sur l'ulcération de la cuisse gauche. | 15 mai. — Cicatrisation complète des ulcérations.
Le malade commence à manger; se lève un peu dans la journée. 1°* juin. — Le malade est complètement rétabli.
OPSERVATION VI
Pneumonie des deux sommets. — Hépatisation grise. — Infection s preumococcique généralisée : pleurésie, péricardite, péritonite. — Néphrite diffuse. — Pneumocoques dans les reins.
La nommée B... J..., âgée de 62 ans, entre le 20 juin à l'hôpital Fe = Saint-Antoine, dans le service du Dr Ballet, salle Ratan, 18.
21 juin. — Temp., 40°. La malade est dans un état de prostration complète; ne répond pas aux questions. On sait par les renseignements qu’elle est malade depuis dix jours.
Langue sèche, fendillée. Pommettes sont rouges. Légère oppression, mais pas d'expectoration.
Examen physique révèle une respiration obscure des deux sommets. Matité accentuée au sommet droit. Pas d’autres signes.
Bruits du cœur sont sourds, faibles mais assez réguliers.
Urines contiennent de l’albumine en assez grande quantité.
29 juin. — Mort avec 40%6.
Auropsie. — Hépatisation grise des deux sommets. Épanchement purulent à droite de la valeur de 500 g. environ. Léger épanchement dans le péricarde. Péritonite suppurée avec litre et demi environ de pus épais, étalée en fausse membrane. Examen de ces différents liquides fait constater la présence exclusive de preumocoques. Rate volumineuse. Reins. Sont volumineux, flasques. Poids : Le droit, 270 g.; le gauche, 250 g. Capsule se détache sans entamer la substance corticale qui est lisse,
= de couleur pâle. Sur une surface de section, la substance corticale augmentée de volume est moins colorée que.la substance pyramidale qui est congeslionnée.
Hisrozoie. — Tubes contourneés très dilatés. Tuméfaction trouble, granuleuse de l'épithélium. Coloration défectueuse par l'hématoxyline et le picro-car min. Les cellules semblent fusionnées entre elles; les noyaux se colorent à peine, quelques-uns même pas du tout. Du côté de la lumière le revêtement épithélial est très irrégulier et présente
tantôt des excavalions et tantôt des boules claires qui s’avancent jusque vers le centre de la lumière. Gelle-ci est souvent obstruée par une matière finement granuleuse, qui se teinte légèrement en bleu très pâle par l'hématoxyline, et à laquelle se mêlent quelques leucocytes, des noyaux, et plus rarement des globules rouges.
Glomérules. Prolifération de l’endothélium de la capsule et de celui du bouquet glomérulaire. Exsudat granuleux dans 12 lumière de la capsule avec un assez grand nombre de cellules rondes nucléaires. Quelques glomérules contiennent de petits foyers hémorrhagiques.
Tubes droits. L’épithélium est intact le plus souvent. Cependant, légère desquamatiôn dans quelques-uns.
Tissu conjonctif. Vaisseaux sont dilatés, congestionnés. Pas d’hémorrhagies capillaires. À certains endroits, plus volontiers au niveau où l'artère afférente touche au glomérule, amas de cellules embryonnaires.
Microges. Quautité prodigieuse de micro-organismes facilement
colorés par toutes les méthodes; gardent leur coloration après l’action - du réactif iodo-ioduré. Ils sont formés de cocci irréguliers, ovalaires, accouplés deux par deux. Quelques-uns possèdent une capsule bien
nette. — Le plus grand nombre siègent dans le tissu conjonctif même; un certain nombre sont contenus dans les vaisseaux. — Dans la subs-
tance corticale où ils sont bien plus nombreux, les prneumocoques du tissu conjoncüf qni entoure les tnbes contournés s’agencent souvent sur des lignes parallèles à la paroi du tube; sur des coupes parallèles à axe du lube, ils simulent une série de cercles coucentriques. Ailleurs ils sont disséminés, et leur topographie ne permet aucune description.
Dans les tubes contournés on en aperçoit un grand nombre, aussi bien dans l'intérieur des cellules que dans la lumière, où, mélangés aux débris de la désintégration cellulaire, aux leucocytes et à des globules rouges faiblement colorés, ils tranchent plus que partout ailleurs.
Les glomérules en contiennent dans les vaisseaux capillaires, et aussi en moins grand nombre dans la lumière qui les sépare de la capsule. [ls sont plus rares dans les tubes droits et dans les tubes collecteurs où cependant, par endroits, on en aperçoit d’une façon manifeste dans les cellules et dans la lumière,