OBSERVATION VII
Preumonie gauche. — Pas d'albumine. — Pas de inicrobes dans l'urine.
La nommée V... À..., âgée de 29 ans, entre le 16 avril à l'hôpital Saint-Antoine, salle Rostan, 1, dans le service du D' Ballet.
Comme antécédent, fièvre typhoïde quelques années auparavant. Malade depuis le 13 avril. Début par un violent point de côté à droite, frisson, fièvre.
18 avril. — À son entrée, température 39°9, La malade se plaint de douleurs abdominales ‘et de mal de tête. Diarrhée féuide. Peu de dyspnée. Toux modérée. — Expectoralion visqueuse sans couleur. Matité à la base gauche. Souffle, bronchophonie, râles crépitants. — A droite, un peu de bronchite. L’urine ne renferme pas trace d’albumine. |
14 avril. Inoculation de crachats à souris qui succombe au bout de deux jours, avec pneumocoques dans le sang.
Pas d’albumine dans l'urine.
Prise aseptique d'urine avec une sonde stérilisée à l’autoclave après lavage de la vulve et du méat avec savon, sublimé, alcool et éther. Examen immédiat reste négatif. Cultures également stériles.
94 avril. — Fièvre se maintient aux environs de 40°. Urine examinée tous les jours depuis le 14 par plusieurs procédés ne contenait pas la moindre trace d'albumine.
Délire assez agité depuis hier au soir. Râles crépitants sont plus gros, plus humides. Expectoration est peu abondante.
99 avril. — 2 Examen bactériologique du l'urine est entièrement négatif. Pas d’albumine.
923 avril. — Abattement, délire, lèvres sont desséchées, langue
rôtie, fendillée sur les bords. S -24 avril. — Dyspnée plus intense. Agonise. Mort avec 41°2, Autopsie n’a pu être faite.
OBsERvATION VIII Pneumonie gauche. — Hépatisation grise. — Pneumocoques et staphylocoques dans l'urine. — Néphrite diffuse. — Pneumocoques dans le rein.
Le nommé S.,., 43 ans, ébéniste, entre à l’hôpital Saint-Antoine le 2 juin, salle Broussais, n° 18, dans le service du D” Ballet.
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N'a pas fait de maladie grave antérieurement, mais a contracté à différentés reprises des rhumes qui lui duraïent longtemps.
A son entrée, dyspnée très forte. Temp. 39°2, Il répond difficilement aux questions à cause de son oppression. Cependant il raconte que la maladie a débuté le 31 mai par un frisson violent et prolongé. Les jours suivants il a eu la fièvre, a commencé à tousser. Expectoration visqueuse adhérente au vase, légèrement rouillée. Vibrations augmentées à gauche. Percussion. Matité à la partie moyenne du poumon gauche. — À auscultation dans l’aisselle du même côté, bouffées de râles crépitants inspiratoires, pas de souffle.
8 juin. — Délire pendant lequel il SpRe peu, mais s ‘agite constamment et cherche à se lever.
Signes physiques n'ont pas varié.
Expectoration contient de nombreux pneumocoques encapsulés au milieu de cocci en amas et moins souvent en chainettes, — Sang d'une souris inoculée dans le tissu cellulaire sous cutané avec une . petite quantité de crachats délayés, donne des cultures pures de pneumocoques.
Urine recueillie dans tube stérilisé, acide, albumineuse. Examen aussitôt La prise, décèle présence d'un grand nombre de cocci et d'un certain nombre de diplocoques lancéoles, dont la capsule a été mise en évidence par le violet acide.
Cultures sur bouillon, agar, gélatine et pomme de terre, donnent du staphylocoque blanc et doré, pas de pneumocoques.
L'inoculation sous cutanée de 2 ce. d'urine à une souris blanche la fait mourir au bout de trente heures. Examen et cultures du sang donnent du pneumocoque.
4 juin.— Température 40°.— Le malade est très agité. Souffle tubaire assez intense à la place des râles crépitants. Urine contient de l’albumine. ;
9 juin. — Abattement complet, Dyspnée semble moins vive. Signes sthétoscopiques sont les mêmes que la veille.-Le soir, délire, agitation.
6 juin. — Même état. Expectoration grise est très abondante, Mort après une agonie tranquille à trois heures du matin.
AUTOPsIE. :— Nombreuses adhérences au poumon gauche, hépatisation grise des deux tiers inférieurs; au-dessus, trace d'hépatisation rouge. — Sommet est très congestionné, ainsi que le poumon droit en entier. Pas de tuberculose.
Rate, grosse, difluente.
Reins volumineux, de consistance moindre, pâles. Poids 190 g.
Capsule se détache facilement, laisse une surface luisante, lisse. —
Surface de section, substance corticale est moins colorée, grisalre.
Les morceaux de reins qui ont servi aux coupes histologiques et pour la recherche des microbes ont été placés dans les réactifs durcissants : très peu de temps après la mort.
HisroLoGie. — Hémorrhagies sous-capsulaires, espacées très irrégulièrement, plus ou moins étendues, empiétant plus ou moins sur la substance corlicale.
Les tubes contournes sont très diversement altérés. Un grand nombre sont entièrement sains ; la lumière est visible, les cellules bien séparées entre elles prennent normalement la matière colorante. Mais par endroits, tuméfaction trouble de l’épithélium remplit totalement la lumière; prolifération des noyaux qui se colorent mal; ailleurs, état vacuolaire. Rarement desquamation totale de l’épithélium. Dans tous les cas la portion basale contenant le noyau reste attachée à la paroi. Sur les coupes fixées à l’acide osmique, on ne constate pas de granulations graisseuses.
Glomérules sont le siège d’une inflammation de moyenne intensité. Prolifération des noyaux de la capsule de Bowman. Exsudat intracapsulaire plus ou moins abondant contenant des leucocytes. — Quel. ques hémorrhagies dans l’intérieur dé la capsule de Bowman.
Les vaisseaux du tissu conjonctif sont remplis de globules rouges. Hémorrhagies nombreuses. Cellules épithéliales des tubes collecteurs sont desquamées par places.
MicroBes. — Coupe colorée au bleu ulcalin. — (Planche 1. — Fig. B.). — Pneumocoques en grand nombre disséminés dans toute l'étendue de la coupe. — Les microbes semblent plus nombreux dans les capillaires qui existent aux points de jonction de plusieurs tubes contournés. — Le vaisseau afférent du gloméèrule en contient également un grand nombre ayant la direction générale du vaisseau lui-même. Dans les capillaires du glomérule ils sont bien plus espacés ; mais, par contre, la capsule de Bowman est bordée très régulièrement en dedans d’une véritable couronne de microbes empiétant même à certains endroits sur la lumière qui la sépare du glomérule.
Dans le tissu conjonctif les preumocoques sont disposés tout à fait