HISTORIQUE
Bonet {1}, le premier, établit cliniquement que l’inflammation des voies urinaires inférieures pouvait suivre une marche ascendante et arrive ainsi jusqu’au bassinet et au rein. Après lui, Rayer (2) créa la pyélonéphrite consécutive aux maladies de la vessie, de la prostate et de l’urèthre. En 1869 Klebs (3) prouva lorigine microbienne de ces pyélo-néphrites en y découvrant des bactéries allongées. Depuis lors, de nombreux expérimentateurs ont surtout cherché à dissocier dans les inflamations rénales consécutives aux maladies d’excrétion de l'urine la part qui revient aux conditions mécaniques et à l'infection. Nous citerons plus particu-
(4) Boxer. Sepulchretum, t. IT.
(2) RayEr. Maladie des reins.
(3) KLeées. Handbuch der Path. Anatoraie, t, 11, p. 665.
LCD lièrement les expériences de Charcot etGombault (1), Aufrecht (2), Bos (3) et surtout celles de Straus et Germont (4) sur la ligature de l’uretère. Ces derniers auteurs ont démontré que la ligature aseptique de l’uretère ne déterminait pas d’inflammation rénale : les cellules épithéliales sont aplaties et plus tard atrophiées ; le tissu conjonctif subit une altération mécanique sans trace d’inflammation interstitielle. Mais tel n’estpas le cas dans ce qu’on observe le plus souvent en clinique : l'obstacle au cours de l’urine ne siège pas sur luretère, mais dans la vessie : la stagnation de l’urine ne tarde pas à s'accompagner du développement de certaines espèces microbiennes qui sy introduisent soit à la faveur d’un cathétérisme aseptique, soit par continuité, pour ainsi dire comme l’admet M. Duclaux, les germes contenus dans l’urèthre pouvant, dans ces conditions anormales, cultiver sur toute la surface de la muqueuse uréthrale et arriver ainsi jusqu’à la vessie.
« Sil y a des lésions des voies urinaires, si l'urine « s'écoule d’une façon lente et continue, quoi de plus « simple que d'admettre que la fermentation se trans- « met de proche en proche jusqu’à la vessie : ce ne sont « pas les chapelets de la torulacée qui individuellement « parcourent le canal, mais c’est la prolifération des « cellules du ferment qui l’envahit peu à peu ». (Du- Claux:)
Ces germes venus de lextérieur sont quelquefois les microbes ferments de l’urée dont l'étude a été complé-
(1) CHarcor et GomBauLt. Cirrchoses épithéliales en général. Prog. médie cal, 1878, p. 81.
(2) AurrECHT. Die diffuse Nephritis. Berlin 1879.
(3) Bos. Ueber diffuse nephritis. Berl. Klin. Woch. 1880, p. 420. + )4) STRAUS ct GERMONT. Archives de Physiologie, 82.
tée récemment par Miquel. Dans d’autres circonstances les néphrites ascendantes sont dues au gonocoque de Neisser (Murchison, Finger et Leprévost), ou au bacille de Koch : mais bien plus souvent, on peut dire presque toujours, c’est un micro-organisme spécial, en forme de bâtonnet qui en est cause. Isolé ou associé à d’autres germes pathogènes, il a été retrouvé quarantesept fois sur cinquante par l’école de Necker. Cette bactérie a été découverte en 1886 par Clado qui l’a désignée sous le nom de bactérie septique de la vessie. Depuis, son étude a été reprise et complétée dans le service du professeur Guyon par Hallé et Albarran qui lui ont donné le nom de bacterium pyogenes, bactérie pyogène. Il résulte en effet de leurs observations et de leurs expériences que presque toutes les suppurations de l’appa- reil urinaire sont sous sa dépendance. Cependant d’autres micro-organismes qui s'associent souvent à la . bactérie pyogène pour produire des infections combinées (Albarran) peuvent exceptionnellement produire exclusivement par eux-mêmes des infections simples : ce sont les microbes vulgaires de la suppuration : le streptococcus pyogènes de Rosenbach et les différentes espèces de staphylocoques pyogènes, beaucoup plus souvent l’aureus que l’albus et le citreus.