INFECTIONS ASCENDANTE ET DESCENDANTE
L'infection ascendante déterminée par la bactérie pyogène peut, à un moment donné, se compliquer d’une infection générale : le microbe cause de la pyélonéphrite passe dans la circulation et s’éliminant ensuite
à nouveau par les reins, réalise la condition pathogéni- E 4
DER ip que d’une néphrite infectieuse médicale telle que la établie le professeur Bouchard.
Dans tous les cas, ces infections, simples ou combinées, ascendantes ou descendantes, après une période de congestion plus ou moins longue produisent ou la sclérose ou la suppuration du rein.
. Quelques-unes des observations d’Albarran tendent à prouver en effet que les microbes dont la fonction pyogène est la mieux établie, comme la bactérie pyogène, ne provoquent pas toujours la suppuration dans leurs déterminations rénales : l’inflammation causée par ce micro-organisme . au lieu d'évoluer vers la formation d’abcès peut se terminer par la sclérose des régions atteintes. L'existence d’une sclérose rénale d’origine microbienne, infectieuse a d’ailleurs été réalisée expérimentalement par MM. Bouchard et Charrin dans leurs recherches sur la maladie pyocyani-
que.
La suppuration, tant que l'infection générale de
l'organisme ne se produit pas, reste localisée à la substence pyramidale : les bactéries pénétrent par les tubes collecteurs, montent en rayonnant suivant la direction même de la pyramide: un petit nombre seulement arrivent jusque dans la substance corticale; rarement on en trouve dans l’intérieur du glomérule ou dans l'espace qui sépare le bouquet vasculaire de la capsule. Pour Albarran,les bactéries, dans ces néphrites ascendantes, ne se propagent pas exclusivement par les voies des canaux urinaires : un certain nombre, sorties des canaux médullaires ou corticaux, envahissent le tissu. conjonctif interstitiel et peuvent ensuite se répandre dans toute l'étendue du parenchyme rénal par la voie
po es
lymphatique. Aussi dans ces conditions, la suppuration est diffuse, très étendue, sans foyer déterminé. Quelquefois même cette suppuration rénale pourra se compliquer de suppuration périrénale par la propagation des microbes par la voie lymphatique des parois du bassinet à la capsule et au tissu cellulaire qui l'entoure;
Gette infection d’origine canaliculaire et lymphatique peut se compliquer en plus d'infection par voie sanguine, la suppuration qui suit cette infection ne présente ni la même distribution, ni la même forme. Les vaisseaux sanguins étant beaucoup plus nombreux dans la subs tance corticale, c’est dans cette région que siégeront de préférence les nouveaux abcès. Ceux-ci sont presque toujours consécutifs à des embolies microbiennes; aussi leur grandeur et leur forme seront-elles commandées par le volume et la distribution du vaisseau oblitéré. —
Les caractères anatomiques des abcès permettent donc dans une certaine mesure, de faire la part de l’infection ascendante et de l’infection descendante. Dans l’infection ascendante, la suppuration primitivement localisée à la région de la papille se propage de proche en proche par les canaux ou la gangue conjonctive, elle est diffuse, rayonnante, mais cependant, reste souvent limitée à la substance pyramidale et n'arrive qu’accessoirement jusqu’à la \substance corticale, tandis qu’elle se propage volontiers à la capsule de Haller. Dans linfection descendante, les abcès siègent surtout dans la substance corticale : nombreux, de petit volume, ils sont quelquefois agolomérés sous la forme d’un cône dont la base regarde la périphérie du rein.
SYMPTÔMES. — Dans l’évolution clinique des néphrites ascendantes, nous rappellerons seulement que la
ao fièvre serait due, d’après le Professeur Guyon et Albarran, à la pénétration dans le sang des germes contenus dans l'urine. Pour Albarran, elle serait même complètement indépendante de la suppuration : la fièvre et la suppuration seraient deux manifestations différentes de la réaction de l’organisme, la fièvre tant la réaction générale, la suppuration la réaction locale, sans que les deux phénomènes présentent la moindre relation de cause à effet.
L’élimination par les reins de ces microbes absorbés dans les voies urinaires peut donner lieu à différentes formes de néphrites. Albarran classe ces néphrites descendantes sous trois chefs. |
I. Forme foudroyante. La mort arrive en quelques heures : lerein ne présente à l’autopsie que les lésions de la congestion simple ou hémorrhagique. Cette forme peut survenir chez les urinaires à la suite des interventions chirurgicales les plus insignifiantes parce que. : « le traumatisme, dit Albarran, facilite l’indroduction « des micro-organismes et très probablement favorise « l'absorption des poisons déjà produits par eux et qui « se trouvent dans l’urine. »
II Forme aiguë, qui dure de 2 à 7 jours et qui détermine des lésions rénales diffuses, suivant le cas hémorrhagiques, épithéliales, ou à prédominance dephénomènes de diapédèse. :
III. Forme prolongée, dans laquelle la diapédèse se termine par la formation d’abcés.