CHATS INJECTÉS APRÈS SECTION DE LA MOELLE CERVICALE
CiiAT 1 . Section de la moelle entre les V etVI" cervicales. — Injection intra-veineuse de 2 ce. de bouillon de culture de staphylocoque doré. — Quarante minutes de survie. — Etat vacuolaire généralisé des épithéiiums d'ileideiihain. — Staphylocoques dans le rein.
'17 juillet, 5 h. 20. — Section de la moelle entre la cinquième el la sixième vertèbre cervicale.
5 h. 30. — Injection de 2 ce. de bouillon de culture de staphylococcus aureus dans la veine tibiale gauche.
6 h. 10. — Mort, autopsie. La vessie, très contractée derrière le pubis, ne contenait pas une goutte d'urine.
Les ensemencements faits avec le sang du cœur, de la rate, du foie et des reins ont été positifs.
Les reins — sont congestionnés — ne présentent rien de particulier à l'inspection ni à la coupe — (des fragments sont placés les uns dans l'acide osmique au 1/100 pendant 12 heures et ensuite dans l'alcool absolu, d'autres immédiatement dans l'alcool absolu et le Mul- 1er).
Substance corticale. - Sous la capsule quelques petites hémorrhagies.
Gloniérules. — Dans le plus grand nombre la capsule paraît saine, l'endothélium n'a pas proliféré : les noyaux du bouquet glomérulaire semblent également sains ; leur nombre ne paraît pas augmenté. Quelques glomérules cependant contiennent entre la capsule et le bouquet une certaine quantité de poussière granuleuse qui se colore en rose jaune (sur les coupes au picro-carmin) ; rarement on y découvre quelques cellules rondes nucléées.
Tubes contournés, — L'épitliélium des tubes conlournés présente un état vacuolaire très prononcé, presque généralisé à toute la coupe. Tandis que les cellules des rares tubes restés sains se colorent vivement, le protoplasma en jaune roux, le noyau en rouge, les tubuli creusés de "'acuoles présentent une teinte générale beaucoup plus paie. Les cellules tumétîées ont leurs contours peu nets. Dans un grand nombre de tubes le boursouflement est assez prononcé pour faire disparaître totalement la lumière. Les noyaux de ces cellules se colorent très diversement ; d'une fiiçon générale on peut dire que leur affinité pour la matière colorante est très diminuée, pour quelques-uns même elle a totalement disparu. Mais ce qui frappe le plus à Tinspeclion de la coupe, c'est un état vacuolaire presque généralisé de ces épitliéliums : les vacuoles de dimension variable sont disposées dans quelques tubes très régulièrement le long de la paroi, alternant avec les noyaux. La lumière est le plus souvent obstruée par des boules claires et grenues dans des proportions très variables. — Dans l'intérieur de quelques tubes on voit quelques globules rouges : ces tubes sont entourés de capillaires dilatés, gorgés de sang. — Quelques amas de noyaux dans le tissu conjonctif. Tubes droits sont normaux.
Topographie des microbes. — Par la méthode de Gram on arrive facilement à colorer les microbes dans les coupes. — Ils siègent surtout dans la substance corticale, le plus grand nombre restant contenus dans les vaisseaux et les capillaires. — Par endroits on découvre de véritables amas de cocci dans le tissu conjonctif qui entoure les tubes contournés. — Dans quelques tubes contournés on découvre également, soit inclus dans les cellules d'Heidenhain, soit dans la lumière mélangés aux débris de la désintégration cellulaire, des microcoques qui restent colorés en violet. — Les capillaires du bouquet glomérulaire en renferment aussi un certain nombre ; exceptionnellement quelques cocci colorés en violet sont mélangés aux débris granuleux qui séparent le bouquet de la capsule de Bovvman.
Chat. 2. Section de la moelle cervicale entre les Vl'^ et K//" vertèbres cervicales. — Injection intra-veineuse de '/•''■ de bouillon de culture de charbon. — 20 heures de survie. — Lésions de néphrite diffuse. — Bacilles dans le tissu conjonctif et dans les tubes contournés.
22 juillet, 4 li. 1/2. — Section de la moelle.
'î'i juillet, 5 h. 1/4. — Injection de l^c de culture de charbon dans la veine crurale gauche.
. Survie jusqu'au lendemain 23 juillet à 1 h. 1/2. — Autopsie.
Reins très pâles. Volume normal. — A la coupe, pas de différence de coloration entre la substance corticale et la pyramide. La vessie contenait quelques gouttes d'urine.
Ensemencements du sang des reins, du cœur, de la rate et du foie ont été fertiles. — La culture de l'urine n'a rien donné.
Histologie. — (Uomerules sont peu lésés : légère diapédèse des noyaux de la capsule. — liémorrhagies intra-capsulaires. — Cellules endolhéliales du buuquet glomérulaire normales.
Les tubuli contorti ne sont pas également atteints dans toute rétendue de la coupe. Un petit nombre seulement semblent sains. — Dans le plus grand nombre répilbélium est tuméfié, granuleux, présente des vacuoles ; souvent il abandonne entièrement la paroi et obstrue complètement la lumière. Dans quelques-uns, Tacide osmique colore des traînes do granulations graisseuses sur la portion basale des cellules d'Ileidenbain. Dans les coupes colorées au picrocarmin les noyaux de ces cellules se colorent faiblement. — Dans le tissu conjonctif légère prolifération de noyaux réunis en petits amas. Vaisseaux congestionnés.
Tubes de la substance pyramidale ne présentent rien de particulier.
Microbes. — (Gram Weigert). A un faible grossissement (Leitz, obj. 4., ocul. 1) on distingue dans la substance corticale, à plusieurs endroits, des amas ou des traînées qui sont restées colorées en violet. On n'en voit pas dans la substance pyramidale.
A un grossissement plus fort (Leilz, obj. Immersion 1,16 ocul. 1) on reconnaît que ces masses violettes sont uniquement formées par la bacléridie; mais pour essayer d'étudier sa topographie, il vaut mieux s'adresser à des endroits de la coupe qui contiennent moins de bacilles. D'une façon générale, la substance corticale en contient un nombre beaucoup plus considérable que la substance pyramidale : dans celle-ci les bacilles se trouvent le plus souvent dans le tissu conjonctif qui sépare les tubes, quelquefois dans l'intérieur même des capillaires, presque jamais dans la lumière même des tubes droits.
Dans la substance corticale, le plus grand nombre de bacilles se trouvent dans le tissu interstitiel lui-même et dans les vaisseaux.
Très rareiiienl on en aperçoit dans les glomévide^, et quand ils s'y Irouveiil ils soiU contenus dans rinlérienr niêine du bouquet gloinurulaiiv, exceplionnellemenl dans la lumirre qui sépare la capsule du bou(iuel. Un certain nombre ont pénétré dam les Inhcs contourucs où ils siègent laiiliM contre la paroi entre les cellules d'ileidenliain, tan tôt dans la lumière, mélan-és à la substance granuleuse qui la remplit souvent
Chat 3. — Section de la moelle entre les 17'' et Vil' cervicales. — Injection intra-ceinense de l ce de culture de pneumocoques. — 6 heures de surcie. - Lésions de néphrite di/J'use. — Pneumocoques dans le tissu conjonctifet les tubes contournés.
^24 juillet, i lieure 1/2. — Section de la moelle. 1 lieure 3/4. — Injection de 1 ce. de bouillon de pneumocoques dans la veine crurale gauche.
Mon à 1 h. i/2. — Autopsie.
V('.s,s/(' réduite au minimum ne contenait pas d'urine . Cultures tiiites avec le sang du cœur, de la rate et des reins ont été fertiles.
Fk'ins très congestionnés, volumineux.
Histologie. — Congestion intense des vaisseaux. Lésions dilïuses portant sur les glomérules, les tubes contournés, les vaisseaux et le tissu conjonctif.
(jlomérules. — Prolifération des noyaux de la capsule ; entre le bouquet cl la capsule, bémorrliagies, quelquefois poussière granuleuse (jui se colore en jaune par acide picrique. Du côté des capillaires glomérulaires il n'y a pas de prolifération, mais dans certains [;lomérules les cellules plates nucléaires du bouquet sont dégénérées ; elles sont réfringentes, les noyaux se colorent difficilement.
Les tubes contournés ^vésen[en\ partout la tuméfaction trouble; les bords des cellules ne se distinguent plus, leur protoplasma est unilormément granuleux dans toute l'étendue de la cellule, faisant cependanL dans quelques cas une ;mréole claire autour de quelques noyaux. Ceux-ci se colorent à peine. // n'y a pas ou presque pas de vacuob's. La lumière des rares tubes qui n'est pas complètement obstruée par la tuméfaction des cellules épiihéliales l'est toujours plus ou moins par leur desquamation totale ou leur désintégration. Les vaisseaux ainsi que les capillaires sont très distendus, gorgés de sang ; liéinorrhagies E 9
sous-capsulaires nombreuses, quelques-unes en pleine~subslance corticale atteignent jusqu'à trois Ibis le volume cruii glomérule. Peu de noyaux dans le tissu conjonclif.
Les tubes droits sont bien moins atteints; cependant dans un certain nombre, l'épitliélium a desquamé; leur lumière contient des globules rouges en assez grand nombre.
TopOGHAPiiiE DES MiCRODES. — (Planclie 1. Fig. A.) - Quantité prodigieuse de pnenmoco'ques. Dans la substance corticale on en découvre dans les vaisseaux sanguins, dans ceux de gros calibre et surtout dans les capillaires qui séparent les tubes contournés.
Les vaisseaux du glomérule intra et exlra-capsulaires, vaisseau afîérent et ca[iillaires du bouquet, en conliennenl un certain nombre. Ils semblent toujours contenus dans Tintéricnr même du capillaire. On n'en découvre pas dans la lumière qui sépare le bouquet de la capsule. Dans le tissu conjonctif les pneumocoques se rangent volontiers tout autour de la paroi, le plus souvent assez régulièrement pour simuler un ou deux cercles concentriques à cette paroi. Les tubes contournés eux-mêmes en renferment un très grand nombre. Tantôt ils infiltrent très irrégulièrement les cellules épitliéliales, sans qu'il soit possible de leur assigner une direction quelconque, tantôt, et cette direction s'accuse davantage dans les tubes coniournés qui contiennent une plus grande quantité de microbes, ils s'amassent dans la portion des cellules épitbéliales attenant à la lumière, gardant en général une tendance à rester parallèles à la paroi. On en découvre quelques-uns dans la lumière même mélangés aux débris granuleux et aux noyaux des cellules d'Heidenbain qui ont subi la désintégration totale. Enllu par places, dans quelques tubes contournés, quelques pneumocoques semblent entourer assez régulièrement un ou deux noyaux.
D'une façon générale, il semble que là où les microbes sont en plus grand nombre les tubuli soient plus profondément altérés : ils sont plus dilatés ; répitbélium plus tuméfié, plus fusionné, prend moins la matière colorante ; il a une teinte lavée générale sur laquelle trancbe à peine la coloration légèrement plus accusée des noyaux. Dans quelques tubules les noyaux des cellules ne se colorent plus du tout.
Dans la substance pyramidale, il est difficile de distinguer les tubes droits qui ont desquamé des capillaires qui les côtoient. Les microbes siègent en nombre très variable d'ailleurs, suivant les endroits de la
coupe, dans le lissu conjonclif iiUersliliel et dans les capillaires. Quelques Uibes droits qui ont conservé leur épilliéliuiii en contiennenl également soit le long de leur paroi, soit plus rarement dans leur lumière.
Chat 4. — Section de lu moelle entre les VP et VU" vertèbres cervicales. — Injection intra-veineuse de l ce. de culture du bacille d'Eberth. — 15 heures de survie.— Lésions de néphrite diffuse. — Pas lie microbes dam les coupes.
25 juillet, 1 h. 1 2. — Section de la moelle.
I ji 40. — Injection de 1 ce, de bouillon de culture du bacille d'Ebcrlli dans la veine crurale gauclie. — Survie jusqu'au lendemain 9 lieures. — Autopsie.
Vessie conlenait une certaine quantité d'urine, mais rensemencement a été négatif.
Les cultures faites avec le sang do la rate et des reins ont été fertiles et ont donné le bacille d'Eberlli pur. ~ Culture du sang du cœur stérile.
Reins. Congestionnés, volumineux, de consistance moindre qu'à l'état normal. A la coupe la substance corticale est plus pâle que la substance pyramidale.
Histologie. — (iloméniles sains pour la plupart. Dans quelques-uns les noyaux de la capsule sont plus saillants, plus nombreux. Légère prolifération, également du côlé du bouquet capillaire : rarement un exsudât gi'anuleux réunit la capsule aux capillaires. L'inflammation du glomérule est en somme rare, et quand elle existe elle est très modérée. Par contre, les tubes contournés sont lésés sur presque toute l'étendue de la coupe. Dans la plupart, l'épitbélium, tuméfié, fusionné, remplit complètement le calibre du tube. Les nnyaux des cellules épiihéliales j)lus nombreux ont moins d'affinité pour les matières colorantes. L'étal vacuolaire existe presque partout, mais plus accentué à certains endroits. Les vacuoles sont généralement de petites dimensions, souvent plus petites que les noyaux descelhdes épitbéliales ; elles siègent en aussi grand nombre sur la partie basale de l'épilhélium que sur la partie (jui regarde Taxe du tube. Dans quelques tubes contournés, la lumière, au lien d'être diminuée par la tuméfaclion de l'épitliélium, est au contraire très largement augmentée parla desquamation (|ui respecte cependant le plus souvent la portion de la cellule attenant aux noyaux.
Les tubes droits de la substance pyramidale sont sains : l'épitliélium est intact, la lumière très régulière.
Dans le tissu conjonctif les capillaires sont volumineux; on y constate également une abondante prolifération de noyaux, surtout dans la substance corticale au niveau du pédicule vasculairedu glomérule.
MicitOBËS. — Les cultures faites avec le sang du rein ont été positives, cependant la recherche des bacilles poursuivie dans de nombreuses coupes par le Kuhnc et le Ziehl ne nous a donné aucun résultat.
Chat 5. — Section du bulbe. [Trachéotomie préalable et respiration artificielle continuée pendant heures.) — Injection inlra-veineuse de bacille clEberth. — Lésions diff uses. — Pas de microbes dans les coupes .
27 juillet, 4 h. — Section du bulbe.
i h. iO\ — Injection de Icc. de culture d'Eberth dans la jugulaire gauche.
7 h. — Autopsie. — Vessie, ne contenait pas d'urine.
Ensemencement du sang, du foie et des reins a été fertile; celui du sang du cœur n'a pas donné.
lieins. — Pâles, petits ; à la coupe les deux substances corticale et médullaire sont très pâles; entre les deux arcades, des vaisseaux se dessinent nettement. Quelques stries hémorrhagiques.
Histologie. — Les glomérules ne présentent à aucun endroit de la coupe trace dè prolifération et de diapédèse. Mais par contre, dans quelques-uns les cellules plates nucléaires du bouquet sont très réfringentes, les noyaux se colorent à peine d'une façon plus intense que le protoplasma qui les entoure.
Les tubes contournés, dilatés, présentent un étal vacuolaire généralisé très prononcé. Les cellules épithéliales sont tuméfiées, peu distinctes les unes des autres, leurs noyaux ont absolument perdu leur affinité pour la matière colorante. Aussi le plus souvent ne distinguet-on dans le tube contourné qu'une masse granuleuse uniforme, plus ou moins farcie de vacuoles de dimensions très variables. Souvent donc quelques tubes, les noyaux des cellules épiliiéliales qui se teintent encore légèrement par la matière colorante sont entourés d'une auréole claire très régulière.
Tubes droits sont sains.
Les capillaires des deux substances sont très congeslionnés, foyers béinorrhaiiiqucs qui prédominent dans la substance corticale ; pas d'amas de noyaux dans le tissu conjonctit.
Microbes. - Les ensemencements faits avec le sani,^ du rein ont été fertiles; par contre, il ne nous a pas été possible, pas plus que pour le cbat 4, de colorer le bacille d'Eberlh dans les coupes du rein.
Chats inji'Ctés qui n'avaient pas subi la section de la moelle
Chat G. - Injection intra-veineuse (raureus. — 3 jours de survie. — Lésions diff uses. — Microbes en nombre restreint dans les coupes.
Vendredi 31 juillet. 4 h. — Injection de tcc. d'aureus dans veine crurale gauclie. Sacrifié le o août.
Vessie dislendue contenait urine en assez grande quantité. Pas d'abcès dans aucun organe.
Cultures du sang du cœur, de la rate, du foie el des reins sont positives.
Culture de l'urine également positive.
Rein ijauclie très congestionné. Coloration vineuse de la surface, vaisseaux injectés; à la coupe substance pyramidale plus foncée.
Rein droit moins volumineux, pas de différence de coloration entre les deux substances. Sur les deux reins, arcades vascnlaires très bien dessinées.
Histologie. — Congestion intense des vaisseaux de tout calibre de la substance corticale, foyers hémorrhagiqnes qui siègent souvent sous la capsule, quelques-uns près des glomérules. Giomérulite de moyenne intensité. Dans quelques glomérules on distingue des globules rouges entre le bouquet et la capsule de Bowman, peu de leucocytes. Les tubes contournés présentent la tuméfaction trouble de leurs épilliéliums; léger étal vacuolairf existe mais variable suivant les endroits. Dans quelques tubes les vacuoles plus petites que les noyaux de cellules sont toutes égales entre elles comme volume ou à peu près, tandis que dans d'autres elles sont bien plus volumineuses et de dimensions très inégales. Cet état vacuolaire s'accompa£>ne toujours de la fusion des cellules d'IIeidenbain entre elles et d'une diminution plus ou moins accentuée de l'affinité de leurs noyaux pour la matière colorante. Dans la région pyramidale un certain nombre de tubes ont aussi leurs cellules
(uméfiées, en partie desquamées et presque insensibles aux réactifs colorants. Dans le tissu conjonclif, les capillaires sont dilatés, remplis de globules rou,",es. Entre les tubes, surtout dans la substance pyramidale, il existe des amas considérables de cellules embryonnaires.
MiCROBKS. — Les LMisemcncements faits avec le sang du rein et l'urine prise dans la vessie ont donné des cultures positives. La coloration des microbes dans les coupes par le Gram-Weigert décèle la présence d'un nombre fort restreint de micro-organismes. Ils siègent surtout en amas peu considérables dans les vaisseaux de la zone méduU.iire. Quelquefois ils y sont dispersés en traînées longitudinales qui dessinent la direction des vaisseaux. Un certain nombre sont disséminés dans le tissu conjonctif interstitiel ainsi que dans la lumière des tubes droits. On en trouve moins dans le lissu interstitiel de la substance corticale, dans les giomérules et dans les tubes contournés.
Chat 7. — Injeclion-intra veineuse du bacille (T Eberili: — Trois jours de survie. — Gros rein blanc. — Lésions de néphrite diffuse. - Pas de microbes dans ics coupes.
31 juillet. — Injeclion de 2 ce. de culture de bacille d'Eberlh dans la veine crurale gauche.
Sacrifié le 3 août.
La vessie contenait une certaine quantité d'urine.
Les ensemencements faits avec le sang de la rate, du foie et des reins ont été fertiles ; ceux faits avec le sang du cœur ont été négatifs.
La culture de l'urine a donné également le bacille d'Eberth.
Les reins présentaient le type du gros rein blanc.
La capsule se détache facilement; leur surface est lisse, pâle; ils sont volumineux, mous, flasques. De plus sur le rein gauche on note quatre à cinq foyers hémorrhagiques sous-capsulaires ; deux seulement dans le rein droit. Sur une surface de section la substance corticale épaissie tranche par sa coloration blancbâirc sur la congestion intense des pyramides.
Histologie. — Congestion des vaisseaux dans toute la coupe; quelques foyers hémorriiagiques de peu d'étendue dans la substance corticale, qui siègent loujours soit sous la capsule, soit pi'ès d'un glomérule. — Les giomérules sont le siège d'une inflammation très
vive; prolifération des noyaux de la capsule de Bovvman et du bouquet; diapédèse de globules blancs et de globules rouges dans la lumièrç (lui sépare les capillaires de la capsule. Souvent ces éléments figurés sont compris dans une masse liomogène finement granuleuse qui se colore en rose par le 'picro-carmin. Dans les tubes contournés, ce qui frappe tout d'abord, c'est la desquamation presque généralisée des épilhéliums. Les deux tiers du revêtement épilliélial tombent en désiulégration dans la lumière du tube, mélangé à de rares noyaux, à des globules blancs et quelquefois aussi à des globules rouges. Le tiers de l'épitbélium contenant le noyau reste attaclié à la paroi et se trouve relié aux masses granuleuses qui remplissent la lumière, par des filaments minces qui dessinent des mailles parfois assez régulières pour rappeler une mosaïque. Dans les tubes contournés où la desquamation est moins prunoncée, on distingue un état vacuolaire très développé; les vacuoles en général très volumineuses possèdent deux à trois fois le volume des noyaux.
Dans un grand nombre de cellules d'fleidenbain l'acide osmique colore en noir des granulations graisseuses qui siègent surtout contre la paroi.
Dans les tubes droits l'épilbélium tuméfié a desquamé également; leur lumière est diminuée, quelquefois complètement obstruée par la masse granuleuse qui provient de cette chute épithéliale et qui se trouve souvent mélangée surtout de globules rouges, beaucoup plus rarement de globules blancs. Le tissu conjonctif présente quelques amas de noyaux plus nombreux dans la substance coriicale, au niveau du point où le vaisseau afférent aborde le glomérule.
Microbes. — Les cultures faites avec le sang du rein et l'urine ont donné le bacille d'Eberth ; mais, pas plus que pour les chats 4 et 5, nous ne sommes parvenu à le mellre en évidence sur les coupes du rein, quoique nous ayons multiplié nos essais par la plupart des procédés de coloration connus.
Chat 8. — Injection intra -veineuse de charbon. — 24 heures de survie. — Lésions très limitées. — Bacilles peu nombreux dans les coupes.
2 août, 9 h. du matin. — Injection dans veine crurale gauche de 2 ce. de culture de charbon.
Sacrifié le lendemain, à 3 h. après midi.
Vessie contient de Turine en petite quantité. Reins semblent iiui maux.
Les cultures d'urine, du sang, des reins, du cœur, de la raie sont toutes fertiles.
Histologie. — Les glomériiles paraissent sains, dans le plus grand nombre le bouquet capillaire remplit entièrement la capsule ; dans aucun nous n'avons constaté ni di;ipédèse ni hémorrhagie. Dans la plupart des tubes contournés, les cellules épithéliales sont normales, on distingue les bords qui les séparent, et les noyaux se colorent vivement par le carmin et rbémaloxyline. Dans un petit nombre cependant, l'épilhélium est tuméfié, la lumière est très réduite, et avec un peu d'attention on y découvre quelques vacuoles dispersés surtout le long de la paroi et alternant avec les noyaux ; mais celte disposition est exceptionnelle, il faut la rechercher pour la trouver.
Les tubes droits ne présentent pas la moindre altération.
Dans le tissu conjonclif nous n'avons trouvé à aucun point m (oyei' hémorrhagique ni amas de cellules embryonnaires.
Microbes. — Les cultures faites avec le sang du rein et l'urine oui donné la bacléridie. Dans les coupes du rein traitées par le Grani Weigert on arrive facilement à colorer les bacilles. D'une façon générale leur nombre est fort restreint : ils siègent surtout dans les capillaires, leur grand axe disposé parallèlement à la paroi, dans le sens du courant sanguin. On en voit quelques-uns dans les capillaires des glomérules, bien plus rarement dans la lumière qui sépare le bouquet vascnlaire de la capsule. De temps en temps on découvre quelques bacilles isolés dans les tubes contournés, soit le long de la paroi, comme inclus dans les cellules épithéliales, soit dans leur lumière même.
Des bacilles siègent également dans la lumière d'un certain nombre de tubes droits et plus fréquemment encore dans les capillaires qui les entourent.
ORSEI\VATIO\S
Observation I
Êrijsipèle de la face. — Albuminurie légère. — Streptocoques
dans rurine.
Le nommé D... A..., âgé de 3:2 ans, entre le i28 février à l'hôpital Saint-Antoine, pavillon d'isolement, lit n° 3.
Deux jours avant son entrée, frisson, fièvre, courbature, malaise, cuisson à la narine droite. — A son entrée, plaque rouge, saillanle, douloureuse sur la face, au niveau de racine du nez du côté droit.
Engorgement ganglionnaire. Albumine en petite quantité.
Prise aseptique d'urine révèle à l'examen présence de cbaînelles courtes, formées en général de 6 à 8 éléments. Culture sur bouillon donne des chaînettes plus sinueuses.
Culture sur gélatine inclinée donne un semis de colonies circulaires de très petite dimension, assez égales entre elles, de couleur blanche, composées de microcoques disposés le plus souvent en cbaînelles, quelques-uns deux par deux.
Culture sur agar donne également de toutes petites colonies dont la dimension ne dépasse pas une tête d'épingle. Chaînettes.
Culture sur agar-uréene provoque pas de fermentation ammoniacale.
Observation II
En/sipèle de la face. - Albuminurie légère. — Streptocoques et
staphylocoques dans l'urine.
I.... R..., âgé de 47 ans, entre le i'"' mars au pavillon d'isolement, lit n» 5.
Le 26 lévrier, se couche bien portant. Dans la nuit il a un frisson, dort mal, se réveille le lendemain avec une partie de la figure enflée.
1" mars. — Gonnement total de la face. Œdème très considérable des paupières. Phlyctènes. Délire la nuit.
Examen des urines indique la présence d'une petite quantité d'albumine.
Examen bactériologique et cultures permelteni de reconnaître des chaînettes et des grappes.
Parmi les colonies que donnent les cultures sur plaques de gélatine, les unes liquéfient assez rapidement la gélatine, tandis que les aulres semblent à peine Tentamer.
La culture sur agar-urée ne dégage pas de fermentation ammoniacale.
Observation III
Erijsipèle. — Albuminurie. — Stapliylococcus albus clans rurine.
G... A..., âgé de 24 ans, entre le 25 février 1891, à l'hôpital Saint- Antoine, au pavillon d'isolement, lit n" 21.
Antécédents. — 2 érysipèles antérieurs, le dernier il y a deux ans.
Début le 23 février. Sans {grande réaction : la figure s'enfle du côté droit.
24 février. — Erysipèle gagne le côté gauche.
3 mars. — Albumine, 0,50 c. environ. Examen microscopique de l'urine est négatif. Les cultures donnent des colonies de stapiiylococcus albus. — Culture sur agar-urée ne dégage pas d'odeur.
Observation IV
Endo-péricardite infectieuse. — Albuminurie légère. — Staphylocoques dans le sang et dans rurine. — Mort subite. — Pas d'autopsie (1).
La nommée M.... L. . . . âgée de 25 ans, fille de salle à l'hôpital Saint -Antoine, entre le 13 avril 1891, salle Nélaton, lit n" 1G, dans le service du D'' Gingeot.
Antécédents héréditaires. — Mère morte, au dire de la malade, d'une maladie de cœur, subitement.
Antécédents personnels. — Scarlatine, fièvre typhoïde. Jamais de rhumatisme, toujours bien portante. Avant sa maladie avait fréquemment des battements des carotides très prononcés.
Début vers le 7 avril par une angine. L'interne du service dans lequel elle était fille de salle, constata sur les amygdales la
(1) La partie clinique de l'observalion nous a (Hé communiqu(^e par notre excellent collègue Laniy, interne du Service.
présence de vésicules d'herpès très nettes. — Phénomènes généraux intenses, aballemenl, température élevée, délire la nuit. 13 avril. — Entre dans le service.
Examen. — A gauche du sternum la palpalion dénote une sensibilité très vive à la région précordiale. — Les carotides battent avec force. Le cœur bat tort et vite, 110 pulsations par minute. Auscultation révèle un bruit de frottement au h"" temps, très superficiel, qui s'entend dans toute la région précordialo mais plus sur le sterinim. Il s'affaiblit en allant vers la pointe, où on entend un soudle à propagation dans l'aisselle. — Rien dans le poumon. Pas d'albumine dans l'urine.
19 avril. — Douleur dans l'aine gauche, gonflement dilïus de la région .
20 avril. — La malade ne peut s'asseoir, à cause de la douleur. Mêmes signes slhéloscopiques. Température oscille 39" et 39 "4.
22 avril — Urine contient de Talbumine mais pas en quantité considérable. — Douleur de l'aine diminue.
23 avril. — Gonflement du cou-de-pied gauche. Douleurs dans les mollets.
Urine contient albumine en quantité impondérable. Culture (lu sang pris au bout du doigt donne du stapfujlococcus (lureus.
Urine prisse asepttquement dans la vessie donne également de Faureus.
24 avril. — Délire la nuit. Quelques râles sibilants et renflants. Diarrhée.
25 avril. — Eréihysme canliaque toujours très prononcé.
2G avril. — Douleurs à l'aine et aux mollets ont disparu : il persiste un léger gonflement au niveau de la malléule externe du côté gauche.
27 avril. — Améliuralion. Température est descendue à37'G. Frottement s'entend aux deux temps dans toute l'étendue du sternum. Quand on détache le stéthoscope de la paroi, le bruit du frottement disparait : on n'entend que les deux bruits très sourds de la révolution cardiaque. Douleur à l'aine droite
29 avril. — Intermittences du pouls. Diarrhée persiste.
l" mai. — Température s'élève à 40M'. Frissons. Toux fréquente. Dans la nuit, délire, hallucinations. Vomissements le matin.
2 mai. — Température descend à 38" le matin, difl^érence de 2"4 sur celle de la veille. Vomissements. Diarrhée. — Battements cardiaques sont sourds. Malité cardiaque très augmentée. Ou seul bien la pointe.
3 mai. — Vomissements persistent, pouls régulier à 120. ^ mai. — Yoniissemenls. Céphalalgie. — ■ Urine contient une petite quantité d'albumine.