‹ Contribution à l'étude bactériologique des néphrites infectieusesChapitre 16 sur 23 · mai. — Même état · texte numérisé non relu

mai. — Même état

9 mai. — Vomissements ont cessé. Pouls très fréquent 100. Température 38" le matin, 39' le soir.

11 mai. — - La malade se trouve mieux. Temp. 38^ Pouls à 120, on n'entend plus le frottement.

12 mai. — Pouls remonte à 160. Température se maintient entre SS» el38°5'.

13-14-15 mai. — Pouls redescend à 100 pour remontes à 150, Oscillations tous les jours. Température 38".

16 mai. — Cultures du san<i donnent de raui\'us et de l'ulbus, Urine contient de l'albumine.

Examen mio'oscopique de l'urine est négatif. Cultures de furine prise aseptiquement donnent du staphylococcus aurens.

17 mai. — Fièvre tombe. Vomissement sanglant. Pouls très irrégulier.

18 mai. — Fièvre se maintient à 3"°5. Pouls diminue de fréquence, régulier. Diarrhée a disparu. Sensibilité de la région précordiale, roulement préaptolique.

19 mai. — Pouls irrégulier remonte à 150. Température 37°5.

20 mai. — Malaise général. Vomissements.

21 mai. — Le matin à la visite pouls irrégulier. A partir de midi, a vomi tout ce qu'elle prenait. Dans la journée rien de particulier, elle reçoit des visiles, cause avec entrain. Â 5 heures du soir, subitement elle se lenverse en arrière, s'agite une seconde les yeux granils ouverts et fixes, le visagu rouge, congestionné, et meurt subitement.

L'autopsie n'a pu être faite.

Observation V

Peviphnjus infectieux. — Albuminurie. — Endocardite . — Lymphangite à streptocoques. — Aureus dans le sang . — Streptocoques et aureus dans C urine. — Guérison.

Le nommé H. . . F. . . âgé de 68 ans, ébéniste, entre le 8 avril 1891 à l'hôpital Saint-Anloine, salle Aran, 12, dans le service du D"" Ballet. 9 avril. — Malade depuis un mois environ, porte à la jambe gauche

des traces d'anciennes lésions, eczéma, ulcères remontant à une époque éloignée; se fatigue plus vile depuis un mois, est faible sur ses jambes. Douleurs dans les épaules, ne peut travailler depuis 15 jours.

A son entrée on constate sur les jambes des traces d'une éruption récente de bulles; elles sont affaissées ; ne contiennent plus de liquide; au nombre de 5 à 6 tout au plus, disséminées sur la partie interne de la cuisse. En outre cicatrices syphilitiques, crête du tibia paraît épaissie.

10 avril. — Rougeur limitée de la partie moyenne de la cuisse gauche qui est douloureuse à cet endroit.

42 avril. — Température 38"o. Uougeur de la cuisse s'est étendue.

13 avril. — Poussée d'éruption occupant la cuisse et la jambe droite, ainsi que le bras droit, accessoirement le bras gauche.

Cette éruption comprend des éléments à plusieurs degrés :

i" Petiles vésicules ressemblant à des vésicules d'herpès, de la grosseur d'une tète d 'épingle, isol ées ou réunies en groupe, reposent sur un fond rouge non induré.

2" Vésicules se sont réunies, constituent de petiles phlyclènes à contenu jaunâtre.

3^ Ce sont de grosses bulles à contenu héinorrliagi(iue, ressemblant à des bulles de pemphigus.

La plaque lymplialiqut; de la cuisse gauche a un diamètre de 12 c. environ ; la peau y est œdémateuse. Ganglions tuméfiés non indurés. Anorexie, soit vive. Température oscille entre 38°5 et 39. Diarrhée (si.\ selles). Les deux, dernières selles contenant du sang. Le matin en examinant le bassin on constate des caillots de sang rouge. — Urine contient 0,80 cg. d'aibumine au tube d'Esbach.

Quelques râles de bronchite, llien au cœur, pas de délire.

Examen et cultures du liquide de vésicule au premier degré font constater la présence du stapirylococcus aureus.

Examen du sang de la circulation générale est négatif, mais les cultures donnent de f aureus.

Sang de la plaque lymphangitique de la cuisse gauche contient du stap/ii/locoque et des chaînettes longues flexueuses.

Examen et la culture de l'urine prise asepliquement donnent des grappes et des chaînettes.

10 avril. — Nouvelle poussée discrète de vésicules sur la narine gauche. M. Brocq qui voit le malade fait le diagnostic de Pemphigus infectieux.

17 avril. — Albuminerie 0,25 c. au tube d'Erbach.

Dans la région précordiale, à gauche du sternum, sur une étendue de G à 8 cenlim. on entend un bruit do soulile dans l'intervalle des deux bruits et donnant au rythme général du cœur le rylhme d'un bruit de galop ; souflle à l'orifice aortitiue et souffle à la poinle qui se prolonge dans Taisselle.

Rate peu volumineuse.

18 avril. — Le centre de la plaque lymphatique soulevée est recouverte d'une énorme phlyctcno dont la partie centrale enlevée laisse à nu un derme coloré d'une façon très intense, presque noircâlre, escliarroliqne. Tout aulour, le cercle de Tinflammalion s'est encore étendu.

Quant au reste de l'éruption, la plupart des vésicules primitives ont disparu ; quelques bulles de pemi)higus à contenu hémorrhagique existent encore, mais la plupart se sont alîaissées et ont laissé à leur place des ulcérations très superficielles, recouverles çà et là d'une légère cou che de pus.

Examen bMctériologiqtie du sang donne de l'aureus. Examen de l'urine également.

19 avril. — Délire pendant la imil. Etat somnolent à la visite. Eschare de la plaque s'agrandit ; elle est soulevée par une grande quantité de pus.

20 avril. — Incision en croix au thermo-cautère jusqu'à l'aponévrose. Elimination, à la suite, d'une grande quanlilé de pus et de matière gangréneuse.

21 avril. — Le malade se sent mieux. Il est plus éveillé.

22 avril. — Pas d'albumine dans les urines.

23 avril. — Urines claires, abondantes, 3 litres 1/2 en 24 heures.

24- avril. — Le malade manifeste le désir de manger. Urine sans albumine, 3 litres. — La plaque se déierge, elle est limitée de plus en plus par un sillon net. Toutes les bulles affaissées commencent à sécher. Les premières ont complètement disparu.

25 avril. ~ Le malade dit se trouver très bien. Temp. 38"i le soir; 37"5 malin. Au niveau de la mallénle externe de la jambe droite, plaque de gangrène de l'étendue d'une pièce de 5 francs, formée par la confluence d'ulcérations plus petites.

Incision au thermo-cautère.

Souffles du cœur ont diminué d'inlehsité : celui qu'on entend encore le plus distinctement est le souffle mitral.

20 avril. — Examen et. cultures du sang sont négatifs.

Exainen de l'urine indique Pabsence totale d'albumine ainsi que de m icro- or g an ism es .

^2 mai. — Amélioration continue. Greffe épidermique sur l'ulcération

(le la cuisse gauche.

15 mai. — Cicatrisation complète des ulcérations.

Le malade commence à manger; se lève un peu dans la journée.

l'^'" juin. — Le malade est complètement rétabli.

Observation VI

Pneumonie des deux sommets. — Uépatisation grise. — Infection pneumococcique généralisée : pleurésie, péricardite, péritonite. — Néphrite diffuse. — Pneumocoques dans les reins.

La nommée R. . . J. . ., câgée de 62 ans, entre le 10 juin à l'hôpitai Saint-Antoine, dans le service du D'" Ballet, salle Ratan, 18.

juin, Temp., 40"» La malade est dans un état de prostration complète; ne répond pas aux questions. On sait par les renseignemenis qu'elle est malade depuis dix jours.

Langue sèche, fendillée. Pommettes sont rouges. Légère oppression, mais pas d'expectoration.

Examen physique révèle une respiration obscure des deux sommets, Matité accentuée au sommet droit. Pas d'autres signes.

Rruits du cœur sont sourds, faibles mais assez réguliers.

Urines contiennent de l'albumine en assez grande quantité.

22 juin. — Mort avec 40"6.

AuTOPSiii. — Uépatisation grise des deux sommets. Épanchement purulent à droite de la valeur de 500 g. environ. Léger épanchement dans le péricarde. Péritonite suppuréo avec litre et demi environ de pus épais, étalée en fausse membrane. Examen de ces différents liquides fait constater la présence exclusive de pneumocoques. /îafe volumineuse. Reins. Sont volumineux, flasques. Poids : le droit, 270 ; le gauche, 250 g, Capsule se détache sans entamer la substance corticale qui est lisse, de couleur pàle. Sur une surface de section, la substance corticale augmentée de volume est moins colorée que la substance pyramidale qui est congestionnée.

Histologie. — Tubes contournés très dilatés. Tuméfaction trouble, granuleuse de répithclium. Coloration défectueuse par l'hémato'xyline et le picro-carmin. Les cellules semblent fusionnées entre elles; les noyaux se colorent à peine, quelques-uns même pas du tout. Uu C()té de la lumière le revêtement épiihélial est très irrégulier et présente B iO

tanlôt des excavations el tantôt des boules claires qui s'avancent jusque vers le centre de la lumière. Celle-ci est souvent obstruée par une matière finement granuleuse, qui se teinte légèrement en bleu très pâle par rbémaloxyline, et à laquelle se mêlent quelques leucocytes, des noyaux, et plus rarement des globules rouges.

(ilo)ui'ntles. Prolifération de l'endotliélium de la capsule et de celui du bouquet gloniérulaire. Exsudai granuleux dans la lumière de la capsule avec un assez grand nombre de cellules rondes nucléaires. Quelques glomérules contiennent de petits foyers bémorrbagiques.

Tubes droits. L'épitliélium est intact le plus souvent. Cependant, légère desquamation dans quelques-uns.

Tissu coujonclif. Vaisseaux sont dilatés, congestionnés. Pas d'hémorrliagies capillaires. A certains endroits, plus volontiers au niveau où l'artère afférente louche au glomérule, amas de cellules embryonnaires.

Microbes. Quantité prodigieuse de micro-organismes facilement colorés par tontes les méthodes; gardent leur coloration après l'action du réactif iodo-ioduré. Ils sont formés de cocci irréguliers, ovalaires, accouplés deux par deux. Quelques-uns possèdent une capsule bien nette. — Le plus grand nombre siègent dans le tissu conjonclif môme; im cerlçiin nombre sont contenus dans les vaisseaux. — Dans la substance corticale où ils sont bien plus nombreux, les pneumocoques du tissu conjonctif qui entoure les tubes contournés s'agencent souvent sur des lignes parallèles à la paroi du tube; sur des coupes parallèles à l'axe du tube, ils pimulent une série de cercles concentriques. Ailleurs ils sont disséminés, et leur topographie ne permet aucune description.

Dans les tubes contournés on en aperçoit un grand nombre, aussi bien dans l'intérieur des cellules que dans la lumière, où, mélangés aux débris de la désintégration cellulaire, aux leucocytes et à des globules rouges faiblement colorés, ils tranchent plus que partout ailleurs.

Les glomérules en contiennent dans les vaisseaux capillaires, et aussi en moins grand nombre dans la lumière qui les sépare de la capsule. Ils sont plus rares dans les tubes droits et dans les tubes collecteurs où cependant, par endroits, on en aperçoit d'une façon manifeste dans les cclhilos et dans la Inmièro.

Observation VII

Pneumonie gauche. — Pas d'albumine. — Pas de microbes

dajis r urine.

La nummée V... A..., âgée de 29 ans, entre le 10 avril à riiôpilal Saint-Antoine, salle Rostan, l, dans le service du D'' Ballet.

Comme antécédent, fièvre typhoïde quelques années auparavant. Malade depuis le 13 avril. Début par un violent point de côté à droite, frisson, tièvre.

13 avril. — A son entrée, température 39°9, La malade se plaint de douleurs abdominales et do mal de tête. Diarrhée fétide. Peu de dyspnée. Toux modérée. — Expectoration visqueuse sans couleur. Matité à la base gauche. Souffle, bronchophonie, râles crépitants. — A droite, un peu do bronchite. L'urine ne renferme pas trace d'albumine.

[A avril. — Inoculation de crachats à souris qui succombe au bout de deux jours, avec pneumocoques dans le sang. Pas d'albumine dans l'urine.

Prise aseptique d'urine avec une sonde stérilisée à l'autoclave après lavage de la vulve et du méat avec savon, sublimé, alcool et éther. Examen immédiat reste négatif. Cultures également stériles.

21 avril. — Fièvre se maintient aux environs- de 40". Urine examinée tous les jours depuis le par plusieurs procédés ne contenait pas la moindre trace d\ilbumine.

Délire assez agité depuis hier au soir. Râles crépitants sont plus gros, plus humides. Expectoration est peu abondante.

22 avril. — 2" Examen bactériologique de l'urine est entièrement négatif. Pas d'albumine.

23 avril. — Abattement, délire, lèvres sont desséchées, langue rôtie, fendillée sur les bords.

24 avril. — Dyspnée plus intense. Agonise. Mort avec 41°2. Autopsie n'a pu être faite.

Observation VIII

Pneumonie gauche. — Hépatisation grise. — Pneumocoques et staphylocoques dans turine. — Néphrite diffuse. — Pneumocoques dans le rein.

Le nommé S. .., 43 ans, ébéniste, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 2 juin, salle Broussais, n'' 18, dans le service du D'' Ballet.

jN'a pas fail de maladie grave aiilérieuremenr, mais a contracté à ditîérenles reprises des rliumes qui lui duraient longtemps.

A son entrée, dyspnée très forte. Temp.39'2. Il répond difficilement aux questions h cause de son oppression. Cependant il raconte que la maladie a débuté le 31 mai par un frisson violent et prolongé. Les jours suivants il a eu la fièvre, a commencé à tousser. Expectoration visqueuse adhérente ;iu vnse, légèrement rouillée. Vibrations augmentées à gauche. Percussion. Matité à la partie moyenne du poumon gauche. — A auscultation dans l'aisselle du même côté, bouffées de râles crépitants inspiratoires, pas de souffle.

3 juin. — Délire pendant lequel il parle peu, mais s'agite constamment et cherche à se lever.

Signes physiques n'ont pas varié.

Expectoration contient de nombreux pneumocoques encapsulés au milieu de cocci en amas et moins souvent en chaînettes, — Sang d'une souris inoculée dans le tissu cellulaire sous-cutané avec une petite quantité de crachats délayés, donne des cultures pures de pneumocoques.

Urine recueillie d;ms tube stérilisé, acide, albumineuse. Examen amsitùt la pris"., décèle présence d'un grand nombre de cocci et d'un certain nombre de diplocoques lancéolés^ dont la capsule a été mise en évidence par le violet acide.

Cultures sur bouillon, agar, gélatine et pomme de terre, dominent du staphylocoque blanc et doré, pas de pneumocoques.

V inoculation sous-cuLanèe de ce. d'urine à une souris blanche Ca fait mourir au bout de trente heures . Examen et cultures du sang donnent du pneumocoque.

4 juin. — Température 40". — Le malade est très agité. Souffle tubaire assez intense à la place des nales crépitants. Urine contient de l'albumine.

5 juin. — Abattement complet. Dyspnée semble moins vive. Signes sthétoscopiques sont les mêmes que la veille. Le soir, délire, agitation.

6 juin. — Même état. Expectoration grise est très abondante. Mort après une agonie tranquille à trois heures du matin.

Autopsie. — Nombreuses adhérences au poumon gauche, hépatisation grise des deux tiers inférieurs; au-dessus, trace d'hépalisation rouge. — Sommet est très congestionné, ainsi que le poumon droit en entier. Pas de tuberculose.

Raie, grosse, diffluenle.

Beins volumineux, de consistance moindre, pâles. Poids 190 g. Capsule se délache facilement, laisse une surface luisante, lisse. — Surface de section, substance corticale est moins colorée, grisâtre.

Les morceaux de reins qui ont servi aux coupes liistologiques et pour la recherche des microbes ont été placés dans les réactifs durcissants très peu de temps après la mort.

Histologie. — HémorrJiagieswus-capsulaires, espacées très irrégulièrement, plus ou moins étendues, empiétant plus ou moins sur la substance corticale.

Les inbes contournes sont très diversement altérés. Un grand nombre sont entièrement sains ; la lumière est visible, les cellules bien séparées entre elles prennent normalement la matière colorante. Mais par endroits, tuméfaction trouble de l'épithélium remplit totalement la lumière; prolifération des noyaux qui se colorent mal; ailleurs, état vacuolaire. Rarement desquamation totale de Tépithélium. Dans tous les cas la portion basale contenant le noyau reste attachée à la paroi. Sur les coupes fixées h l'acide osmique, on ne constate pas de granulations graisseuses.

Glomeniles sont le siège d'une inflammation de moyenne intensité. Prolifération des noyaux de la capsule de Bowraan. Exsudai intracapsulairc plus ou moins abondant contenant des leucocytes. — Quelques liémorriiagies dans l'intérieur de la capsule de Bowman.

Les vaisseaux du tissu conjonctif sont remplis de globules rouges. Hémorrhagies nombreuses. Cellules épilhéliales des tubes collecteurs sont desquamées par places.

Microbes. — Coupe colorée au bleu alcalin. — {Planche 1. — Fifi. B.). — Pneumocoques en grand nombre disséminés dans toute l'étendue de la coupe. — Les microbes semblent plus nombreux dans les capillaires qui existent aux points de jonction de plusieurs tubes contournés. — Le vaisseau afférent du glomérule en contient également un grand nombre ayant la direction générale du vaisseau lui-même. Dans les capillaires du glomérule ils sont bien plus espacés ; mais, par contre, la capsule de Bowman est bordée très régulièrement en dedans d'une vérilable couronne de microbes empiétant même à certains endroits sur la lumière qui la sépare du glomérule.

Dans le tissu conjonctif les pneumocoques sont disposés tout à fait

au liasard, sans direction d'aucune sorle; cependant ceux qui avoisinent immédiatement les tubes contournés se disposent volontiers d'une façon plus régulière, en dessinant un cercle qui entoure la paroi du tube contourné. A cet endroit, d'ailleurs, il n'est pas toujours facile d'établir si les micro-organismes siègent en dehors ou en dedans de la paroi. Les cellules épilhéliales d'Heidenliain sont farcies de microbes dirigés dans tous les sens, quelques-uns affleurant le noyau, d'autres les pénétrant en entier. La rangée de pneumocoques qui avoisine la lumière est le plus souvent très régulièrement parallèle à la paroi du tube lui-même.

Dans la substance pyramidale, les microbes moins nombreux siègent surtout dans les vaisseaux et dans le tissu conjonctif : les tubes droits en renferment par endroits, soit entre la cellule épitliéliale desquamée et la paroi, soit contenus dans l'épilhélium lui-même, soit enfin dans la lumière, mélangés aux exsudats, à des cellules rondes et souvent à des globules rouges.

Observation IX (1).

Dotliîcnenténe. — Albuminurie grave. — Otite suppurée. — Bacilles trEberth et staphylocoques dans le pus de Voreille et dans l'urine. — Pneumonie. — Mort. — Bacilles d'Eberth et staphylocoques dans les cultures du rein. — Lésions de néphrite diffuse.

Le nommé G. . . L. . âgé de 20 ans, maçon, entre le 2 février 1891 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Magendie, lit n° 13, dans le service du Hanot.

Antécédents. — Fluxion de poitrine à l'âge de 11 ans, arrivé à Paris depuis 7 mois, se fatigue beaucoup.

30 janvier. — Début par céphalalgie, malaise, douleurs dans les flancs. — 31, se couche. Anorexie, soif. Vertiges, bourdonnements d'oreilles. Constipation, toux légère sans dyspnée,

2 février. — A son entrée abattement. Température 4^0''4 le soir, 40''6 le matin. Langue sale, rouge aux bords et à la pointe, diarrhée. Pas de gargouillement.

(1) La partie clinique de celte observation ainsi que celle de l'observation 17, nous a été obligeamment communiquée par noire excellent ami Lelicnne, inlcrne du service.

Les urines en petite quaiililé contiennent une grande quantité il'albnmine.

0 février. — Délire léger. Sueurs profuses. Diarrhée. On prescrit ÎJ bains à 30" île i20 minutes.

7 lévrier. — Temp. 40". Le malade se plaint d'entendre mal, 6 bains.

8 février. — Même état. 6 bains.

9 février. — Urines très loncées (le malade prend du napthol) contiennent a gr. d'albumine par litre. 0 bains.

1:2 lévrier. — Malgré les 0 bains qu'on continue à lui administrer tous les jours, la température oscille toujours aux environs de 40". Altération de la voix. Ecoulement purulent de l'oreille droite. £^;f(/m^/2 du piis fait constater présence de bacilles d'Eberlh associés à des staphylocoques.

15 février. — Depuis le 9, l'urine dosée tous les jours a invariablement indiqué gr. d'albumine environ. — Les bains sont toujours continués, la température se maintenant aux environs de 40". Aphonie complète. Surdité a augmenté.

'16 février. — Dyspnée. Respiration =36.

17 février. — Dyspnée augmente. Râles sous-crépitants nombreux, surtout à droite. Les urines rouges, en petite quantité, 1/2 litre environ, contiennent toujours 5 gr. d'albumine environ.

Prise aseptique d'urine. — Examen microscopique immédiat fait voir bacilles d^Eberlli en grand nombre, et des microcoques isolés ou en amas.

L'examen du dépôt de l'urine décèle la présence d'une grande quantité de cylindres granuleux, de quelques cellules épitliéliales du bassinet, de leucocytes et de nombreux globules rouges.

Les cultures faites avec le pus de l'oreille et l'urine ont donné des colonies d'Eberth et de staphijlococcus aureus et albus.

19 lévrier. — Râles sous-crépitants plus abondants disséminés. On continue toujours les bains. Temp. aux environs de 40". Le dosage de l'albumine donne 3 gr. 50.

iJO février. — Aphonie diminue. Albumine i gr. 80. Prise aseptique d'urine. — Examen et cultures donnent un résultat identique au premier examen : bacilles d'Eberth et staphilocoques .

21 février. — Point douloureux dans le côté droit. Examen : submatilé à la partie moyenne du poumon droit; murmure vésiculaire diminué ; râles secs superficiels. Bains sont supprimés. Urines = 350 gr. Le malade en perd une grande partie. Alb. 1.50.

23 février. — Dyspnée intense. Pommelle droite colorée. Matité plus accentuée, vibrations augmentées. Soufde tubaire, bronclioplionie, gros râles sous-crépitants. Urines rouges. Albumine 1 gr. 50.

24 février. — Délire calme. Début d'eschare au sacrum: Albumine 0.50c.

26 février. — Délire la nuit. Somnolence le matin. Crachats contiennent pneumocoques. Temp. tombe brusquement à o6"2 pour remonter le lendemain à 38° le matin et à 40 "(5 le soir. Prostration.

28 février. — Délire calme. Coma. Soubresauts convulsifs des membres. De temps en temps, petits cris inarticulés. Pouls 450. Respiration 03. Mort à 2 heures de l'après-midi.

Autopsie. — Ganglions mésentériques augmentés de volume. Coloration rosée sur la partie terminale de l'iléon. Plaques de Peyer forment une ligne continue sans relief appréciable. Pas d'ulcérations. Rate = 250 gr.

Reins sont augmentés de volume, de consistance moindre, de couleur un peu jaunâtre. Sur la surface de section, la substance corticale, paie, blanchâtre, tranche sur la coloration des pyramides. Les cultures faites avec le sang du rein ont donné des colonies de bacilles d'Eberth et de staphylocoques. Par contre il ne nous a pas été possible de colorer les microbes dans les coupes.

Histologie, — Prolifération peu accentuée des noyaux de la capsule de Bowman et du bouquet glomérulaire. Dans un certain nombre de glomérules, les cellules plates nucléaires qui revêtent les capillaires sont très réfringentes et se colorent mal. Lame conjonctive qui sépare les capillaires du glomérule et qui normalement n'est pas apparente, se voit très distinctement sur quelques-uns d'entre eux.

Les tubes contournés semblent très profondément lésés dans toute l'étendue de la coupe. Les épilhéliums du plus grand nombre sont desquamés dans les deux tiers environ de leur hauteur, ne laissent contre la paroi que la portion du protoplasma qui entoure le noyau. Leur lumière est donc en général très élargie. Dans ce qui reste de l'épithélium strié il est le plus souvent impossible de distinguer la séparation des cellules; les noyaux se colorent très faiblement à certains endroits, pas du tout ailleurs, très mal en général ; le nombre des noyaux paraît augmenté. Rs sont entourés d'une façon constante par une aréole claire très régulière.

Dans les tubes droits les épilhéliums se teignent vivement ; qiielquelois cependant on observe une desquamation.

Vaisseaux sous la capsule et vers la papille sont gorgés de globules rouges qui se colorent bien, tandis qu'au contraire les vaisseaux iiilertubulaires restent presqu'incolores.

Tissu conjonctif interstitiel a proliféré manifestement, amas de noyaux, surtout à la périphérie des glomérules, plus spécialement au niveau du pédicule.

Foie. Normal comme volume.

Poîimons. Ilépatisation des lobes supérieurs du poumon droit, Lariinx. Taches irrégulières au niveau de l'épiglolte. Cerveau. Du côté droit, au niveau du rocher, collection purulente diffuse dans la portion spongieuse de l'os.

Observation X (1)

Dotliiénenterie légère. — Albuminurie. — Bacilles d'EbertIi et staphylocoques dans Vurine. — Infection secondaire à streptocoques dans la convalescence simulant une rechute plus grave que la première atteinte. — Otite snppure'e. — Streptocoques dans Vurine. — Albuminuf ie plus abondante. — Phlébite.

L. . . L.. ., âgé de 'il ans, journalier, entre le i" mai à l'hôpital Saint-Antoine, salle Marjolin, n" 4, dans le service du D"" Gingert.

Pas de maladie grave antérieurement. En 1888 seulement, forte bronchite qui l'a tenu quinze jours au lit. Ne tousse pas ordinairement.

A rentrée. Malade depuis huit jours, mal de tête, faiblesse, abattement général. Pas d'épistaxis. Ventre légèrement ballonné. Diarrhée modérée, 3 à 4 selles par jour.

2 mai. — Taches rosées sur le ventre. Albuminurie légère. Râles de congestion aux deux bases.

4 et 5 mai. — Température s'élevant au-dessus de 39°. On donne deux bains à 28" dans l'après midi.

G mai. — Hémorrhagie intestinale. Bains sont suspendus. Glace sur le ventre.

15 mai. — La maladie suit son cours régulièrement sans incident particulier. Albuminurie du début persiste.

16 mai. — Examende l'urine immédiatement après laprise permet

(l)La partie clinique nous a ctc coniinuiii(|uéc par noire cxcettcnt collègue et ami Lamy, interne du service. "

de constater Vexistence de bacilles disposés en amas caractéristiques. Examinés sans coloration ils sont cloués de mouvement. Un grand nombre présentent un espace clair central. Cocci en assez grand nombre disposés soit deux par deux, soit en amas. Le Gram décolore les bâtonnets tandis que les cocci restent colorés en violet.

L'isolement au moyen des boites de Pétri, permet de reconnaître colonies d'Eberlh et de staphylocoques qui, au bout de plusieurs jours prennent la teinte dorée en liquéliant la gélatine.

18 mai. — Culture sur agar-urée ne dégage pas, au bout de quarante-huit heures, l'odeur de la ierinenlalion ammoniacale,

20 mai. — Défervescence matinale.

21 mai. — Température remonte à 39"4 et se maintient aux environs de 39".

28 mai. — Abattement plus marqué. Diarrhée plus abondante, langue rôtie, narines pulvérulentes. Pas de taches rosées. Pas de phénomènes pulmonaires. Le malade répond avec grand'peine aux questions, il paraît très sourd (ce que Ton n'avait pas constaté au début). Bains à 28^

29 mai. — Même état. Urine contient albumine peut-être un peu plus qu'à l'examen précédent. Pas de cylindres. Quelques globules blancs. ExQ.men indique présence de microcoques et de diplocoques, et de bâtonnets mobiles. Culture sur bouillon pliéniqué donne uniquement bacille présentant fréquemment un espace clair central. Isolément par boîtes de Pétri donne deux espèces de colonies, les unes uniquement formées de bacilles présentant tous les caractères du bacille lyphique, les autres formées de microcoques qui liquéfient la gélatine. Ensemencement sur pomme de terre d'une des colonies formées de bâtonnets donne au bout de quelques jours une surface vernissée, comme glacée.

31 mai. — Écoulement du pus par l'oreille gauche. Examen du pus fait constater la présence du streptocoque pur.

2 juin. — Examen d'urine décèle la présence d'une plus grande quantité d'albumine 0,60 centig. au tube d'Erbach.

Cylindres hyalins, granuleux. Cellules épithéliales du bassinet, quelques leucocytes.

Examen sur lamelles aussitôt après la prise décèle une quantité innombrable de bacilles d'Eberth dans le champ de la préparation, chainettes flexueuses en assez grand nombre et quelques grappes de cocci. Culture sur bouillon phéniqué donne surtout bacille, mais pas à l'état de pureté absolue. Il y a quelques cocci dans le champ de la pré-

paration. Culture sur agar donne staphylocoque blanc dès le lende-

niaui .

3 juin. - Amélioration. Ecoulement d'oreille a beaucoup diminue, pas de gonflement du côté d'apophyse mastoïde, pas de maux de tete, fièvre diminue.

6 juin. — Température remonte, le malade se plaint de soutlnr dans son mollet gauche.

7 juin. — On constate à la visite Texistence d'une phlébite de la saphène interne à lajambe gauche : cordon induré, douloureux, remontant presque jusqu'au creux du jarret, œdème douloureux de la région.

10 juin. — Trace d'albumine. Examen immédiat de Vurine démontre présence de microcoqucs disposés en grappes et en chaînettes. Plus de bâtonnets.

Cultures donnent uniquement staphylocoques.

11 juin. — Accidents du côté de jambe disparaissent assez rapidement. 17, il n'en reste plus trace. Demande à manger. Il n'y a plus d'albumine dans les urines.

l«"-juillet. — Le malade part pour Yincennes.

Observation XI (1)

Dotliienéntcrïe. — Albuminurie. — Hémorrhayie intestinale. — Staphiilococcus albus dans l'urine. — Pas de bacilles d'Eberth.

Le nommé D. . . , âgé dé 35 ans, miroitier, entré à l'hôpital Saint- Antoine, salle Beliier, n° ^9, dans le service du Professeur Hayem.

Etait malade longtemps avant son entrée, troubles dyspeptiques. Depuis 15 jours, malaise, maux de tête, insomnie.

8 avril. — Etat lyphique très prononcé, répond difficilement aux questions, se plaint de maux de tête continuels, de vertiges quand il essaie de s'asseoir. — Anorexie absolue, langue sèche, rouge sur la pointe et sur les bords. — Ventre ballonné, légèrement douloureux à la pression au niveau de la fosse iliaque droite. — ■ Gargouillement, diarrhée, quelques taches rosées. Bronchite légère.

20 avril. — Albuminurie, hémorrhagie intestinale. Selles noirâtres pendant 2 à 3 jours.

26 avril. — Urines contiennent de l'albumine 0 g. 30 environ au

(1) La partie clinique de cette observation ainsi que celle de l'observation 18, nous a été communiqute par notre collègue cl ami Bodin, interne du service.

tube d'Esbacli. Examen sur ((miellés, aussitôt la prise îuontre des microcoques disposes surtout deux par deux, restent colorés par le Gram. Pas de bâtonnets.

Cî</«wm sur bouillon, gélatine et surtout sur agar sont positives. Sur agar au bout de 24 heures développement abondant d'une culture en nappe, blanche, que l'exameii montre composée de microcoques. Le bouillon et la gélatine donnent également des cocci. La gélatine est liquéfiée. — Culture sur agar- urée ne dégage pas la moindre odeur.

5 mai. — Urine contient des traces d'albumine.

14 mai. — Traces d'albumine. Examen bactériologique de Curine reste négalif. Convalescence.

Observation XII

Dothiénenîérie. — Albuminurie légère. — Deux premiers examens bactériologiques de Vurine négatifs. — Albuminurie plus abondante.— Examen bactériologique de l'urine démontre présence du bacille d^Eberth et du stapliylococcus albus.

Le nommé P. . . J . . . 35 ans, journalier, entre le 25 avril 1891 à l'hôpital St-Anloine, salle Broiissais n'' 9, dans le service du D' Ballet.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires et personnels.

Malade depuis douze jours. A ressenti des frissons presque continuellement depuis le premier jour, se tenait difficilement sur ses jambes. Vertiges. Saignement du nez. Bourdonnement d'oreilles. Insomnie.

26 avril. — Etat typhique prononcé. Le malade répond difficilemeiit aux questions. Température 40 "6 le matin, 39'' le soir. Diarrhée, ballonnement du ventre. Taches rosées. Gargouillement à fosse iliaque droite. Langue rouge à la pointe et sur les bords. Râles de bronchite disséminés des deux côtés. Délire léger pendant la nuit.

27 avril. — Urines acides, contiennent une petite quantité d'albumine. Cultures sur bouillon piiéniqué sont négatives.

2 mai. — Diarrhée abondante, 40 selles par jour, très fétides. Cultures d'urine légèrement aUmmineuse sont négatives.

7 mai. — Température qui était descendue quelques jours auparavant à 37°8 le matin, remonte à la suite d'une visite à 40^6. Urine contient 1 g. d'albumine au tube d'Erbach.

Examen sur lamelles fait aussitôt la prise démontre la présence d'une grande quantité de bacilles de 2 à 3 [x, mobiles^ disposés

en petits amas. Se décolorent par le Gram. Cependant dans la pre'paratio)i quelques cocci restent colorés en violet.

Culture sur bouillon phéniqué se trouble à peine au bout de quarante-liuit heures. Examen indique présence presque exclusive de bâtonnets mobiles; microcoques très rares,

11 mai. — Isolement sur plaques permet de reconnaître deux espèces de colonies, les unes formées uniquement de bâtonnets mobiles ne liquétiant pas la gélatine, se décolorant par le Gram, les autres de microcoques liquéfiant la gélatine restant colorées après le Gram.

15 mai. Ensemencés sur pomme de terre, les bàtonnels donnent au bout de cinq jours une culture à surface lisse, glacée.

Les microcoques ensemencés sur agar présentent les caractères de l'albus. Culture de l'urine sur agar-urée n'a pas dégagé d'odeur ammoniacale au bout de 8 jours. Symptômes s'amendent Diarrbée a diminué ainsi que le ballonnement du ventre.

10 mai. — Chute delà température. Sueurs. Urines abondantes contenant encore mi peu d'albumine, 0,30 cent, environ au tube d'Erbach. Examen bactériologique immédiat donne encore des bacilles d'Eberth, mais en moins grand nombre. Par les cultures on obtient de VEberth et dv staphylocoque albîis.

18 mai. — Hypothermie. Appétit est revenu.

24 mai. — Urines ne contiennent plus d'albumine. Examen et cultures sont négatifs. — Alimentation : un œuf et une côtelette. 30 mai. — Convalescence persiste.

12 juin. — Malade part pour Vincennes.

Observation XI H (1)

Dolhiénenté ri e . — / ilbuminurie. — Bacilles d'Eberth dans

rurine.

Le nommé B. . . L. . . âgé de 20 ans, maréchal, entre le 13 avril 1891 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Bichat, n" 21, dans le service du D'- Tapret.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires et personnels.

(I) La partie cliniqiio do colle obsorvation ot do l'observation XIV appartient à noire coHoguc cl ami Sabourauci. interne du service.

Est malade depuis quatre jours. Anorexie. Douleurs dans le dos. Courbature i;énérale.Epistaxis peu abondante à deux reprises. Vertiges. Insomnie. Pas de diarrliée.

13 avril. — Abattement profond, répond difficilement aux questions.

Ventre très douloureux à la pression au niveau de la fosse iliaque droite. Pas de gargouillement. Haie volumineuse, sensible à la percussion. Langue sale. Pouls dicrote. Urines ne contiennent pas d'albumine.

46 avril. — Diarrbée. Gargouillement dans fosse iliaque droite. Stupeur profonde.

17 avril. — Taches rosées sur la poitrine et le ventre.

20 avril. — Diarrhée diminue. Dicrotisme du pouls a disparu. Rien dans les urines.

22 avril. — Râles de bronchite aux deux bases.

29 avril. — Examen (Viirine. Urine acide, contient albumine 40 cent, environ au tube d'Esbach. — Pas de c^WwAyg?,. Examen sur lamelles fait aussitôt après la prise^ montre bacilles mobiles de 2 ô 8 [x. — Se décolorent par Gram. Cultures sur bouillon phéniqué, gélatifie et pomme de terre donnent les caractères du bacille d'Eberth. Cultures sur agarurée ne dégage pas d'odeur .

12 mai. — Urine contient encore des traces d'albumine. Examen et cnUures indiquent présence d'Eberth. •

18 mai, — Les urines ne contiennent plus d'albumine.

23 mai. — l'examen et les cultures d'urine restent négatifs.

Observation XIV

Dothiénenlérie. — Albuminurie (1 gr. par litre), — Pas de bacilles d'Eberth dans Vurine. — Staphylocoques blanc et doré. — Régime lacté. — Guérison.

Le nommé K,,. J, M... employé, âgé de 26 ans, entre le 29 avril 1891 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Bichat, n" 32, dans le service du Dr Tapret.

A signaler dans les antécédents une bronchite en 1889; une éruption de furoncles à la fesse en 1890.

Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, le malade est pris de maux de tête et de douleurs à la nuque qui durent toute la journée avec exacerbations vespérales. Epistaxis abondante. Insomnie, cauchemars. —

Pendant la jonrnée qnelques vertiges. — Anorexie complèle. Constipation. Entre à riiôpilai.

:29 avril. — Le malade est abattu, mais répond encore assez bien aux questions, ne souffre pas, se plaint de manque d'appétit et de l'absence de forces. — Ventre légèrement ballonné, un peu douloureux à la pression dans la fosse iliaque droite. Pas de gargouillement. La langue est chargée, blanche. Pas de diarrhée. Percussion de la rate douloureuse. Taches rosées lenticulaires disparaissant à la pression, très discrètes sur le ventre, plus nombreuses dans le dos entre les omoplates. Urine acide, contient 1 gr. d'albumine au lube d'Esbacli. Régime lacté.

Examen bactkriologique. — Examen immédiat et cultures indiquent l'existence de microcoques, mais pas de bâtonnets.

Culture sur agar-uree n'indique pas fermentation ammoniacale .

3 mai. — Albumine descend à 0.50 cenlig. par litre. Culture d'urine sur agar domie colonie en nappe de staphylocoque blanc au bout de vingt-quatre heures. Bouillon pliéniqué stérile. Pas de colonie d'Eberth sur gélatine au bout de quatre jours. Mais par contre, colonies de stapln/locoques blanc et doré.

4 mai. — Etat général s'améliore. Plus de taches rosées. Rate moins sensible.

7 mai. — Demande à manger.

Urine contenant toujours 0.50 cenlig. d'albumine. 12 mai. — Urine contient traces d'albumine. Pas de cylindres. Examen. — Cocci qui restent colorés par Gram . Cultures sur bouillon, agar et gélatine donnent staphylocoques blanc et doré. 1 7 mai. — 0 Albumine.

21 mai. — Examen et cultures d'urine restent négatifs.

Observation XV

Dothiénentérie. — Albuminurie légère jusqu'au dix-huitième jour. — Pas de microbes dans l'urine, ni dans le sang des taches rosées .

Le nommé P..., âgé de 20 ans, jardinier, entre le 10 février 1891 , à l'hôpital Saint-Antoine, salle Broussais, 6, dans le service du D"" Ballet.

Pas de maladies antérieures. Depuis une huitaine de jours se sent courbaturé. Insomnie. Violents maux de tête.

12 février. — Langue sèche, rouge sur les bords. Anorexie complète. Diarrhée abondante (10 selles par jour) très fétide. Gargouillement dans les deux fosses iliaques. Douleur à la fosse iliaque droite. Taches rosées lenticulaires. Nombreux râles muqueux et sibilants dans la poitrine. Pouls, 70, légèrement discrote. Temp. 39"2 le matin, 39'8 le soir. État typhique peu prononcé. Répond bien aux questions. Urine contient 0,25 c. d'albumine.

18 février. — Prostration plus accentuée. Diarrhée augmente. Le malade va continuellement sous lui. Léger nuage d'albumine.

21 février. — Amélioration. — Diarrhée a diminué. Nombreux râles dans la poitrine.

Examen d'urine pratiqué par plusieurs procédés n'indique pas trace d'albumine. Prise aseptique {Wmue. Exameji immédiat ne donne aucun résultat.

25 février. — Cultures sur bouillon, gélatine, agar, agar-urée sont restées stériles. Cultures faites avec sang des taches rosées sont restées également stériles.

27 février. — Température 37", 37''6. Appétit est revenu. Convalescence. Selles normales. Un œuf. Pas d'albumine dans les urines.

7 mars. — Amélioration persiste. Prise aseptiqUe d'urine. Examen négatif.

11 mars. — Cultures sont toutes négatives

25 mars. — Désigné pour Yincennes.

Observation XVI (1)

Dothiénentérie. — Albuminurie légère. — Bacilles d'Eberth et staphylocoques dans V urine.

Le nommé S... Ch..., âgé de 19 ans, garçon d'hôtel, entre à l'hôpital Saint-Antoine, le 17 mai 1801, salle Axenfeld, n°l, dans le service du D"" Merklen.

A Paris depuis peu de temps. Depuis huit à dix jours, souffre de céphalalgie et de courbature, conlinue néanmoins à travailler jusqu'il y a quatre jours. Ce jour-là, légère épistaxis; céphalalgie augmente, insomnie.

17 mai. — A son entrée, température 39"8. Pouls 80 franchement

(1) La partie clinique nous a été communiquée par notre collègue et ami Cautru, interne du service.

dicrotc. Le malade se plaint surtout do céphalalgie, pas de prostration. Lani,nie sèche, rouge. Pas de diarrhée. On perçoit cependant du gargouillement dans la fosse iliaque droite. Pas de taches rosées.

18 mai. ~ Urine, acide, contient de l'albumine en petite quantité.

Examen immédiat montre bâtonnets mobiles, de 2 à 5 [x arrondis aux extrémités. Quelques formes plus allongées. Microcoques peu nombreux. Grnm décolore bâtonnets tandis que cocci restent colorés en violet. Culture sur a g ar -urée ne dégage pas odeur de fermentation ammoniacale. — Culture sur bouillon phéniqué se trouble légèrement le lendemain. Examen fait constater presque uniquement des bâtonnets. Cependant il existe quelques microcoques. Isolement au moyen des boites de Pétri. Colonies de bâtoniiets qui ne liquéfient pas la gélatine ; au contraire, gélatine se liquéfie au niveau des colonies formées de microcoques. Pomme de terre ensemencée avec bâtonnets donne une culture à surface glacée.

19 mai. — Bains froids.

2:2 mai. — Défervescence de la température. Légère congestion pulmonaire à la base gauche.

24 mai. — Examen des urines indique léger nuage d'albumine.

26 mai. — Urine acide contient traces d'albumine. Examen immédiat indique présence de bacilles uniquement. Pas de microcoques . Culture sur plaques de gélatine donne surtout colonies d'Eberth: 12 à io dans la troisième plaque contre deux à trois colonies formées de microcoques .

2 juin. — Plus d'albumine du tout. Examen immédiat de l'urine reste négatif. Nous n'avons pu faire de culture, le malade ne s'étant pas prêté à la prise aseptique d'urine.

Observation XVII

Dolhiénentérie. — Albuminurie. — Bacilles d'Eberth et staphylocoques dans l'urine. — Disparition simultanée de Valbuminurie et des bacilles d'Eberth. — Persistance des staphylocoques.

Le nommé C. . . U. .., âgé de 43 ans, journalier, entre le 26 mai 1891 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Magendie, 17, dans le service du Hanot.

Dans ses antécédents personnels, fluxion de poitrine à l'âge de

10 ans; à 15 ans, fièvre rebelle qui s'est prolongée pendant 18 mois pendant lesquels il ne s'est alité que par intermittences. Arrivé à Paris depuis quinze jours. Maladie a débuté il y a huit jours par des maux de tète et des douleurs de ventre. Il n'a pu se rendre à son travail le lendemain matin. Depuis, douleurs abdominales ont disparu, mais céphalalgie a persisté avec insomnie et anorexie. Pas d'épislaxis.

Etat actuel. Très pâle, prostration. ïenip. 40\ Langue est pâteuse. Soif ardente : le malade déclare qu'il mangerait volontiers. — Abdomen légèrement ballonné, pas douloureux, p;is de gargouillement dans la fosse iliaque droite ni de taches rosées. Constipation. Rien au cœur ni aux poumons. — Etat typhiiiue très prononcé. Le malade se plaint d'une violente céphalalgie; l'insomnie est a peu près absolue. Urine, acide, contient 1 gr. 50 d'albumine au tube d'Esbach.

Examen indique la présence de cylindres hyalins, de bâtonnets mobiles de 2 à 8 de microcoques, de chaînettes. Quelques cylindres formés d'amas de granulations arrondies prennent très bien la couleur surtout après addition d'acide osmique : ce sont très probablement des cylindres de bactéries.

Le Qram décolore les bâtonnets tandis que les microbes restent colorés. Culture sur bouillon phéniqué se trouble dès le lendemain — A V examen on trouve surfont des bacilles avec espace clair central; quelques cocci. Isolément sur plaques de gélatine donne colonies de bâtonnets et de staphylocoques autour desquels gélatine est liquéfiée. Pomme de terre ensernencée avec des bâtonnets donne culture à surface lisse, luisante.

30 mai. — Apparition de quelques taches rosées sur l'abdomen.

2 juin. — Examen rf'wrmtJ donne identiquement les mêmes résultats que la première fois. — Bâtonnets et cocci.

3 juin. — Céphalalgie et insomnie ont disparu. Râles de bronchite aux deux bases.

8 juin. — Recherche de l'albumine parles procédés de la chaleur, de l'acide nitrique à froid, du réactif d'Esbach, donnent des résultats absolument négatifs.

9 juin. — Examen d'urine. — // n'y a plus de bâtonnets. Chaînettes courtes de 4 à 6 individus surtout. Cependant quelques cocci en diplocoques et en amas. — Cultures sur bouillon, agar, gélatine et pomme de terre donnent exclusivement staphylocoque blanc et jaune.

12 juin. — La quantité d'urine qui était en moyenne de 1000 à 1200 g. est remontée à 2000 g. depuis 2 jours. Pas d'albumine.

13 juin. — Urine 2.750 g.

13 juin. — Un œuf. — Urine 3.500 g.

20 juin. — Prise d'urine. Examen hmnêdiat donne un résultat absolument ncgalif. — Culture sur gélatine reste stérile. Bouillon et agar donnent staphylocoques .

28 juin. — Partà Vincennes.

Observation XVIII

Dothiénentérie. — Albuminurie. — Vas de microbes dans l'urine. — Rechute. Deuxième examen négatif.

Le nommé A.. . . Cl) , âgé de 26 ans, journalier, est eniré le

13 avril 18UI à l'hôpilal Saint-Antoine, salle Bazin n^ 17, dans le service du professeur Hayeni.

Quelques jours avant son entrée, malaise, anorexie, céplialulgie, épistaxis, insomnie.

A son entrée, abattement très marqué, céplialalijie, anorexie absolue, langue sale, ventre ballonné, légèrement douloureux à la pression à droite, diarrhée abondante (jusqu'à 12 selles par jour), fétide, jaunâtre. Rate grosse et douloureuse, urines albumineuses.

16 avril. — Éruption de taches rosées sur le ventre et dans le dos. Congestion pulmonaire aux deux bases, traitement : bains froids et acide lactique,

25 avril. — Urine contient une petite quantité d'albumine. Examen et cultures donnent un résultat entièrement négatif.

1" mai. — Température basse, symptômes s'amendent.

3 mai. — Kechute. Température remonte â 39''2 le soir, urine contient albumine 0,25 centigrammes environ au tube d'Esbach. Examen et culture ne décèlent la présence d'aucun micro-organisme.

5 mai. — Température diminue 38°4. Amélioration continue progressivement les jours suivants.

10 mai. — Plus d'albumine. — Malade part à Vincennes.

Observation XIX

Dothiénentérie — Albuminurie — Mort — Bacilles d'Eberth dans urine — sang du rein — Sang de la rate.

Le nommé D... II... 24 ans, lithographe, entre à l'hôpital Saint- Antoine, salle Broussais, 15, le 25aotJt, dans le service du D'' Ballet. A son entrée, état typhique très prononcé, le malade ne semble

pas comprendre les queslions qu'on lui adresse, répond de travers. Subdélire continu. Temp. 40° 6 le soir.

25 août. — Langue sèche, rôtie. Diarrhée. Gargouillement dans fosse iliaque ovale. Taches rosées sur le ventre et dans le dos. Râles de bronchite disséminés. Urine contenant 0. 60cs d'albumine au tube d'Esbach. Temp. 40" 2 matin. 40'^ 04- le soir. Trois bains progressivement refroidis jusqu'à 22°.

26 août. — Stupeur aussi marquée. Délire. Insomnie complète. Temp. 40° 05 le matin. 40° 6 le soir. Trois bains.

27 août. — Temp. du matin 40° 9. Mort.

Urine prise dans la vessie 1/4 dlieure après la mort. Contenait 50c d'albumine au tube d'Erbach. — Pas de cylindres. Examen badériologique. Examens sur lamelles, négatifs. Culture sur bouillon pkéniqué s'est troublée légèrement an bout de 24 heures. Culture sur agar a donné deux petites colonies régulièrement circulaires, formées de petits bâtonnets mobiles se décolorant par leCram.

Cultures des plaques de Pétri, au bout de 3 jouis petites colonies grosses comme des têtes d'épingle, formées des mêmes bâtonnets. Pas de liquéfaction de la gélatine, culture sur agar-urée n'a pas provoqué de fermentation.

Sang de la rate ensemencé très peu de temps après la mort a donné au bout de 24 heures, sur agar, une culture excessivement abondante de bacilles d'Eberth. Sang des reins ensemencé dans les mêmes conditions a donné également, sur bouillon phéniqué, agar et gélatine, du bacille d'Eberth absolument pur.

Autopsie. Intestin pïWe présente des plaques de Peyer à différents stades. Celles qui avoisinenl le Cœcum sont ulcérées à certains endroits. Rate volumineuse, diffluente.

Gros reins blancs. Lésions de néphrite diffuse : glomérulite d'intensité moyenne. Tuméfaction trouble des épilhéliums des tubes contournés. — Desquamation par places. Dans un assez grand nombre de tubes contournés sur les coupes fixées à l'acide osmique les cellules épithéliales contiennent des granulations graisseuses disposées assez régulièrement en couronne entre les noyaux et la paroi.

Bien que l'ensemencement du sang du rein ait donné des cultures, il nous a été impossible de les colorer sur les coupes par le Lôffler, le Kuhne et le Ziehl.

Observation XX.

Dothiénenterie. — Albuminurie. — Mort. — Bacilles identiques dans reins et dans plaques de Peyer.

La nommée F. . . A. . ., fleuriste, entre le 30 juin 1891 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Rostan, n° 2, dans le service du Df Ballet.

La malade entre à l'hôpital dans un état de misère complet. Elle est sale, couverte de poux. Personne ne vient donner de renseignements. Elle est malade, dit-elle, depuis 8 jours. Début par céphalalgie, bourdonnements d'oreilles, diarrhée,

A son entrée on constate un état de stupeur profonde, yeux hagards — langue sèche, lèvres fuligineuses — la malade se plaint de maux de tête. Ventre ballonné, douloureux à la pression. Gargouillement dans la fosse iliaque droite. — Taches rosées sur l'abdomen, plus nombreuses à gauche ;7 à 8 contre 2 à droite). — Râles disséminés dans les deux poumons.

2 juillet. — La malade a souffert toute la journée, s'est plainte en poussant des cris continuels. Diarrhée abondante, (7 à 8 selles par jour). — Urines contiennent de l'albumine.

3 juillet. — Malade est très abattue. Temp. monte à AO^S le soir. Urines contiennent 0,30 c. d'albumine au tube d'Esbach. Mort à 4- h. de l'après-midi.

Autopsie. — Intestin. — Gros intestin plein de matières jaunâtres et liquides.

Plaques de Peyer gonflées, quelques-unes sont très hypertrophiées et très épaissies. Follicules clos isolés forment de nombreuses petites saillies. Les plaques les plus altérées sont dans le voisinage de la valvule iléo-cœcale. Ulcérations (Une plaque saillante, mais non ulcérée est jnise dans le liquide de Muller pour la recherche des microbes).

Reins. — Volumineux. Poids 21^0 gr. — Capsule s'enlève facilement. Surface lisse, pâle. Consistance molle, flasque. Sur la surface de section, substance corticale est épaissie, grisâtre. — Substance pyramidale congestionnée.

Histologie. — Les morceaux de reins qui ont servi aux coupes his-

tologiques et pour la recherche des microbes ont été placés dans les réactifs durcissants, peu de temps après la mort.

Dans les tubes contournés dilatés les cellules épithéliales perdent leur striation; elles sont souvent confuses, peu distinctes les unes des autres, leur protoplasnia est granuleux, le noyau se colore d'une façon défectueuse, quelquefois même plus du tout. — Pas de granulalions graisseuses ni d'étal vacuolaire. Dans le gloméruleily avait exceptionnellement de l'exsudat. — Pas de prolifération des noyaux de la capsule et du bouquet. — Les tubes collecteurs semblent peu altérés.

Microbes. — Par le bleu alcalin, nous avons pu colorer des bacilles d'Eberth dans les plaques de Peyer el dans le rein (Planche II,Fig. C. et D.). Ces microbes de même grandeur, de même forme dans les deux coupes présentaient fréquemment un espace clair le plus souvent central, parfois situé à une des extrémités.

Dans la plaq'ue de Peyer, les microbes siègent en plus grand nombre dans la couche cellulaire au dessous de la muscularis mucosae.On les y rencontre, soit dans le tissu cellulaire lui-même, disséminés sans ordre entre les cellules rondes, soit plus souvent, dnns l'intérieur même des troncs lymphatiques dont ils dessinent la direction.

Dans les reins, les bacilles sont plus nombreux d'une façon générale que dans la plaque de Peyer. Dans la substance corticale, ils siègent presqu'exclusivement dans le tissu conjonctif qui sépare les tubuli contorti. Ceux qui sont contre la paroi des tubes contournés, espacés les uns des autres par une distance double de leur grand diamètre, en suivent très régulièrement la direction et les courbes. Ceux qui sont dans les espaces qui sépreut les tubes contournés se placent sans ordre, sans direction bien déterminée. Les rares bacilles qu'on trouve dans l'intérieur même des tubes contournés sont inclus dans les cellules à distance variable du noyau Nous n'en avons pas rencontré, ni dans l'intérieur du glomérule, ni dans son pédicule vasculaire comme on peut le voir dans la Fig. C de la Planche II, ni dans les vaisseaux sanguins de plus gros calibre.

Dans la substance pyramidale, les bacilles bien moins nombreux que dans la substance corticale, siégeaient uniquement dans le tissu interstitiel.

Observation XXI (1)

Scarlatine. —Angine tardive à staphylocoques. — Albuminurie, — Streptocoques et staphylocoque blanc dans Vurine.

La nommée R. B. . ., âgée de 18 ans, entre le 16 février au pavillon d'isolement, lit 1 bis.

Début le 13 février. Angine, courbature, céphalalgie. A l'entrée, 16 février éruption scarlalineuse de moyenne inlensité.

19 février. — Apyrexie, desquamation.

^ mars. — Traces d'albumine constatées pour la première fois. Le même soir la malade se plaint que la gorge lui fait mal de nouveau ; à l'examen, rougeur, exsudât sur les amygdales; de plus légère exulcération sur l'amygdale droite. Ganglion à droite.

Vexamen bactériologique de Cexsudat de la gorge par Vexamen et les cultures fait constater la présence des streptocoques en grande mcyjorite.

L'examen sur lamelles de Ftirine est négatif. Les cultures sur agar donnent des colonies de streptocoques et de staphylococcus albus.

Observation XXII

Scarlatine. - Albuminurie légère. — Pas de microbes pathogènes dans l'nrine. — Microbe accidentel, ferment de l'urée.

La nommée N. . . L. . . , âgée de 23 ans, entre le 26 février au pavillon d'isolement de l'hôpilal Saint-Antoine, lit 2.

Début le 24 février par anorexie, céphalalgie, angine, catharre oculonasal. A son entrée, lo 26 février, éruption scarlatineuse intense au tronc et aux avant-bras.

27 février. — Temp., AQ^A; le soir. Eruption se généralise.

2 mars. — Traces d'albumine.

Examen bactériologique est négatif à rexamen microscopique. Les cultures donnent un bâtonnet mobile de 3 à i de longuenr sur \ à 5 [i. de largeur environ, arrondi aux extrémités, qui liquéfie la gélatine

(1) Nous ne saurions trop remcrcicrnotrc collèguo et ami Riche interne du pavillon d'isolomcnl à St-Antoinc pour les nombreux renseignements qu'il nous a fournis.

rapidement. Ne se décolore pas par le Gram., cultui^e sur agar-urée dégage au bout de vingt-quatre heures une forte odeur d'ammoniaque.

Observation XXIII

Scarlatine. — Albuminurie légère survenant au sixième jour. — Staphylococcus albus dans l'urine.

La nommée T. . . J. . . , âgée de 28 ans, entre le 27 février à l'hôpital Saint-Antoine, au pavillon d'isolement, lit n" 10. Début, le 2G février, par un mal de tête violent, frisson et angine. Le

27 février, à son entrée, éruption qui se généralise le lendemain,

28 février. Température, 4'0°2, le soir. 29 février. — Défervescence.

2 mars. — Va beaucoup mieux.

4 mars. — Pour la première fois on constate de l'albumine en petite quantité dans Turine.

Examen microscopique est négatif; les cultures donnent des colonies de staphylococcus albus.

Observation XXIV

Scarlatine. — Angine tardive à streptocoques. — Albuminurie. — Streptocoques et staphylocoque doré dans l'urine.

La nommée L. . . M. . ., âgée de 23 ans, entre le 23 février, au pavillon d'isolement de Thopital Saint- Antoine, lit n" H.

'Début, le 20 février, par un frisson, de la fièvre, mal à la gorge. Le 21 février, éruption très intense.

23 février. — A son entrée, éruption généralisée est très cai'acléristique. Pas d'albumine.

2 mars. — Apyrexie complète. 0,25 c. d'albumine environ. Desquamation.

4 mars. — Malaise, courbature, mal de tête. Temp., 38°4, le soir. La malade se plaint d'avoir mal à la gorge : à l'examen, on constate de la rougeur du voile du palais et des amygdales sans exsud.il.

5 mars — Mal de gorge a augmenté. A l'examen, on découvre plusieurs points blancs disséminés sur les piliers et les amygdales. L'examen microscopique et les cultures font constater la présence de chaînettes.

L'examen microscopique de l urine est négatif au point de vue des microbes. Les cultures sur agar donnent surtout des colonies de streptocoques, et quatre à cinq colonies de staphijlococcus aureus.

Observation XXV Scarlatine. — Albuminurie. — Streptocoques dans Vurine.

Le nommé M. . . A. . ., âgé de :24' ans, entre le 18 février 1891 à l'hôpital Saint-Antoine au pavillon d'isolement, lit n" 7.

Début. — Le 17 février par de la céphalalgie, mal à la gorge. Fièvre vive.

Le lendemain éruption. La maladie suit son cours régulier, mais cependant l'angine n'a jamais complètement disparu jusqu'au 3 mars, date où nous pratiquons Vexamen bactériologique de l'urine et de la gorge. L'urine contenait de l'albumine en assez grande quantité. Le lendemain au tube d'Esbach on note 0,50 c. Nous n'avons pu savoir si l'albumine existait dès les premiers jours.

Vexamen sur lamelles de Vurine est négatif. Les cultures donnent des microcoques disposés surtout en chaînettes courtes, formées de 6 à 8 éléments au plus. Quelques-uns isolés ou accouplés deux par deux. Pas de liquéfaction de la gélatine. Cultures sur agar-urée ne fermentent pas. Un fil de platine promené sur la gorge au point où il y avait de l exsudât et ensemencé sur de Vagar, a donné, au bout de 24 heures, de nombreuses colonies dont la grande majorité était formée de chaînettes.

Observation XXVI

Scarlatine. — Angine tardive. — Albuminurie et hématurie. — Streptocoques dans V exsudât de la gorge et dans Vurine.

Le nommé V. . . J. . . , âgé de 27 ans, entre le 6 février à l'hôpital Saint-Antoine, au pavillon d'isolement. Ht n« 10. Début le 29 janvier par frisson et angine.

2 février. — Éruption .

G février à son entrée, éruption a disparu, l'angine persiste. Desquamation.

19 février. — Angine augmente. Exsudais abondants recouvrant les piliers et la luette. Température élevée oscillant aux environs de 39°. jusqu'au i26 février.

24 février. — Le malade s'est plaint d'une violente courbature. Œdème de la face. L'examen et le dosage de l'urine indiquent 4 gr. d'albumine au tube d'Esbacb.

26 février. — Albumine 1 g. 50 c. Urines peu abondantes : 500 g. environ en 24 heures.

27 février. — Angine diminue.

2 mars. — Urines hématuriques .

Lexamen microscopique indique la présence de globules sanguins, de cylindres granuleux et de quelques chaînettes peu nombreuses. Les cultures d'urines ont donné uniquement du streptocoque.

Dans la culture sur agar-urée, il ne s'est pas produit de fermentation. L'ensemencement de l' exsudât de la gorge sur agar a donné de nombreuses colonies de streptocoques.

Observation XXVII

Scarlatine. — Angine tardive. — Albuminurie intense. — Streptocoques et staphylocoques dans l'urine .

A... A..., âgé de 25 ans, entre le 27 janvier à l'hôpital Saint-Antoine, au pavillon d'isolement, lit i\° 22. Début le 23 par un frisson, mal à la gorge.

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