‹ Contribution à l'étude bactériologique des néphrites infectieusesChapitre 17 sur 23 · Éruption scarlatineuse · texte numérisé non relu

Éruption scarlatineuse

25. Envoyé à hi Chanté d'où il est transféré à Saint-Antoine.

26. A son entrée, l'éruption et l'angine sont à peu près disparues. 6 février. — , Desquamation. L'appétit revient, pas d'albumine.

11 février. — Courbalure. Céphalalgie. Angine intense.

12 février. — Anasarqiie léger. — Les urines peu abondantes en 24 heures contenaient 8 gr . d'albumine. — Régime lacté absolu.

28 février. — Diminution graduelle de l'albumine jusqu'à ce jour; il n'y a plus qu'un demi-gramme par litre.

2 mars. — 0.25'^. d'albumine environ. Alimentation ~ 1 degré partiel.

3 mars. — 0.75 d'albumine. — L'examen de l'urine indique la présence de cylindres en très grande quantité, de leucocytes et de microcoques disposés surtout en amas. — Les cultures d'urine

donnent en nombre à peu /^ràs cgal des colonies de streptocoques et de siaphijlocoque doré. La culture sur auar-urée na pas fermoite.

Observation XXVI II Scarlatine. — Albuminurie tardive. — Pas de microbes dans r urine.

Le nommé D... II..., 19 ans, entre le 8 février au pavillon d'isolement lie riiôpilal Saint-Antoine, lit n« :28.

Début le G février par de la céphalalgie, de la courbature, de l'angine.

8 février. — A son entrée éruption intense. 15 février. — Desquamation.

26 février. — Céphalalgie. Courbature. Température 38o6.

27 février. — Face un peu bouffie. Albumine 1 gr.

Examen bactériologique reste négatif sur les lamelles, négatif également sur les cultures.

Observation XXIX

Scarlatine. — Angine du début prolongée se terminant par suppuration. — Staphylocoque doré dans Vurine.

Le nommé P... F..., âgé de 17 ans, entre le 24 février à Saint- Antoine, au pavillon d'isolement, lit n" 36.

Début le 22 février par de la courbature généralisée. Céphalalgie. 23. Angine.

2-4. A son entrée, éruption discrète. Ganglions du cou sont tuméfiés.

20 février. — Symptômes de l'angine augmentent. Frisson violent. Fièvre à 39*^5 le soir. Douleur vive plus accentuée cà gauche. — Mouvements de la mâchoire très difficiles. Aussi examen est-il incomplet. Cependant on peut distinguer l'amygdale gauche tuméfiée, recouverte d'exsudals blanchâtres. Albumine dans l'urine.

L'urine à Vexamen microscopique ne contenait pas de microbes. Les cultures ont donné du staphylococcus aureus. Pas de streptocoques.

28 février. — 1/2 gramme d'albumine environ par litre au tube d'Esbach. Température SS^O le matin, 39°2 le soir.

3 mars. — La température s'est maintenue élevée jusqu'à aujourd'hui. Ouverture spontanée de l'abcès. Pus fétide mélangé à quelques fdets sanglants. L'examen bactériologique n'a pas été fait.

4 mars. — 0.30^6. d'albumine environ au tube d'Esbach.

Observation XXX Scarlatine. — Néphrite à streptocoques

La nommée L. . . M. . . 36 ans, entre le 9 juillet 1891 au pavillon d'isolement de l'hôpital St-Antoine, lit nH.

Malade depuis deux jours. Début par de la céphalalgie violente, frisson, mal de gorge le lendemain. 9 juillet, à son entrée, température 39"5. Pouls très rapide, petit 120. Eruption scarlatineuse, généralisée. Angine sans exsudât. Pas d'albumine dans les urines

13 juillet, — Traces d'albumine ; éruption persiste.

16 juillet. — Eruption n'a pas complètement pâli. La desquamation commence à se faire. Etat typhoïde, lèvres fuligineuses; pouls petit, fréquent. Albumine a augmenté très notablement, mais elle n'a pas été dosée.

17 juillet. —4 bains à 30°.

18 juillet. — 6 bains à 26°.

19 juillet. — 6 bains à 26°.

Mort le 20 à 2 heures du matin.

Autopsie. — Congestion des deux bases.

La rate n'est pas très volumineuse.

Les reins sont congestionnés ; à la section, la substance corticale sensiblement augmentée de volume présente une couleur jaune rougeâtre qui tranche sur la coloration rouge vive de la substance pyramidale.

Histologie. — Coupe colorée au picro-carmin de Uauvier.

Glomérulite de moyenne intensité. Prolifération des cellules de la capsule de Bowman qui sont tuméfiées et desquamées par places. L'espace vide qui sépare le bouquet capillaire de la capsule contient un certain nombre do cellules rondes noyées dans une masse très finement granuleuse. Pas d'hémorrhagies intra-capsulaires. L'épithélium des tubes contournés est altéré très diversement suivant les

endroits de la coupe. En général il est tuméfié, fusionné ; ie protoplasma et surtout le noyau se culorciil mal. Pas d'élat vacuolaire. Dans quchpies tubes contournés, on note une desquamation de la partie centrale de l'épitliélium, ce qui élargit considérablement la lumière.

Les capillaires du tissu conjonclif sont très distendus, gorgés de sang; pas d'bémorrbagies interstitielles. Les noyaux du tissu conjonclif sont augmentés de nombre dans toute l'étendue de la coupe.

MiCROBi'S. — Coupe colorée an bleu alcalin (Planche IIL Fig. E.).

On découvre uniquement des chaînettes de microcoques de dimensions très variables; les plus petites formées de 6 à 8 éléments; les plus longues atteignant le chilfre de 40 individus. Ces streptocoques siègent en plus grand nombre dans le tissu conjonctif aux points de jonciion de deux ou plusieurs tubes contournés, où ils forment parfois un véritable chevelu. On en trouve également dans l'intérieur même des tubes contournés où ils se disposent volontiers tout autour de la lumière, restant éloignés de la paroi. Les vaisseaux sanguins, peutêtre plus ceux de gros calibre, renferment des chaînettes qui existent non seulement dans l'intérieur même des vaisseaux, mais qui s'infiltrent souvent dans la paroi entre les fibres cellules. Les microbes sont beaucoup plus rares dans les capillaires du glomérule.

Dans la substance pyramidale, les streptocoques siègent surtout dans le tissu conjonclif et dans les vaisseaux, exceptionuellement dans les tubes collecteurs.

Observation XXXL Scarlatine. — Néphrite à staphylocoques.

La nommée H. . . L. . . âgée de 25 ans, entre le 25 juillet au pavillon d'isolement de l'hôpital Saint-Antoine, lit n° 1.

Malade depuis deux jours; début brusque par mal de gorge, frisson, abattement.

25 juillet. — A son entrée, rougeur uniforme de toute la face ; rien sur le tronc ; éruption morbilliforme sur les bras. — Pas de catarrhe oculo-nasal. Angine peu intense. Température peu élevée, pouls fréquent. — Albumine 0,30 c. au tube d'Esbach.

26 juillet. — Même état, somnolence, lèvres fuligineuses, Eruption se généralise au tronc en même temps qu'elle pâlit.

27 juillel. — Desquamation commence à se taire aux mains par de larges squames sans que l'éruplion ait disparu.

29 juillet. — Vomissements bilieux.

30 juillet. — Nuit agitée, délire, somnolence le matin.

31 juillet. — Agitation extrême la nuit.

l**"" août. — Au malin, temp. 38*^9. P. io6 abattement considérable. Mort à 1 heure de l'après midi.

Autopsie. — Poumons très congestionnés aux deux bases. Foie 1700; rate de volume moyen, présente une consistance normale.

Reins. — Les deux reins sont volumineux, de consistance molle ; la capsule se détache facilement. La surface de l'organe apparaît alors blanche et présente de fines arborisations veineuses. A la coupe, la substance corticale est blanchâtre, plus épaisse que normalement. La substance pyramidale est également peu colorée. Quelques kystes dont le plus gros a le volume d'une noisette.

Histologie. — Glomérulile intense. Amas considérable de cellules rondes dan.< la lumière de la capsule de Bowman. Les cellules endothéliales de la capsule sont tuméfiées, leurs noyaux semblent plusimmbreux. A certains endroits, tout autour du (jlomérule on constate une accumulation de globules blancs. D'une façon générale, les noyaux du tissu conjonclif sont bien plus nombreux que normalement.

Du côté des tubes contournés on note la tuméfaction trouble et la fusion des cellules épilliéliales ; l'élection de la matière colorante sur le noyau est très défectueuse. Etat vacuolaire limité à certains endroits de la coupe. Pas de dégénérescence graisseuse.

Microbes. — Sur des coupes colorées au Gram Weigert ou au bleu alcalin on découvre un nombre considérable de microcoques. A certains endroits ils sont agglomérés en masses qui prennent très fortement la matière colorante et où il est difficile de distinguer chaque élément en particulier si ce n'est à la périphérie de la colonie . En général, ils sont disséminés dans toute l'étendue de la coupe. Rarement isolés, quelquefois accouplés deux jtar deux, ces microcoques très réguliers, tous à peu près de même volume se disposent en petits amas, en grappes. Leur siège de prédilection se trouve être le tissu conjonctif qui sépare les tubes contournés. On en voit aussi dans Tintérieur même des tubes contournés soit au milieu de la lumière, soit dans l'intérieur môme des cellules épithéliales. Les vaisseaux sanguins de gros calibre ainsi que les capillaires en contiennent aussi mais en moins grand nombre que le tissu conjonctif et les tubes contournés.

Observation XXXII

Scarlatine. — A la suite de rougeole. — Broncho-pneumonie . — NcphrUe à staphijloeoques. — Etat vacuolaire (jéiiéralisé.

La nommée D . . M. . . âgée de 7 mois, entre le 21 juillet au pavillon (.l'isolement de l'hôpital Saint-Antoine, lit 11.

A été soignée trois semaines auparavant à la crèche pour une rougeole; en est sortie complètement guérie; ne toussait pas, est retombée malade depuis vingt-quatre heures,

A son entrée le 21 juillet, temp. élevée, SQ^O. Dysphagie, rougeur du pharynx; amygdales volumineuses, sans exsudât. Pas de catarrhe oculonasal. — Eruption morbilliforme qui devient conlluente les jours suivants.

26 juillet. — Pâleur, dyspnée. La température qui avait baissé remonte à 38^*5. Submatilé et respiration soutîranle à droite.

28 juillet. — Temp. '6^^. Dyspnée considérable. Mort à onze heures.

Autopsie. — Larynx sain. Congestion intense des deux poumons. — Foyers de broncho-pneumonie disséminés.

Reins. — Volumineux, de consistance peu ferme, très congestionnés. — Capsule se détache très facilement. — A la section la substance corticale est épaissie, la substance pyramidale est d'un rouge vineux.

Les cultures sur agar faites avec le sang du rein donnent uniquement des colonies de staphylocoque doré.

Histologie. — Glomérulile de moyenne intensité. Les cellules endo- Ihéliales de la capsule sont tuméfiées. Les noyaux du bouquet sont augmentés de nombre, mais remplissent rarement la lumière. Pas d'hémorrhagies intra-capsulaires. — Le tissu conjonctif très développé contient une assez grande quantité de cellules rondes, parfois réunies en petits amas, plus spécialement autour des ylomérules. Quelques hémorrhagies interstitielles; mais la lésion dominante est sans contredit l'état vacuolaire très prononcé et très étendu des tubes contournés. Les cellules épithéliales enlièrement fusionnées entre elles forment un revêtement continu creusé très irrégulièrement de vacuoles de dimensions très inégales. Les vacuoles siègent tantôt dans rinicrieur même de la cellule, plus ou moins au voisinage du noyau ; tantôt, au contraire, elles se rangent tout autour de la lumière qui devient de ce fait très irrégulière et polycyclique. Les noyaux des cellules épitlié-

liales se colorent mal en général, et souvent plus du tout. Pas d'altérations dans les tubes collecteurs; cependant dans quelques-uns on note une desquamation de l'épithélium par endroits, et leur lumière est parfois remplie de masses finement granuleuses dans lesquelles on dislingue quelques globules rouges.

MiCRORES. — Coupe colorée au bleu alcalin. (Planche III. — Fig. F) Microcoques disséminés dans la coupe. Quelquefois accouplés deux par deux, ils sont en général réunis en petits amas qui siègent de préférence soit dans le tissu conjonctif périglomérulaire, soit dans les espaces qui séparent plusieurs tubes contournés. Ils sont moins nombreux dans les tubes contournés où cependant on en découvre assez facilement aussi bien dans les cellules épithéliales que dans la lumière. — Dans les vaisseaux les microcoques se mettent surtout en rapport avec la couche endothéliale; nous n'en avons pas rencontré dans les parois des vaisseaux. A aucun endroit de la coupe, ils n'étaient assez nombreux pour remplir entièrement leur lumière. Ils siègent moins souvent dans les capillaires du glomérule, et plus exceptionnellement encore dans la lumière qui les sépare de la capsule.

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