IV. ïIii>^t<>i*i(|tio «les néi»lii''îte» îiif'octîoiisf»» en
partîeulîei* dopiiiê^ i^^o. — Parallèlement aux recherches expérimentales dont nous avons rappelé les plus importantes, et sous l'impulsion de la communication du professeur Bouchard au Congrès de Londres, l'examen bactériologique de l'urine et celui des reins fut poursuivi par quelques observateurs dans un certain nombre de maladies.
Erysipèle et fièvre puerpérale. — Le Professeur Gornil (1) dans plusieurs observations d'érysipèle constata, pendant la vie, le passage dans les urines albumineuses de microbes en chaînettes, semblables à ceux qu'on trouve dans les lésions cutanées de l'érysipèle. Dans un cas suivi d'autopsie, il retrouva les [mêmes micro-organismes dans les reins. Denucé (2) dans sa thèse signale également l'existence de chaînettes dans l'urine et dans les reins. Par contre, Berlioz (3) dans 5 observations d'érysipèle où il fit des examens et des cultures d'urine, prétend n'avoir retrouvé dans aucun cas l'organisme pathogène, le streptococcus erysipelatus, identique d'ailleurs au streptocoque de Rosenbach (Widal). Cependant, si on analyse ces cinq observations, on découvre que 3 fois les cultures faites avec quelques gouttes d'urine ont été fertiles et ont donné des colonies uni-
(!) CoK.ML. Juurnul des connaissances mcdicalcs, mai IHHîj.
(2) Denucé. Thèse de Bordeaux. 1885. —
(3) Behlioz. Thèse de Paris 1888.
quement formées de microcoques et de diplocoques. S'appuyant exclusivement sur la morphologie, Berlioz a considéré ces germes comme essentiellement différents de la chaînette érysipélateuse. Mais on sait aujourd'hui depuis le travail de Widal (1) que le point double et le point simple ne sont pas toujours des organismes différents de la chaînette. <r L'examen plus complet des faits, facilité par les nouvelles méthodes de culture lui a prouvé que dans plusieurs cas il s'agissait des mêmes organismes dont le groupement seul avait varié.» Sur 13 observations d'infection puerpérale suivies d'autopsies, Widal a trouvé 7 fois les streptocoques dans les coupes des reins qui présentaient tous des lésions de néphrite diffuse.
Eclampsie. — Dole ris et Poney (2) les premiers en 1885 trouvent des streptocoques dans l'urine et le sang des éclamptiques albuminuriques : ils observent la marche croissante et décroissante de la néphrite microbienne et de l'infection sanguine, parallèlement aux accidents convulsifs. — L'année suivante Jûrgens (3) découvre dans le foie et le poumon des éclamptiques des bacilles courts légèrement recourbés. — E. Blanc (4) en 1887, retrouve dans le sang des éclamptiques albuminuriques, des streptocoques qui s'éliminaient également par l'urine. De plus il isola des cultures obtenues par l'ensemencement de cette urine, un bacille fin, très mobile, dont l'inoculation à des lapins et à des chiens détermina de l'albuminurie et des convulsions. —
(1) Widal. Thèse de Paris 1889.
(2) DoLERis et Poney. Société de Biologie. Juillet 83 cl fév. 86.
(3) JiiRGENS. Berlin, klin. Wochcns. 1886.
(4) E. Blanc. Archives de Biologie. Mai et Avril 1889. Lyon 7nédical,scp. 90.
Bouffe (l), dans son excellent travail, rapporte un cas où il a pu retrouver les bacilles cie Jilrgens dans les foyers hémorragiques du foie. — A u d a i n et P a p i II o n (2) ont également publié un cas analogue .
Fièvre typhoïde. — La recherche de l'organisme pathogène dans les urines des malades atteints de lièvre typhoïde a abouti à des résultats très contradictoires. Hueppe (3) dans seize cas où il fait l'examen bactériologique des urines de typhiques, retrouve une seule fois l'agent pathogène avec tous les caractères de forme et de culture que lui assignent Eber tli et Gaffky; de leur côté, Seitz (4), Chantemesse et Widal (5), Ribbert (6), Berlioz (7), ne le découvrent pas ou le découvrent rarement. Berlioz même, dans quatre observations de fièvre typhoïde sur quatorze, arrive à constater dans l'urine par la culture, l'existence, non plus du bacille d'Eberth, mais de staphylocoques pyogènes. Mais plus récemment, Neumann (8) réunissant les diiïérents cas qu'il avait analysés et étudiés successivement à plusieurs reprises, dit avoir trouvé le bacille d'Eberth dans les urines dans onze cas sur quarante-huit. Pour lui, les foyers bacillaires rénaux qui déterminent d'une façon très inconstante l'émission de bacilles par l'urine, se forment à la même époque
(1) G. Bouffe. Thôsc de Paris, 91.
(2) AuDAiN et Papillox. Société anutomique, 19 juin 91.
(3) HUF.PPE. Cité par Scitz.
(i) Seitz. Bacleriolog. Studien uber Typhus Eliologie. Munclicn. Finsterlin
(3) Chantemesse et Widal. Archives de Physiologie, 1887.
(6) RicBERT. Deulsch. med. Wochenschrift. No' 806, 807.
(7) Berlioz. Loco cilato.
(8) Neumanx. lierlia fdin-Wochcn. 1888-7-8-9.
lier/in hlin. Wochen. L'eljor I ypiiiis hacillcn in Urin 18 H-vricr 18!»(», n" 6. p. 1-21.
que les taches rosées lenticulaires, et sont d'autant plus nombreux que celles-ci sont plus abondantes». En revanche, pour lui, la présence du bacille d'Eberth dans l'urine n'est nullement liée à l'albuminurie, et sa valeur pronostique est nulle.
Dans les vingt cas suivis d'autopsie où la recherche des bacilles a été tentée dans les coupes, Seitz (1) est parvenu à les colorer constamment dans la rate, dixsept fois dans les ganglions mésentériques, trois fois dans le foie, jaînazs dans le rein. Chantemesse et Widal (2), dans les douze cas qu'ils ont soigneusement analysés, ne signalent pas leur présence dans les reins, mais ils rappellent avec raison que les microcoques pyogènes, nombreux même dans le tube digestif de l'homme sain, peuvent être absorbés par les capillaires et les lymphatiques au niveau des ulcérations intestinales, et déterminer une infection secondaire des reins en y produisant du pus et des abcès que Rayer avait déjà constatés.
Pneumonie. — La recherche du bacille Talamon- Fra^nkel dans les urines, contenant ou non de l'albumine, a rarement donné un résultat positif àNeumann, Seitz, Ribbert (5), Berlioz et Gaussade (3). Cependant Netter (4) signale à plusieurs reprises dans l'urine d'animaux inoculés l'existence de pneumocoques parfaitement vivants et capables de se reproduire par la culture. Par contre sa présence dans les reins a été afflrmée
(1) Seitz. Loco cilalo.
(2) Chantemesse et Widal. Lococitato.
(3) Gaussade. Thèse. Paris. 1890
(4) Netter. Com. Société analomi que 1886. (bj Ribbert. Loco citalo.
parNeuwerk (1), Bozzolo (2), Netter (3), Forkët et Bizzozero, Ribbert et Caussade.(4) Mais ces derniers auteurs ne mettent pas toutes les lésions rénales qui surviennent au cours de la pneumonie sur le compte de l'infection pneumococcique. Tout comme dans la fièvre typhoïde, ils signalent la possibilité d'infections secondaires, ayant retrouvé dans quelques cas des staphylocoques dans les glomérules et les abcès miliaires déveveloppés dans la substance rénale. En 1889, Koch (5), dans une observation de néphrite pneumonique, trouve le streptocoque comme agent de l'infection secondaire.
Grippe. — La desquamation de la muqueuse des voies respiratoires facilite les infections secondaires dans la grippe. (Bouchard, Leyden, Netter, Prior, Weichselbaum^ Vaillard et Vincent, Ribbert, Babes, Chantemesse et Widal ) Mais les infections secondaires de cette maladie semblent se localiser moins volontiers sur les reins que sur les autres organes. Dans un seul cas, Leyden a pu constater l'existence d'une glomérulo-néphrite.
Fièvres éruptives. — Dans les néphrites consécutives aux fièvres éruptives dont les microbes pathogènes ne
(I) NicuwKiîK. Coni. au 3' congres de Médec. intern. de Berlin, 1884. (-2) Bozzolo. Cenlralhlatt fur. kiin Med., 1885.
(3) Netter. Coni. SnrAêlé anatomique, 1886. — Arch. de médecine, 1887.
(4) Xolro travail était déjà terminé (luand nous avons eu connaissances des roclierclics de E. Faullialjer. — Ueber das Vorkommen von Bactérien in den Meren bei aInUen Infeldiomkrankheiten. — {Beilrage zur palholngisc/ien Anatomie und zùr al/gemeinen Pathologie.) Ces reclierches ont [)orté sur 53 cas de maladies inl'eclieiiscs. Dans les -25 cas de népiirite ])nenmoni(iuc et dans les 4 cas de néphrite typlii(|ne étudiés par Faullialjer, laulcur a contamment rctroi.vé les organismes pathogènes dans le rein, tantôt par l'examen microscopique, tantôt parles cultures, souvent aussi par les deux procédés à la fois.
[b) Kocu, Millheil. ain devi K. Gesundk, t. 1, p. 1.
sont pas encore connus, rougeole, variole et surtout scarlatine, les auteurs signalent souvent dans les reins la présence de staphylocoques et de streptocoques. (Litten (1), Juhel-Renoy (2), Grooke (3), Klein (4), Jamieson ctEdington (5), Lenhartz (G), Frœnkel et Freudenberg (7), Babes (8), Marie Fiaskin (9) ). La recherche des microbes dans les urines n'a pas été reprise depuis le travail de M. Bouchard. Cependant Gaucher, dans un cas de néphrite consécutive à une scarlatine maligne, a trouvé des microcoques dans le sang et dans l'urine.
États infectieux divers.— Pyohémie. — Dans les états infectieux divers, tels que les endocardites ulcéreuses, les ictères infectieux, l'ostéomyélite, les pseudo-rhumatismes infectieux, la fièvre jaune, etc., l'examen bactériologique de l'urine et des reins a fait reconnaître des orga nismes identiques à ceux qu'on a trouvés dans le sang. (Eberth (10), Klebs (11), Girode(12), Philippovitz (13), Weichselbaum (14), Litten (15), Kraske (16),
(1) LnTEî^.CIuaiie Aimalen, 1881.
(2) JuiiEL Renoy. Anurie scarlalineuse précoce. yl?'c/t. gén. deMéd., avrill886
(3) Crooke. The lancel, 1883.
(4) Klel\. Proc. of the scarl. fever. XLXX.
(5) Jamieson et Edington, British med. Journ,, 87 ol 89.
(6) Lenhartz. Yahrhuch fur Kinderhcilkunde B. d. XXVIII, Hefl. 3, n" i, p. 299.
(7) pRANKELet Freudenrerg. Ceutr. fin' klin. Med., 1885.
(8) Bares. Progrès médical, 188G, n» 8.
(9) Marie Raskin, 1888. Wi-alsck, n" 37 et 44.
(10) Eberth. Virchow's A7'chiv., 1873, t. LVII.
(11) Kleiîs. Archiv. fûr exp. Paih., t. LVII.
(12) GiRODE. Quelques faits d'iclcrc infectieux. Arch. de Med., février 1891.
(13) PniLippdviTz. Vi'iener med. lilàlt, 1885, 18 mai et i juin, (l i) Weu;usei.rat:M. Wien. med. Presse, 188i.
(15) LriTEN. Cité dans yo?<rn. corn, mcdi, 28 mai 1885. (IGj Kraske. Forlschrilie der Médecin, 1"' a\rii 1884.
Becker (1), Netter (2), Rosenbach (3), Lannelongue et Achard (4), Babes (5) Alvarez (6).
Mais dans un grand iiDmbre de cas de ce genre, les lésions rénales ne se bornent pas aux lésions communes des néphrites infectieuses. Le transport des germes par le courant sanguin détermine dans le rein, comme dans la plupart des organes, des îlots inflammatoires et des infarctus qui se terminent par des abcès miliaires ou métastatiques. Les agents qu'on a signalés le plus fréquemment comme cause immédiate de ces accidents pyohémiques sont le streptocoque dans la puerpéralité (Pasteur, Doléris, Orth, Baumgarten, Widal); le staphylocoque doré dans Fostéomyélite, le furoncle, l'anthrax^ etc. ; parfois un bacille saprogène (Babès).
MM. La une longue et Achard (7), dans un mémoire paru dans les annales de l'Institut Pasteur, ont étudié expérimentalement sur le lapin, les abcès rénaux consécutifs aux injections intraveineuses de culture de staphylocoques et de streptocoques. Il résulte de leurs recherches comparatives, que les lésions rénales obtenues avec les deux sortes de microbes diffèrent en ce que celles des streptocoques ne présentent ni la même fréquence ni la même intensité que celle des staphylocoques.
D'ailleurs la suppuration dans les reins, comme dans les autres organes, n'est pas toujours causée par les micro-organismes vulgaires pyogènes. Il est établi à
(1) Becker. Deutsche med. Wochenschrifl. Forstchrille der Med., 1885.
(2) Netter. Loco cilato.
(3) RosENBACU, Microorganismen bei den Wundinnfect. der Munchen. Munchen, 1884.
(i) Laxnelo.xgue et Achard. Ann. Institut. Pasteur, avril 1891.
(5) Babes. G. et B. Bactéries, t. 2, 153.
(6) Alvarez. Cité.
{") Laninelongue et Achard. Loco citalo.
l'heure actuelle que les microbes les plus hautement différenciés, les plus spécifiques comme le pneumocoque, le bacille de Kocli, le bacille d'Eberth peuvent la provoquer directement par eux-mêmes. Cette faculté pyogène nouvelle, qui vient s'ajouter aux qualités spécifiques de ces microbes, semble cependant correspondre à. une diminution de leur virulence (Ghantemesse).
Quoi qu'il en soit, il va sans dire que dans tous ces cas, les germes pathogènes se retrouvent dans l'urine en grande abondance à la faveur des désordres anatomiques causés par la formation du pus.
Diphtérie. — Quant à la néphrite de la diphtérie, on peut affirmer aujourd'hui qu'elle n'est pas due à l'action directe du bacille de Klebs sur l'épithélium rénal, depuis que Roux et Yersin (1) nous ont appris que l'agent pathogène n'existe que dans les fausses membranes, et qu'il est toujours absent des organes et du sang des sujets qui ont succombé à l'infection. Cette notion récente explique parfaitement les insuccès nombreux de Brault, Furbringer, Weigert, Fischl, qui ne sont pas arrivés à colorer des microbes dans de nombreuses coupes de reins atteints de néphrites diphtéritiques. Dans ces conditions, la néphrite qui survient fréquemment au cours de l'infection diphtéritique, doit être rapportée à l'action du poison soluble sécrété par le bacille de Klebs, poison qui a été également isolé et fortbien étudié par Roux et Yersin. D'ailleurs le streptocoque, les staphylocoques pyogènes et le pneumocoque, si souvent associés dans les fausses membranes
(1) Roux et Yeusin. Annales de Vlnstilut Pasteur. 1888.
aux bacilles de Klebs, fLoffler, Ocrtol, Gaucher, Babès, Wiirtz, Bourges et Raskin,) peuvent également par eux-mêmes provoquer des infections rénales secondaires.
Choléra. — Tout comme le bacille de Klcbs, qui ne provoque qu'une infection localisée aux surfaces recouvertes de fausses membranes, le bacille virgule, agent pathogène du choléra, ne semble pas se généraliser • Koch affirme qu'il ne franchit jamais les couches intestinales. Dans ses nombreuses recherches, il ne Ta jamais retrouvé ni dans le sang, ni dans le rein, ni dans les urines. Cependant les lésions du rein dans l'infection cholérique viennent immédiatement après les lésions intestinales comme fréquence et comme étendue. Elles ont été bien décrites dans un mémoire fait en commun par Straus, Nocard, Roux et Thuillier (1).
Par contre Doyen (2) dans plusieurs coupes de reins, provenant d'autopsies faites très peu de temps après la mort, a reconnu diverses espèces de bactéries dans les vaisseaux sanguins : microcoques, bâtonnets, et peutêtre, à son dire, quelques bacilles virgules.
Infections chroniques. — Tuberculose. — Mais le cadre des néphrites infectieuses ne peut rester limité aux lésions anatoiniques, plus ou moins étendues, mais toujours de même ordre, que provoquent dans le rein les maladies infectieuses aiguës. Les infections à évolution plus lente comme la tuljerculose, la lèpre, la morve, dont les agents pathogènes sont bien caractérisés à
(l) Archives de Physiolofiie. 1881.
• 2) DôYK.N. Thèse (lo Paris. 1885.
l'heure actuelle déterminent également dans le parenchyme rénal des altérations qu'on ne saurait distraire du groupe des néphrites infectieuses.
La tuberculose rénale a été étudié au point de vue de la localisation des bacilles de Koch parFutterer (1), Gornil et Babes (2), Baumgarten (3), Durand- Fardel (4), Hauser (5), Banti (6), Philippowitz (7). Goffin (8) dans sa thèse insiste sur une forme spéciale de néphrite qui existe chez les tuberculeux en dehors des formes connues : tubercules de Laennec, granulations miliaires, cavernes tuberculeuses et qu'il rattache à l'action directe du bacille sur les épitheliums des tubuli.Baum garten et Koch ont en effet constaté chez le apin, Durand -Fardel chez l'homme, des bacilles en grand nombre soit dans les capillaires des glomérules^ soit dans la lumière des tubes urinifères, sans arriver à découvrir dans les coupes la moindre lésion de nature tuberculeuse. Par contre chez l'homme, l'examen bactériologique de l'urine n'a donné des résultats positifs que dans un très petit nombre d'observations.
D'autre part, MM. Cornil (9) et Quinquaud (10), dès leurs premiers essais de traitement par les injections de la tuberculine de Koch, ont signalé avec insis-
(1) FUTTERER. Virchoiv's ArcJiiv, t. C, liv. II, 1883.
(2) Cornil cL Babks. Les bactéries, t. II, p. 430.
(3) Bau.mg.ahten. Zeitschriftfur hlin. Med. Bd. 9, p. 93. 152. et p. 2-lo à 276. — Bd. 10 p. 24 à 59.
{i) Durand-Fardel. Thèse de Paris, 1886.
(5) Hauser. Deutsch. Arch. fur klin. Méd B. LX. Heft, t. 3 - 4, p. 261, 1887.
(6) Banti, cilé par C. et B.
(7) Philippowitz. Wiener med. Blàller 1885, 18 mai et 4 juin.
(8) Goffin. Tlièsc de Paris, 1890.
(9) Cornil. Leçon faite à l'tiôpilal Laënnec. Médecine moderne, 1890 50, p. 133.
10) Quinquaud Comm. orale.
tance la possibilité d'une complication rénale, se traduisant par l'émission d'urine albumineuse, quelquefois même sanglante, contenant des cylindres. Ces réserves ne tardaient pas à recevoir bientôt une vérification expérimentale de la part d'Arloing, qui arrivait à produire des néphrites toxiques sur le cobaye par l'injection sous-cutanée de la lymphe de Ko ch. Tout récemment au Congrès de la tuberculose, le professeur Grancher (I) dit textuellement « que le virus tuberculeux atténué, employé comme vaccin, contient vraisemblablement une substance vaccinale et une substance toxique : celle-ci serait la cause des néphrites et des paraplégies si fréquentes chez nos animaux y> .
Souvent aussi les microbes nombreux qui végètent dans les bronches des tuberculeux, le proteus, l'aureus, le tetragenus, différentes espèces de streptocoques et de saprogènes (Babè s), peuvent provoquer des infections rénales secondaires, dont les lésions se surajoutent à celles qui sont sous la dépendance directe du bacille de Koch et de ses produits de sécrétion.
. Lèpre. — Les infections rénales secondaires sont également fréquentes dans la lèpre, surtout dans les formes qui s'accompagnent de nombreux foyers de suppuration. Beaven Rake (2) dans sa statistique des affections rénales observées par lui à l'asile de la Trinitad, dit avoir rencontré surtout les formes chroniques du mal de Bright, le gros rein blanc, et plus souvent le rein contracté. Il a eu rarement l'occasion
(1) Grancher. Congrès delà tuberculose, méd. moderne m\, n« 31, p. 573.
(2) Beavex Hakc. Cbcr NicronalTectionnen bei Lopra, etc. Monalshefle fur prald. Dermalolocjie B d. VII 1889 1"2.
de trouver le bacille de Hansen dans les coupes du rein. Babès (1) cependant l'a coloré dans l'endothéliurn tuméfié des capillaires du glomérale; plus rarement il l'a retrouvé dans l'urine. Par contre dans trois autopsies de lépreux, il a pu retirer du rein et des autres organes, le pneumocoque, le staphylocoque doré ainsi que le pseudo bacille diphtéritique comme agents d'infections secondaires.
Morve. — Enfm pour la morve, Philippowitz (2) a pu non seulement retrouver dans l'urine l'agent pathogène découvert par Bouchard, Gharrin et Gapitan, mais il a réussi encore à reproduire la maladie, par l'inoculation à des cobayes, de l'urine d'une femme qui avait succombé à cette affection. L'urine des cobayes morveux contenait également les bacilles spécifiques.
Rage et syphilis. — Les déterminations rénales provoquées par la rage et la syphiUs, toutes deux maladies virulentes au premier chef, élargiront selon toute vraisemblance le domaine des néphrites infectieuses, dès qu'on sera parvenu à reconnaître et à isoler leurs microbes pathogènes. Bécemment, MM. Lecorché et Talamon (3) ont publié une observation très intéressante de néphrite aiguë survenue à la période d'infection de la syphilis. c( L'analogie des symptômes, disent-ils, permet de croire à l'analogie du processus pathogénique et des lésions anatomiques. De même que pour les néphrites post scarlatineuses ou post pneumoniques,
(1) Bauks. Cornil et Babes. Les haclériesl II. p. 50i5.
(2) Philippowitz. Loœ cilalo.
(3) Talamon. Syphilis brightique précoce Méd. moderne. 10 sept. 91.
on peut supposer une localisation rénale du poison ou du microbe encore inconnu de la syphilis. »
Néphrite bactérienne primitive. — Dans les nombreuses maladies que nous venons de passer en revue, l'infection rénale survient à titre de complication d'une infection générale; elle est directement provoquée, tantôt par l'agent pathogène de l'infection primitive, tantôt par des microbes non spécifKjues qui se développent à la suite et à la faveur de l'infection première. Mais quelques observations, déplus en plus nombreuses, tendraient à établir l'existence d'une infection rénale primitive, l'agent pathogène se localisant d'emblée et primitivement sur le rein, en produisant une néplu'ite parenchymateuse très grave à marche rapide et à évolution fatale. Dans tous ces cas, la quantité très considérable de micro-organismes qui remplissent tous les vaisseaux du rein, au point d'en obstruer la lumière, est un caractère anatomique commun, qui, cliniquement, s'est manifesté par de l'anurie.
La première observation de ce genre est due à Bamberger. Après lui Aufrecht (1) et Litten (2) ont publié quatre cas de néphrite suraiguë se terminant par des symptômes urémiques au bout de cinquante heures au plus tard. L'urine, en très petite quantité, contenait des flots d'albumine et un grand nombre de cylindres composés de microcoques. A l'autopsie, les reins présentaient les lésions macroscopiques du gros rein blanc : volumineux, de consistance moindre qu'à l'état normal, ils étaient de plus très fortement congestionnés.
(1) Aufrecht. Pathol. Miltheil. I. 1881.
(2) Litten. Zeibckrift fur Idin. Med. IV.
L'examen microscopique révéla des lésions dégénératives des épitliéliums en même temps qu'une infiltration du tissu conjonctif interstitiel. Mais le trait anatomique commun à tous ces cas était, comme nous l'avons rappelé, Fextrême abondance des micro-organismes qui remplissaient les vaisseaux de tout calibre ainsi que les conduits urinifères, aussi bien dans la substance corticale que dans la substance médullaire. D'après Litten, « dans la substance corticale, les glomérules présentaient les aspects les plus divers, suivant le degré de compression qu'ils avaient subie de la part des masses bactériennes agglomérées dans l'intérieur de la capsule; dans les tubes droits confinant à la région de la papille les amas de microbes n'étaient pas libres dans les canalicules, mais enveloppés dans une substance gélatineuse qui revêtait la forme de cylindres.» Ziemacki, Letzerith, Babès ont eu l'occasion d'observer des cas analogues. Aussi, s'appuyant à la fois sur l'évolution clinique identique, fatale à très courte échéance au milieu do symptômes urémiques, et sur l'extrême abondance des bactéries dans les reins, alors que les autres organes n'en contenaient pas, Gornil et Babès considèrent ces déterminations rénales comme des infections rénales primitives. Dans ces néphrites bactériennes primitives, comme ils les appellent, les agents pathogènes se localisent et se développent d'emblée et plus spécialement sur le rein, tout comme le pneumocoque sur le poumon dans la pneumonie, ou le bacille d'Eberth sur l'intestin dans la dothiénentérie. Mais la constatation isolée des microbes dans les coupes du rein, quelque valeur qu'elle puisse avoir, ne saurait entraîner le conviction. Evidemment il manque à tous ces faits le contrôle des cultures
et des inoculations. Tliéoriquement l'identité des lésions plaide bien en faveur de l'idendité de nature, cependant la néphrite bactérienne primitive ne sera définitivement établie que quand des observations, plus complètes au point de vue bactériologique, auront précisé les caractères de forme et de végétation des agents qui l'auront provoquée.
De cet exposé si incomplet qu'il soit, il ressort que l'accord est loin d'être établi au sujet de la pathogénie et pour quelques auteurs au sujet de l'existence même des néphrites infectieuses. Les résultats de Texpérimentation ne semblent pas moins contradictoires que ceux fournis par l'observation des maladies infectieuses humaines. Cependant si au lieu de chercher une conclusion unique, identique pour toutes les infections, si au lieu de généraliser à toutes les espèces microbiennes les résultats acquis pour telle ou telle espèce en particulier, on cherche à les classer et à les résumer, nous pouvons conclure :