‹ Contribution à l'étude biochimique du Geranium silvaticum LChapitre 7 sur 33 · A. — COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DES ORGANES SOUTERRAINS · texte numérisé non relu

A. — COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DES ORGANES SOUTERRAINS

Eau. — Déterminée à l’étuve à + 1059 jusqu’à poids constant, la teneur en eau varie de 61 gr. à 72 gr. pour

400 gr. d’organe frais.

MATIÈRES MINÉRALES. — L'’incinération du résidu sec obtenu dans l'opération précédente a fourni une quantité de matières minérales variant, suivant les récoltes, de 1 gr. 30 à 1 gr. 85 pour 100 gr. d’organe

frais.

MarièRes PROTÉIQUES. — Les matières protéiques ont été dosées par le procédé de Kskrpaur. 100 gr. d’organe frais contiennent O0 qr. 22 d’azote, ce qui correspond à 1 gr. 37 de matières protéiques.

MATIÈRES TANNIQUES. — Les principes tanniques ont été dosés volumétriquement par le mélange chromique, en suivant la méthode exposée au chapitre III. La teneur en tanin varie de 10 gr. à 15 gr. pour 100 gr. d’organe frais.

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B. — COMPOSITION GLUCIDIQUE

Recherche et dosage des sucres hydrolysables par l’invertine et des hétérosides dédoublables par l’émulsine.

Pour effectuer ces recherches, j'ai eu recours à la méthode biochimique de Bourquezor (8). Cette méthode, que je me contenterai de relater succinctement, consiste à faire agir deux diastases : l’invertine et l’émulsine, sur une solution extractive du végétal à étudier.

Préparation de l’invertine.

L’invertine est obtenue d’après le procédé indiqué par Bourqueror (4) : 100 gr. de levure fraîche des boulangers sont triturés avec de l’alcool fort et laissés en contact, pendant vingt-quatre heures, avec ce liquide. Le résidu est essoré, lavé à lalcool et à l’éther, puis desséché dans le vide sulfurique. L’invertine est conservée en flacons jaunes, à l’abri de la lumière et de Phumidité.

Préparation de l’émulsine

L’émulsine est préparée selon la technique de Hérissey (16) : 500 grammes d'amandes douces sont. mondées, puis broyées finement. La pâte obtenue est mise à macérer, pendant 24 heures, dans un mélange à parties égales d’eau distillée et d’eau chloroformée. Le mélange est passé, avec expression, à travers une éltamine mouillée, puis l’albumine du filtrat est précipitée par addition d’acide acétique. A près filtration, le liquide est additionné de trois fois son volume d’alcool

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à 95°. Le précipité formé est recueilli sur un filtre sans plis, lavé avec un mélange d’alcool et d’éther, puis desséché dans le vide sulfurique.

Préparation de la solution extractive.

La plante à étudier doit être traitée à l’état frais et le plus tôt possible après la récolte, la dessiccation entrainant, le plus souvent, le dédoublement des sucres hydrolysables et des hétérosides.

Les organes sont grossièrement divisés, et les fragments projetés dans un ballon contenant de l’alcool à 95° bouillant. Celui-ci est additionné, au préalable, d’une petite quantité de carbonate de chaux, afin de saturer les acides organiques susceptibles d’hydrolyser les principes glucidiques au cours de l’opération. Après 30 minutes d’ébullition, toutes les diastases hydrolysantes et oxydantes existant dans la plante sont détruites, et le métabolisme cellulaire se trouve arrêté.

La plante ainsi stabilisée est broyée, puis épuisée à trois reprises par de nouvelles quantités d’alcool à 85° bouillant. Après expression, les liquides alcooliques sont réunis, filtrés et distillés sous pression réduite à une température inférieure à 40e.

Le résidu contenu dans le ballon de distillation est repris par de l’eau thymolée, de telle manière que 106 cm° du liquide obtenu correspondent à 100 gr. d'organes frais.

Dosage des oses (sucres réducteurs initiaux).

Une portion de la solution extractive obtenue est utilisée pour lobservation de la déviation polarimé-

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trique et pour le dosage du sucre réducteur. Celui-ci est titré, dans tous les cas, en suivant la technique de

G. BerrranD (1).

Action de l’invertine.

L'examen et le dosage des oses étant faits, le reste de la solution extractive est additionné d’invertine, dans la proportion de 0 gr. 50 pour 100 et mis à l’étuve à 30-350. L'action du ferment est suivie en effectuant, de temps en temps, un examen polarimétrique et un dosage de sucre réducteur. Lorsque, après deux examens consécutifs, les chiffres obtenus sont identiques, on peut A oi l’action fermentaire comme terminée.

Si la plante contient un sucre hydrolysable, l’action de linvertine se manifeste par un recul de la déviation vers la gauche et une augmentation des sucres réducteurs. Si le sucre hydrolysé est le saccharose, les changements optiques observés coïncident avec ceux qu'indique le calcul, lorsque lon considère le sucre réducteur formé comme du sucre interverti.

Le rapport qui existe entre le retour de la donanos et la quantité de sucre formé a été appelé par BourQueLor : indice de réduction ensymolytique." représente le nombre de sé es de sucre réducteur formé dans 400 em° de liquide, pour un retour de la déviation de 10 observé au tube de 2 décimètres. Cette constante est de 603 pour le saccharose. Il convient cependant de ne pas lui attribuer une valeur absolue. Certains sucres, partiellement hydroly$ables par linvertine, donnent souvent un indice voisin de celui du saccharose. Seule, l'extraction du sucre à l’état

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cristallisé permet de déterminer avec certitude la nature de l’holoside hydrolysable par l’invertine.

Action de l’émulsine.

L'action de linvertine étant terminée, on détruit le ferment en chauffant le liquide, au bain-marie bouillant et en vase clos, pendant 20 minutes. Après refroidissement, le liquide est filtré, additionné d’émulsine dans la proportion de 0 gr. 25 pour 100, et remis à l’étuve à 30-35°. L'action fermentaire est suivie, comme précédernment, par des examens polarimétriques et par le dosage des matières réductrices. Si l’on constate, sous l’action de l’émuisine, un retour à droite en même temps qu’une augmentation des sucres réducteurs, on peut conclure à la présence d’un hétéroside hydrolysable: par ce ferment.

Il peut se faire que la plante contienne, en même temps qu’un hétéroside, un sucre partiellement hydrolysable par l’invertine, tel que le raffinose, le stachyose, le verbascose, etc. Dans ce cas, en même temps qu’une augmentation des sucres réducteurs, on observe tout d’abord un retour de la déviation vers la droite, auquel fait suite un recul vers la qauche. Dans certains cas, le retour et le recul se superposent, de telle sorte que la déviation ne semble pas varier, alors qu’on observe seulement une augmentation des sucres réducteurs.

Ici encore, on calcule l’indice de réduction enzyÿmolytique, correspondant à l’action de lPémulsine. Chaque hétéroside possédant un indice caractéristique, ilest parfois possible de prévoir la nature du principe contenu dans la plante.

La présence d’un hétéroside peut être également mise en évidence, en faisant agir sur la solution extractive une poudre fermentaire. La poudre fermentaire s’obtient en passant au hachoir 50 gr. de plante fraiche et en épuisant la pulpe obtenue par de Palcool à 90°. Le marc est ensuite essoré, lavé à l’alcool et à l’éther, puis desséché dans le vide sulfurique. Il est ensuite pulvérisé très finement et tamisé de façon à obtenir une poudre fine et homogène.

Recherche des hétérosides hydrolysables par la rhamnodiastase.

Certains hétérosides peuvent être mis en évidence par la rhamnodiastase, en suivant la technique de Brinez et Cnaraux (7).

Préparation de la rhamnodiastase.

La rhamnodiastase est un produit fermentaire extrait des graines du Æhamnus utilis L. : 950 gr. de fruits de Rhamnus utilis sont mis à macérer dans de l’eau pendant 24 heures et tamisés afin de séparer les graines. Celles-ci sont broyées au moulin, et la poudre grossière ainsi obtenue est tamisée, afin d’éliminer la majeure partie de l’épisperme coriace et brunâtre. Le reste de Pamande est alors finement broyé et le produit lixivié à lPéther pour éliminer l'huile et la matière colorante qu’il renferme. La poudre est ensuite desséchée à Pair libre, puis mise à macérer, pendant 12 heures, dans trois fois son poids d’eau thymolée. Après expression et filtration, on ajoute au filtrat quatre fois son volume d'alcool à 95°, afin de précipiter la diastase.

Le précipité est recueilli, lavé à Palcool à 95° et à l’éther, puis séché dans le vide sulfurique.

La rhamnodiastase renferme plusieurs ferments susceptibles d’exercer leur action sur certains hétérosides hydrolysables, par les acides étendus, en plusieurs molécules d’oses (glucose, galactose,rhamnose, xylose). L’hydrolyse n’est cependant que partielle, les molécules de glucose restant combinées sous la forme de glucides complexes.

L'action de la rhamnodiastase est donc plus-étendue que celle de l’émulsine, qui n’hydrolyse que les hétérosides proprement dits. Son action est toutefois moins spécifique que celle de l’émulsine.

La rhamnodiastase s’emploie comme l’émulsine, mais en moins forte quantité : il suffit d’ajouter 0 gr. 05 à 0 gr. 10 pour 100 cm° de liquide sur lequel on a fait agir au préalable l’invertine. Son action est qénéralement terminée après 48 heures de contact et se manifeste par un retour à droite de la déviation polarimétrique et par une augmentation des sucres réducteurs.

Dosage des matières amylacées.

Pour doser les matières amylacées dans les organes souterrains du G. silvaticum, j'ai eu recours à la technique employée par Bourqueror et Briner (3) pour doser l’amidon dans les tubercules de Pioscorea Macabiha, et par P. Gicczor (12) pour suivre les variations des matières amylacées dans les différents organes des mercuriales.

J'ai utilisé le marc résultant de l’épuisement des plantes par l’alcool bouillant. Ce résidu, ayant été traité

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par un alcool de titre alcoolique élevé, renferme toutes les substances glucidiques insolubles dans ce dissolvant, notamment les matières amylacées. Il suffit, dès lors, de le pulvériser finement et entièrement et de prélever une quantité de poudre correspondant à 10 gr. d’organe frais. Cette poudre est introduite dans un erlen avec 50 à 60 cm° d’eau et le mélange est porté à l’ébullition pendant quelques minutes, afin d'obtenir un empois que l’on abandonne au refroidissement et que l’on additionne de toluène. Pour effectuer la saccharification diastasique des matières amylacées, j'ai eu recours à la poudre de pancréas préconisée par Mile C. BourpouiL (2). L’empois préparé dans les conditions indiquées précédemment fut additionné de 0 gr. 50 de poudre de pancréas et mis à lPétuve à 400 en même temps qu'un empois de fécule de pomme de terre destiné à servir de témoin. L’empois de comparaison fut obtenu en faisant bouillir 1 gr. de fécule pure, lavée, séchée et d’humidité connue, avec 100 gr. d’eau. Après 5 jours d’action diastasique, les liquides du témoin et de l’essai furent filtrés et déféqués. La quantité de sucre réducteur formé dans les deux cas fut dosée et exprimée en glucose. Par comparaison, il fut facile de calculer la teneur des DEJARES traités en

amidon anhydre.

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