CHAPITRE VII
Conclusions.
Les conclusions de ce travail sont de deux genres.
D’un côté, dans la partie chimique, nous avons réussi à préparer, en partant de la gomme adragante un sucre aldéhydique en G* dont les propriétés essentielles diffèrent suffisamment de celles des sucres similaires connus pour qu’il soit permis de supposer que cette hexose constitue une espèce chimique nouvelle.
D’un autre côté, dans la partie botanique, nous avons d’abord étudié la marche de la gommose dans les Acacias. Cette gommose peut se manifester dans toutes les parties de la plante. Elle apparaît dès le début de la différenciation secondaire des tissus, atteint d’abord le cambium, puis le liber. Des altérations importantes se manifestent ensuite dans le bois, altérations consistant en des épaississements de formes diverses, localisés sur des plages plus ou moins étendues de cette partie des tissus. Puis le parenchyme cortical, le premier, les fibres péricycliques ensuite s’altèrent et manifestent les réactions de la gomme. Celte substance apparaît ensuite dans les vaisseaux du bois.
Chez les Acacias, les lacunes à gomme se forment uniquement dans l’écorce et le péricycle, contrairement à ce qu’on observe chez les arbres fruitiers indigènes producteurs de gomme.
Ces lacunes se produisent par un gonflement exagéré des parois cellulaires qui finissent par constituer une masse informe dans laquelle on retrouve de place en place les restes des cellules non complètement détruites.
Ces faits nous ont amené à penser que les gommes ne sont pas un produit de sécrétion, comme le disent certains auteurs, mais le résultat d’une transformation chimique des éléments des membranes cellulaires.
Dans les racines, nous avons constaté une marche des phénomènes analogue à ce que nous avons constaté dans les tiges.
Nous avons étudié également les feuilles et les phyllocles, et nous y avons constaté, dans les pétioles et les nervures, les altérations dues à la gomme, mais ici de peu d’importance, quoique affectant les mêmes dispositions que nous avons vues dans la tige.
Nous avons étudié comparativement la gommose des Acacias et des arbres fruitiers indigènes. Nous avons constaté une marche à peu près analogue des phénomènes. Cependant, tandis que chez les Acacias les lacunes se forment dans l’écorce, chez les arbres fruitiers indigènes elles se forment exclusivement dans le bois externe.
D’autre part, nous avons cherché quels pouvaient être les agents occasionnant la transformation des membranes cellulosiques en gomme.
Les expériences que nous avons faites éveillent l’idée que ces agents pourraient bien être, non pas tout ce qu’on a supposé jusqu’ici, mais un ferment soluble du genre des diastases.
Enfin, jetant un rapide coup d’œil sur les Mucilages, nous avons relaté une observation venant à l’appui de l’opinion qui paraît devoir être généralement admise, à savoir que les mucilages, comme les gommes, sont des dérivés de la membrane.
Nous aurions désiré, dans le cours de ce travail, être plus affirmatif sur certains points. Des causes diverses nous en ont empêché.
D’autre part, la question des gommes est tellement vaste qu’il est difficile de l’embrasser en entier, et nous avons dû, à regret, laisser de côté bien des points qu’il eût été intéressant d’élucider.
Il nous a fallu limiter nos recherches ; mais nous comptons bien ne pas les abandonner, et nous espérons, par la suite, pouvoir apporter des résultats nouveaux concernant l’étude de ces produits si intéressants à tous les points de vue.