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CHAPITRE VI

Des Mucilages.

A côté des gommes et pouvant leur être rattachés se placent les mucilages végétaux.

Ces composés forment une classe beaucoup plus nombreuse que celle des gommes proprement dites.

Ce sont des corps insolubles dans l’eau et s’y gonflant de manière à former une gelée volumineuse parfois très consistante.

Ils paraissent se changer en glucose par l’action prolongée des acides, et quelques-uns, traités par l’acide azotique, donnent de l’acide mucique.

Quoiqu’il en soit, leur étude, tant chimique que botanique, est extrêmement peu avancée et presque entièrement à faire, bien que nombre d’auteurs s’en soient occupés.

C’est ainsi que Vauquelin pense que les mucilages sont formés d’une substance analogue à la gomme, puisque comme elle ils donnent de l’acide mucique par l’action de l’acide azotique.

Liebig en fait des produits de combinaison d’un hydrate de carbone analogue à la fécule avec du phosphate de chaux et un sel végétal de chaux, dont les proportions relatives détermineraient les caractères physiques des mucilages.

îtiulder les croit identiques à la pectine.

Schmith, opérant de la même manière que Mulder, arrive à des résultats différents. Il classe les mucilages parmi les matières organiques renfermant de l’oxygène et de l’hydrogène dans les proportions de l’eau, et les rapproche des matières amylacées.

.Mulder reprend de nouveau ses expériences et confirme en partie les résultats de Schmith.

Guérin attribue aux mucilages la composition de la gomme arabique ; ils contiendraient d’après lui 67 d’Arabine.

Gerhardt n’y voit autre chose qu’un tissu cellulaire renfermant une matière soluble gonflée par absorption d’eau, et dont l’organisation serait celle de l'amidon.

Cramer en fait des dérivés de la cellulose s’en distinguant par une dilatation considérable.

M. Mangin les rapproche des composés pectiques, grâce à la présence de pectine dans leur masse. Il étudie le mucilage de graine de lin et recherche les ozazones formées par l’action de la phénylhydrazine sur les sucres provenant de l'hydratation des mucilages. L’obtention de trois de ces ozazones avec l’arabinose, la glucose et un troisième sucre non encore isolé, prouve que les mucilages dont dérivent ces substances, contiennent des hydrates de carbone.

Ces faits rapprochés de la coloration obtenue avec te rouge de ruthénium (composés pectiques) et avec l’acide phosphorique iodé (cellulose), semblent montrer que la constitution de certains mucilages est hétérogène et qu’ils contiennent de la cellulose et des produits pectiques.

Partant de là, il propose la classification suivante :

1® Mucilages purement cellulosiques, ne possédant que les réactions delà cellulose (Mucilages des bulbes d’Orchidées).

2° Mucilages pectiques, possédant exclusivement les réactions des composés pectiques, et ne contenant pas de cellulose (Mucilages des Malvacées,desÆ«o/fter«,des Symphylum,de quelques Rosacées, etc.

3* Mucilages mixtes, renfermant à la fois de la cellulose et des composés pectiques et passant insensiblement, soit aux mucilages pectiques, soit aux mucilages cellulosiques.

(а) Passant aux mucilages pectiques (mucilages de la graine de Lin, du Plantago Psyllium).

(б) Passant aux mucilages cellulosiques (mucilages de la graine de Coing, des Sinapis, etc.)

4® Mucilages callosiques, caractérisés par une liquéfaction plus ou moins complète suivant le degré de maturité des organes où on les rencontre (Membranes des cellules mères polliniques, des sporanges des Mucoracées).

5® Mucilages des Algues. — Ces mucilages paraissent formés de cellulose unie à une substance, la gélose, voisine des composés pectiques, mais s’en distinguant par certaines réactions.

Les mucilages se rencontrent dans un grand nombre de végétaux, notamment dans les Malvacées, les Tiliacées, certaines Rhamnacées, les graines de Lin,de Coing, de Psyllium,un grand nombre d’Algues, lés Cactées, les Crassulacées, les Aloès, etc.

Généralement ces mucilages sont localisés dans certaines cellules qui en sont alors totalement remplies, les cellules voisines restant vides de cette matière.

Dans d’autres plantes, on rencontre d’autres dispositions de l’appareil mucifère. C’«st ainsi que dans lesLaminariacées on rencontredes canaux mucifères anastomosés entre eux, provenant originairement de méats formés par écartement des cellules voisines et munis à leur base d’un certain nombre de cellules sécrétrices spéciales (M. Guignard).

Chez les Malvacées, on trouve fréquemment dans la partie corticale, des sortes de réservoirs à mucilage provenant de la résorption des parois séparant deux ou plusieurs cellules mucifères voisines (fig. 11).

Chez le Curculigo recurvata, on rencontre des canaux de dissociation entourés au début de cellules de bordure spéciales, maia semblant s’élargir ensuite par la destruction de ces cellules, ce qui expliquerait leur forme irrégulière (M. R. Pirotta). .

— Nous avons essayé d’étudier les mucilages,et,dans ce but, nous avons songé à employer les colorants qui nous avaient servi dans l’élude des gommes. Nous avons dû renoncer à leur emploi pour les raisons suivantes :

Si l’on opère comme on l’a fait pour les gommes, on ne peut monter les préparations à l’eau, les mucilages s’y gonflant énormément, au point de rendre leur localisation impossible. D’autre part, on ne peut songer à employer l'alcool, ni la glycérine qui décolorent presque instantanément les préparations; de même l’acétate de potasse qui détruit la couleur verte.

Après divers essais, nous nous sommes arrêté au procédé suivant :

Les pièces à étudier sont mises à macérer dans une solution d’acétate mercurique jusqu’à coagulation du mucilage qu’elles contiennent. Les coupes faites dans ces échantillons sont d’abord placées dans une solution faible de safranine dans l’alcool, lavées à l’acétatemercurique, plongées dans une solution de vert acide J E E E,. telle que nous l’avons utilisée pour les gommes, lavées une dernière fois à l’acétate mercurique et finalement montées dans la glycérine. Les colorations ainsi obtenues ne disparaissent que lentement et permettent d’observer la préparation pendant un temps suffisant.

Nous nous sommes demandé s’il n’y aurait pas une certaine analogie entre la formation des mucilages et celle des gommes. Pour le savoir, nous nous sommes adressé à un certain nombre de

plantes mucilagineuses : le Sparmania Africana, plusieurs Malvacées indigènes, des Tiliacées, des Rhamnacées, des Aloès, etc.

L’observation n’est pas concluante dans nombre de cas, parce que les cellules sont complètement gorgées de cette substance, à quelque époque qu’on les examine.

Toutefois les Malvacées et en particulier la Grande Mauve {Malva sylveslris) et la Rose trémière (Althæa Rosea) nous ont fourni des résultats intéressants.

Si l’on examine avec soin des coupes minces faites dans une tige de Mauve, ou mieux encore dans un pétiole de Rose trémière, on remarque de place en place, et plus spécialement dans le voisinage du collenchyme, des cellules en voie de transformation mucilagi lieuse.

Dans l’intérieur de chacune de ces cellules, on voit, appliquée contre la paroi primitive, une couche d’épaississement de volume variable, et comparable jusqu’à un certain point à celles que l’on a rencontrées dans les tissus des arbres atteints de gommose.

Cette couche d’épaississement a refoulé, en se formant, le protoplasme de la cellule qui se trouve condensé dans la cavité centrale avec tous les éléments figurés qu’il contenait, leucites, noyau, etc.

En outre, nous avons pu observer, dans de grandes cellules presque entièrement remplies par cet épaississement, que cette formation interne présentait des stries concentriques bien nettes, sensiblement parallèles aux parois de la cellule. Ces stries étaient rendues très facilement visibles par la coloration de la coupe, au moyen d’une solution hydroalcoolique faible, de violet de méthyle 6 B (fig. 12).

Cette observation semble donc confirmer l’opinion qui tend à se généraliser, à savoir que les mucilages sont des dérivés de la membrane.

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