MONSIEUR LE PROFESSEUR BERGER
Chirurgien en chef ae Phôpital Beaujon,
Membre de l'Académie de Médecine et de la Soc de Peas
Officier de la Légion OMENTE js
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Dans le cours de nos études médicales nous avons suivi surtout les services de chirurgie et nous avons pu. dans le service du docteur Chaput à l'hôpital de la Pitié et celui du docteur Ricard à Saint Louis,
observer deux malades atteints d'ostéosarcome de
l'humérus dont l'histoire clinique nous a paru intéressante à tous points de vue. Le premier était envoyé par un confrère de province au docteur Chaput. Ge malheureux individu portait une énorme tumeur du moignon de l'épaule, commençant à la partie moyenne
du bras pour finir sur la paroi thoracique englobant la région pectorale, la clavicule. l'omoplate. La peau à
ce niveau était sillonnée de grosses veines et au toucher la consistance de la tumeur était très dure ; bref, il était facile de poser le diagnostic d'ostéosarcome. Cette tumeur avait débuté un an auparavant à la suite d'un traumatisme, d'une contusion de la région de l'épaule. D'abord localisée au bras, elle avait gagné
progressivement la région du moignon. Malgré les avis de plusieurs médecins, le malade s'était opposé
toujours à la désarticulation et maintenant, il venait
alors qu'il n'était plus temps, remédier au mal.
Dans le service du docteur Ricard à Saint-Louis, nous avons vu ces jours derniers une malade qui présentait une tumeur du bras dure, à peu près indolente, manifestement formée par l'humérus dégénéré, etayant débuté depuis six mois. La santé générale ctait parfaite et nous avons été frappé de cette intégrité absolue de l'état général, de l'aspect en apparence bénin de ce
mal terrible, alors que la marche en est si rapide et
mène fatalement à la mort. Aussi avons-nous cru intéressant d'établir une sorte de parallèle entre ces deux cas, insistant sur l'apparente bénignité des symptômes pendantune première période et la marche rapide dans une seconde. Aussi le diagnostic doit-il être posé d’une façon précoce et l'intervention doit-elle être radicale; mais le chirurgien doit déployer beaucoup de persuasion pour convaincre le malade de la nécessité absolue d'une intervention radicale.
Qu'il nous soit permis de remercier nos maîtres de la Faculté de Paris et de l'École de médecine de
Nantes qui nous ont guidé dans la carrière médicale.
Qu'ils daignent recevoir ici l’expression de notre profonde gratitude.
Nous prions M. le Professeur Berger de croire à notre tres respectueuse reconnaissance pour l’honneur quil nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.
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Le$ ostéosarcomes ont: été très longtemps confondus avec les productions pathologiques de diverses natures prenant naissance au niveau du tissu osseux. Boyer, Dupuytren les confondaient avec le spina-ventosa et les tubercules des os.
Gerdy, dans son {railé des maladies des organes du mouvement, décrit les ostéosarcomes sous le nom de carno-cancerossie.
Auguste Berard confond l'ostéosarcome et le cancer des os. Il en décrit deux variétés : la forme charnue, la forme spina-ventosa ou ostéosarcome à coque, il signale une variété qui marche beaucoup plus lentement que les autres et qu’on peut confondre quelquefois avec la carie des os.
Nélaton, dans son frailé de pathologie chirurgicale, regarde l'ostéosarcome comme une variété de cancer des os: c’est la seconde de ses formes. Les auteurs du Compendium décrivent le point de départ periostal
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parenchymateux, médullaire de l'ostéosarcome qu'ils identifient avec le cancer des os.
Sous le nom de tumeurs sanguines des os, ils décrivent la variété vasculaire des ostéosarcomes, de même que l'avaient déjà fait les auteurs précédents.
Cette première période de l’histoire de l’ostéosarcome est uniquement clinique. [1 faut arriver à Cruveilhier, Lebert, Robin, Paget, pour que les recherches anatomiques viennent compléter l’examen clinique.
Lebert sépare des cancers proprement dits les tumeurs fibro-plastiques. Paget montre que certains néoplasmes des extrémités des os longs sont formés d'éléments analogues à ceux de la moelle des os. Virchow montre que toutes ces néoplasies rentrent dans une grande classe de tumeurs : les sarcomes, confinant, pour ainsi dire, aux tumeurs bénignes et aux tumeurs malignes, remarquables par leur récidive et leur généralisation possible, comme les plus mauvais cancers. |
Nélaton cherche plus tard à distraire du groupe les tumeurs à myeloplaxes, mais des cas de généralisation de ces tumeurs furent publiés, montrant qu'elles devaient être considérées comme pouvant devenir malignes.
Depuis, les travaux se sont multipliés sur l'ostéosarcome. La thèse de Schwartz, les observations publices dans les journaux ont fait connaître la question qui est actuellement mise au point.