‹ Contribution à l'étude clinique de l'ulcus duodénalChapitre 9 sur 46 · PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

PRÉAMBULE

Il est, dans l’histoire de la médecine, peu d’aftections qui aient subi une fortune aussi diverse que l’'uleus du duodénum. Pendant longtemps presque inconnu, et considéré comme une rareté, il est découvert une première fois, décrit soigneusement, minutieusement étudié, et 1l trouve enfin sa place dans les traités didactiques. Mais :l reste malgré tout le fait rare et exceptionnel; son diagnostic est malaisé; on ne doit que le soupconner ; tout traitement qu’on lui opposera restera inefficace. |

Puis on le réétudie. on découvre sa grande fréquence, on lui prête une symptomatologie des plus précises, invariable, schématique, pour ainsi dire ; on ne doit pas le laisser échapper, son allure celinique en impose le diagnostic.

Enfin, une réaction se produit : on lui a prêté des symptômés qui ne lui appartiennent pas; ce qu’on

croyait être un uleus du duodénum n’est le plus souvent qu’une vieille maladie, très connue, très étudiée, qui n’est pas rattachée à sa véritable cause ; et cette cause, ce n’est pas lui, Pulcus duodénal proprement dit, c’est un de ses voisins qui n’a rien de commun avec lui, c’est l’ulcus juxtapylorique (gastro-pylorique où duodéno-pylorique).

Telles sont, esquissées, les grandes étapes de l’histoire de l’ulcère du duodénum. Nous ne nous proposons pas d'exposer ici un historique complet de la question. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer pour cela le lecteur aux travaux de Collin, de Ladeveyze, aux remarquables thèses de Meulle, de Demètre-Baisoïu, d’'Houdard et de Caillé, surtout aux articles de M. A. Mathieu.

Nous voulons simplement expliquer pourquoi la fortune de l’ulcus du duodénum fut si diverse, afin de faire comprendre les polémiques actuelles et d’exposer les points de vue différents des auteurs modernes.

PREMIÈRE PÉRIODE. — L’ulcus duodénal est une découverte d’autopsie. La littérature est muette sur son compte, jusqu’en 1804, où Gérard .rapporta une observation restée classique et relatée dans tous les travaux, dans laquelle il parle du « Directeur de la comédie de la Ville de Saint-Omer », mort subitement d’une péritonite, et à l’autopsie duquel on trouva un ulcère de la région duodénale, & à quatre lignes au-dessous du pylore » qui s’était ouvert dans la cavité abdominale. On

publie; dans’ la première moitié du xix° siècle, quelques cas isolés, que l’on cite comme des raretés. Broussais, en 1824, prend la duodénite chronique comme sujet de son travail inaugural. John Abercrombrie, vers cette même époque, en rapporte emq cas et en esquisse une étude clinique. Cruveilhier, dans son traité, n’en fait aucune mention. Vers 1865, la question profite d’un regain d’actualité. Plusieurs thèses parisiennes l’ont pour objet (th. de Garnier, 1865, th. de Morot, 1865, th. de Teillas, 1869). Chvostek (1863) y consacre un assez important mémoire. Mais en somme, rien n’est connu de cette affection. On sait seulement qu’elle est grave, parce qu’elle se termine souvent par la perforation et la mort, sans que rien ne l'ait laissée soupconner pendant la vie.

DEUXIÈME PÉRIODE. — Nous arrivons ainsi Jusqu’à Bucquoy, qui, en 1887, fait paraitre un mémoire resté classique; d’après ses 5 observations personnelles et les 150 cas antérieurs qu’il à pu retrouver, il dresse un tableau clinique des plus précis. Une triade symptomatique est, dit-il, à la base de l’ulcère du duodénum : l’entérorrhagie, les douleurs tardives, aprés les repas, à droite de la ligne médiane, la conservation de l'appétit. I ajoute accessoirement que cette maladie évolue par crises : que la guérison, quoique rare, en est possible ; que les hommes, plus que les femmes, lui paient leur tribut, et qu’en somme elle reste l’affection exceptionnelle. A cette description, on n’a rien ajouté,

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