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La dégénérescence graisseuse du myocarde consiste dans l'infiltration des fibres musculaires cardiaques par de fines gouttelettes graisseuses ; elle se traduit par la présence sous l'endocarde d’ilots blanchâtres formant un dessin caractéristique, le tacheté sous-endocardique, et, au microscope, par des altérations graisseuses réparties soit sous forme d’ilots, soit de manière diffuse. Cette lésion doit être bien distinguée de la surcharge graisseuse du cœur qui n'est qu’un simple dépôt de tissu adipeux dans les espaces conjonctifs, dépôt particulièrement abondant sous le péricarde.
Si l’on consulte les auteurs classiques, on remarque tout d'abord que, sur ce sujet, la terminologie ne semble pas être établie d'une façon bien précise, et que beaucoup, en parlant du cœur gras, ont en vue aussi bien la simple surcharge graisseuse que la dégénérescence véritable ; aussi est-il très difficile pour le lecteur de se faire une idée exacte de l’affection qui nous occupe et qui est relativement assez fréquente.
Notre maître, M. le D” Gallarvadin, qui, dans sa thèse inaugurale, fait de la stéatose cardiaque une étude complète et magistrale, signale très nettement cette confusion des termes, et s’efforce d'isoler en définissant exactement chacune d'elles, la surcharge graisseuse du cœur et la dégénérescence graisseuse de la fibre myocardique- Les auteurs qui, par la suite, se sont occupés de cette question, ne semblent pas avoir fait une distinction aussi'nette et, si l'on parcourt la littérature médicale de ces vingt dernières années, on voit, outre le petit nombre de publications se rapportant à ce sujet, qu'il règne toujours la même confusion.
Quoi qu'il en soit, les cardiologues sont. généralement d’accord pour être très réservés sur le diagnostic de stéatose car-
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diaque et pour dire que souvent ce sera un diagnostic d’impression qui parfois ne sera pas vérifié ultérieurement. Nous basant sur un cas observé récemment dans le service de M. le D Gallavardin, nous voudrions montrer dans cette modeste étude, que la stéatose cardiaque peut quelquefois réaliser un tableau symptomatique tel qu'on puisse, dans ces cas, sinon l'affirmer d’une manière certaine, du moins avoir assez de raisons pour penser à elle plus précisément. Aussi, après avoir brièvement rappelé quel est l'état actuel de la question de la stéatose Cardiaque, nous reproduirons l'observation de ce malade et nous verrons dans quelle mesure il était logique de songer chez lui à la dégénérescence graisseuse du myocarde.
Nous nous placerons dans cette étude, au seul point de vue clinique ; l'anatomie pathologique et la pathogénie de cette affection ont été minutieusement étudiées par M. le DS Gaïlarvardin et, à notre connaissance, on n’a rien ajouté depuis à sa description. Quant à la thérapeutique, elle est, soit étiologique, soi symptomatique et ne présente rien de particulier.
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Hirsch (1), au cours d’un article sur le cœur gros, s'exprime ainsi : « La dégénérescence graisseuse présente-t-elle des symptômes cliniques caractéristiques ? Les dernières recherches anatomiques nous permettent de répondre par la négative. Il n'existe aucun rapport précis entre la dégénérescence graisseuse et le fonctionnement du cœur pendant la vie. » De fait, l'étude des observations se rapportant à cette catégorie de malades ne révèle aucun signe pathognomonique, et nous ne sommes pas de l’avis de Stern (2) (de New-Vorck) qui donne comme signe précoce du cœur gras, l’absence de modifications des bruits du. cœur, lesquels, à l’état normal,
(1) Hirsch, Mrünch,: med. Woschensh, t. XLVITII, 19017. (2) H. Stern, Arch. of diagnosis - Juillet 1912.
s'entendent mieux et avec plus d'intensité chez l'individu en position debout que couchée, de même après qu’on lui a fait exécuter un exercice modéré ; il est probable que cet auteur veut parler de la surcharge graisseuse, et d'autre part, on ne voit pas comment ce signe, qui d’ailleurs varie dans de notables proportions, d'un individu à l’autre, pourrait être symptomatique d'une dégénérescence.
Si la stéatose cardiaque a une symptomatologie aussi confuse, cela tient vraiseniblablement à la diversité des conditions étiologiques dans lesquelles on l’observe, On peut la rencontrer, en effet, soit chez des obèses indemnes de toute lésion cardiaque. soit chez des cardiopathes obèses ou non, soit au cours de certaines affections cachectisantes comme la tuberculose, le cancer, la chlorose, et particulièrement l'anémie pernicieuse ; on la voit enfin se produire expérimentalement par l’intoxication par l’arsenic, le phosphore, où le chloroforme. La plupart des auteurs signalent sa coïncidence fréquente avec l’athérome des coronaires et se demandent s’il ay a pas entre elles une relation de cause à effet. Cette multiplicité des causes entraîne naturellement une série de types cliniques différents.
1° Dans un premier groupe de cas, il s’agit d'obèses qui présentent de la dyspnée d'effort, de la tendance particulière aux bronchites sans autres troubles plus marqués, et l'existence de ces malades est relativement peu troublée. D’autres fois, la dyspnée est plus intense et se produit même par la marche en terrain plat ; on note de la congestion œdémateuse des poumons, de la cyanose des lèvres, de l’albuminurie intermittente ; le choc de la pointe est faible, et de tels malades sont à la merci d’une affection pulmonaire qui, forçant la résis-
tance du myocarde, provoquera l’apparation d’une asystolie
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à évolution rapide et déconcertante. |
2° Ailleurs, on se trouve en présence d’un malade porteur d'une lésion valvulaire ancienne et il est curieux de constater combien dans ces circonstances l’évolution de la steatose reste silencieuse, Certains auteurs ont signalé dans ces cas des crises répétées d'œdème pulmonaire, voire même des accès pseudo-angineux de l'arythmie de l’exagération des symptomes fonctionnels, et d’après eux ce serait chez de tels malades que l’on observerait plus particulièrement les morts subites par Syncope ou par rupture du cœur, Il semble en réaté qu'il n'y ait rien de bien tranché et que le plus souvent la stéatose cardiaque passe inaperçue au milieu des symptômes asystoliques.
M. le D' Gallarvardin fait remarquer avec raison que la dégénérescence. graisseuse s'observe plus spécialement au cours des cardiopathies s’accompagnant pendant la vie de troubles anoxhémiques prolongés et considère cette lésion comme liée à un trouble général de l'hématose ; il a noté la cœxistence fréquente de la dégénérescence myocardique avec la dégénérescence graisseuse du foi, des reins ou des piliers du diaphragme, et il pense que le même processus anatome-pathologique relève de la même cause.
On le voit, rien de bien précis ne ressort de la description que font de la stéatose cardiaque les auteurs classiques ; ce sont des symptomes banaux qui se rencontrent dans presque toutes les affections cardiaques ou cardio-rénales et l’on concoit qu'il est malaisé de compter sur eux pour établir un diagnostic ferme. Hirsch se basant sur ces faits, soutient que l’on doit résolument rejeter l’idée de la stéatose cardiaque en tant affections sui géneris et veut tout mettre sur le compte
de-la surcharge graisseuse, Nous n'avons pas l'intention de