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décrire ici un signe nouveau et pathagnomonique, mais il nous a semblé que l'observation suivante montre que la stéatose cardiaque peut dans certaines circonstances, réaliser un complexus symptomatique assez net pour qu’on soit en droit de conclure à elle.
If OBSERVATION
(due à l’obligeance de M. le D" Gallardrin)
RÉSUMÉ. — Grande obésité. Crise rhumatismale dans les antécédents sans lésions orificielles. Pas d'autres antécédents bathologiques, spécialement ni néphrite ni svphilis. En 1912 crises d'intensité moyenne d'œdème pulmonaire (tension systolique : 155 mm hg). Pendant les sept années suivantes, état cardiaque satisfaisant avec petites poussées œdémateuses pulmonaires sans gravité. En 1919, syndrome d'insuffisance ventriculaire gauche avec hypoteusion s'étant abaissée jus+ qu'à 85/55, galop, alternatance bimanuelle, râles congestifs des deux bases, gros foie, léger œdème des membres inférieurs, cyanose des lèvres avec pâleur de la face et amaigrissement. Evolution rapide, action transitoire de la digitaline ; pas d'action de l'adrénaline.
Anatomiquement, dégénérescence graisseuse particulièrement intense et étendue et prédominante au niveau du ventricule gauche ; absence de lésions rénales.
E. J., 62 ans, courtier, entre à l'hôpital de la Croix-Rousse le 29 novembre 1912, se plaignant de la dyspnée.
Ses parents sont morts à un âge assez avancé d’affections indéterminées. Rien à signaler dans les antécédents collatéraux-
Antécédents personnels. — Rougeole dans l'entance. A fait 5 ans de service militaire en France et en Algérie ; n’a
pas eu les fièvres paludéennes ; nie toute affection vénérienne, À 27 ans, attaque de rhumatisme articulaire aigü localisé tout d’abord au niveau de la tibio-tarsienne gauche. La douleur, au dire du malade, était surtout localisée au niveau du tendon d'Achille. Les mouvements de flexion et d'extension du pied sur la jambe étaient insupportables. Le rhumatisme gagne ensuite la tibio-tarsienne droite. Le malade reste 15 jours au lit. À 44 ans, eczéma de la jambe gauche dont on retrouve encore actuellement les traces, lymphangite et phlegmon apparurent au même niveau. Le malade a exercé le métier de liquoriste de 35 à 50 ans. Il ne buvait qu’un litre de vin et prenait environ 3 verres de liqueur par jour, rhum, eaude-vie, absinthe). ES
Depuis son service militaire, le malade a grossi beaucoup et s'essouffle facilement. La dyspnée s'est accentuée depuis 10 ou 12 ans : le malade a de grandes difficultés à monter les escaliers. Pas de palpitations-
Depuis 5 ans, le malade se plaint aussi de maux de tête et de cryesthésie survenant en même temps au niveau de la jambe droite. Depuis 2 ou 3 ans il prend des étourdissements, pas d’épistaxis. Depuis 4 ans, le malade tousse pendant une bonne partie de l'hiver, mais crache peu. Depuis un mois il se/sent abattu, sans forces, son essoufflement a encore augmenté. Le malade n’a jamais eu d’œdème des jambes, mais il aurait eu plusieurs accès d’œdème aigü avec expectoration d’écume aérée, Aucun trouble urinaire.
Actuellement, le malade a un teint cyanosé, les lèvres bleues. On est frappé dès l’abord par l’exophtalmie ; les yeux sont brillants, humides. Le malade se tient assis sur son lit, maintenu par de oreillers, en proie à une dyspnée continue, Lorsqu'on le découvre, l'attention est attirée par le volume
exagéré de l'abdomen plutôt saillant et prolabé en avant qu'étalé. On remarque aussi un lacis veineux assez développé, iocalisé aux hypochondres droit et gauche. Les jambes ne “ont pas enflées ; pas de godet d’œdème ; l’ombilic est attiré en bas et en avant. A la percussion, sonorité tympanique jusqu’à mi-distance de l’ombilic et de l'appendice xyphoide. Au aiveau de l’ombilic, matité qui va s'accentuant en descendant vers le pubis: Pas de sensation nette de flot, pas de flot lomboabdomiral. Le ventre est souple. Tout l'hypochondre droit est le siège d’une matité qui contraste avec la sonorité de l’hypocondre gauche. L’épaisseur de la paroi ne permet pas d'accrocher le bord du foie, mais on sent un rebord qui paraît lui correspondre à 3 travers de doigt des fausses côtes.
Poumons. — Poumon droit. On trouve en arrière et au sommet quelques ronchus sonores, et dans la région moyenne une quantité de râles sous-crépitants perçus à l'inspiration surtout. À la base, on retrouve encore des bouffées de râles inspiratoires. L’adiposité du malade permet mal d'apprécier les différences de sonorité. En avant, peu de bruits normaux.
Poumon gauche : mêmes bruits anormaux ; râles inspiratoires perçus à la base et à la région moyenne, témoignant de linondation albumineuse des alvéoles.
Cœur. — La rapidité des mouvements respiratoires gène la recherche de la pointe. Le maximum des bruits est situé en dehors du mamelon: Pas de souffles à la pointe ou à la base, pas de bruit de galop entre le mamelon et l’appendice.
Tension — 165 ; pouls — 110 Les urines ne contiennent pas d’albumine, mais Les urates
sont abondants.
Les pupilles réagissent faiblement à la lumière. Lorsque le
mont
malade étend la main en écartant les doigts, on remarque un léger tremblement des doigts sur la main.
Tube digestif. — Langue saburrale. Le malade a perdu un peu de l'appétit ; ni constipation, ni diarrhée ; pas de nau-
sées.
Température à l’entrée : : 37° 8.
2 décembre 1912. — Il s'agit certainement d’un obèse qui
était en même temps à l’état normal un essoufflé dans la mesure où il était obèse ; pas de tendances particulières aux bronchites.
Il entre à l'hôpital étouffant, cyanosé, avec la poitrine pleine de râles, présentant l'aspect asphyxique d’une poussée bronchitique aigüe ou d’une inondation alvéolaire œdéma- . teuse.
Bien qu'on ne puisse explorer le choc de la pointe, qu'il n’y ait rien de bien anormal à l’auscultation, c’est nettement vers le diagnostic d'œdème pulmonaire que l’on s'oriente. En faveur de ce diagnostic militent : le caractère des räles pulmonaires qui sont des râles d'œdème et non des râles de bronchite, l'absence de température et enfin d’hypertension modérée à 160 où 155.
2° séjour : I2 juin 1919-
À son premier séjour, le malade était dans un état grave puisqu'il raconte qu’on tenta de lui faire une saignée. Durant ces 7 dernières années, il a pu remplir un métier sédentaire, éprouvant de la dyspnée d’effort et de temps à autre quelques moyens accès d’essoufflement nocturne. Il entre parce que l’essoufflement s’est accusé davantage et parce qu’il est enflé depuis 3 semaines.
Actuellement, faciès pâle et un peu cireux avec cyanose
légère des lèvres, œdéme assez accusé des membres infé-
- rieurs. Âu cœur, rythme régulier à 112 avec galop léger, mais très beau, s'entendant depuis l'appendice jusqu’à la ligne axillaire moyenne, et aussi net dans l’aisselle qu’au lieu d’élection pas de souffles.
Tension = 110—105 (très net comme tension diastolique).
Alternance binianuelle légère, mais certaine. Râies aux deux bases pulmonaires 10be droit du foie gros et congestionné ; disque moyen d’albumine dans des urines de coloration normale.
Cas présentant un double intérêt
1°) longue évolution malgré les déterminations pulmonaires œdémateuses ;
2°) réalisation de ce type cardioplégique et cardiéctasique avec galop, alternance légère, hypotension maxima et minira, et le tout ne succédant pas à une grave néphrite hypertensine comme le prouve le taux tensionnel relevé en 1912,
13 Juin 1919. — On a essayé hier en vain d'enregistrer l’alternance. Légère amélioration fonctionnelle sur l’état d'hier. Au point de vue pathogénique, on a de la tendance à crorire qu'il s’agit de véritable myocardite.
17 Juin. — Tension — 110 ; on donne un "*° d'adréna-
line, pas de raie blanche surrénale.
18 Juin. — Tension — 80. Cyanose des mains et des doigts.
il y a quelques variations du rythme respiratoire avec augmentation d'amplitude des mouvements respiratoires suivie de décroissance rapide sans pause. Devant la baisse de la
tension on supprime l’adrénaline et on met le malade à la
digitaline (xv gouttes pendant 4 jours).
19 Juin. — Ce matin amélioration fonctionnelle. Tension — 105.
21 Juin. — Tension = 110.
as 22 Juin. — Tension — 100.
4x) 23 Juin: — Tension = 105.
24 Juin. — Le malade est mort ce matin à 1 h. Il s’est éteint
doucement sans oppression, sans angoisse.