AUTOPSIE:LE 25 JUIN
Cœur. — Poids 630 gr. Surcharge adipeuse assez marquée surtout au niveau du ventricule droit. À l'ouverture, le ventricule droit est peut-être un peu hypertrophié et dilaté, mais infiniment moins que le ventricule gauche ; ses parois sont rouges, ferm=s, modérément épaissies ; pas de tacheté graisseux sous-endicardique. |
Le ventricule gauche est très manifestement dilaté avec: parois plus épaisses que normalement, surtout si l’on tient compte du degré de la dilatation. La première chose qui frappe est l'intensité de la dégénérescence graisseuse au niveau de cette cavité. Ce ne sont pas seulement les gros piliers mais toute l'étendue de la surface interne qui est café-au-lait et couverte d’un beau tacheté sous-endocardique.Le maximum du tacheté s'étend sur toute la surface de la cloison interventriculaire et la paroi postérieure.
Ce tacheté apparaît tellement intense qu'il a même perdu en de nombreux points sa denticulation et sa bigarrure caracuéristiques. Ce sont alors comme de vastes placards
unes dans lesquels il faut un examen plus attentif pour dé-
couvrir le dessin primitif. Cette diffusion des altérations prouve que même les parties intercalaires au dessin primitif sont en voie de désintégration graisseuse plus où moins avancée. Au toucher, la paroi ventriculaire est souple, molle, se déchirant facilement surtout vers la pointe. À la coupe, on est étonné de voir que les altérations graisseuses pénètrent très profondément dans la profondeur sous forme de tacheté et surtout de placards plus larges. On peut dire que dans la cloison et le tiers inférieur du ventricule, la moitié de la paroi est en pleine dégénérescence graisseuse. Depuis 20 ans que mon attencion est attirée sur ces altérations graisseuses du myocarde, je ne me souviens pas à beaucoup près en avoir vu un seul cas aussi intense.
Il existe en outre dans la ‘moitié inférieure du ventricule et surcout au niveau de la paroi postéro-externe des lésions très nrarquées de myocardite scléreuse. Ce sont de petits ilôts fbreux du diamètre de la section d’un grain de riz, qui se juxtaposent parfois les uns aux autres (on prend plusieurs fragments au niveau des points les plus caractéristiques). Il faut sectionner le myocarde en tranches pour bien les voir ; au total, ces altérations sont seulement d’'extensino et d’intensité moyennes. Nulle part on ne trouve aucun large placard qui puisse faire penser à une plaque fibreuse post-inparctoiïde. :
L'aorte est athéromateuse «dans toute son étendue avec prédominance dans la portion thoracique (plaques jaunes ou
‘calcifiées, plaques plus saillantes avec dépôt jaunâtre sous la tunique interne, quelques ulcérations) ; nulle part on n'a l'impression qu'il puisse s’agir d’aortite syphilitique.
Les coronaires sont cathétérisées ouvertes et examinées
avec grand soin. La coronaire postérieure est remarquable-
ment large, étalée ; elle mesure près d'un centimètre ; sa surface est parsemée de plaques jaunes athéromateuses peu saillantes ; nulle part de rétrécissement. Dans la coronaire antérieure, orifice normal et altérations athéromateuses analogues à celles de la postérieure. Au niveau de l’endroït où se détache la branche descendante interventriculaire antérieure, ji existe un rétrécissement très marqué, mais sans oblitération complète semble-t-il. Dans le domaine de l'artère ainsi rétrécie il n'existe pas d’altérations fibreuses ou graisseuses plus marquées. Les altérations graisseuses sont absolument diffuses, et les altérations fibroïdes sont plutôt sur la paroi postérieure du cœur: En un mot il ne semble pas qu’il y ait aucune lésion myocardique en foyer attribuable à ce rétrécissement coronarien de la branche interventriculaire antérieure.
Athérome au fond des nids sigmaïdriens, pas de lésions endocardiques.
Foie. — Assez graisseux en apparence ; poids : 1275 gr.
Reins. — Poids : 205 et 200 ; périnéphrite graisseuse assez adhérente ; capsule nettement épaissie se détachant facilement, non adhérente ; surface lisse. Le parenchyme est un
peu ferme à la coupe, de teinte pâle et un peu saumonnée substance corticale n'est pas réduite. On n’a pas l’impression de lésions très marquées.
Capsules surrénales .— Entourées de tissu graisseux adhérent qu'on enlève avec autant de soins que possible pour les peser. Apparence normale des capsules ; la substance corticale est assez mince et le centre un peu ramolli ; poids (sur balance de précision), 7 gr. 9o et 8 gr.
Rien d'important aux poumons ou dans les autres organes.
On prélève pour examen histologique : dans le liquide de
Marchi : plusieurs fragments de cœur,
reins, LEA foie, diaphragme.
dans le liquide de Muller : plusieurs fragments myocardiques surtout dans les points scléreux reins-
A remarquer que chez ce malade le galop s’entendait remarquablement à la pointe et loin dans l’aisselle, et, d’après l'aspect du cœur, c'est cerainement le ventricule gauche qui était là en contact avec la paroi thoracique sans interposition du cœur droit. Or, avant d'ouvrir le cœur, on était frappé de ja dépressibilité et de la légère soufflure de la région externe de la pointe. Ceci pour dire que sans doute le galop peut prendre naissance simplement par dilatation sous l'influence de l’ondée auriculaire sur une paroi ventriculaire molle et distensible.
Ce malade était très pâle, et cela, chez un obèse constitutionnel, aurait pu faire soupçonner la dégénérescence graisseuse.
L’autopsie confirme bien ce fait qu’il s'agissait chez ce majade, d’une maladie ventriculaire gauche avec altérations
telles qu’on pouvait expliquer la scène hypothensive. EXAMEN MICROSCOPIQUE