‹ Contribution à l'Étude Clinique de la Dégénérescence Graisseuse du MyocardeChapitre 7 sur 8 · ES EE · texte numérisé non relu

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brusquement, sans avoir fait de poussée endocarditique, sans que l’état de ses reins puisse être incriminé, il présente les signes d’une insuffisance ventriculaire gauche avec dilatations du cœur, bruit de galop, alternance, hypotension systolique et diastolique et évolution rapide.

Deux choses sont frappantes chez ce malade : d’abord la longue durée de la période de tolérance, car il est probable que les premiers accès pulmonaires correspondaient aux manifestations initiales de la dégénérescence de son myocarde ; puis la netteté du type clinique qu'a présenté l'affection à sa période terminale : les symptômes cardiaques dominaient franchement la scène, et la présence de ces symptômes chez un obèse au teint pâle aurait pu faire soupçonner la stéatose.

Il est à remarquer qu'aucun des signes observés n’était capable par lui-même d'entraîner la conviction. Le bruit de galop se rencontre dans les dilatations hypertrophiques du cœur d'origines diverses, et, si l’alternance et l’hypotension ainsi que l’ont montré MM. Gallavardin et Gravier (1), sont symptomatique de l'insuffisance ventriculaire, elles ne sauraient en rien indiquer la cause de cette insuffisance. On pourrait être tenté chez de tels malades à songer plus volontiers à une myocardite primitive où à un infarctus du myocarde. Il nous semble toutefois que ce syndrome d'insuffisance ventriculaire primitive, survenant chez un obèse, doive faire admettre plus

facilement l'hypothèse de la stéatose.

Nous avons indiqué plus haut combien cette affection était

chez nombre de malades silencieuse et méconnue, étoutfée pour ainsi dire, par les autres manifestations symptomatiques.

L'observation qui précède nous a paru montrer qu’il peut

(1) L. Gallavardin et L: Gravier, Lyon Médical, 21 septembre 1919.

exister des circonstances où la stéatose cardiaque peut s'extérioriser et être capable d'évoluer pour son propre compte, c'est dans ces cas, lorsqu'on constate chez un obèse des signes d'insuffisance ventriculaire non explicables par l'étioiogie, que l’on peut penser d’üne manière plus précise à la dégénérescence graisseuse. On sera donc en droit de porter alors le pronostic que comporte cette affection et appliquer ure thérapeutique appropriée. Notons en passant que chez de tels malades la digitale est souvent infidèle. La Franca (1) a montré que la strychnine détermine d'abord une excitation, puis une dépression qui, sur le cœur dégénéré, aboutit rapidement à l'épuisement ; au contraire le muguet renforcerait la systole

et augmenterait l’excitabilité du cœur.

Nous voudrions toutefois nous garder d’être trop affirmatif. Si nous avons cité l'observation de ce malade, c’est parce du’à notre avis elle nous fait entrevoir la possibilité d’admettre, dans certaines circonstances, l'hypothèse d’une stéatose, mais nous nous ne dissimulons pas que souvent il n’en ira pas de même, et que de tels cas seront loin d’être la règle. Nous avons seulement voulu attirer l’attention sur ces faits et nous pensons malgré tout avec M. le D° Gallavardin qu’ « il faut se résigner à considérer la dégénérescence graisseuse du myocarde comme une lésion -dont il est permis d’envisager l'hypothèse, mais qu’on ne peut affirmer de façon

certaine. »

(1) La Franca, Archivio di formacol. expérim., 1909 - p 316.

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