LENS
2 mars. — Dans l'après-midi, délire assez violent, la température ce matin est de 37°,5.
3 mars. — La malade est très accablée ; un peu de photophobie; pupilles dilatées ; hier un vomissement, deux ce matin.
Le ventre est souple, pas douloureux, pas ballonné.
La grippe méningitique s'impose de plus en plus avec localisation pulmonaire et méningitique ; traitement : vésicatoire sur la tête, sangsues aux apophyses mastoides.
5 mars. — Les deux pupilles sont égales, paresseuses à la lumière, constipation.
6 mars. — La malade se sent mieux ; la langue est bonne.
8 mars. — Faiblesse profonde, plaintes, gémissement, pas de délire.
9 mars. — La malade a de la photophobie, de l’amblyopie. Les pupilles toujours larges, se contractent peu à la lumière. La voie méningitique est peu marquée ; pas de constipation plutôt une tendance à la diarrhée.
10 mars. — Les troubles de la vue semblent avoir disparu; parole plus vive, facile ; le pouls est toujours petit et rapide.
13 mars, — Plus de troubles de la vue: suppression de l’antipyrine.
16 mars. — Etat à peu près stationnaire ; la température qui était montée à 40°,4 le 14, se maintient entre 39 degrés et 39°,6 depuis. Il y a toujours quelque chose de béat dans la physionomie ; un peu de loquacité.
19 mars. — Facies un peu plus éveillé ; persistance de la dilatation des pupilles.
29 mars. — Défervescence en lysis terminée depuis le 24; toujours pupilles dilatées.
93 avril. — La malade sort en se plaignant de temps en temps de céphalée ; elle garde son air de béatitude dans la physionomie ; les paroles et les actes sont parfaitement sensés. Elle garde une certaine faiblesse générale.
OPSERVATION XVIII
(Due au D' Leclerc, médecin des hôpitaux.)
Grippe avec accidents méningés primitifs. — Rachialgie violente à la fin. — Guérison.
Me X..., âgée de trente-cinq ans, entre à l'hôpital le 21 janvier 1892 dans le service du Dr Mollière ; pas d’antécédents héréditaires ni personnels; a toujours joui d’une excellente santé.
Il y a quelques jours, le 15 janvier elle eut subitement des frissons, des vomissements et une céphalée violente. Pendant tout un jour les vomissements persistérent, puis survinrent un délire tranquille, douleur de la nuque ; depuis le début de la maladie, constipation persistante, jamais d’épistaxis, À son entrée, la malade est dansle décubitus dorsal, le facies pâle, la nuque douloureuse ; pas de strabisme, les yeux sont mobiles ;il ÿ a de la diplopie, des bourdonnements d'oreille. 7
La langue est légèrement saburrale, mais humide, l'appétit relativement bon, mais la constipation persiste depuis huit jours.
Le ventre est un peu ballonné, mais pas de gargouillement et pas de douleur dans la fosse iliaque, La rate n’est pas hypertrophiée. |
Pas d'hyperesthésie musculaire, pas ce troubles de la sensibilité, pas de raie méningitique.
Un peu d'arythmie au cœur, le pouls est plein et bat à 80 degrés.
AUX poumons, on trouve quelques sibilances disséminées.
Pas d'albumine dans les urines.
22 janvier. — On applique sangsues aux apophyses et glace sur la tête; diminution de la raideur de la nuque et de la céphalée ;
l’arythmie a diminué également ; on prescrit encore lavement laxatif et calomel 50 centigrammes.
25 janvier. — La malade reprend de la céphalée, raideur de la nuque, délire ; il n’y a pas de vomissement mais des cris plaintifs le soir ; plus de délire, céphalée moins vive ; nuque toujours raide.
29 jauvier. — La malade se sent beaucoup mieux, elle ne délire pas : la constipation à disparu ; elle remue facilement la tête ; céphalée toujours moins intense,
1e février. — Elle ressent une douleur violente localisée dans la région lombaire ; on fait des injections de morpline pour la calmer. On recherche les stigmates de l’hystérie, mais on n’en trouve aucun.
4 février. — Les douleurs de la région lombaire ont cessé. La malade est complètement rétablie et sort de l'hôpital.
OBsERvATION XIX
(Service du D' Clément, à l'Hôtel-Dieu.)
Grippe à début gastro intestinal suivie d'accidents méningés. — Guérison.
E. M..., vingt-quatre ans, entre à l’Hôtel-Dieu, le 29 décembre 1893,
Pas d'antécédent héréditaire ni personnel.
Il y a huit jours, ell: éprouva subitement de violents frissons et une douleur constrictive à la base du thorax ; en même temps vomissements aqueux puis verdâtres. Après application de glace, les vomissements disparurent et les douleurs persistèrent.
A son entrée, facies pâle et décoloré.
Au cœur pas de souffle, mais tendance au rythme fœtal, pouls mou, petit, température normale.
Les vomissements ont disparu, mais il existe une douleur au
to
niveau del’épigastre et au niveau de la vésicule biliaire, pas d’ictère, le ventre n’est pas ballonné.
Aux poumons, il y à des râles humides des deux côtés en arrière, cependant plus nombreux à gauche.
En somme : grippe avec légère localisation aux deux bases des poumons ; localisation plus intense gastro-intestinale; névralgie lombo-abdominale, température 40 degrés.
2 janvier. — Toute la nuit vomissements bilieux ; la température a eu des oscillations très irrégulières jusqu’à 40°,7.
Pas de ballonnement du ventre, il est plutôt rétracté, quelques petites secousses dans les membres supérieurs ; la malade est en pleine lumière et cependant les pupilles sont largement dilatées.
Pas de ralentissement du pouls ; la constipation persiste.
La raie méningitique est peu marquée.
3 janvier. — Le champagne, glace et potion de Rivière sont venus à bout des vomissements.
Ce matin, la température est tombée entre 370,2 et 38,2:
Les phénomènes nerveux ont disparu.
La längue est moins saburrale qu’hier.
13 janvier. — La malade sort guérie.