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deur de la nuque plus accentuée ; le malade est immobile dans le décubitus dorsal, la tête complètement renversée en arrière (véri table opisthotonos), respiration devient stertoreuse, trachéale, se suspendant par intervalles (respiration de Cheyne Stokes) ; mydriase à droite, myosis, léger strabisme interne. |
La peau se cyanose peu à peu et enfin la mort arrive par asphyxie le 22 janvier au soir, trente heures après l’éclosion des premiers symptômes.
A'utopsie. — Injection vive des méninges ; nappe de pus crémeux à la surface des hémisphères cérébraux et augmentant d’épaisseur au niveau du sillon de Rolando ; la pie-mère est adhcrente dans toute son étendue; la base du cerveau est envahie comme la convexité, surtout au niveau de la surface de Sylvius, par une couche purulente que l’on retrouve à la face supérieure du cervelet ; sérosité louche dans les ventricules.
A la loupe la substance grise et b'anche du cerveau et du cervelet ne présente rien d’anormal.
La moelle épinière présente des altérations analogues à celles du cerveau ; les méninges rachidiennes sont envahies, à leur face antérieure, par des exsudats purulents épais.
Rien du côté des organes respiratoires. Reins normaux.
L'examen bactériologique du pus n’ayant pas été fait, ces deux observations peuvent donner lieu à de nombreuses hypothèses. Supposons d’abord, comme on la fait, qu’il y ait bien eu grippe dans les deux cas ; on peut se demander si le même agent microbien a produit à la fois la grippe et la méningite, ou bien si un autre microbe étranger à la grippe a trouvé à se développer facilement sur un terrain prédisposé, affaibli par la maladie antérieure.
La première hypothèse nous paraît plus vraisemb'able, car la méningite cérébro -spinale n’est pas survenue secon dairement dans le cours d’une grippe ; elle s'est établie
PRE d'emblée, du premier eoup avec tout le cortège des symptômes de méningite. On pourrait ainsi admettre dans ces deux observations la propriété pyogène du diplobacille de la grippe, comme l’ont démontrée expérimentalement MM. Teissier et Frenkel.
Une troisième hypothèse peut surgir de l’examen de ces deux observations ; on peut se demander s’il y a bien eu grippe, s’il n’y a pas eu erreur de diagnostic; ne peut-il pas s’agir là de méningite cérébro-spinale primitive sous la dépendance de pneumocoques ou de microbes de la suppuration.
M. le D' Adenot, dans sa thèse sur les méningites microbiennes, indique qu’il existe des méningites diverses relevant de bacilles différents ; il cite aussi l’opinion de Netter qui prétend rattacher au pneumocoque un grand nombre d'observations de méuingites publiées, qu’il peut y avoir des méningites pneumococciennes sans pneumonie. Weichselbaum a observé deux cas de méningite cérébrospinale sans pneumonie causée par le diplococcus pneumoniæ.
Il résulte de là que l’affinité spécifique d’un organisme pathogène pour les organes est très variable ; ce sont les circonstances et les terrains qui sont le plus souvent la cause de la localisation de l'agent pathogène; on peut aussi démontrer la possibilité de méningite comme locali sation primitive d’une foule de microbes, bien que les microbes en question aient leur localisation élective habituelle sur d’autres organes.
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