‹ Contribution à l'étude clinique de la grippe – grippe à déterminations méningéesChapitre 36 sur 36 · PET · texte numérisé non relu

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Traitement.

Le traitement de la grippe méningitique est surtout symptomatique ; il faut faire la médication des différents symptômes observés, ct bien souvent on doit avouer franchement dans les cas de-grippe nerveuse, comme l’a dit Saillant à la fin d'une observation, que la guérison a été plus l'effet de la nature que celui de Part.

Malgré cela, nous allons signaler les indications thérapeutiques générales dont l'expérience a confirmé lutilité dans la’cure de l’aff:ction ; on ne devra pas aussi oublier le traitement général de la grippe.

On combattra les vomissements par des boissons glacées, champagne et potion de Rivière ; la constipation opiniâtre par des lavements purgatifs ou par le calomel à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, la céphalalgie par des antithermiques : l’antipyrine ; contre ce dernier symptôme on peut encore conseiller l’application du vésicatoire à la nuque, la glace sur la tête ou l'application de sangsues aux apophyses mastoïdes dans le but de diminuer l’hyperémie cérébro-spinale.

La saignée a été pendant plusieurs épidémies fort en honneur ; dans l’épidémie de 1833, on lit dans le Journal des savants : La saignée, au commencement, apaisait les douleurs et dominait la fièvre ; ceux surtout qui avaient de grandes douleurs de tête et des lancements dans les yeux étaient soulagés par d’abondantes saignées.

# Dans la première moitié du siècle, la saignée élait en . grand honneur dans presque toutes les maladies, aussi, ne faut-il pas s’étonner d’entendre Raige Delorme dire : que

note la saignée est utile dans beaucoup de cas, surtout chez les adultes lorsque la céphalalgie est très intense.

Aujourd’hui la saignée n’est plus conseillée; les deux médicaments les plus employés sont le sulfate de quinine et l’antipyrine; le premier n’agit pas seulement comme antithermique, mais encore comme médicament tonique de premier ordre et encore comme moyen antiseptique susceptible d’atténuer la vitalité des germes pathogènes ; le second, l’antipyrine a également de nombreux partisans; M. Rendu la conseille en lavements ; elle abaisse la température et n’irrite pas l'estomac.

Quelques auteurs préconisent l'association de ces médi-caments ; les effets obtenus sont excellents, la convalescence, disent-ils, semble moins longue.

Contre la somnolence, l’engourdissement, la dépression, nous donnons des excitants et des toniques ;: Huchard préconise surtout la strychnine, la caféine, le phosphure de zinc; c'est pour lui le traitement de l'asthénie grippale contre les phénomênes d’excitation, de délire, donner des calmants tels que chloral, bromure, muse, opium et morphine.

Toutes les fois que le cœur paraît faiblir, avoir recours à l’alcoo!, au strophantus, à la dicitale, à la caféine.

Contre la syncope et le collapsus cardiaque les injections rpétées d'éther font merveille.

Dans tous les cas, il faut soutenir les malades avec potion Todd, café, champagne ; donner po'ages, bouillons, lait, recommander le repos prolongé au lit. |

La ccuvalescence ne sera pas négligée; elle sera même l'objet de soins particuliers; on aura recours à tous les moyens propres à restaurer l'organisme, à réparer les

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pertes qu’il a subies ; tous les reconstituants, vins de quina, café, les cordiaux, stimulants, frictions, massage, hydrothérapie pourront être employés pour rendre des forces au malade et combattre l’asthénie nerveuse consécutive à l'attaque grippale.

Si la convalescence est lente à se terminer, si l’organisme languit épuisé, il ne faudra pas hésiter à engager les malades à changer d’air comme cela se fait dans la coqueluche grave.

GONGLUSIONS

I. La grippe peut revêtir la forme méningitique et présenter ainsi l’apparence d’une affection grave ; cette gravité peut être réelle quelquefois, mais la guérison est la règle générale.

IT. Cette variété de grippe peut simuler un grand nombre de maladies dont il est nécessaire de la différencier, cette distinction est souvent très difficile.

III. Il importe surtout de ne pas la confondre avec la méningite cérébro-spinale aiguë et la méningite tuberculeuse dont elle présente dans quelque cas des symptômes si peu différents que des erreurs de diagnostic peuvent être commises.

IV. La pathogénie de cette forme méningitique est la même que celle de la grippe en général, il s’agit bien là A. Le 10

d’une maladie infectieuse et contagieuse due très vraisemblablement à un agent pathogène, mais quel que svit ce microorganisme, nous pensons queles accidents méningés sont dus à la sécrétion d’une toxine, comme viennent de le confirmer les dernières recherches de M. Jarron d'Alger.

V. Le traitement est surtout symptomatique, mais on ne doit pas oublier le traitement pathogénique de la maladie. À cet égard, les préparations de quinine et d'antipyrine peuvent être méthodiquement prescrites et avec des résultats aussi avantageux que dans les formes com munes de l'infection grippale dans laquelle l'association de ces deux médicaments paraît être le traitement de choix.

Vu, bon à imprimer LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, J. TEISSIER, ; Vu, bon à imprimer LE DOYEN, LORTET.

Vu, bon et permis d'imprimer LE RECTEUR, E., CHARLES,

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