‹ Contribution à l'étude clinique de la grippe – grippe à déterminations méningéesChapitre 8 sur 36 · AT E · texte numérisé non relu

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quelquefois de très courte durée ; chez les uns, on note des frissons, courbature généralisée avec rachialgie, cépha lalgie ; chez d'autres, faiblesse générale, prostration exagérée; parfois des symptômes gastro-intestinaux, tels que nausées, vomissements, diarrhée; souvent encore des phénomènes fébriles: mais ces phénomènes du début ne sont pas toujours aussi marqués, ils peuvent passer parfois inaperçus.

Cette période prodromique qui existe toujours dans la forme ordinaire de la grippe, peut manquer dans la grippe méningitique et être remplacée par un début brusque, soudain et violent ; on cite des cas où des personnes ont été subitement arrêtées dans leurs occupations ordinaires et ont dû être transportées dans leur lit; c’est surtout chez les enfants qu'on peut citer de pareils exemples, car nous savons que leur jeune organisme facilite les réactions intenses ; les symptômes méningés sont dans ce cas la première manifestation de la maladie et souvent les symptômes ordinaires de la grippe apparaissent ensuite (observations III et V.)

La forme méningitique existe donc souvent seule au début, mais il est encore fréquent de voir les autres formes soit thoracique, soit abdominale, venir se confondre avec elle ; on a cité des cas où la grippe a débuté par des accidents nerveux méningitiques, puis s’est continuée par des phénomènes gastro-intestinaux ou inversement (observations IIT, XIX) ; une autre forme peut ainsi ou exister ea même temps sans être très apparente, ou succéder aux accidents nerveux et passer au premier plan; on est en présenc2 alors d’une manifestation nouvelle de la maladie.

En résumé, le début peut être soudain ou précédé de

ANT prodromes ; les phénomènes méningés sont le plus souvent primitifs ; ils peuvent exister seuls pendant un certain temps et faire place ensuite à l’une des autres formes, soit thoracique, soit gastro-intestinale.

La céphalalgie est le premier de tous les symptômes ; elle ne manque presque jamais; elle offre des caractères variables : gravative avec élancements sourds ou lancinante en coups de marteau, ou bien avec tendance aux vertiges, d’autres fois douleur enserrante et étreignant le front et les tempes ; on la rencontre dans les régions susorbitaire, temporale, occipitale; cette douleur de tête s’exagère par le mouvement ou sous l'influence de la lumière, se calmant dans le repos ; parfois les douleurs prédominent dans le fond de l'œil avec photophobie ; ailleurs, c'est le long du rachis que souffrent les malades surtout dans la région lombaire, à tel point que certains malades ne peuvent plus rester dans le décubitus dorsal ; ces douleurs rachidiennes accompagnées de perte absolue des forces, de température parfois très élevée a pu faire songer à la variole. Quelquefois les malades pouscent des cris ressemblant aux cris hydrencéphaliques.

Les vomissements accompagnent le plus souvent la céphalalgie, ils se produisent spontanément, sans efforts ; ces vomissements sont d’abord alimentaires, puis bilieux, quelquefois d'aspect porracé.

La constipation est presque toujours la règle; nous notons dans nos observations un cas de diarrhée (chservation V); le ventre est peu rétracté, non douloureux; il est rarement creusé en bateau, nous n’en avons noté qu'un cas (observation IV.)

La raie méningitique a été observée plusieurs fois, mais

Eee nous savons aujourd'hui qu'on ne tient plus grand compte de son absence ou de sa présence, puisqu'on la trouve dans plusieurs maladies infectieuses.

Le vertige, le délire existent encore souvent ; le délire peut être plus ou moins bruyant; il peut, dans certains cas, prendre le pas sur les autres symptômes et venir dominer la scène : M. Joffroy a cité dans la grippe un cas de délire avec agitation maniaque, dont nous publions l'observation plus loin (observation VI); le délire grippal aeu dans ce cas quelque ressemblance avec le délire typhique, mais ce qui aservi à les distinguer, c’est que le délire grippal a disparu plus vite, en même temps que la fièvre ; la mémoire et l'intelligence sont revenues de suite. Le délire prend chez beaucoup d’individus une certaine violence, il est presque toujours constitué par un mélange d’excitation et de faiblesse ; au degré le plus bas, il s’agit d’un délire nocturne et transitoire; chez une jeune fille, la scène débuta par un violent délire capable de réveiller tous les habitants de la maison ; le lendemain, lesaccidents avaient disparu et le surlendemain lenfant était presque guérie.

La température est très variable dans la grippe à acci- . dents méningés ; il y a quelquefois de l’apyrexie, même de Phypothermie 36°,5, 36 degrés (observation VIT); mais le plus souvent elle peut atteindre 40 degrés; elle a parfois un type rémittent avec exaspération vespérale, avec de grands écarts quelquefois entre le matin etle soir; elle peut ne durer que quelques heures, mais dans certains cas elle persiste pendant la durée des accidents aigus.

La température, comme l’a montré notre Maitre le professeur Teissier, présente encore d’autres caractères spéciaux; le plus important se trouve dans la production

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