‹ Contribution à l'étude clinique de la grippe – grippe à déterminations méningéesChapitre 9 sur 36 · ET · texte numérisé non relu

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d’une rechute fébrile qui se manisfeste dans un laps de temps plus où moins éloigné de la défervescence thermique ; d’après cela la grippe serait une infection évoluant le plus souvent en deux temps, quelquefois en plu- Sieurs, mais d’une intensité en général progressivement décroissante.

Comme caractere secondaire, le tracé thermique présente une encoche souvent profonde en forme de V, se produisant pendant l’acmé fébriie et qu'on peut considérer comme un véritable collapsus thermique ; M. Teissier semble très ratiounellement l’attribuer à l’action hypothermisante des toxines sécrétées par les éléments pathogènes; cette dépression thermique répond à une infection plus intense et est en quelque sorte l’apanage de grippes graves; 1l a vu en effet expérimentalement que lorsqu'il faisait usage de cultures plus virulentes (culture sur pommes de terre par exemple), la courbe thermique subissait une modification profonde et présentait un collapsus intense.

Dans nos observations nous avons trouvé dans trois cas le type bien net de cette température, mais nous pensons que si elle est fréquente dans les formes catarrhale et gastro-intestinale, elle est beaucoup plus rare dans la grippe à forme méningitique ; 1c1 la température est très variable, très irréguliere, se modifiant facilement ; il peut y avoir, comme nous l'avons dit, tantôt de l’hypothermie, tantôt des hautes températures avec de grandes oscillations.

Le pouls peut ne présenter aucune modification; il est le plus souvent irrégulier et rapide 110-120, c’est-à-dire qu’il suit la marche ascensionnelle de la température;

Er ioe l'irrégularité et le ralentissement du pouls ont été notés cependant comme dans la méningite tuberculeuse (observation IT).

La respiration est le plus souvent normale ; quelquefois accélérée, mais rarement irrégulière au point de simuler le type vrai de Cheyne-Stokes.

Les convulsions ont été constatées surtout chez les enfants à la période de début; le plus souvent elles sont suivies d’une période de dépression, agissant sur les muscles de la face, elles peuvent donner lieu à du spasme, du mâchonnement, des grincements de dents (observation Il). |

L’hyperesthésie cutanée, la douleur à la pression musculaire ont été observées également (obs. XIII-XIV).

La contracture peut se produire et se traduire par du trismus ; à la région cervicale postérieure elle occasionne la raideur de la nuque et le renversement de la tête en arrière constituant un léger degré d’opisthotonos (IV, XIE, XII, XVII).

L'appareil de la vision est fréquemment atteint; on note souvent de la photophobie, quelquefois de la diplopie, du strabisme ; les yeux peuvent être le siège d’autres phénomènes : l'inésalité pupillaire est assez fréquente et surtout la dilatation des pupilles (observations XII, XVII, XIX); dans trois observations dues à M. Perrenot, médecin de lhôpital d'Hyères, nous avons pu relever de la déviation des yeux en haut et à droite accompagnée de la perte de la parole, paralysie ou parésie du bras et cela dès le début des accidents.

L’œil est le plus souvent fixe, à demi fermé, le regard vague.

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Du côté de l’appareil auditif, on note quelquefois des bourdonnements, des hallucinations de l’ouïe.

Les urines des grippés sont diminuées de volume, quelquefois il y a anurie complète ou rétention, elles sont d’une coloration foncée; dans certains cas il y a de l’albumine, mais en petite quantité,

Signalons encore l’état de somnolence, de torpeur, de prostration dans lequel peut tomber le malade, dans certains cas on ne peut obtenir aucune réponse, le malade est insensible à toutes les excitations, il ne comprend pas, il ne semble mème pas entendre les questions qu'on lui pose; la fièvre est intense et si à ces phénomènes peuvent s'ajouter de la diarrhée et une éruption de taches rosées sur lPabdomen, on voit qu'on peut songer à une fièvre typhoïde à forme ataxo-adynamique. |

Dans la grippe à forme méningitique l’état comateux peut survenir d'emblée, soit sans cause appréciable, soit après une période d’excitation exagérée, caractérisée par des convulsions où par de l’insomnie et du délire ; mais ce qui permet de le distinguer de celui de la période terminale de la méniugite luberculeuse, c’est qu'il va en diminuant petit à petit jusqu’à disparaître comple tement.

Tel est l’exposé de tous les symptômes méningés qu’on peut rencontrer dans la grippe, nous avons vu que chaque individu paraît être froppé différemment; il en est bien peu qui réunissent en eux le tableau complet de la vraie méningite, ce que uous chservous le plus souvent, ce sont deux ou trois symptômes nerveux pouvant s’exagérer, jeter un voile sur les autres, devenir la note dominante au point d'imprimer leur cachet à la maladie,

STE En résumé, cette forme méningitique de la grippe présente des degrés différents, le tableau de la méningite peut être complet, mais bien souvent on n’a qu’une forme atténuée comparable à ce qu’on observe pendant les périodes de rémission de la méningite tuberculeuse.

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