ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les encéphalites de la coqueluche ont déjà fait l’objet de nombreuses études anatomo-pathologiques.
Tous les auteurs sont d’accord actuellement sur le fait que les grosses hémorragies en foyer sont exceptionnelles.
Dugois, LEY, DAGNELIE ont pu faire l’autopsie de 8 coquelucheux décédés d’accidents nerveux. Parmi ces 8 cas, 4 sont survenus au cours de coqueluches non compliquées d’accidents pulmonaires, 4 sont apparus chez des enfants très affaiblis par une broncho-pneumonie caractérisée.
Mais, les lésions neurologiques observées dans ces 8 cas étaient toutes analogues.
Retrouvant ces lésions décrites par HUSLER et SPATZ, NEURATH, FORD, ils terminent leurs travaux de la façon suivante :
« Les complications encéphalitiques de la coqueluche gardent jusqu’à plus ample informé, une place bien à part (notamment vis-à-vis des encéphalites des exanthèmes). Elles sont caractérisées par l’absence très fréquente de lésions vasculaires macroscopiques, une congestion de tout le tissu nerveux (rarement accompagnée d’hémorragies capillaires), une réaction méningée, un processus dégénératif des cellules ganglionnaires corticales, une réaction névroglique possible, l’absence de lésions spéciales à la substance blanche ».
Mais d’autres auteurs, en particulier GRENET et
MourRuT, rapportent surtout des cas où les lésions ont le type d’encéphalite inflammatoire. D’après eux, la lésion dominante est la congestion avec foyers hémorragiques autour des capillaires, lésion commune à toutes les encéphalites infectieuses de l’enfance. Ils notent aussi une démyélinisation périvasculaire et infiltration périvasculaire en dehors des foyers hémorragiques.
ASKIN et ZIMMERMANN, GRENET et MOURRUT rapportent chacun un cas d’encéphalite uniquement périvasculaire. Enfin, beaucoup plus souvent, ils n’ont trouvé que des lésions banales, congestion ou œdème, ou méme des cerveaux apparemment normaux.
D’après ces travaux, il semblerait donc qu’il n’y aurait pas de lésions spécifiques aux encéphalites coquelucheuses.
Il y aurait tantôt des lésions dégénératives, tantôt des lésions inflammatoires.
Quelques auteurs envisagent l’évolution des lésions anatomo-pathologiques de la façon suivante :
Dans un premier stade, cas le plus couramment observé, on ne trouve que des lésions tout à fait banales; congestion, œdème, expliquées très aisément par l’hyperémie vasculaire normale de la coqueluche.
Quand on ne trouve que de telles lésions chez un malade ayant cliniquement présenté des troubles d’ordre encéphalitique, il s’agit sans doute de cas où l’organisme a été « sidéré » par une toxine quelconque.
A un stade plus avancé, les lésions sont d’ordre inflammatoire, congestion, petits foyers hémorragiques et infiltration périvasculaire.
Enfin, le stade le plus avancé serait celui des lésions purement dégénératives.
PATHOGENIE
Les hypothèses pathogéniques soulevées à propos des encéphalites coquelucheuses sont multiples.
La confusion paraît avoir été due trop souvent au désir d’étayer une hypothèse précise sur une catégorie donnée de constatations anatomo-pathologiques.
Cependant, dans l’ensemble, celles-ci justifient le rôle de plus en plus grand accordé à l’existence d’un processus toxi-infectieux. L'origine mécanique des accidents nerveux paraît actuellement abandonnée par par la grande majorité des auteurs.