‹ Contribution à l'étude clinique des encéphalites de la coqueluche: à propos d'une observationChapitre 14 sur 40 · HYPOTHÈSE D'UN VIRUS NEUROTROPE UNIQUE · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE D'UN VIRUS NEUROTROPE UNIQUE

Beaucoup de points communs entre elles, ont fait penser à certains auteurs qu’à l’origine des encéphalites para-infectieuses, il y aurait un virus neurotrope unique.

On a tout d’abord voulu identifier ce virus avec celui de l’encéphalite léthargique ou de la poliomyélite.

Actuellement, cette hypothèse n’est plus admise. Cliniquement et anatomo-pathologiquement l’aspect de l’encéphalite coquelucheuse est tout à fait différent de celui de ces deux affections.

Expérimentalement, jamais ces deux virus n’ont pu être retrouvés chez un malade atteint d’encéphalite para-infectieuse.

D’autres auteurs croient à l’existence possible d’un virus neurotrope unique mais inconnu, analogue à celui de l’herpès ou au virus hypothétique de la sclérose en plaques. Ce virus commun aux encéphalites para-infectieuses de l’enfance est celui de l’encéphalite aiguë disséminée des auteurs anglais. Il agirait par un mécanisme analogue à celui du biotropisme de MicaM : Saprophyte à l’état latent chez certains sujets, sa fixation sur les centres nerveux serait favorisée par la coqueluche ou toute autre maladie infectieuse qui exalteraient sa virulence. En faveur de cette hy-

pothèse d’un virus commun mais inconnu, on invoque :

D'une part, la recrudescence simultanée des encéphalites para-infectieuses et leurs analogies cliniques; en réalité, des statistiques qui ont été faites notamment à propos de l’encéphalite vaccinale, il ressort bien qu’il est tout à fait impossible de parler d’épidémies.

De plus, malgré des points communs, chacune de ces encéphalites para-infectieuses a cliniquement un aspect et une évolution bien spéciales.

D'autre part, on invoquait encore la similitude des lésions anatomo-pathologiques.

A cela, on peut répondre en premier lieu que cette similitude n’est nullement prouvée.

Des travaux récents ont voulu montrer en étudiant justement les encéphalites coquelucheuses qu’elles étaient très différentes anatomiquement des autres.

Enfin, il nous semble très à propos de rappeler que GRENET et MOURRUT ont beaucoup insisté sur ce fait qu’une similitude de lésions pouvait résulter de causes différentes et que réciproquement un même agent causal pouvait provoquer des lésions différentes.

Il semble donc bien que cette hypothèse d’un virus neurotrope unique ne corresponde pas à la réalité des faits observés.

2° HYPOTHÈSE DE L'ACTION DIRECTE SUR LES CENTRES NERVEUX DE LA BACTÉRIE DE BORDET-GENGOU.

Cette hypothèse est une des premières qui aient été faites. BERTOYE en particulier disait que le virus coquelucheux pouvait satisfaire son affinité neurotrope en dépassant l’envahissement pulmonaire et en atteignant directement les centres nerveux.

Un ee.

Cependant d’autres auteurs, en particulier FONTEYNE et DAGNELIE, ont démontré qu’il n’existait pas de septicémie.

L’envahissement de l’organisme par le bacille coquelucheux ne paraît pas dépasser l’appareil pulmonaire.

Ils n’ont jamais pu trouver ce bacille à l’autopsie dans le sang du cœur.

De leurs expériences, il résulte surtout que le bacille coquelucheux ne paraît pas apte à se développer dans les centres nerveux. Dans 3 cas d’encéphalite coquelucheuse convulsive, la culture de la substance cérébrale sur milieu électif pour le bacille coquelucheux est restée négative.

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