INTRODUCTION
La nature exacte des complications nerveuses de la coqueluche, que TROUSSEAU décrivait pourtant déjà dans ses cliniques en 1877, est restée très longtemps confuse.
De très nombreux travaux récents, basés surtout sur de sérieuses constatations anatomo-pathologiques, accordent une place de plus en plus importante aux encéphalites. Il nous a donc paru intéressant de rapporter un cas d’encéphalite survenant au cours de la coqueluche, observé dans le service de notre maître, le Docteur René MARTIN, à l'Hôpital de l’Institut Pasteur. À ce propos, nous nous efforcerons de préciser les notions déjà acquises sur ces encéphalites de la coqueluche.
Nous nous hâtons de préciser que, bien que leur rôle paraisse considérable, nous n’attribuons toutefois pas à l’existence d’une encéphalite toutes les complications nerveuses de la coqueluche.
Il faut éliminer évidemment en premier lieu, les cas relevant de la coexistence d’une méningite tuberculeuse ou purulente, d’une affection des sinus, d’une
pachyméningite. Parmi les complications nerveuses propres à la coqueluche, il en est certaineinent qui restent secondaires à une hémorragie; mais le rôle de celles-ci est à restreindre considérablement. En effet, d’une part les hémorragies très abondantes âont très rarement constatées anatomiquement.
D'autre part, les autres hémorragies discrètes sont incapables d’expliquer l'importance et l’évolution des troubles neurologiques observés.
Il faut éliminer également les phénomènes d’ordre convulsif, habituellement transitoires, dûs à la tétanie et fréquents chez les enfants âgés de moins de trois ans. La tétanie peut aussi produire des spasmes glottiques redoutables.
Ces cas éliminés, il reste encore un grand nombre de complications nerveuses uniquement convulsives. Comme l’a montré récemment Mile CoMBy dans sa thèse, il est impossible de les rattacher tous à l’encéphalite, pas plus qu’il n’est possible de limiter celleci aux cas ayant fait leurs preuves.
En conclusion, nous n’envisagerons donc dans ce travail que les cas où au moins un minimum de symptômes traduisant une lésion du cerveau se trouveront rassemblés ; à savoir, par exemple, l’un ou l’autre des signes suivants : signes généraux et psychosensoriels tels que somnolence, coma, aphasie, troubles du caractère et signes neurologiques de localisation cérébrale.