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[. — Groupe des Septicémies Eberthiennes typiques.
À. — Fièvre Thyphoïde Classique.
Décrite par Bretonneau, puis individualisée en 1829 par Louis, dans son livre intitulé : « Recherches anatomiques, pathologiques, thérapeutiques sur la maladie connue sous le nom de gastro-entérite, fièvre putride, adynamique, typhoïde », étudiée depuis par de nombreux auteurs, cette affection est caractérisée cliniquement :
190 Par des signes généraux.
Traduisant la réaction de l'organisme à l’égard du bacille infectant.
a) FIÈVRE. — Processus essentiellement banal, mais revêtant ici une allure caractéristique. La température, suit, en effet, dans ses variations, une marche cyclique dont Jaccoud, dans ses « Leçons cliniques » compare la traduction graphique aux trois côtés supérieurs d’un trapèze : après une période d’oscillations ascendantes durant 4 à 5 jours, la température se
maintient élevée durant une huitaine ; à ce stade d’oscillations stationnaires succède la période des oscillations descendantes et la défervescence en lysis s’accomplit en une huitaine de jours.
Sans que l’on adopte à ce sujet l’opinion trop catégorique longtemps admise, savoir : « toute fièvre qui atteint 40° au 2 jour n’est pas une typhoïde » opinion dont Jaccoud lui-même faisait déjà justice dans ses cliniques, sans que l’on pose en principe la rigoureuse superposition du graphique thermique de toute typhoïde au schéma tracé ci-dessus, on peut admettre cependant que dans l'immense majorité des cas, les trois stades fébriles, avec leur durée respective, sont
nets dans la dothiénentertie.
b) LA PROSTATION, est profonde, c’est une perte complète des forces, rendant tout effort, tout mouvement, extrêmement pénible; elle va même jusqu’à la stupeur (Tuxos), caractéristique de l’état typhique.
c) LA LANGUE, d’abord blanche au centre, rouge sur la pointe et les bords, devient plus tard sèche, rouge, fendillée (langue rôtie).
d) L’HYPERTROPHIE SPLÉNIQUE est précoce et marquée.
c) TACHES ROSÉES ET ULCÉRATIONS PHARYNGÉES, parfois fugaces, manquent toutefois rarement.
f) LA BRONCHITE ET L'ALBUMINURIE, loin d’être des complications, sont des signes également de dothiénenterie (albuminurie dans plus de 35 % des cas, d’après M. le Professeur Chalier).
20 — Par des signes abdominaux et intestinaux.
DIARRHÉE caractéristique, jus de melon, en rapport avec les ulcérations intestinales (Plaques de Peyer), qui caractérisent la dothiénentérie au point de vue anatomo-pathologique.
MÉTÉORISME, douleur à la palpation de l’abdomen, gargouillement dans la fosse iliaque gauche.
30— Par des complications.
Soit intestinales : hémorragies, perturbations. Soit générales : pouvant affecter tous les appareils, mais touchant cependant certains avec prédilection.
4° Enfin, en présence d’un tel tableau clinique, le diagnostic de fièvre typhoïde, quoique déjà très assuré, doit être vérifié par la recherche des signes de laboratoire.
-1° SÉRO-DIAGNOSTIC DE WIDAL.
2° HÉMOCULTURE.
B. — Fièvres typhoïdes ou manque la localisation
principale (pas d’ulcérations intestinales).
Déjà Louis lui-même qui admettait cependant en principe la nécessité de trouver des lésions intestinales pour poser le diagnostic de dothiénenterie, considéra cependant comme typhoïde véritable un cas (52° observation) où l’autopsie au 55° jour ne permit
inONe
de déceler aucune modification pathologique de Fintestin. |
Successivement de nombreux auteurs, après 1880, époque à laquelle il devint possible d’avoir en la constatation de l’agent pathogène une base solide de diagnostic, apportèrent des observations de « dothiénenteries sans lésions intestinales ». Mais c’est surtout après la découverte du séro-diagnostic de Widal que les observations, beaucoup plus probantes cette fois, se multiplièrent.
Admettre la réalité de cette forme, était, dès lors, accepter une révolution dans la conception pathogénique des manifestations Eberthiennes, limitées toutes
jusqu’à cette époque à la dothiénenterie classique, : affection intestinale à retentissement général,
M. Barjon et Lesieur, en 1901 (In Journal de Physio. et Path. Générale), en publient un cas particulièrement net. Leur malade présenta un état typhique avec diarrhée abondante, un peu de météorisme, des taches rosées, une fièvre oscillante, de la submatité des bases, un séro-diagnostic positif, une hémoculture positive et l’autopsie ne permit de déceler ni lésions intestinales, ni altérations de la rate.
MM. Bezançon et Philibert, en 1904, (Journal de Physiol. et Path. gén.), font l’historique de la question, colligent les observations parues (Bozzolo, Kar- Enski, Kuhlmann, Blumenthal, Picchi, Guizetti). Méme si on écarte des observations douteuses (on a simplement obtenu, après la mort, par culture d’organes, un bacille identifié au bacille d’Eberth, surtout à cause de ses caractères culturaux sur pomme de
PR | (Que
terre), il reste tout de même sept observations (IV, VI, VIE X, XII, XIV, XVD réellement probantes. Dans la majorité de ces observations, le malade présentait un état typhique, avec quelques taches rosées, fièvre oscillante, diarrhée plus ou moins abondante, même parfois du météorisme, alors que l’autopsie permit de constater l’absence absolue d’ulcérations intestinales.
MM. Sacquepée et Chevrel (in Progrés Médical, 1909) rapportent encore deux cas où, après le contrôle du diagnostic par les moyens de laboratoire (hémoculture, séro-diagnostic), l’autopsie ne décela aucune lésion intestinale. Dans ces deux cas encore, diarrhée et météorisme étaient bien marqués.
Donc, au point de vue clinique, dothiénentérie classique et Septicémie! Eberthienne sans localisation intestinale, du moins dans les cas graves terminés par la mort, se présentent d’une façon quasi analogue.
ÎIL ARRIVE ÉVIDEMMENT QUE CETTE INTÉGRITÉ ANATOMI- QUE DE L'INTESTIN SE TRADUISE PAR UNE ABSENCE TOTALE DE SIGNES ABDOMINAUX ET INTESTINAUX, et c’est alors dans ce cas un excellent signe de diagnostic. On peut trouver aussi une constipation opiniâtre (obs. de Karlinski, Wiener Clin. Woschen., 1891 ; obs. de Far- CY, étudiée sous le nom de forme cardiaque de la Sept. Eberth., in Thèse Paris, 1909 ; obs. de Bruno Policl.; fas. 53, n°42; p. 1025).
MAIS, DANS LA PLUPART DES CAS, PUBLIÉS APRÈS VÉRI- FICATION ANATOMIQUE, ON A NOTÉ UNE DIARRHÉE PLUS OÙ MOINS ABONDANTE, QUELQUEFOIS ACCOMPAGNÉE DE MÉ-
TÉORISME et douleurs intestinales. La diarrhée ne doit donc jamais faire écarter le diagnostic de Septicémie Eberthienne sans localisation intestinale ; elle n’est d’ailleurs paradoxale qu’en apparence, car il s’agit ici d’une diarrhée toxique et non d’irritation locale.
Dans ces formes, en outre, la rate est généralement grosse, mais peut aussi ne pas présenter d’altérations appréciables (cas de M. le Prof. Barjon) ; la langue est rarement rôtie ; les ulcérations pharyngées, les taches rosées manquent parfois, et seulement dans les cas où l’intoxication du sujet est profonde et où l'affection se termine par la mort, on note une atteinte marquée de l’état général: asthénie profonde, température à 40°, pouls à plus de 100.
Mais il est rare que les affections de ce groupe affectent une allure aussi dramatique, et, dans la grande majorité des cas, l'infection est beaucoup moins massive. Alors, l’atténuation des symptômes accessoires de dothiénentérie, la conservation d’un état général peu touché, et surtout l'absence ou, en tout cas, l’atténuation des signes abdominaux (diarrhée, météorisme) font seuls juger de l'absence de localisation intestinale. L’affection, en effet, évolue vers la guérison, ce qui rend impossible la preuve anatomique.
MAIS, EN SOMME, DANS TOUS CES CAS ENCORE, LE. DIAGNOSTIC D’'ÉBERTHÉMIE, QUOIQUE DÉJA PLUS DIFFI- CILE, SE FAIT NÉANMOINS CLINIQUEMENT :