DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES KYSTES PARADENTAIRES
Le diagnostic différentiel des kystes paradentaires n'est pas sans présenter certaines difficultés.
Lorsque le kyste apparaît avec ses symptômes | typiques de crépitation parcheminée et d'existence de liquide caractéristique, le doute n’est pas permis.
Mais, ainsi que nous l'avons décrit longuement dans la seconde partie de ce travail, le kyste paradentaire présente parfois une symptomatologie beaucoup plus délicate, et c’est d’une grande partie des tumeurs bénignes ou malignes, et des suppurations de la région d'autre origine, que nous aurons à le différencier.
Et nous n’hésitons pas à dire que parfois même, le diagnostic n’a été posé qu’au cours de l'opération, et grâce aux préparations histologiques faites après. MM. Sebileau et Lemaïître ont fait à ce sujet une communication à la Société de stomatologie, sur des cas
sur lesquels nous aurons à revenir.
Nous aurons parfois à éliminer les tumeurs mixtes d’origine dentaire :
adamantomes,
odontomes, ee
parodontomes.
Diagnostic parfois extrêmement difficile, et qui se basera plus sur des probabilités que sur des certitudes.
Néanmoins, ces tumeurs se développent plus fréquemment au maxillaire inférieur, ce qui est l’inverse de ce que nous avons remarqué pour les kystes dentaires.
Les meilleurs moyens de diagnostic sont :
1° a radiographie, qui, dans les cas de tumeur mixte, montre à son niveau un obscurcissement inverse de la transluminosité du kyste dentaire.
2e ponction qui ramène le liquide citrin s'il y a kyste et qui est négative en cas de tumeur mixte.
Des tumeurs bénignes des maxillaires, la plus difficile à différencier, est certainement l’ostéome, et nous voulons à ce sujet citer un cas, où, l'examen dentaire, accompagné de radiographie, évita à une malade, un large délabrement, que le diagnostic d’ostéome aurait rendu nécessaire. Nous citons cette observation bien qu’elle ne nous semble pas rentrer dans ce que nous avons décrit sous le nom de kyste paradentaire. Elle semble plutôt se rapprocher du kyste dentifère, mais étant donné qu'au cours de l’opération, nous ne pümes voir s’il s'agissait de l’un ou de l’autre cas, il nous semble intéressant de la publier.
H.-M. Cuener PLanone I
Radiographie due à l'obligeance de M. Ch. Vaillant (Hôpital Lariboisière),
On voit nettement une canine incluse au niveau de la branche montante du maxillaire supérieur. L’on avait présenté cette malade à M. Sebileau avec le diagnostic d’ostéome. L’examen de l’état dentaire lui fit repousser cette hypothèse, et la radiographie confirma le diagnostic de canine incluse, L'opération nous prouva qu'il s'agissait d’un kyste dentifère. Nous ne le citons, au milieu des kystes paradentaires, que pour insister sur l'importance de l’examen dentaire, dans les cas de tumeurs des mächoires.
G. Steinbeil, éditeur,
en
* OBsERvATION XX V (Service de M. P. Sesinrau).
Mlle Pas... Marie, 22 ans, repasseuse, salle Winslow, lit n° 9. Opérée le 11 juin 1912 par M. le Dr Sebileau.
La malade entre à Lariboisière pour se faire opérer d'une tumeur siégeant au niveau de la pyramide nasale du côté droit, tumeur non douloureuse, mais gênant la respiration, et de plus, suffisamment visible pour pousser la malade à en faire faire l’ablation.
Il y a 4 à 5 ans, apparut à ce niveau une tuméfaction, trés petite et qui, restant stationnaire, n'inquiéta nullement la malade.
Mais, depuis 4 mois, cette tumeur augmente, gêne la malade
pour respirer par.la narine droite, et est en outre le siège de
légers élancements et de vagues douleurs.
Au niveau de la pyramide nasale, du côté droit, à l’union des os propres et de la branche montante du maxillaire, on trouve en effet, une grosseur, dure, non douloureuse à la pression.
Les téguments ont gardé à ce niveau leur teinte et leur mobilité normales.
La palpation révèle une sorte d épaississement de l'os, assez mal limité, mais n'empiétant nullement sur la portion tégumentaire du nez.
Il s’agit bien d’une tumeur osseuse. On pense à un ostéome.
L'examen rhinoscopique montre le cornet moyen repoussé ,
dans la fosse nasale par cette tumeur, mais, ne pese tant pas la moindre lésion bourgeonnante ou ulcérée.
L'attention est alors attirée du côté de la bouche.
On y constate, au maxillaire supérieur droit, l'absence totale de canine : les incisives, prémolaires et molaires, sont normales.
A gauche, racines sans couronnes de Ja canine et de la 1° prémolaire.
La malade dit ne pas se rappeler avoir eu de dents là où il en manque, aussi, pense-{-on dès à présent à la possibilité d’une
dent incluse.
La radiographie, en effet, nous permet de constater l'existence d'une canine incluse au niveau de la tumeur nasale : elle est exactement située à la partie supérieure de la branche montante du maxillaire, et dirigée obliquement en bas et en avant.
Sur l'épreuve radiographique horizontale, on trouve également uné anomalie à gauche. : à RE
La canine pérmanente est incluse au-dessus des 2 racinés restantes, qui sont par conséquent celles de la canine de lait et de la 1° prémolaire. |
La dent incluse est oblique, la couronne dirigée en bas, vers la ligne médiane.
CprÉRATION. — Anesthésie chloroformique.
- On commence par aller chercher la canine du côté droit. Incision dans le sillon gingivo-jugal. Décollement de la muqueuse. A la gouge et au maillet, on attaque la branche montante du maxillaire. |
Il s'écoule, à un moment donné, une petite quantité de liquide légèrement trouble, qui guide vers la canine, solidement incluse et absolument normale. | ET RER TP
A côté d'elle se trouve un fragment de tissu, qu'on ne sait attribuer à une paroi kystique, ou au canal lacrymo-nasal.
Du côté gauche, après extraction des 2 racines restantes, on fait sauter à la gouge le rebord alvéolaire découvrant ainsi une canine à racine fortement recourbée, dont on fait l'extraction.
Le diagnostic avec certains sarcomes, plus ou moins atypiques, est quelquefois pour ainsi dire impossible à faire avant l'opération, et MM. Sebileau et Lemaïitre ont pu citer (Société de Stomatologie, 1913) 3 de ces cas.
Voici le résumé de ces 3 observations :
Cliniquement, les 3 malades se sont présentés à Lariboisière, avec des tumeurs revêtant les principaux caractères du kyste paradentaire. Les ponctions étaient
bien négatives, mais cela se voit parfois, dans certains
H.-M. CHener ; PLanoue Il
Fic. 1. — Sarcome à myéloplaes.