T5 77; FEES
siège. Lorsqu’elles sont très superficielles el constituées par de simples érosions, on les trouve sur le bord libre de la corde vocale inférieure ; si elles sont plus profondes, au point de former de pelites cavernes anfractueuses, on les trouve dans le voisinage de la base du cartilage aryténoïde et de la lame postérieure du ericoïde.
La thèse de Coyne offre encore un intérêt tout particulier au point de vue anatomique ; car il trouve l'explication de la forme ulcéreuse, de la laryngite rubéolique dans la structure elle-même de la muqueuse laryngée. Il à démontré, en effet, que cette muqueuse est formée dans une couche sous-jacente à l'épithélium par un tissu réticulé analogueau tissu lymphoïde ; par ce fait elle se rapproche de la structure de la muqueuse de l'intestin grêle. Il a encore démontré qu'il existe dans la partie superficielle du derme muqueux des organes Iymphatiques analogues aux follicules clos de l'intestin grêle et dont l'existence avait été ignorée jusqu'à ce jour.
Nous croyons aussi intéressant de reproduire le mode du processus dans la laryngite ulcéreuse. Il peut être nécrosif ou suppuratif. La nécrose a pour siège les follicules clos qui, en se tuméfiant, étouffent leurs vaisseaux nourriciers et sont les agents de leur propre mortification par un mécanisme analogue à celui qui préside à l’ulcération des plaques de Peyer dans la fièvre typhoïde ; ce que facilite encore la structure serrée et résistante de la muqueuse ; les ulcérations qui en résultent longent le bord de la corde vocale inférieure. On aurait constaté aussi dans certains cas de la thrombose des vaisseaux voisins avec périartérite
et endartérite. Les ulcérations dues au processus suppu- GODET 3
Dee ee
ratif sont produites par des abcès glandulaires qui détruisent la muqueuse sus-jacente. Installées surla corde vocale supérieure, au niveau des cartilages aryténoïdes, elles se propagent parfois au périchondre etamènent la nécrose des cartilages. Les muscles sous-muqueux sont fréquemment altérés ; ils offrent les caractères de la myosite interstitielle et parfois ceux de l’atrophie aiguë graisseuse.
Archambault (Dictionnaire encyclopédique) connaissait bien d’ailleurs ces cas et dans son remarquable article du dictionnaire, il les distingue anatomiquement et cliniquement de la diphthérie. A l’autopsie, dit-il, on trouve la muqueuse du larynx rouge, tuméfiée, parsemée de petites ulcérations et présentant çà et là de petits grumeaux blancs dans lesquels il est vraiment difficile de reconnaître une fausse membrane. Et plusloin: « Pendantla vie, les symptômes se sont rapprochés de ceux du croup, au point de se confondre avec eux et de faire porter le diagnostic de croup. La voix est devenue éraillée, éteinte, la respiration a été gênée, légèrement sifflante, mais jamais comme cela s’observe dans le croup vrai. Il insiste sur la marche lente de la maladie, surl’absence d'accès de suffocation. D’après lui, enfin, le tirage est rare, mais la dyspnée peut aller j HE l'asphyxie et l'intervention peut être légitimée.
La conclusion de cet historique est que les différents auleurs que nous avons mentionnés ont signalé et décrit d'une facon parfaite, d’une part, les lésions anatomiques qui accompagnent chaque forme de laryugite, d’autre part, les caractères cliniques de tous les accidents laryngés. Ils ont montré que la rougeole pouvait se compliquer de diphthérie, ils ont entrevu toutes les difficultés du diagnostic dans certains cas de laryngites graves.