PÉRIODE D'ÉRUPTION
A cette période, c’est La laryngite du début qui persiste ou bien c’est l’enanthème rubéolique qui frappe la muqueuse.
L’éruption apparaît. C'est à partir de ce moment que déjà peuvent se montrer des symptômes spéciaux qui doivent attirer l'attention du côté du larynx et qui sont les avant-coureurs d'accidents plus graves, de sorte que ceuxci, lorsqu'ils surviennent, ne doivent pas être considérés comme l'expression d’une complication subite et inattendue, mais bien comme l’aboutissant de lésions qui évoluent dès la période d’éruption et dont le terme ultime est la laryngite avec suffocation et menaces d’asphyxie.
A cette époque, les accès de laryngite spasmodique que nous avons signalés disparaissent ; du moins c’est la règle, à part un cas signalé par Rilliet et Barthez. Mais, par contre, c'est l’époque de la laryngite érythémateuse, de l’enanthème rubéolique sur la muqueuse.
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lei se pose cette question : l’éruption descend-elle frapper la muqueuse laryngée ? Ecoutons ce que disent les différents auteurs.
En Allemagne, Stoffela a examiné un certain nombre de malades dans le service du professeur Hebra. La question à laquelle il fallait répondre était celle-ci : la lésion du laryox offre-t-elle la forme de taches, comme sur la peau, ou bien la forme d’une rougeur diffuse avec gonflement ? Y avait-il un catarrhe ou un enanthème du larynx ? Stoffela a constamment trouvé une rougeur diffuse intense de la muqueuse laryngée, tandis que les rubans vocaux présentaient seulement une coloration jaunâtre ou jaune rougeâtre.
Smeleder (La laryngoscopie et ses applications à la médecine pratique, Vienne, 1863), Tobold (Traité de laryngoscopie, Berlin 1863) arrivent à la même conclusion que Stoffela. Ils n’ont pu également constater par des examens nombreux autre chose qu’une inflammation catarrhale caractérisée par de la rougeur et du gonflement de la muqueuse.
Mais, d'autre part, on sait que Gerhardt attribue les symptômes laryngés de la période d'état à une localisation de l’éruption ; etila pu, au moyen du laryngoscope, constater la présence de l’éruption sur l'épiglotte et la muqueuse laryngée. Cette éruption était identique à celle que l'on constate sur le voile du palais, c’est-à-dire caractérisée par un piqueté rouge. Il est même probable que ce fait ne doit pas être rare ; car, étant donné que l’on se contente, la plupart du temps, du simple examen de la gorge au moyen de l’abaisse-langue ou du manche de la cuiller, il est tout
nr ose naturel s’il est peu parlé de cette localisation dans les dif-
férents traités.
Quels sont donc les caractères cliniques de la laryngite à cette époque ?
La toux continue ou commence si elle avait manqué pendant les prodromes. Cette toux est devenue bruyante, souvent elle est douloureuse ; elle prend un timbre caractéristique à la fois faux, aigu et déchiré ; elle est férine en un mot (fauve). De plus, au moment où l’éruption est à son déclin, elle s'accompagne chez les adultes et chez les enfants d’un certain âge de crachats muco-purulents, nummulaires, analogues à ceux des phthisiques ; ilest à se demander si cette expectoration n’est pas souvent entretenue par des ulcères laryngés précoces ; car, 1l n’est pas rare, en pareil cas, de les voir mélangés à des stries de sang.
Quand cette laryngite érythémateuse prend une certaine gravité, l'enfant éprouve au niveau du larynx une douleur intense et porte fréquemment les mains à son cou. La toux est sèche, retentissante, revenant quelquefois par quintes pénibles ; la voix est rauque, discordante, mais presque toujours forte. À ces phénomènes peut s'ajouter de la dyspnée, d’abord légère, mais s’accroissant rapidement.
Quant aux accès de suffocation, ils sont rares à cette pé-
riode, et comme ils semblent l'être en règle générale dans tout croup inflammatoire (Cadet de Gassicourt) ; ils doivent être imputés à un spasme passager de la glotte, lequel vient de temps en temps précéder les accidents. D'ailleurs les laryngologistes savent fort bien qu’une inflammation subite de la muqueuse laryngée est suffisante pour produire des accidents de suffocation.