‹ Contribution à l'étude clinique des laryngites rubéoliquesChapitre 6 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Notes historiques.

Les déterminations précoces et surtout les déterminations tardives de la rougeole sur Le larynx ne semblent pas avoir été remarquées avant le commencement du XIX' siècle. Il suffit, en effet, pour s’en rendre compte de passer en revue tous les travaux qui ont été faits sur la rougeole jusqu'à la thèse de Campaignac (1812).

Hippocrate et les anciens médecins de la Grèce ne parlent nulle part dans leurs écrits de la fièvre morbilleuse. Plusieurs auteurs, principalement Senrert, Wedel, Triller, Saumaise et Willan ont essayé de faire remonter la notion de la rougeole jusqu'aux médecins grecs ; mais il n’en est rien. Les travaux de Gruner montrent que cette maladie paraît avoir fait son apparition en France à la même époque que la variole, c’est-à-dire dans le temps où les Maures et les Arabes firent la conquête d’une partie de l’Europe méridionale.

Au IX" siècle, Rhazès, médecin arabe, en donne une description incomplète ; car il ne la différencie pas totalement de la variole.

Vers la fin du X°, Avicenne reprend ce sujet. Vers le milieu du XI, Constantin l’Africain adopte le nom de morbull, mot qui exprime probablement la gravité de la ma-

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ladie à cette époque, puisque Constantin le fait dériver de

morbus, lequel à ce moment signifiait peste.

En somme, jusque-là les fièvres éruptives, la rougeole, la variole et la scarlatine sont considérées comme la même maladie présentant des degrés divers. Sennert, Diemerbrock, Morton et beaucoup d’autres méchappent pas à la loi commune. Ecoutons Stoll : Oôservatio horna, alixque.… in eam me sententiam adduxere, ut variolas et morbillos ceumdem.semper morbum, eumque benignissimæ indolis, si non omni semper, at sallem poliori tempore, reputarim, quive soh, atque extra consortium pravum cilo decurrunt, et periculo carent, sed quos a miti ingenio suo populare temporis vilium detorquet, effaratos reddit et exleges (Rat. med. Vien., tome IT, page 198).

Frédéric Hoffmann, Huxham, de Haen, Rosen, Stork, Eller décrivent déjà la rougeole d’une façon plus parfaite.

Enfin, Sydenham établit très nettement l’individualité de cette maladie, il nous a laissé des descriptions parfaites des épidémies qui sévirent à Londres en 1670 et 1674. Citons encore Borsieri qui décrit une forme bénigne et une forme maligne.

Mais tous ces auteurs, Hoffmann, Stoll, Waston, Pinel, G. Roux lui-même, mentionnent à peine la possibilité d’accidents du côlé du larynx.

G. Roux, dans son traité paru en 1807, dit seulement, dans un certain nombre d'observations de rougeole simple et compliquée, qu'il peut se présenter « tantôt une toux sèche, fréquente, très fatigante ». Plus loin, dans la descriplion d’une épidémie qu'il a observée en 1807, il signale « une toux d’abord légère et rare, mais qui est devenue

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bientôt plus forte, plus fréquente, sèche, croissant à mesure que l’éruption se développe ». Chez deux sujets, 1l fait remarquer que la toux se manifesta par des quintes si fatigantes, qu’elle imitait beaucoup la coqueluche.

En 1812, paraît une dissertation sur la rougeole (thèse de doctorat par Campaignac). Celui-ci observa pendant le mois de mai une épidémie à l’hôpital des Enfants malades en l’an 1809, mais sur les garçons seulement. Les deux tiers des malades au moins, dit-il, offraient alors une complication d’angine laryngée très intense, soit que celle-ci parût en même temps que la rougeole, ou bien durant son cours et à la suite du plus léger refroidissement, tant Ia membrane muqueuse du larynx était disposée à s’enflammer. Il fait observer qu’on reconnaissait cette complication à une douleur que les enfants rapportaient eux-mêmes à la région du larynx et qui se propageait sur un petit nombre jusqu'à la partie supérieure du sternum. Quant à la voix, elle offrait une altération particulière que l’on distinguait facilement par l'habitude, mais qu'il était difficile de décrire.

De plus, ajonte-t-11 plus loin, la gêne de la respiration était extrême et approchait de la suffocation. Parmi les enfants qui offrirent cette complication, dix furent véritablement suffoqués du 8° au 11° jour. À l’autopsie, la membrane muqueuse du larynx était rouge, plus ou moins épaissie et recouverte d’une mucosité puriforme. Chez quelques sujets, la rougeur se propageait sur la membrane muqueuse de la trachée, dans l'étendue de quelques pouces, ce qui correspondait parfaitement à la différence de l’étendue de la douleur qu’on avait observée pendant la vie.

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