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Il est à supposer que Campaignac, n'ayant noté nulle part la présence de fausses membranes ou d’ulcérations, n'a eu affaire qu'à une laryngite érythémateuse, grave chez quelques sujets. Les formes ulcéreuse et diphthérique ne se seront pas montrées pendant l'épidémie. En résumé, les accidents larvngés de l'épidémie de 1809 furent caractérisés cliniquement par de la douleur au niveau du larynx, des accès de suffocation et par une altération de la voix et de la toux tellement spéciale que Campaignac se déclare impuissant à la définir.
Guersant, dans le Dictionnaire en 21 volumes, dans un article consacré à l'étude de la rougeole, mentionne le faux croup sans donner aucun détail.
En 1832, M. Lombard remarque qu'un des caracètres de l'épidémie qu’il observa à Genève en 1832, fut de s’accompagner d’une laryngite violente chez tous les malades.
Boudin (thèse de doctorat de Paris, 1835, intitulée : /?echerches sur les complications qui accompagnent la rougeole chez l'enfant) fait remarquer au chapitre qui traite des organes de la voix et de la respiration que « dans {ous les cas, les cris des enfants avaient un timbre différent de celui de l’état normal; ils étaient voilés et légèrement rauques ; la toux, sans expectoration, dans tous les cas, était très fréquente. Dans un cas, elle s’est montrée sous forme d'accès avec dyspnée, menace de suffocation et un timbre rauque, mais qui ne ressemblait pas aux aboiements d’un chien ; de plus, la respiration était sifflante dans l’inspiration comme dans l'expiration ». Chez ce sujet, 1l trouva des fausses membranes dans la trachée et l’origine des bronches, mais il n’en trouva pas ailleurs. Aussi, ce croup,
ajoute-t-il, n’a pas suivi la marche indiquée par les observalions de Bretonneau et Louis : il ne s’est pas étendu progressivement de haut en bas. En effet, 1l raconte que l'examen fait chaque jour n’a permis de voir de fausse membrane ni sur Le voile du palais, ni sur les amygdales et le pharynx, el qu'à aucune époque l'enfant n’a expectoré de fausse membrane.
À l’autopsie, chez huit sujets, la muqueuse laryngo-trachéale et bronchique était d’un rouge vif, plus épaisse qu’à l’état normal, finement arborisée. Dans un cas, il signale la présence d’une fausse membrane blanchâtre ; chez un autre sujet, il trouva entre la base des cartilages aryténoïdes, dans l’espace qui sépare en arrière les deux cordes vocales inférieures, une ulcération de deux lignes d’étendue transversalement.
Dans la thèse de Boudin se trouvent donc déjà décrites d’une façon à peu près complète les lésions de la muqueuse, la rougeur et l’épaississement, les ulcérations dans un cas et dans un autre des fausses membranes assez minces.
Dechaut (De la rougeole irrégulière et compliquée, thèse de Paris, 1842), qui avait observé une épidémie à l’hospice des Enfants assistés, a fait la remarque que dans certains cas il se présentait une toux opiniâtre, sèche, irritative, revenant par quintes avec une raucité effroyable ; elle pouvait être accompagnée d’une aphonie complète et simuler le croup dont il différencie cet état morbide qui pour lui est une laryngo-trachéite débutant à la fin de la rougeole. IL a également vu des cas de véritable croup, quelquefois précédés d’angine pseudo-membraneuse, survenir dans le cours de l’éruption. Dechaut avait donc déjà remarqué que
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certaines laryngites rubéoliques graves débutant à la fin de la rougeole pouvaient simuler le croup.
En dehors de ces monographies, l'ouvrage classique de Rilliet et Barthez mérite une attention particulière. La question est traitée d'une part à l’occasion même des complications de la rougeole (tome IT, page 268), où Rilliet et Barthez décrivent des érosions, des ulcérations et même des fausses membranes. Dans cette partie de leur ouvrage, ils citent un fait très probant de laryngite spasmodique.
Ailleurs (tome 1, page 368) ils décrivent dans un même chapitre la laryngite érythémateuseetla laryngite ulcéreuse qu'ils trouvent fréquemment secondaires. La rougeole est,
. à leurs yeux, le plus souvent la cause productrice des lé-
sions si caractéristiques de cet état morbide ; ils la mettent du moins de beaucoup en première ligne. C’est le même résultat auquel ils arrivent dans l'étude qu’ils font du croup secondaire (tome T, pages 277 et suivantes), si bien qu’on peut dire qu'ils ont reconnu que la rougeole se complique fréquemment de déterminations laryngées de différentes sortes : les unes, où l’on trouve une rougeur et un gonflement diffus de la muqueuse, portent le nom de laryngite érythémateuse ; d’autres, dont l'apparition est plus tardive, sont caractérisées anatomiquement par des érosions et des ulcérations. Enfin les dernières constituent un troisième groupe nettement isolé par ces auteurs des deux premiers sous le nom de diphthérie laryngée secondaire.
Hebra, dans son Traité des maladies de la peau, admet deux formes de complications laryngées : une première catarrhale qui prend souvent la forme de faux croup etune seconde, diphthérique.